| Apocalypse Expliquée 1066. L'autre n'est pas encore venu, et quand il sera venu, peu de temps il faut qu'il demeure, signifie le vrai profané, que le pouvoir du Seigneur sur le Ciel et sur la terre, pris par eux, est dit ne pas être Divin, lorsque cependant il est Divin : on le voit par la signification de l'autre roi des deux qui étaient de reste après que cinq des sept furent tombés, en ce que c'est un vrai profané, ici un second, mais néanmoins un avec le précédent, avec une différence, que le pouvoir du Seigneur sur le Ciel et sur la terre, qu'ils ont transféré en eux, n'est pas Divin, lorsque cependant il est Divin; et comme il est Divin, et que néanmoins il est nié qu'il soit Divin, il est dit que ce roi, c'est-à-dire, ce vrai profané, n'est pas encore venu, et que quand il sera venu, peu de temps il faut qu'il demeure, ce qui signifie que ce pouvoir est Divin, quoiqu'on dise qu'il n'est pas Divin : si cela est signifié par cet autre roi, c'est parce qu'il fait un avec le roi précédent, seulement avec une différence, si ce pouvoir est Divin ou non : qu'il fasse un avec le précédent avec cette différence, c'est bien évident par 16 Verset suivant, en ce qu'il est dit de la Bête, qu'elle est un huitième roi, et que cependant elle est des sept; puis donc que la Bête est dite roi d'entre les sept, il s'ensuit que ces deux, qui sont de reste après que cinq des sept furent tombés, et de qui il est dit l'un et l'autre, appartiennent au même sujet, ou au même vrai profané, et que c'est un autre vrai profané qui est signifié par la Bête, en tant qu'elle est dite être un roi des sept. Quant à ce qui concerne la chose elle-même, il est notoire qu'ils disent que le pouvoir sur le Ciel et sur les âmes des hommes pour les sauver n'est pas Divin, parce que c'était le pouvoir de l'Humain du Seigneur transféré de Dieu le Père en Lui, et du Seigneur à Pierre; mais ils disent cela par crainte que le vulgaire ne se retire d'eux ; que cependant ce pouvoir soit Divin, on le voit manifestement en ce que, après que Dieu eut créé l'univers, le principal du pouvoir Divin a été de délivrer les hommes de l'enfer et de les sauver; car l'homme n'est pas sauvé en un seul moment, puisque le Seigneur le réforme et le régénère par degrés successivement depuis l'enfance jusqu'au dernier moment de sa vie dans le monde, et ensuite à éternité, et que le pouvoir humain ne peut absolument rien pour cela : que l'homme soit ainsi réformé et régénéré par le Seigneur, ils ne le savent pas, parce qu'ils ne veulent pas le savoir; c'est pourquoi ils persuadent que la salvation se fait en un moment, et que c'est seulement l'admission dans le Ciel, ce qui cependant est un énorme faux : mais, sur ce sujet, il en sera dit davantage, ailleurs. — Continuation sur la Parole : En somme : La Parole est le Divin Vrai Même, qui donne la sagesse aux Anges et illustre les hommes. Comme le Divin Vrai procède du Seigneur, et ce qui procède est Lui-Même hors de Lui, de même que la lumière et la chaleur procèdent du soleil, et sont le soleil ou appartiennent au soleil hors de lui, et comme la Parole est le Divin Vrai, elle est aussi le Seigneur, ainsi qu'elle est nommée dans Jean, — I. 1, 2, 3, 4. — Comme le Divin Vrai, qui est la Parole envoyée dans le Monde par le Seigneur, a traversé les trois Cieux, il a en conséquence été accommodé pour chaque Ciel, et enfin aussi .pour les hommes dans le Monde. De là vient que dans la Parole il y a quatre sens, l'un hors de l'autre à partir du Ciel suprême jusqu'au monde, ou l'un au dedans de l'autre à partir du monde jusqu'au Ciel suprême. Ces quatre sens sont nommés sens céleste, sens spirituel, sens naturel d'après le céleste et le spirituel, et sens purement naturel. Celui-ci est pour le Monde, celui qui le précède pour le dernier Ciel, le sens spirituel pour le second Ciel, et le sens céleste pour le troisième. Ces quatre sens diffèrent beaucoup entre eux, au point que quand ils sont placés l'un près de l'autre, ils ne sont point discernés comme faisant un, mais cependant ils font un quand l'un suit l'autre; car l'un résulte de l'autre, comme l'effet résulte de la cause, et comme le postérieur résulte de l'antérieur; c'est pourquoi, de même que l'effet représente la cause et correspond à la cause, de même un sens postérieur relativement au sens antérieur; c'est de là que les quatre sens font un par les correspondances. De ces Propositions résultent celles-ci : Que le dernier sens de la Parole, qui est le sens de sa lettre et le quatrième en ordre, contient en soi les trois sens intérieurs qui sont pour les trois Cieux ; que ces trois sens sont développés et se présentent dans les Cieux quand l'homme dans les terres lit saintement la Parole; que de là le sens de la lettre de la Parole est celui d'après lequel et par lequel se fait la communication avec les Cieux, et aussi celui d'après lequel et par lequel se fait la conjonction de l'homme avec les Cieux ; que le sens de la lettre de la Parole est la base du Divin Vrai dans les Cieux, et que le Divin Vrai sans une telle base serait comme une maison sans fondement, et que la sagesse des Anges sans cette base serait comme une maison dans l'air; que le sens de la lettre de la Parole est celui dans lequel consiste la puissance du Divin Vrai ; que le sens de la lettre est celui par lequel l'homme est illustré par le Seigneur, et celui par lequel il obtient des réponses quand il veut être illustré; que le sens de la lettre de la Parole est celui par lequel tout ce qui appartient à la doctrine dans les terres doit être confirmé; que le Divin Vrai dans le sens de la lettre de la Parole est dans sa plénitude; que le Divin Vrai dans le sens de la lettre de la Parole est dans sa sainteté.
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