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Divine Pro 79 79. Il est dit que ce que l’homme fait d'après le libre selon sa pensée, cela aussi reste; en effet, rien de ce que l'homme s'est appropriéé ne peut être déraciné, car cela est devenu chose de son amour et en même temps de sa raison, ou de sa volonté et en même temps de son entendement, et par suite chose de sa vie: cela, il est vrai, peut être éloigné, mais néanmoins ne peut être rejété; et quand cela est éloigné, cela est transporté comme du centre aux périphéries, et y demeure: c'est ce qui est entendu par «cela reste.» Par exemple, si un homme dans son enfance et dans son adolescence s'est approprié quelque mal, en le faisant d'après le plaisir de son amour; ainsi, s'il a trompé, blasphèmé, s'est livré à la vengeance, à la scortation; alors, parce qu'il a fait ces maux d'après le libre selon sa pensée, il se les a aussi appropriés; mais si ensuite il fait pénitence, s'il les fuit et les regarde comme des péchés qu'il faut avoir en aversion, et qu'ainsi il s'en abstienne d'après le libre selon la raison, alors les biens auxquels ces maux sont opposés lui sont appropriés; ces biens sont alors le centre, et éloignent les maux vers les périphéries, de plus en plus loin, selon qu'il s'en abstient et qu'il les a en aversion; mais néanmoins ils ne peuvent pas être rejétés de sorte qu'on puisse dire qu'ils ont été extirpés; toutefois cependant ils peuvent, lorsqu'ils ont été ainsi éloignés, paraître comme extirpés; cela a lieu parce que l’homme est détourné des maux par le Seigneur, et est tenu dans les biens: il en arrive ainsi pour tout mal héréditaire, et pareillement pour tout mal actuel de l'homme. C'est aussi ce que j'ai vu prouvé par expérience dans le Ciel chez quelques-uns qui, parce qu'ils étaient tenus dans le bien par le Seigneur, se croyaient sans maux; mais pour qu'ils ne crussent pas que le bien, dans lequel ils étaient, fut leur propre, ils furent envoyés hors du Ciel, et remis dans leurs maux, jusqu'à ce qu'ils reconnussent qu'ils étaient dans les maux par eux-mêmes, mais dans les biens par le Seigneur; après cette reconnaissance ils furent ramenés dans le Ciel. Qu'on sache donc que ces biens ne sont appropriés à l'homme que parce qu'ils appartiennent constamment au Seigneur chez l'homme; et, qu'autant l'homme reconnait cela, autant le Seigneur accorde que le bien apparaisse à l'homme comme étant à lui, c'est-à-dire, accorde qu'il apparaisse à l'homme qu'il aime le prochain ou qu'il a la charité comme par lui-même, qu'il croit ou qu'il a la foi comme par lui-même, qu'il fait le bien et comprend le vrai, et ainsi est sage comme par lui-même; illustré par là il peut voir quel il est, et combien est forte l'apparence dans laquelle le Seigneur veut que l’homme soit; et le Seigneur veut cela pour la salvation de l'homme, car sans cette apparence personne ne peut être sauvé. Sur ce sujet, voir aussi ce qui a été montré ci-dessus, Nos 42 à 45.

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