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| La Vraie Réligion Chrétienne 38 II. DIEU EST LE BIEN MEME ET LE VRAI MEME, PARCE QUE LE BIEN APPARTIENT A L'AMOUR, ET LE VRAI A LA SAGESSE. Il est universellement connu que toutes choses se réfèrent au bien et au vrai, indice que toutes choses ont existé d'après l'Amour et la Sagesse ; en effet, tout ce qui procède de l'amour est appelé bien, car cela est senti, et le plaisir par lequel l'amour se manifeste est pour chacun le bien ; d'un autre côté, tout ce qui procède de la Sagesse est appelé vrai, car la sagesse ne consiste que dans les vrais, et affecte ses objets par le charme de la lumière, et ce charme, lorsqu'il est perçu, est le vrai procédant du bien ; aussi l'Amour est-il le complexe de toutes les bontés, et la Sagesse le complexe de toutes les vérités; mais les unes et les autres viennent de Dieu, qui est l'Amour même et par suite le Bien même, et aussi la Sagesse même et par suite le Vrai même. De là vient que, dans l'Eglise, il y a deux essentiels, qui sont appelés Charité et Foi, dans lesquels consistent toutes et chacune des choses de l'Eglise, et qui doivent être dans toutes et dans chacune des choses de l'Eglise; et cela, parce que tous les biens de l'Eglise appartiennent à la charité et sont appelés Charité, et que tous les vrais de l'Eglise appartiennent à la foi et sont appelés Foi : les plaisirs de l'amour, qui sont aussi les plaisirs de la charité, font que les plaisirs sont dits biens, et les charmes de la sagesse, qui sont aussi les charmes de la foi, font que les charmes font la vie des biens et des vrais ; sans la vie qui en provient les biens et les vrais sont comme inanimés, et aussi sont stériles. Mais, les Plaisirs de l'amour sont de deux genres, pareillement les Charmes qui semblent appartenir à la sagesse ; savoir, les plaisirs de l'Amour du bien et les plaisirs de l'amour du mal, et par suite les charmes de la foi du vrai et les charmes de la foi du faux ; ces deux plaisirs de l'Amour, dans les sujets en qui ils sont, d'après leur sensation, sont nommés biens, et ces deux charmes de la foi, d'après leur perception, sont aussi nommés biens, mais parce qu'ils sont dans l'entendement, ils ne sont autre chose que des vrais; quoique les deux genres soient opposés entre eux, et que le bien de l'un des amours soit le bien, et le bien de l'autre amour le mal, et que le vrai de l'une des fois soit le vrai, et le vrai de l'autre foi le faux : mais l'Amour dont le plaisir est essentiellement le bien est comme la chaleur du Soleil, fructifiant, vivifiant et opérant dans un humus fertile, dans des arbres de bonne qualité et dans des moissons, et faisant du terrain, où elle opère, une sorte de paradis, de jardin de Jéhovah, et une espèce de terre de Canaan ; et le charme du vrai de cet amour est comme la lumière du soleil au printemps, et comme la lumière qui influe dans un vase de cristal, où sont renfermées de belles fleurs et d'où s'exhale une odeur suave quand il est ouvert ; au contraire, le plaisir de l'amour du mal est comme la chaleur du soleil desséchant, suffoquant et opérant dans un humus stérile, et dans des arbres ingrats, tels que des épines et des buissons, et faisant du terrain, où elle opère, une sorte de désert d'Arabie habité par des serpents, des hydres et des dipsades; et le charme du faux de cet amour est comme la lumière du soleil en hiver, et comme la lumière qui influe dans une bouteille, où sont dés vers nageant dans du vinaigre, et des reptiles d'une odeur infecte. Il faut qu'on sache que tout bien se forme par des vrais, s'en revêt aussi, et se distingue ainsi d'un autre bien ; il faut encore qu'on sache que les biens d'une même souche se lient en faisceaux et les couvrent ensemble d'un vêtement, et se distinguent ainsi des autres; que les formations se fassent de cette manière, c'est ce qu'on voit clairement d'après tout ce qui se passe en général et en particulier dans le Corps humain ; que la même chose se fasse dans le Mental humain, cela est évident en ce qu'il y a une correspondance perpétuelle de toutes les choses du mental avec toutes celles du corps : de là il résulte que le Mental humain a été organisé intérieurement de substances spirituelles, et extérieurement de substances naturelles, et enfin de substances matérielles; le Mental dont les plaisirs de l'amour sont des biens consiste intérieurement en substances spirituelles telles qu'elles sont dans le Ciel, tandis que le Mental dont les plaisirs sont des maux consiste intérieurement en substances spirituelles telles qu'elles sont dans l'enfer, et les maux de ce mental sont liés en faisceaux par des faux, comme les biens de l'autre mental sont liés en faisceaux par des vrais ; puisque les biens et les maux sont ainsi liés en faisceaux, voilà pourquoi le Seigneur dit, que l'Ivraie doit être rassemblée en faisceaux pour être brûlée, et qu'il en sera de même des scandales. Matth. XIII, 30, 40, 41. Jean, XV, 6.
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