| La Vraie Réligion Chrétienne 177 VI. DE LA TRINITE NICEENNE ET EN MEME TEMPS ATHANASIENNE EST SORTIE LA FOI, QUI A PERVERTI TOUTE L'EGLISE CHRÉTIENNE.
Que la Trinité Nicéenne et en même temps Athanasienne soit une Trinité de Dieux, on le voit expliqué ci-dessus d'après leurs symboles, N° 172 ; de là est sortie la Foi de l'Eglise d'aujourd'hui, qui est en Dieu le Père, en Dieu le Fils et en Dieu l'Esprit Saint ; en Dieu le Père, pour qu'il impute la justice du Sauveur son Fils, et l'attribue à l'homme ; en Dieu le Fils, pour qu'il intercède et stipule ; en l'Esprit Saint, pour qu'en actualité il inscrive la justice du Fils imputée, et qu'après l'avoir établie il la scelle, en justifiant, sanctifiant et régénérant l'homme ; voilà la Foi d'aujourd'hui, laquelle seule peut témoigner que c'est une Trinité de Dieux qui est reconnue et adorée. De la Foi de chaque Église découle non-seule-ment tout son culte, mais aussi toute sa partie dogmatique, aussi peut-on dire que telle est la foi de l'Église, telle est sa doctrine ; que cette Foi, parce qu'elle est la foi en trois Dieux, ait perverti toute les choses de l'Église, c'est ce qui résulte de là ; car la Foi est le principe, et les doctrinaux sont les principiés, et les principiés tirent leur essence du principe. Si quelqu'un soumet à l'examen chacun des doctrinaux, par exemple, ceux qui concernent Dieu, la Personne du Christ, la Charité, la Pénitence, la Régénération, le Libre Arbitre, l'Election, l'usage des Sacrements du Baptême et de la Sainte-Cène, il verra clairement que la Trinité des Dieux est dans chaque doctrinal, et que si elle ne parait pas y être en actualité, néanmoins le doctrinal en rejaillit comme de sa source. Mais comme un tel examen ne peut être fait ici, et que cependant il est nécessaire qu'il soit fait pour ouvrir les yeux, il sera ajouté à cet ouvrage un Appendice, dans lequel cela sera démontré. La Foi de l'Église sur Dieu est comme l'Ame du corps, et les doctrinaux en sont comme les membres ; et, en outre, la Foi en Dieu est comme une Reine, et les dogmatiques sont comme les officiers de sa cour, et de même que ceux-ci dépendent des ordres donnés par la Reine, de même les dogmatiques dépendent de l'énoncé de la foi ; d'après cette foi seulement on peut voir comment est entendue la Parole dans l'Église, car la foi s'applique et tire à soi comme avec des cordes tout ce qu'elle peut ; si la foi est fausse, elle se prostitue avec tout vrai de l'Église, elle le tourne à gauche et le falsifie, et elle rend l'homme insensé dans les spirituels ; mais si la Foi est vraie, elle est alors favorable à toute la Parole, et le Dieu de la Parole, qui est le Seigneur Dieu Sauveur, répand la lumière, inspire de son Divin assentiment, et fait que l'homme devient sage. Que la foi d'aujourd'hui, qui dans la forme interne est la foi de trois Dieux, et dans la forme externe la foi d'un seul Dieu, ait éteint la lumière dans la Parole, et éloigné de l'Église le Seigneur, et ait ainsi précipité son matin dans la nuit, on le verra aussi dans l'Appendice ; cela a été fait par les hérésies avant le Concile de Nicée, et ensuite par les hérésies provenues de ce Concile et après ce Concile : mais quelle confiance peut-on avoir en des Conciles qui n'entrent point par la Porte dans la Bergerie, mais montent par un autre endroit, selon les paroles du Seigneur dans Jean, X, 1, 9 ? Leur délibération est assez semblable à la marche d'un aveugle dans le jour, ou d'un homme ayant des yeux dans la nuit, qui l'un et l'autre ne voient pas la fosse avant d'y être tombés. Par exemple, quelle confiance peut-on avoir en des Conciles qui ont établi le Vicariat du Pape, l'Apothéose des morts, et leur invocation comme s'ils étaient les Déités (Numina), la vénération de leurs images, l'autorité des indulgences, la division de l'Eucharistie, etc.? Quelle confiance peut-on avoir en un Concile qui a affermi l'exécrable Prédestination ? Et cette Prédestination, ils l'ont suspendue comme le Palladium de la religion devant les temples de leur Église. Mais, ô mon ami ! Adresse-toi au Dieu de la Parole, et ainsi à la Parole; entre ainsi par la porte dans la Bergerie, c'est-à-dire, dans l'Église, et tu seras illustré, et tu verras toi-même comme du haut d'une montagne non-seulement les pas et les erreurs du plus grand nombre, mais aussi tes pas précédents et les précédentes erreurs dans la sombre forêt au pied de la montagne.
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