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| Divine Pro 139 139. Que personne ne soil reformé dans L'ETAT DE CRAINTE, c'est parce que la crainte ôte le libre et la raison, ou la liberté et la rationalité; en effet, l'amour ouvre les intérieurs du mental, mais la crainte les ferme; et quand ils ont été fermés, l'homme pense peu de choses, et seulement celles qui s'offrent alors à l'esprit (animus) et aux sens: telles sont toutes les craintes qui s'emparent de l’animus. Qu'il y ait chez l'homme un interne de la pensée et un externe de la pensée, cela a été montré ci-dessus: la crainte ne peut jamais s'emparer de l'interne de la pensée, cet interne est toujours dans le libre, parce qu'il est dans l'amour de sa vie; mais elle peut s'emparer de l'externe de la pensée, et quand elle s'en empare, l'interne de la pensée est fermé; lorsqu'il a été fermé, l'homme ne peut plus agir d'après le libre selon sa raison. ni par conséquent être reformé. La crainte, qui s'empare de l'externe de la pensée et fermé l'interne, est principalement la crainte de la perte de l'honneur ou du gain; mais la crainte des peines civiles et des peines ecclésiastiques externes ne ferme point, parce que ces lois prononcent seulement des peines pour ceux qui parlent et agissent contre les choses civiles du royaume et les choses spirituelles de l'Eglise, mais non pour ceux qui pensent contre ces choses. La crainte des peines infernales s'empare, il est vrai, de l'externe de la pensée, mais seulement pour quelques moments, quelques heures, ou quelques jours, et cet interne est bientôt remis dans son libre d'après l'interne de la pensée, qui appartient proprement à son esprit et à l'amour de sa vie, et est appelé pensée du coeur. Mais la crainte de la perte de l'honneur et du gain s'empare de l'externe de la pensée de l'homme, et quand elle s'en empare, elle ferme l’interne de la pensée par en haut à l'influx du ciel, et fait que l'homme ne peut être reformé: la raison de cela, c'est que l'amour de la vie de chaque homme est par naissance l'amour de soi et du monde; or, l'amour de soi fait un avec l'amour de l'honneur, et l'amour du monde fait un avec l'amour du gain; c'est pourquoi, quand l'homme est dans l'honneur ou dans le gain, craignant de les perdre, il confirme chez lui les moyens qui lui servent pour l'honneur et pour le gain, et qui sont tant civils qu'ecclésiastiques, appartenant les uns et les autres au Gouvernement; c'est ce que fait pareillement celui qui n'est pas encore dans l'honneur ou le gain, s'il y aspire; mais c'est par la crainte de la perte de la réputation qui procure honneur ou gain. Il est dit que cette crainte s'empare de l'externe de la pensée, et fermé l'interne par en haut à l'influx du Ciel; cet interne est dit fermé quand il fait absolument un avec l'externe, car alors il n'est pas en soi, mais il est dans l'externe. Mais comme les amours de soi et du monde sont des amours infernaux et les sources de tous les maux, on voit clairement quel est en soi l'interne de la pensée chez ceux en qui ces amours sont les amours de la vie, ou en qui règnent ces amours, à savoir, qu'il est plein des convoitises des maux de tout genre. C'est ce que ne savent pas ceux qui, par la crainte de la perte de la dignité et de l’opulence, sont dans une forte persuasion sur la réligiosité dans laquelle ils vivent, principalement dans la réligiosité d'après laquelle ils sont adorés comme des déités, et en même temps comme des plutons dans l'enfer; ceux-ci peuvent être comme embrasés de zèle pour le salut des âmes, et cela cependant par un feu infernal. Comme cette crainte enlève principalement la Rationalité même et la Liberté même, qui sont célestes par origine, il est évident qu'elle s'oppose à ce que l’homme puisse être reformé. |
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