| Apocalypse Expliquée 1067. Et la Bête, qui était et n'est pas, elle-même huitième elle est; et des sept elle est, et à perdition elle s'en va, signifie que c'est aussi un vrai profané, que la Parole est Divine, et cependant elle est rejetée : on le voit par la signification de la Bête, en ce qu'elle est la Parole, ci-dessus, N° 1038; par la signification de qui était et n'est pas, en ce que c'est que, dans le commencement, la Parole a été reçue et lue, mais que dans la suite elle a été enlevée et n'a point été lue, aussi ci-dessus, N° 1054; par la signification de elle-même huitième elle est, et des sept elle est, en ce que c'est qu'ils profanent le bien et le vrai en disant que la Parole pour eux est Divine, ainsi qu'il va être expliqué ; et par la signification de s'en aller à perdition, en ce que c'est reconnue pour la forme, et néanmoins rejetée, N° 1055. D'après cela, on peut voir que par ces paroles il est signifié la profanation de ce vrai du bien, que la Parole est Divine, lorsque cependant elle a été rejetée. Si elle a été reçue et reconnue pour Divine, c'est principalement parce que leur religion est fondée sur les clefs données à Pierre, et dont il est parlé dans la Parole; mais que néanmoins elle ait été rejetée, cela est notoire; en effet, elle a été enlevée au vulgaire, elle n'est point lue dans les Temples, il est attribué aux décrets du Pape la même sainteté et la même inspiration qu’a la Parole, mais comme ces décrets ne sont point d’accord avec la Parole, elle est généralement infirmée, et même blasphémée, puisqu’ils décident qu’il est permis d’y faire des changements selon l’état de l’église ; il est donc évident que ce vrai, que la Parole est Divine, a été profané par eux. Que ce soit là ce qui est signifié par ces paroles, on peut le voir en ce que par la Bête, dont il s’agit dans ce chapitre, il est signifié la Parole, et qu’elle est dite huitième roi, et que néanmoins elle est de sept ; si elle est dite huitième roi, c’est parce que par roi il est signifié le vrai, et par le nombre huit le bien, et par sept le vrai du bien profané, car la Parole est le vrai conjoint au bien, c’est pourquoi dans chacune des choses de la parole il y a le mariage du bien et du vrai. Quand cela est signifié par ces paroles, leur sens est manifestement évident, autrement personne ne peut percevoir, ni même conjecturer ce qui doit être entendu par cela que la Bête est un huitième Roi, et cependant des sept et par à perdition s’en aller, car être huitième, et cependant être des sept, ce serait une contradiction : personne non plus ne pourrait ni percevoir ni conjecturer ce qui doit être entendu par « sept rois, dont cinq sont tombés, et l’un est et l’autre vient, » puis, ce que signifie ce qui est dit de la Bête, à savoir, « qui était et n’est pas, et cependant elle est ; » et ensuite, que les dix rois donneront du pouvoir à la Bête, et dévasteront la prostituée ; ce serait là des arcanes cachés à éternité devant le genre humain, s’il n’avait pas été révélé que par les choses qui sont dans ce Chapitre il est décrit quelle est la Babylonie quant à la Parole. —Continuation sur la Parole : Que la Parole soit le Divin Vrai même qui donne la sagesse aux Anges et illustre les hommes, cela ne peut être perçu et vu que par un homme illustré : en effet aux yeux d’un homme mondain, dont le mental n’a pas été élevé au- dessus de la sphère sensuelle, la Parole dans le sens de la lettre paraît si simple qu’a peine est-il quelque chose de plus simple ; mais néanmoins le Divin Vrai, tel qu’il est dans les Cieux et duquel les Anges tirent la sagesse, est caché dans ce sens comme dans son Sanctuaire ; car la Parole dans la lettre est comme le Sanctuaire couvert du voile dans le milieu du Temple ; elle renferme déposés en elle des Arcanes de la sagesse céleste, tels que l’oreille n’en a point entendus : en effet, dans la Parole et dans chaque chose de la Parole, il y a un sens spirituel, et dans celui-ci un sens Divin-céleste, lequel considère en soi, est le Divin Vrai même qui est dans les Cieux, et qui donne la sagesse aux Anges et illustre les hommes ; le Divin Vrai, qui est dans les Cieux, est la lumière procédant du Seigneur comme Soleil, lequel est le Divin Amour ; et comme le Divin Vrai procédant du Seigneur est la Lumière du Ciel, il est aussi la Divine Sagesse ; c’est cette Sagesse qui illumine et les mentals et les yeux des Anges, et c’est aussi cette même Sagesse qui éclaire les mentals des hommes mais non leurs yeux, et qui leur donne de comprendre le vrai et aussi de percevoir le bien quand l’homme lit la Parole d’après le Seigneur et non d’après lui-même, car alors il est en société avec les Anges, et intérieurement dans une perception semblable à la perception spirituelle des Anges ; et cette perception spirituelle que possède l’homme-Ange influe dans sa perception naturelle, qui est sa perception propre dans le monde, et illustre cette perception : c’est ainsi que le Seigneur par l’intermédiaire du Ciel donne l’illustration à l’homme qui lit la Parole d’après l’affection du vrai.
|