| Apocalypse Expliquée 1058. En voyant la Bête qui était et n'est pas, signifie sachant que la Parole avait été reçue, mais néanmoins était rejetée : cela est constant d'après la signification de voir, en ce que c'est savoir et connaître, Nos 260, 529; d'après la signification de la Bête, en ce qu'elle est la Parole, N° 1038 ; et d'après la signification de qui était et n'est pas, en ce que c'est qui avait été reçue, et néanmoins était rejetée, N°s 1054, 1055, 1056. — Du troisième genre de Profanation : Dans ce genre de profanation sont ceux qui adorent les choses Divines avec des gestes de dévotion et des lèvres pieuses, et qui cependant les nient de cœur et d'esprit, par conséquent ceux qui au dehors et devant le monde vénèrent les choses saintes de la Parole, de l'Église et du culte, et qui cependant s'en moquent à la maison et dans leur cabinet. Lorsque ceux qui appartiennent à ce genre de profanation sont dans la sainteté externe, soit qu'ils enseignent dans un Temple, soit qu'ils parlent avec le vulgaire, ils ne savent autre chose sinon que ce qu'ils disent est ainsi, mais dès qu'ils rentrent en eux-mêmes, ils pensent le contraire : comme ils sont tels, ils peuvent contrefaire les Anges de lumière, bien qu'ils soient des Anges de ténèbres : de là il est évident que ce genre de profanation est le genre hypocrite; ils sont semblables à des images de boue recouvertes d'or, à des fruits pourris à l'intérieur mais dont la peau est belle, ou à des noix rongées intérieurement par le ver mais dont les coques sont entières : par là il est évident que leur interne est diabolique, et que par conséquent leur sainteté externe est une profanation. Tels sont plusieurs dominateurs dans la Babylonie d'aujourd'hui ; et, là, beaucoup de membres d'une certaine société, qu'eux-mêmes connaissent, lesquels s'arrogent le pouvoir de dominer sur les âmes des hommes et sur le Ciel; car croire, comme eux croient, qu'il leur a été donné pouvoir de sauver et d'introduire dans le Ciel, et reconnaître de cœur qu'il y a un Dieu, ce sont deux opposés; et cela, parce que l'homme, pour être sauvé et introduit dans le Ciel, doit se tourner vers le Seigneur et Le supplier; mais l'homme qui croit que ce pouvoir lui a été donné regarde vers soi-même, et croit avoir en soi les choses qui appartiennent au Seigneur; or, il n'est pas possible qu'il croie cela et qu'en môme temps il croie qu'il y a un Dieu, ou que Dieu est en lui : croire que Dieu est en soi, tandis qu'on se regarde au-dessus des choses saintes de l'Église, et qu'on regarde le Ciel en son pouvoir, c'est se mettre dans la même position que Lucifer, qui brûle de l'ardeur de dominer sur toutes choses; si celui-ci pensait que Dieu est en lui, il ne pourrait faire autrement que de penser cela d'après lui-même; or, penser d'après soi-même que Dieu est en soi, c'est penser non pas que Dieu est en soi, mais qu'on est soi-même Dieu, comme on le lit dans Ésaïe,— XIV. 13, 14, — au sujet de Lucifer, par lequel il y est entendu la Babylonie, ainsi qu'il est évident par les Versets 4 et 22 du même Chapitre. Tel est aussi l'homme par lui-même, et il se montre avec ardeur tel qu'il est par lui-même lorsqu'il en a le pouvoir, et par degrés selon qu'il s'élève. D'après cela, il est évident que de tels hommes sont athées, les uns ouvertement, les autres en secret, quelques-uns sans le savoir, et que, comme ils regardent la domination comme fin et les choses saintes du Ciel et de l'Église comme moyens, ils contrefont les Anges de lumière par la face, les gestes et le langage, et profanent ainsi les choses saintes.
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