| La Vraie Réligion Chrétienne 361 Lors donc qu'on sait que le spirituel est intérieurement dans le naturel chez ceux qui sont dans la foi au Seigneur, et en même temps dans la charité à l'égard du prochain, et que par suite le Naturel chez eux est diaphane, il en résulte qu'on sait que l'homme est alors sage dans les choses spirituelles, et par suite sage aussi dans les choses naturelles, car il voit intérieurement en lui quand il pense, ou qu'il lit et entend quelque chose, si cela est une vérité ou non ; il perçoit cela d'après le Seigneur, de qui la lumière et la chaleur spirituelles influent dans la sphère supérieure de son entendement. Autant chez l'homme la Foi et la Charité deviennent spirituelles, autant l'homme est retiré du propre, et ne regarde ni soi-même, ni la récompense, ni la rémunération, mais seulement le plaisir de percevoir les vrais de la foi, et de faire les biens de l'amour ; et autant cette spiritualité augmente, autant ce plaisir devient béatitude ; de là vient son salut, qui est appelé vie éternelle. Cet état de l'homme peut être comparé aux choses qui dans le Monde sont les plus belles et offrent le plus de charmes, et est aussi, dans la Parole, comparé aces choses, par exemple, aux Arbres fruitiers, et aux Jardins dans lesquels ils sont ; aux Prairies émaillées de fleurs ; aux Pierres précieuses ; aux Mets délicats ; et aussi à des Noces, et alors aux Divertissements et aux Réjouissances. Mais quand c'est l'inverse, c'est-à-dire, quand le Naturel est intérieurement dans le Spirituel, et que par suite l'homme dans ses Internes est un Diable, et dans ses Externes comme un Ange, alors son état peut être comparé à un Mort dans un cercueil de bois précieux et doré ; il peut encore être comparé à un Squelette paré de vêtements comme un homme, et porté dans un char magnifique; et aussi à un Cadavre dans un sépulcre bâti comme le Temple de Diane : bien plus, son Interne peut être assimilé à un peloton de serpents dans une caverne, et son Externe à des papillons dont les ailes sont teintes de couleurs de toute espèce, et qui cependant déposent de sales œufs sur les feuilles des arbres fruitiers, d'où résulte la destruction des fruits. Enfin son Interne peut être comparé à un Épervier, et son Externe à une Colombe, et sa Foi et sa Charité au vol de l'Épervier sur la Colombe en fuite, qu'il fatigue à la fin, et alors se jette sur elle et la dévore.
|