| Apocalypse Expliquée 1061. Ici l'entendement, (à) qui a de la sagesse, signifie l'entendement de ces choses dans le sens naturel d'après le spirituel : on le voit par la signification de ici l'entendement, en ce que c'est l'entendement de ces choses; par la signification de (à) qui a de la sagesse, en ce que c'est qui peut percevoir ce qui a été représenté et par suite a été signifié par la vision, spécialement par la Bête écarlate, et par ses sept têtes et ses dix cornes; mais dans le sens abstrait d'avec la personne, par (à) qui a de la sagesse, il est entendu l'explication de la chose représentée dans le sens naturel d'après le spirituel, ainsi l'explication de ce que c'est que les sept montagnes et les sept rois, qui sont signifiés par les sept têtes, car l'explication donnée par l'Ange, que les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles est assise la femme, et qu'elles sont sept rois, dont cinq sont tombés, et l'un est, l'autre n'est pas encore venu, etc., n'est pas une explication dans le sens naturel d'après le spirituel, mais c'est une explication dans le sens purement naturel, dans lequel est caché un sens spirituel, qui doit être développé, et qui est développé, quand il est expliqué ce qui est signifié par les sept montagnes, par les sept rois, par les cinq qui sont tombés, et par un qui est, et ainsi du reste; c'est donc là ce qui est entendu par avoir de la sagesse, comme aussi ci-dessus, « ici la sagesse est : Qui a de l'intelligence, qu'il compte le nombre de la bête, » — Chap. XIII. 18.— Si l'Ange n'a pas expliqué la vision dans le sens naturel d'après le spirituel, c'est parce que l'explication aussi constitue la Parole dans la lettre, et que la Parole dans la lettre doit être naturelle, et avoir le sens spirituel caché dans chacune de ses expressions, autrement la Parole ne servirait pas de base au Ciel ni à l'Église, pour la conjonction de l'Église avec le Ciel ; de là vient qu'ailleurs aussi dans la Parole, par exemple dans Daniel, et dans les autres Prophètes, lorsque des Anges expliquent des visions, ils les expliquent dans le sens purement naturel, et nullement dans le sens naturel d'après le spirituel : le sens naturel d'après le spirituel, c'est ici lorsqu'il est expliqué ce que signifient les sept montagnes, les sept rois, et les autres choses, à savoir, que les montagnes signifient les biens de la Parole, et les sept montagnes ces biens profanés, et que les rois signifient les vrais de la Parole, et les sept rois ces vrais profanés; c'est là le sens naturel d'après le spirituel, sens qui est appelé sens interne, et aussi sens spirituel-naturel. — Sur le quatrième genre de Profanation : Le quatrième genre de profanation consiste à mener une vie de piété, en fréquentant les temples, en écoutant dévotement les prédications, en participant au sacrement de la cène et aux autres pratiques du culte selon les statuts, en lisant à la maison la Parole et parfois des livres de dévotion, et en priant matin et soir, selon la coutume, et cependant à ne faire aucun cas des préceptes de vie qui sont dans la Parole et spécialement dans le Décalogue, en agissant dans les affaires et dans les jugements sans sincérité et sans justice, par motif de lucre ou d'amitié, en commettant scortation et adultère quand la passion échauffe et en donne le pouvoir, en brûlant de haine et de vengeance contre ceux qui ne sont pas favorables à ses intérêts ou à son honneur, en se livrant au mensonge, et en parlant en mal des gens de bien et en bien des gens méchants, et ainsi du reste; lorsque l'homme est dans ces maux, et ne s'en est pas purifié en les détestant en s'en détournant, et que néanmoins il rend dévotement, comme il a été dit, un culte à Dieu, il profane; car il mêle ses internes, qui sont impurs, avec ses externes qui sont pieux, et il les souille; en effet, il n'y a pas d'externe qui ne procède des internes et n'existe par les internes, car les actions et les paroles de l'homme sont ses externes, ses pensées et ses volontés sont ses internes; l'homme ne peut parler que d'après la pensée, et ne peut agir que d'après la volonté; quand la vie des pensées et des volontés a été imbue d'astuce, de malice et de violence, il ne peut se faire autrement que ces passions, comme crimes intérieurs de la vie, n'influent ensemble dans les paroles et les actions qui appartiennent au culte et à la piété, et ne les souillent comme le bourbier souille les eaux. C'est là le culte qui est signifié par Gog et Magog, — Apoc. XX. 8, — et qui est décrit ainsi dans Ésaïe : « Que M'importe la multitude de vos sacrifices, les minchah, les parfums, le sabbath, les nouvelles lunes, les fêtes solennelles et les prières, tandis que vos mains sont pleines de sang ? Lavez-vous, purifiez-vous, éloignez la malice de vos œuvres, cessez de faire le mal.» — I. 11 à 19. — Ce genre de profanation n'est pas le genre hypocrite, comme est le précédent, parce que l'homme qui est dans ce genre-là croit être sauvé par le culte externe séparé de l'interne, et ignore que le culte par lequel on est sauvé est le culte externe qui procède de l'interne.
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