| Apocalypse Expliquée 998. Et je vis de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, signifie d'après la pensée, le raisonnement, la religion et la doctrine de ceux qui sont dans la foi seule, et dans les confirmations de cette foi d'après l'homme naturel : on le voit par la signification de la bouche, en ce que c'est la pensée, le raisonnement, la religion et la doctrine, Nos 580, 782, 794 ; par la signification du dragon, en ce que ce sont ceux qui sont dans la foi seule, tant quant à la doctrine que quant à la vie, Nos 714, 715, 716, 737; et par la signification de la bête, en ce que ce sont ceux qui par des raisonnements d'après l'homme naturel confirment la foi seule, N° 773. En effet, il y avait deux bêtes, l'une montant de la mer et l'autre montant de la terre; par la bête montant de la mer est entendue cette foi confirmée par des raisonnements d'après l'homme naturel, et par la bête montant de la terre est entendue cette foi confirmée .d'après le sens de la lettre de la Parole, et par suite la falsification de la Parole; mais ici il est entendu la bête montant de la mer, ainsi la foi confirmée par des raisonnements, parce qu'il est ajouté « de la bouche du faux prophète, » et que par le faux prophète il est signifié la même chose que par la bête montant de la terre, à savoir, la loi seule confirmée par la Parole, ainsi la doctrine du faux d'après les vrais falsifiés. Par ces paroles et par les suivantes il est maintenant décrit que la doctrine sur la foi seule a émoussé et presque éteint la faculté de comprendre le Divin Vrai, faculté qui cependant a été donnée à chaque homme par le Seigneur, en tant que les faux d'après le mal ne ferment pas l'influx et l'entrée afin que rien du Ciel ne soit perçu; en effet, l'homme est comme un jardin qui reçoit la lumière également l'hiver et l'été, mais non la chaleur, et selon que le jardin reçoit la chaleur, il fleurit et porte du fruit; de même l'homme, en ce qu'il peut également recevoir la lumière, c'est-à-dire, comprendre le Divin Vrai, soit qu'il soit mauvais ou qu'il soit bon, mais il ne peut fleurir et porter du fruit, c'est-à-dire, devenir sage et faire les œuvres qui sont des biens, si ce n'est que selon qu'il reçoit la chaleur, c'est-à-dire, le bien de l'amour. Beaucoup croient que les Érudits, parce qu'ils savent un grand nombre de choses de la Parole et de la doctrine d'après la Parole, sont plus intelligents et plus sages que les autres, mais néanmoins ils n'ont pas plus d'intelligence et de sagesse, que selon la chaleur spirituelle, c'est-à-dire, le bien de l'amour chez eux ; car selon «ce bien la faculté de comprendre les vrais est ouverte et est vivifiée, mais par les maux de l'amour du propre cette même faculté est comme couverte et oblitérée ; que cependant la faculté intellectuelle soit toujours chez eux, quoique couverte et oblitérée, je l'ai souvent entendu prouver par l'expérience; car des esprits qui étaient absolument dans les faux d'après le mal, et niaient de tout leur cœur le Divin influx dans toutes les choses de l'entendement du vrai et de la volonté du bien, par conséquent la Divine Providence, et par suite confirmaient chez eux que toutes choses appartiennent à la nature et à la propre prudence, ces esprits, quoiqu'ils fussent presque sans aucune faculté de comprendre les vrais lorsque chez eux ils les pensaient, cependant lorsqu'ils entendaient dire par d'autres que le Divin est tout, et que respectivement le naturel n'est rien, si ce n'est comme l'instrument de l'ouvrier, ils le comprenaient alors aussi clairement que ceux qui l'enseignaient, et que les autres qui s'étaient confirmés dans ce Divin Vrai ; mais aussitôt qu'ils avaient détourné l'oreille, ils tombaient dans l'opposé, et ne le comprenaient plus, et cela, parce qu'ils l'avaient couvert par des faux d'après les confirmations. Par là il était évident que chez tous il y a la faculté de comprendre le vrai, ou de recevoir du Ciel la lumière, mais que néanmoins on ne la reçoit qu'autant qu'on est dans le bien de l'amour par la vie; de la même manière que pour le jardin, qui admet la lumière du soleil également l'hiver comme l'été, mais qui néanmoins ne fleurit et ne porte du fruit qu'autant qu'il reçoit en même temps du soleil la chaleur, ce qui a lieu pour lui pendant le printemps et l'été. — Continuation sur le Sixième Précepte : L'homme a de l'intelligence et de la sagesse en proportion de ce qu'il est dans l'amour conjugal, et chez lui l'intelligence et la sagesse sont telles qu'est son amour conjugal; la raison de cela, c'est que l'amour conjugal descend de l'amour du bien et du vrai, comme l'effet descend de sa cause, ou comme le naturel descend de son spirituel; et c'est par le mariage du bien et du vrai que les Anges des trois Cieux ont aussi toute intelligence et toute sagesse; car l'intelligence et la sagesse ne sont autre chose que la réception de la lumière et de la chaleur procédant du Seigneur comme Soleil, c'est-à-dire, la réception du Divin Vrai conjoint au Divin Bien, et du Divin Bien conjoint au Divin Vrai; ainsi elles sont le mariage du bien et du vrai procédant du Seigneur. Que cela soit ainsi, c'est ce que j'ai vu d'une manière bien manifeste par les Anges dans les Cieux ; quand ils sont séparés de leurs épouses, ils sont, il est vrai, dans l'intelligence, mais non dans la sagesse, tandis que lorsqu'ils sont avec leurs épouses ils sont aussi dans la sagesse; et, ce que j'ai admiré, c'est qu'ils sont dans l'état de sagesse à proportion qu'ils tournent leur face vers leur épouse; car la conjonction du vrai et du bien se fait dans le Monde spirituel par l'aspect, et là l'épouse est le bien et le mari est le vrai; c'est pour cela que le vrai est vivifié à proportion qu'il se tourne vers le bien. Par intelligence et sagesse il est entendu, non pas le talent ingénieux de raisonner sur les vrais et les biens, mais la faculté de voir et de comprendre les vrais et les biens, faculté que l'homme tient du Seigneur.
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