| Apocalypse Expliquée 993. Et ils ne vinrent point à résipiscence de leurs œuvres, signifie qu'ils ne voulurent point vivre selon les préceptes du Seigneur : on le voit par la signification de venir à résipiscence, en ce que c'est mener une autre vie; et par la signification de leurs œuvres, en ce que ce sont les maux d'après les faux, car ceux qui séparent la foi d'avec les œuvres, en disant que les œuvres, parce qu'elles sont faites par l'homme, ne sont point bonnes et qu'elles sont méritoires, et ainsi ne doivent point être conjointes à la foi, qui est spirituelle et justifiante, ceux-là font les maux d'après les faux ; car d'après un faux principe l'homme ne fait aucun bien, et où il n'y a pas le bien, là est le mal; il en est autrement lorsque l'homme vit selon les préceptes du Seigneur, qui sont, qu'on doit s'abstenir des maux et qu'on doit faire les biens ; de là, par « ils ne vinrent point à résipiscence de leurs œuvres, » il est signifié qu'ils ne voulurent point vivre selon les préceptes du Seigneur.— Continuation sur le Sixième Précepte : Que l'amour vraiment conjugal contienne en soi tant de délices ineffables qu'elles sont au-dessus des nombres et des expressions, c'est aussi ce qu'on peut voir en ce que cet amour est l'amour fondamental de tous les amours célestes et spirituels, parce que par lui l'homme devient amour, car le conjoint aime son conjoint par cet amour comme le bien aime le vrai et comme le vrai aime le bien; ainsi, d'une manière représentative, comme le Seigneur aime le Ciel et l'Église; un tel amour ne peut exister que par le mariage dans lequel le mari est le vrai et l'épouse le bien. Quand par le mariage l'homme est devenu un tel amour, il est aussi dans l'amour envers le Seigneur et dans l'amour à l'égard du prochain, par conséquent dans l'amour de tout bien et dans l'amour de tout vrai ; car de l'homme comme amour il ne peut procéder que des amours de tout genre ; de là résulte que l'amour conjugal est l'amour fondamental de tous les amours du Ciel, Maintenant, puisqu'il est l'amour fondamental de tous les amours du Ciel, il est aussi l'amour fondamental de tous les plaisirs et de toutes les joies du Ciel, car tout plaisir et toute joie appartiennent à l'amour : il suit de là que les joies célestes, dans leur ordre et dans leurs degrés, tirent de l'amour conjugal leurs origines et leurs causes. Des félicités du mariage on peut conclure les infélicités des adultères, à savoir, que l'amour de l'adultère est l'amour fondamental de tous les amours infernaux, qui en eux-mêmes sont des haines et non des amours; qu'en conséquence c'est de l'amour de l'adultère que surgissent les haines de tout genre, tant contre Dieu que contre le prochain, et en général contre tout bien et tout vrai du Ciel et de l'Église; de la pour lui toutes les infélicités; car par les adultères l'homme devient une forme de l'enfer, et par l'amour des adultères il devient une image du diable, comme il a été dit précédemment. Que par les mariages où règne l'amour Vraiment conjugal, toutes les délices et toutes les félicités croissent jusqu'aux délices et aux félicités du Ciel intime, et que dans les mariages où règne l'amour de l'adultère les disgrâces et les infortunes croissent en cruauté jusqu'à l'enfer le plus profond, ou le voit dans le Traité du ciel et de l'enfer, N° 386.
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