| La Vraie Réligion Chrétienne 42 Il faut en outre qu'on sache qu'il y a trois degrés d'amour et de sagesse, et par suite trois degrés de vie, et que le Mental humain a été formé comme en régions selon ces degrés, et que la vie dans la région suprême est dans le degré suprême, dans la seconde région dans le degré moyen, et dans la dernière région dans le degré infime ; ces régions sont successivement ouvertes chez les hommes; la dernière région, où la vie est dans le degré infime, s'ouvre depuis la première enfance jusqu'à la seconde (pueritia), et cela se fait par les sciences ; la seconde région, où la vie est dans un degré plus grand, s'ouvre depuis la seconde enfance jusqu'à l'adolescence, et cela se fait par les pensées provenant des sciences; et la région suprême, où la vie est dans le degré suprême, s'ouvre depuis l'adolescence jusqu'à la jeunesse et au-delà, et cela se fait par les perceptions des vérités et morales et spirituelles. Enfin, il faut qu'on sache que la perfection de la vie consiste non pas dans la pensée, mais dans la perception du vrai d'après la lumière du vrai ; c'est de là qu'on peut juger des différences de la vie chez les hommes ; en effet, il en est qui, aussitôt qu'ils entendent le vrai, perçoivent que c'est le vrai, ceux-ci dans le Monde spirituel sont représentés par des aigles; il en est qui ne perçoivent pas le vrai, mais qui le concluent d'après les confirmations par les apparences, ceux-ci sont représentés par des oiseaux qui ont une voix agréable; il en est qui croient qu'une chose est le vrai, parce qu'elle a été dite par un homme d'autorité, ceux-ci sont représentés par des pies ; et en outre il en est qui ne veulent pas et qui ne peuvent pas percevoir le vrai, mais qui perçoivent seulement le faux, et cela, parce qu'ils sont dans une lumière fantastique, dans laquelle le faux se montre comme le vrai, et le vrai se montre ou comme quelque chose de caché au-dessus de la tête dans un nuage épais, ou comme un météore, ou comme le faux. Les pensées de ceux-ci sont représentées par des hiboux, et leurs paroles par des chats-huants ; parmi ces derniers, ceux qui ont confirmé leurs faux ne supportent pas d'entendre les vrais, et dès que quelque vrai frappe l'ouverture de leur oreille, ils le rejettent par aversion, à peu près comme un estomac chargé de bile vomit la nourriture.
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