| Apocalypse Expliquée 1084. Car Dieu a mis dans leurs cœurs d'exécuter sa sentence, signifie ces choses par le Seigneur, afin qu'ils se retirassent entièrement : on le voit par la signification de mettre dans leurs cœurs, en ce que c'est inspirer l'affection, car par le cœur il est signifié la volonté et l'amour, ainsi l'affection qui est la volonté et l'amour dans leur continuité; par Dieu, de qui cela est dit, il est entendu le Seigneur, parce qu'il n'y a pas un autre Dieu du Ciel et de la terre; et par la signification d'exécuter sa sentence, à savoir, la sentence de la prostituée, en ce que ce sont les choses qui sont dites dans le Verset précédent, qu'ils rendraient la prostituée désolée et nue, qu'ils mangeraient ses chairs, et qu'ils la brûleraient au feu, par lesquelles il est signifié, en somme, qu'ils rejetteraient entièrement les choses profanes de la Babylonie, et qu'à cause de ces choses ils se retireraient, comme cela aussi a été fait par les Réformés. — Continuation sur la Parole : Comme il est de création que la fin, la cause et l'effet fassent ensemble un, de même aussi il est de création que les Cieux avec l'Église dans les terres fassent un, mais par la Parole, quand elle est lue par l'homme d'après l'amour du vrai et du bien ; car le Seigneur a donné la Parole pour cette fin qu'il y eût une conjonction perpétuelle des Anges du Ciel avec les hommes de la terre, et aussi une communication perpétuelle selon la conjonction; sans ce médium il n'y aurait eu dans cette Terre aucune conjonction ni aucune communication avec le Ciel. La conjonction et la communication existent à l'instant même, et cela, parce que toutes les choses de la Parole, dans le sens de sa lettre, sont comme des effets, dans lesquels il y a en même temps la cause et la fin ; or, les effets, qui sont dans la Parole, sont nommés usages; leurs causes, vrais; et leurs fins, biens et le Divin Amour, qui est le Seigneur, unit en- semble ces trois choses chez l'homme qui est dans l'affection des usages d'après la Parole. Comment l'homme puise à la Parole dans la lettre et tire le sens naturel, l'Ange spirituel le sens spirituel, et l'Ange céleste le sens céleste, et cela dans le même instant, d'où résultent la conjonction et la communication, cela va être illustré par des comparaisons; d'abord, par une comparaison DANS LE REGNE ANIMAL, puis par une autre dans le Règne végétal, et enfin par une autre dans le Règne minéral. dans le règne animal : Quand la nourriture est devenue chyle, les vaisseaux y puisent et en tirent leur sang, les fibres des nerfs leur suc, et les substances qui sont les origines des fibres leur esprit, qui est appelé esprit animal ; et cela, par la chaleur vitale qui dans son essence est l'amour : les vaisseaux, les fibres et les substances qui en sont les origines, sont distincts entre eux, et toutefois ils font un dans tout le corps, et ils agissent ensemble et dans le même instant. — dans le règne végétal : L'arbre, avec son tronc et ses branches, ses feuilles et ses fruits, se tient sur sa racine, et de la terre où est sa racine il extrait et tire son suc, un suc grossier pour le tronc et les branches, un plus pur pour les feuilles, et le plus pur, qui est aussi plus noble, pour les fruits et pour les semences qu'ils renferment, et cela st fait par la chaleur provenant du soleil; là, les branches, les feuilles et les fruits, bien qu'ils soient distincts, font néanmoins sortir de la même terre, ensemble et dans le même instant, des aliments d'une pureté et d'une noblesse si différentes. — DANS LE REGNE MINERAL : Au sein de la terre existent en certains lieux des minières imprégnées d'or, d'argent, de cuivre et de fer; des vapeurs renfermées dans la terre l'or tire son élément, l'argent le sien, le cuivre et le fer le leur; et cela, distinctement, ensemble et dans le même instant, par une sorte de chaleur non connue. Comme il est permis d'illustrer les spirituels par des comparaisons tirées les naturels, que celles-ci servent donc à illustrer comment de la Parole dans ses derniers, qui constituent le sens de la lettre, peuvent être puisés, tirés, extraits et sublimés les intérieurs, qui sont s spirituels et les célestes par lesquels l'homme de l'Église a communication et conjonction avec les Cieux : de. telles comparaisons cuvent être faites, puisque toutes les choses qui sont dans les trois Règnes de la nature, à savoir, dans les Règnes Animal, Végétal et Minéral, correspondent aux spirituels qui sont dans les trois Cieux; ainsi, la nourriture du corps, avec laquelle la comparaison a été faite, correspond à la nourriture de l'âme, qui est la science, l'intelligence et la sagesse; l'arbre, qui a servi aussi de comparaison, correspond à l'homme, l'arbre à l'homme même, le bois à son bien, les feuilles à ses vrais, et les fruits à ses usages : de même l'or, l'argent, le cuivre et le fer, correspondent aux biens et aux vrais, l'or au bien céleste, l'argent au vrai spirituel, le cuivre au bien naturel, et le fer au vrai naturel; c'est même pour cela que de semblables choses sont signifiées par ces métaux dans la Parole : et, ce qui est surprenant, les choses plus pures sont dans ce qui est plus grossier, et en sont extraites, comme l'esprit animal et le suc nerveux sont dans le sang, d'où les substances originaires et les fibres nerveuses tirent et extraient distinctement leurs portions assignées (spartas); il en est de même des fruits et des feuilles à l'égard de la vapeur grossière qui est tirée de la terre par le bois et par son écorce, et ainsi du reste; c'est donc, par comparaison, comme lorsque du sens de la lettre de la Parole sont puisés et tirés des sens plus purs, ainsi qu'il a été dit.
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