| Apocalypse Expliquée 1053. Et l'Ange me dit : Pourquoi t'étonnes-tu? Moi, je te dirai le mystère de la Femme et de la Bête qui la porte, ayant les sept têtes et les dix cornes, signifie la manifestation de toutes choses : on le voit sans explication : ce que chacune de ces expressions signifie, ainsi ce que signifie s'étonner, ce que signifient le mystère de la femme, la bête écarlate, les sept têtes et les dix cornes, cela a été dit dans ce qui précède, et sera expliqué avec plus de détails dans ce qui suit. — Du second genre de Profanation : II y a un autre genre de profanation des choses saintes; il existe chez ceux qui ont pour fin la domination, et pour moyens les choses saintes de la Parole, de l'Église et du culte. Il est conforme à l'ordre Divin que le Ciel et l'Église, et par conséquent leurs choses saintes, soient la fin, et que la domination soit le moyen pour atteindre l'a fin; car lorsque les choses saintes sont la fin et la domination le moyen, le Seigneur est honoré et adoré; mais lorsque la domination est la fin et que les choses saintes sont les moyens, l'homme s'honore et s'adore à la place du Seigneur; car les moyens regardent la fin comme des serviteurs regardent un maître, et la fin regarde les moyens comme un maître regarde des serviteurs; c'est pourquoi, de même que le maître estime et aime les serviteurs selon leur obéissance à exécuter sa volonté, de même aussi l'homme qui a pour fin la domination estime et aime les choses saintes de la Parole, de l'Église et du culte, selon les avantages qu'elles procurent à la fin, qui est la domination ; et, de l'autre côté, de même que le maître méprise et rejette les serviteurs, et les remplace par d'autres, s'ils ne servent pas à son gré, de môme aussi l'homme qui a pour fin la domination méprise et rejette les choses saintes de l'Église, et les remplace par d'autres qu'il accepte, si elles ne servent pas à sa fin, qui est la domination. De là il est évident que les choses saintes, chez ceux qui ont la domination pour fin, ne sont en aucune estime, si ce n'est qu'en tant qu'elles servent à la fin; puis aussi, que si elles servent à la fin chez eux, néanmoins elles sont, non pas saintes, mais profanes la raison de cela, c'est que la fin, quand elle est la domination, est l'homme lui-même; et comme elle est l'amour de soi, elle est le propre de l'homme; et le propre de l'homme, considéré en soi, n'est que mal, bien plus il est profane, et la fin conjoint les moyens à elle-même pour qu'ils soient comme un. Dans ce genre de profanation sont tous ceux qui remplissent les ministères sacrés, et qui par les choses saintes de l'Église cherchent pour eux l'honneur et la gloire, et la joie de leur cœur dans l'honneur et dans la gloire, et non dans l'usage, qui est le salut des âmes.
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