| Ciel et Enfer 351. Dans le monde on croit que ceux qui sont plus instruits dans les doctrines de l’Eglise et la Parole, ou dans les sciences, voient les vrais avec plus de profondeur et de pénétration que les autres, et sont plus intelligents et sages; eux-mêmes se considèrent ainsi. Mais il va être parlé maintenant de la vraie intelligence et de la vraie sagesse, de l'intelligence batarde et de la sagesse batarde, de la fausse intelligence et de la fausse sagesse.
La vraie intelligence et la vraie sagesse consistent à voir et à percevoir ce que c'est que le vrai et le bien, et par suite le faux et le mal; et à faire entre eux une juste distinction, d'après une intuition et une perception intérieures. Chaque homme a des intérieurs et des extérieurs; les intérieurs sont les choses qui appartiennent à l'homme interne ou spirituel, et les extérieurs, à l'homme externe ou naturel. L'homme voit et perçoit autant que ses intérieurs ont été formés et font un avec ses extérieurs. Les intérieurs de l'homme ne peuvent être formés que dans le Ciel, mais ses extérieurs le sont dans le monde. Quand les intérieurs ont été formés dans le Ciel, ils influent de la dans les extérieurs qui proviennent du monde, et les forment à la correspondance, c'est-à-dire pour qu'ils fassent un avec eux; lorsque cela a été fait, l'homme voit et perçoit par l'intérieur. Le seul moyen pour que les intérieurs soient formés, c'est que l'homme porte ses regards vers le Divin et vers le Ciel, puisque les intérieurs sont formés dans le Ciel. L'homme porte ses regards vers le Divin, quand il croit au Divin, et croit que du Divin précèdent tout vrai et tout bien, par conséquent toute intelligence et toute sagesse; et il croit au Divin, quand il veut être conduit par le Divin. Ainsi et non autrement sont ouverts les intérieurs de l'homme. L'homme qui est dans cette foi, et dans la vie conforme à cette foi, est dans la puissance et dans la faculté de comprendre et d'être sage. Mais pour qu'il devienne intelligent et sage, il faut qu'il apprenne bien des choses, non seulement celles qui concernent le Ciel, d'après la Parole et l'Eglise, mais aussi celles qui concernent le monde, d'après les sciences. Autant l'homme les apprend et les applique à la vie, autant il devient intelligent et sage, car autant la vue intérieure qui appartient à son entendement, et l'affection intérieure qui appartient à sa volonté, sont perfectionnées. Les simples de ce genre sont ceux dont les intérieurs ont été ouverts, mais n'ont pas été cultivés par les vrais spirituels, moraux, civils et naturels, ils perçoivent les vrais quand il les entendent, mais ne les voient pas en eux-mêmes. Les sages de ce genre sont ceux dont les intérieurs ont été non seulement ouverts, mais aussi cultivés, ils voient en eux mêmes les vrais et les perçoivent. De ce qui précède on voit clairement en quoi consistent la vraie intelligence et la vraie sagesse.
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