| Apocalypse Expliquée 1082. Et ses chairs ils mangeront, signifie le rejet de ses maux, qui sont les biens adultérés, et alors la manifestation qu'ils étaient sans aucun bien : ou le voit par la signification de la chair, en ce que c'est le bien de la Parole et de l'Église, et dans le sens opposé son mal, ici les chairs sont les maux qui sont les biens adultérés; et par la signification de manger, en ce que c'est consumer, mais ici rejeter entièrement, parce qu'il s'agit des Réformés, lesquels ont rejeté les œuvres ou les biens de Babel, qui sont principalement les présents donnés et offerts aux idoles des saints, à leurs sépulcres, puis aux monastères et aux moines eux-mêmes pour diverses expiations. Que par ces mêmes paroles il soit aussi entendu la manifestation qu'ils étaient sans aucun bien, c'en est la conséquence ; car lorsque sont rejetés les biens bâtards et méritoires, qui sont signifiés par les chairs qu'ils mangeraient, il est alors manifesté qu'ils sont sans aucun bien. La chair dans la Parole signifie diverses choses ; elle signifie le propre de l'homme, ainsi ou son bien ou son mal, et par suite elle signifie l'homme tout entier; mais dans le sens suprême, elle signifie le Divin Humain du Seigneur, spécialement le Divin Bien du Divin Amour procédant de Lui. Que la chair signifie le Divin Humain quant au Bien de l'amour, on le voit dans Jean : « Jésus dit : Moi, je suis le Pain vivant, qui du Ciel est descendu ; si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra éternellement. Le Pain que Moi je donnerai, c'est ma Chair que Moi je donnerai pour la vie du monde. Les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment peut-il, celui-ci, nous donner (sa) chair à manger? Jésus donc leur dit : En vérité, en vérité je vous dis : « vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme, et ne buvez son Sang, vous n'aurez point la vie en vous-mêmes ; Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et Moi je le ressusciterai au dernier jour, car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage; qui mange ma chair et boit mon sang en Moi demeure, et Moi en lui; c'est ici le Pain qui du Ciel est descendu. » — VI. 51 à 58; — qu'ici la Chair soit le Propre du Divin Humain du Seigneur, qui est le Divin Bien du Divin Amour, on le voit clairement, et c'est ce qui dans la Sainte-Cène est appelé le Corps; que le corps ou la chair y soit le Divin Bien, et le sang le Divin Vrai, on le voit ci-dessus, N° 329; et comme le Pain et le Vin signifient la même chose que la chair et le sang, le Pain le Divin Bien, et le Vin le Divin Vrai, c'est pour cela qu'ils ont été commandés à la place du corps et du sang. Le Divin Bien procédant du Seigneur était aussi signifié par la chair des sacrifices, qui était mangée par Aharon et ses fils, et par ceux qui sacrifiaient et les autres qui étaient purs; et cela était saint, comme on le voit, — Exod. XII. 7, 8,9. XXIX. 30 à 34. Lévit. VII. 15 à 2l. VIII. 31. Deutér. XII. 27. XVI. 4 : - c'est «pourquoi, si une personne impure mangeait de cette chair, elle devait être retranchée de ses peuples, — Lévit. VII. 21. — Que ces choses aient été appelées le Pain, on le voit, — Lévit. XXII. 6, 7. — Voir aussi que cette chair a été appelée Chair de sainteté, — Jérém. XI. 15. Hagg. II. 12; — et Chair du présent, qui était sur les tables dans le royaume du Seigneur, — Ézéch. XL. 43. — Le Divin Humain du Seigneur est aussi appelé Chair, dans Jean : «La Parole Chair a été faite, et elle a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme de l'Unique-Engendré du Père, » — I. 14 —Que la chair aussi signifie le bien chez l'homme, on peut le voir par les passages suivants; dans Ézéchiel : « Je leur donnerai un seul cœur, et un esprit nouveau je donnerai au milieu de vous, et je retirerai le cœur de pierre de leur chair, et je leur donnerai un cœur de chair. » — XI. 19. XXXVI. 26; — le cœur de chair est la volonté et l'amour du bien. Dans David : « Dieu, mon Dieu, toi; le matin je Te cherche, mon âme a soif de Toi; ma chair te désire dans une terre de sécheresse, et fatigué sans eaux (je suis). » — ps. LXII1. 2, — Dans le Même : « Pleine de désir est mon âme après les parvis de Jéhovah; mon cœur et ma chair tressaillent de joie après le Dieu vivant. » — ps. LXXXIV. 3 ; — par la chair qui désire Jéhovah, et qui tressaille de joie après le Dieu vivant, il est signifié l'homme quant au bien de la volonté; car la chair de l'homme correspond au bien ou au mal de sa volonté et son sang au vrai ou au faux de son entendement; là, la chair correspond au bien de la volonté, parce qu'elle désire Jéhovah, et tressaille de joie après Dieu. Dans Job : « J'ai connu mon Rédempteur, il vit; et enfin sur la poussière il s'élèvera; et plus tard de ma peau ces choses seront enveloppées, et de ma chair je verrai Dieu. » — XIX. 25, 26, 27; — de sa chair voir Dieu signifie de son propre volontaire devenu nouveau par le Seigneur, ainsi devenu le bien. Dans Ézéchiel : « Je mettrai sur tes os, (qui ont été vus dans le milieu de la vallée), des nerfs, et je ferai monter sur eux de la chair, et j'étendrai sur eux de la peau, et je mettrai en eux esprit, afin qu'ils vivent. » — XXXVII. 6,8 ; — là aussi par la chair est signifié le propre de la volonté, qui est devenu nouveau par le Seigneur, ainsi le bien; ce qui est signifié dans ce passage par les os et par les autres choses, on le voit ci-dessus, Nos418, 419,665. Dans l'Apocalypse : « Venez et assemblez-vous pour le souper du grand Dieu, afin que vous mangiez chairs de rois, et chairs de Kiliarques, et chairs de puissants, et chairs de chevaux et de ceux qui les montent, et chairs de tous, libres et esclaves, petits et grands. » — Apoc. XIX. 17,18. Ézéch. XXXIX. 17, 18,19 ; — que là par les chairs il soit entendu, non des chairs, mais des biens de tout genre, cela est bien évident. Mais, d'un autre côté, que par la chair il soit entendu le propre volontaire de l'homme, qui, considéré en soi, est le mal on le voit par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Chacun la chair de son bras ils mangeront. » — IX. 19. — Dans le Même : « Je nourrirai tes oppresseurs de leur chair. » — XLIX. 26. — Dans Jérémie : « Je les nourrirai de la chair de leurs fils et de la chair de leurs filles, et chacun la chair de son compagnon ils mangeront. » — XIX. 9. — Dans Zacharie : « Celles qui seront de reste mangeront chacune la chair de l'autre. » — XI. 9. — Dans Moïse : « Je vous châtierai au septuple à cause de vos péchés, et vous mangerez la chair de vos fils et la chair de vos filles. » — Lévit. XXVI. 28, 29. — Dans Jérémie : « Maudit (soit) l'homme qui se confiera en l'homme, et fait de la chair son bras. » — XVII. 5; — ici par la chair est signifié le propre de l'homme, qui en soi est le mal; se l'approprier est signifié par la manger et s'en nourrir : pareillement, le propre de l'homme est signifié par la chair, dans Matthieu : « Jésus dit : Heureux tu es, Simon, car ni chair ni sang ne t'a révélé cela. » — XVI. 17. — Dans Jean : « A tous ceux qui l'ont reçue, elle leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui, non de sangs, ni de volonté de chair, mais de Dieu, sont nés. » — I. 12, 13. — Dans Ézéchiel : « Scortation a commis Jérusalem avec les fils de l'Egypte, ses voisins, grands de chair. » — XVI. 26. — dans Ésaïe : « L'Egypte (est) homme et non Dieu, et ses chevaux chair et non esprit. » — XXXI. 3. — Dans Jean : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. » — VI. 63. — Dans le Même : « Ce qui est né de la chair est chair, ce qui a été engendré de l'esprit est esprit. » — III. 6. — Dans David : « Dieu s'est souvenu qu'ils étaient chair, eux, un esprit qui s'en allait et ne revenait point. »— ps. LXXV1II. 39; — le mal de la volonté de l'homme, qui est son propre par naissance, est signifié par la chair dans ces passages; pareillement par la chair « que les fils d'Israël convoitèrent, dans le désert, et à cause de laquelle ils furent frappés d'une grande plaie, et d'après laquelle le lieu fut appelé sépulcres des convoitises, » — Nomb. XI. 4 à 33. — En outre, dans la Parole, ça et là il est dit « toute chair, » et par là il est entendu tout homme; par exemple, — Gen. VI. 12,13. 17, 19. Ésaïe, XL. 5, 6. XLIX. 26. LXVI. 16, 23, 24. Jérém. XXV. 31 XXXII. 27. XLV. 5. Ézéch. XXI. 4, 9, 10; — et ailleurs. — Continuation sur la Parole : Si par l'influx le spirituel présente un correspondant à lui-même dans le naturel, c'est pour que la fin devienne cause et que la cause devienne effet, et qu'ainsi la fin par la cause se présente visible et sensible dans l'effet : ce trine, à savoir, la fin, la cause et l'effet, existe par création dans chaque Ciel; la fin est le bien de l'amour, la cause est le vrai d'après ce bien, et l'effet est l'usage; ce qui produit, c'est l'amour; de là, ce qui est produit appartient à l'amour d'après le bien par le vrai ; les derniers produits, qui sont dans notre Monde, sont divers, en aussi grand nombre qu'il y a de sujets dans les trois Règnes de la nature, à savoir, dans les Règnes Animal, Végétal et Minéral ; tous les produits sont des correspondances. Puisque le trine, à savoir, la fin, la cause et l'effet, est dans chaque Ciel, c'est pour cela que dans chaque Ciel il y a aussi des produits qui sont de correspondances, et qui, quant à la forme et à l'aspect, sont semblables aux sujets dans les trois règnes de notre terre. D'après cela, il est évident que chaque Ciel, quant à la forme externe, est semblable à notre Terre, avec une différence quant à l'excellence et à la beauté selon les degrés. Maintenant, comme la Parole ne peut être apparente que par des correspondances, pour qu'elle soit pleine, c'est-à-dire, pour qu'elle consiste en des effets dans lesquels il y ait la cause et la fin, ou en des usages dans lesquels le vrai soit la cause, le bien la fin, et l'amour ce qui produit, il s'ensuit que la Parole dans chaque Ciel est semblable à la Parole dans notre Monde, avec une différence quant à l'excellence et à la beauté selon les degrés : quelle est cette différence, c'est ce qui sera dit ailleurs.
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