| Apocalypse Expliquée 997. Afin que fût préparé le chemin des rois de devers le levant du soleil, signifie afin que le Divin Vrai procédant du Seigneur pût influer : on le voit par la signification du chemin des rois, en ce que c'est l'influx du Divin Vrai, car par le chemin est signifié l'influx, et par les rois sont signifiés les vrais: que ce soit l'influx du Divin Vrai qui est entendu, c'est parce qu'il est dit le chemin des rois de devers le levant du soleil; car par les chemins sont signifiés les influx, puisque tout influx d'une société à une autre, ainsi procédant du Seigneur, se fait par des chemins ouverts dans le Monde spirituel; et puisque par le lever du soleil il est signifié où est le Seigneur, ainsi de devers le levant du soleil, c'est procédant du Seigneur. Que le Seigneur soit le soleil du Ciel, et que par suite dans la Parole par le soleil il soit entendu le Seigneur quant à l'amour, on le voit ci-dessus, Nos 401, 412, 527 ; puis aussi, que par l'orient et par le levant du soleil il est entendu où est le Seigneur, N° 422; et que par les rois sont signifiés les Divins Vrais, N°s 29, 31, 553, 625; ce qui est entendu par ces paroles dans le sens le plus proche, cela a été dit ci-dessus, à savoir, afin qu'il fût ouvert un chemin de la terre de Canaan, par laquelle est signifié le spirituel de l'Église, vers l'Assyrie par laquelle est signifié le rationnel de l'Église; le fleuve de l'Euphrate séparait et distinguait ces terres; de là par le chemin des rois de devers Je levant du soleil il est signifié un passage par l'Église; que ce passage serait ouvert, cela est entendu dans ce sens par cela que « l'eau de l'Euphrate fut tarie. » Maintenant il sera dit quelque chose de l'influx du Divin Vrai procédant du Seigneur chez les hommes : Du Seigneur comme Soleil il sort et Chaleur et Lumière; mais la Chaleur est le Divin Bien et la Lumière est le Divin Vrai ; la Lumière, qui est le Divin Vrai, influe et entre chez tout Ange du Ciel, et aussi chez tout homme du Monde, et donne la vue interne, qui est l'entendement; car chaque homme, quant à son esprit, quoique non quant au corps, a la faculté de recevoir cette lumière, c'est-à-dire, de comprendre le Divin Vrai ; mais cette faculté est ouverte à mesure que l'homme grandit, et que par les sciences et par les connaissances du bien et du vrai il cultive et forme son rationnel selon l'ordre; mais la Chaleur, qui est le Divin Bien, n'influe pas chez l'Ange et chez l'homme de la même manière que la Lumière qui est le Divin Vrai; et cela, parce que l'homme naît dans les maux de tout genre, et que les maux font obstacle; c'est pourquoi les maux doivent d'abord être éloignés, avant que la Chaleur, qui est le Divin Bien, puisse influer, et les maux sont éloignés par cela qu'on les regarde comme péchés contre Dieu, et qu'on les fuit en suppliant le Seigneur pour le secours : autant donc l'homme reçoit ainsi le Divin Bien, autant il vient dans la Lumière de comprendre le Divin Vrai, car le chemin du Divin Vrai dans l'homme qui est réformé est par le Bien de la volonté, et de là par le Bien de la vie chez lui. Quand l'homme n'est pas dans le Divin Bien, mais dans le mal, il est néanmoins dans la faculté de recevoir la lumière, ou de comprendre le Divin Vrai, mais en tant qu'il est dans l'état séparé; s'il n'est pas dans l'état séparé, alors il ne le comprend pas de même : il y a pour l'homme état séparé quand «il est tenu seulement dans la pensée qui appartient à l'entendement, et non en même temps dans l'affection qui appartient à sa volonté; mais dans cet état l'homme n'est pas réformé, parce que cette lumière alors n'affecte pas sa vie, ou parce que le Divin Vrai n'est pas implanté : il y a, au contraire, état non-séparé pour l'homme quand il est tenu dans la pensée d'après l'entendement et en même temps dans l'affection d'après la volonté; dans cet état, l'homme ne reçoit pas la lumière, ou ne comprend pas le Divin Vrai, s'il n'est pas en même temps dans le Divin Bien quant à l'affection de la volonté; car dans cet état, les maux qui appartiennent à la volonté, et par suite les faux qui appartiennent à l'entendement, font obstacle et éteignent la lumière. Mais sur ces deux états de l'homme il en sera dit davantage dans ce qui suit. — Continuation sur le Sixième Précepte : Comme l'amour conjugal dans sa première essence est l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur, et que par suite il est aussi l'innocence, c'est aussi pour cela que l'amour conjugal est la Paix, telle qu'elle est dans les Cieux chez les Anges; car de même que l'Innocence est l'Être même de tout bien, de même aussi la Paix est l'Être même de tout plaisir qui procède du bien, par conséquent elle est l'Être même de toute joie entre les époux : maintenant, comme toute joie appartient à l'amour, et que l'amour conjugal est l'amour fondamental de tous les amours du Ciel, voilà pourquoi la Paix elle-même réside principalement dans l'amour conjugal. Que la Paix soit une béatitude du cœur et de l'âme, tirant son origine de la conjonction du Seigneur avec le Ciel et l'Église, et par conséquent aussi de la conjonction du bien et du vrai, après la cessation de tout dissentiment et de tout combat du mal et du faux contre le bien et le vrai, on le voit ci-dessus, N° 365; et comme l'amour conjugal descend de ces conjonctions, voilà encore pourquoi tout plaisir de cet amour descend et tire son essence de la Paix céleste. Cette Paix brille même, dans les Cieux, comme une céleste béatitude sur les faces des époux qui sont dans cet amour, et qui, d'après cet amour, se regardent mutuellement; et cette céleste béatitude, qui affecte intimement les plaisirs des amours et est nommée paix, ne peut être chez d'autres que chez ceux qui peuvent être conjoints intimement, ainsi quant aux cœurs mêmes.
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