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La Vraie Réligion Chrétienne 498 

De ce qui vient d’être dit il résulte ce point que le Libre Arbitre Même dans les choses spirituelles réside en toute perfection dans l’àme de l’homme, et que par suite, comme une veine dans une source, il influe dans son mental dans ses deux parties, qui sont la volonté et l’entendement, et par elles dans les sens du corps et dans les paroles et les actions.il y a, en effet, trois degrés de la vie chez l’homme, l’Ame, le Mental et le Corps sensuel ; tout ce qui est dans un degré supérieur est en perfection au-dessus de ce qui est dans le degré inférieur. Cette Liberté de l’homme est ce par quoi, en quoi et avec quoi le Seigneur est présent dans l’homme, et presse sans cesse sa réception, sans jamais cependant ébranler ou ôter la liberté, puisque, comme il a été dit ci-dessus, tout ce qui est fait dans les choses spirituelles par l’homme d’après la non-liberté, ne reste point; c’est pourquoi l’on peut dire que cette Liberté de l’homme est ce dans quoi le Seigneur habite chez lui dans son âme. Quant à ce qu’il a été pourvu ii la répression du ma! par les lois dans l’un et l’autre Monde, le Spirituel et le Naturel, parce qu’autrement il ne subsisterait de Société nulle part, cela est évident sans explication ; mais cependant cela sera illustré en ce que sans ces liens externes, non-seulement il ne subsisterait pas de Société, mais que même tout le genre humain périrait : En effet, l’homme est alléché par deux amours, qui sont l’amour de dominer sur tous et l’amour de posséder les richesses de tous ; ces amours, si les freins leur sont lâchés, s’élancent à l’infini : les maux héréditaires, dans lesquels l’homme naît, sont principalement sortis de ces deux amours : le mal dans Adam n’a été autre que d’avoir voulu devenir comme Dieu, mal qui avait été infusé en lui par le serpent, comme on le lit; aussi est-il dit, dans la malédiction prononcée contre lui, que la terre lui produirait épine et chardon, — Gen. III. 5, 18, — par quoi il est entendu tout mal et par suite tout faux ; tous ceux qui se sont livrés à ces amours se regardent comme l’unique objet, dans lequel et pour lequel tous les autres existent ; il n’y a en eux ni commisération, ni crainte de Dieu, ni amour du prochain, et par suite il y a inhumanité, férocité et cruauté, cupidité et avidité infernales de piller et de ravager, astuce et fourberie pour y parvenir; de semblables penchants au mal ne sont point innés chez les bêtes de la terre ; si elles tuent et dévorent les autres, ce n’est pas d’après un autre amour que celui de satisfaire leur faim et de se mettre hors de danger ; l’homme méchant, considéré quant à ces amours, est donc plus inhumain, plus féroce et pire que toute bête. Quo l’homme soit intérieurement tel, cela se manifeste dans les troubles séditieux, dans lesquels les liens de la loi ont été rompus ; et aussi dans les carnages et les pillages, quand il est donné liberté d’agir avec fureur contre les vaincus et les assiégés ; il en est à peine un qui s’en abstienne, avant que le tambour ait fait entendre qu’il faut cesser ; d’après cela, il est évident que si aucune crainte des peines infligées par les lois ne retenait les hommes, non-seulement la société serait détruite, mais aussi tout le Genre humain. Mais tous ces maux ne sont éloignés que par le véritable usage du Libre Arbitre dans les choses spirituelles, lequel consiste à s’appliquer à porter sa pensée sur l’état de la vie après la mort.

 

 


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