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| Divine Pro 96 96. VII. Le Seigneur, dans toute progression de sa Divine Providence, garde intactes et comme saintes ces deux facultés chez l'homme. Les raisons de cela sont que l'homme, sans ces deux facultés, n'aurait ni entendement ni volonté, et ainsi ne serait point homme; puis aussi, qu'il ne pourrait pas, sans ces deux facultés, être conjoint au Seigneur, ni par conséquent être reformé et régénéré; puis encore, que l'homme, sans ces deux facultés, n'aurait ni l'immortalité, ni la vie éternelle. D'après la connaissance donnée dans ce qui précède, de ce que c'est que la Liberté et la Rationalité, qui sont ces deux facultés, on peut voir, il est vrai, qu'il en est ainsi, mais on ne le voit pas clairement, à moins que ces raisons ne soient présentées à la vue comme conclusions; il faut donc que chacune soit illustrée. L'homme, sans ces deux facultés, n'aurait ni entendement ni volonté, et ainsi ne serait point homme: En effet, l'homme n'a la volonté que parce qu'il peut vouloir librement comme par lui-même; et vouloir librement comme par soi-même vient de cette faculté — continuellement donnée à l'homme par le Seigneur, — qui est appelée Liberté; et l'homme n'a l'entendement que parce qu'il peut comme par lui-même comprendre si telle chose est conforme ou non à la raison; et comprendre si une chose est conforme ou non à la raison vient de cette autre faculté — continuellement donnée à l'homme par le Seigneur,— qui est appelée Rationalité. Ces facultés se conjoignent chez l'homme comme la Volonté et l'Entendement; à savoir, que, parce que l'homme peut vouloir, il peut aussi comprendre, car vouloir n'existe pas sans comprendre, comprendre est son compagnon ou son associé, sans lequel il ne peut être; c'est pourquoi, avec la faculté qui est appelée liberté, il est donné la faculté qui est appelée rationalité; si même de comprendre tu ôtes vouloir, tu ne comprends rien; et autant tu veux, autant tu peux comprendre, pourvu que les moyens, qui sont appelés connaissances, soient présents ou soient en même temps ouverts, car les connaissances sont comme des instruments dans la main d'un ouvrier: il est dit: Autant que tu veux tu peux comprendre, c'est-à-dire, autant que tu aimes comprendre, car la volonté et l'amour font un; cela, il est vrai, se présenté comme un paradoxe, mais se présente ainsi à ceux qui n'aiment pas comprendre, et par suite ne veulent pas, et ceux qui ne veulent pas disent qu'ils ne peuvent pas: mais dans l'Article suivant il sera dit qui sont ceux qui ne peuvent pas, et qui sont ceux qui peuvent difficilement. Sans qu'il soit besoin de confirmation, il est évident que si l'homme n'avait pas une Volonté d'après la faculté qui est appelée Liberté, et un Entendement d'après la faculté qui est appelée Rationalité, il ne serait point homme. Les bêtes n'ont point ces facultés; il semble que les bêtes aussi puissent vouloir, et qu'elles puissent comprendre, mais elles ne le peuvent point; c'est une affection naturelle, laquelle en elle-même est un désir, avec une science sa compagne, qui uniquement les conduit et les porte à faire ce qu'elles font: il y a, il est vrai, dans leur science le civil et le moral, mais elles ne sont pas au-dessus de cette science, parce qu'elles n'ont pas le spirituel qui donne de percevoir le moral, et par conséquent de le penser analytiquement: elles peuvent, à la vérité, être instruites à faire quelque chose; mais cela est seulement un naturel qui s'ajoute à leur science et en même temps à leur affection, et se reproduit ou par la vue ou par l’ouïe, mais ne devient jamais chez elle une chose de la pensée, encore moins une chose de la raison: sur ce sujet, voir ci-dessus, N° 74. L'homme ne pourrait pas, sans ces deux facultés à être conjoint au Seigneur, ni par conséquent être reformé et régénéré, c'est ce qui a été montré ci-dessus; en effet, le Seigneur réside dans ces deux facultés chez les hommes tant méchants que bons, et par elles il se conjoint à chaque homme: de là vient que le méchant peut comprendre aussi bien que le bon, et qu'en lui il y a en puissance la volonté du bien et l'entendement du vrai; s'ils n'y sont pas en acte, c'est par l'abus de ces facultés. Que le Seigneur réside dans ces facultés chez chaque homme, c'est d'après l'influx de la volonté du Seigneur, en ce qu'il veut être reçu par l'homme, faire sa demeure chez lui, et lui donner les félicités de la vie éternelle; ces choses appartiennent ci la volonté du Seigneur, parce qu'elles appartiennent à son Divin Amour. C'est cette Volonté du Seigneur, qui fait que ce que l'homme pense, dit, veut et fait, apparaît en lui comme étant à lui. Que l'influx de la volonté du Seigneur opère cela, c'est ce qui peut être confirmé par plusieurs particularités du Monde spirituel; car parfois le Seigneur remplit un Ange de son Divin, au point que l'Ange ne sait autre chose, sinon qu'il est le Seigneur; ainsi ont été remplis les Anges qu'Abraham, Hagar, Guidéon, ont vus, lesquels par suite se sont appelés Jéhovah, et dont il est parlé dans la Parole: de même aussi un esprit peut être rempli par un autre, au point de ne savoir autre chose, sinon qu'il est, cet autre; c'est ce que j'ai vu très-souvent: on sait aussi dans le Ciel que le Seigneur opère toutes choses par le Vouloir, et que ce qu'il veut est fait. D'après ces explications, il est évident que c'est par ces deux facultés que le Seigneur se conjoint à l'homme, et qu'il fait que l'homme est réciproquement conjoint Mais comment l'homme, par ces facultés, est réciproquement conjoint, et par conséquent comment par elles il est reformé et régénéré, cela a été dit ci-dessus, et il en sera parlé plus amplement dans la suite. L'homme, sans ces deux facultés, n'aurait ni l'immortalité ni la vie éternelle, c'est une suite de ce qui vient d'être dit, que par elles il y a conjonction avec le Seigneur, puis réformation et régénération; par la conjonction l'homme à l'immortalité, et par la réformation et la régénération il a la vie éternelle: et comme par ces facultés il y a conjonction du Seigneur avec tout homme, tant méchant que bon, ainsi qu'il a été dit, c'est pour cela que tout homme à l'immortalité; mais la vie éternelle, c'est-à-dire, la vie du ciel, est pour l'homme chez qui il y a la conjonction réciproque depuis les intimes jusqu'aux derniers. D'après ces explications, on peut voir les raisons pour les-quelles le Seigneur, dans toute progression de sa Divine Providence, garde intactes et comme saintes ces deux facultés chez l'homme. |
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