| Ciel et Enfer 352. L'intelligence et la sagesse batardes consistent à ne pas voir et a ne pas percevoir par l'intérieur ce que c'est que le vrai et le bien, et par suite, ce que c'est que le faux et le mal; mais seulement à croire que ce qui est dit par d'autres est le vrai et le bien, ou le faux et le mal, et ensuite à le confirmer. Ceux qui le font ne voient pas le vrai d'après le vrai, mais d'après un autre, ils peuvent donc saisir et croire le faux aussi bien que le vrai, et même le confirmer au point qu'il apparaisse comme vrai, car tout ce qui est confirmé, revêt l'apparence du vrai, et il n'est rien qui ne puisse être confirmé. Leurs intérieurs n'ont été ouverts que par le bas, mais leurs extérieurs l'ont été autant qu'ils se sont confirmés. La lumière par laquelle ils voient n'est donc pas celle du Ciel, mais elle est la lumière du monde, appelée lueur naturelle, dans laquelle les faux peuvent briller comme les vrais, et même quand ils ont été confirmés, peuvent resplendir, mais non dans la lumière du Ciel. Ceux qui se sont beaucoup confirmés sont les moins intelligents et les moins sages, ceux qui se sont peu confirmés sont plus intelligents et plus sages. Toutefois, dans ce genre ne sont pas compris ceux qui, dans l'enfance, ont considéré comme des vrais les choses qu'ils ont apprises de leurs maîtres, s'ils n'y restent pas attachés quand plus tard ils pensent d'après leur propre entendement, mais désirent le vrai et le recherchent, et en sont intérieurement affectés quand ils le trouvent. Comme ils aiment le vrai pour le vrai, ils voient le vrai avant de le confirmer (3). Voici un exemple pour illustrer ce qui précède. Des esprits discutaient sur ce sujet: Pourquoi les animaux naissent-ils dans toute science conforme à leur nature, et qu'il n'en est pas de même de l'homme. Il leur fut repondu qu'il en était ainsi parce que les animaux sont dans l’ordre de leur vie, tandis que l'homme n'y est pas et doit être ramené dans l'ordre par les connaissances et les sciences. Mais si l'homme naissait dans l'ordre de sa vie, qui est d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et le prochain comme soi-même, il naîtrait dans l'intelligence et dans la sagesse, et par suite aussi dans la foi de tout vrai, à mesure que les connaissances arriveraient. Les bons esprits, seulement d'après la lumière du vrai, virent et perçurent aussitot qu'il en était ainsi; mais les esprits qui s'étaient confirmés dans la foi seule et avaient rejeté à l'amour et la charité, ne purent !e comprendre, parce que la lumière du faux confirmé chez eux, avait obscurci la lumière du vrai.
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