| Apocalypse Expliquée 978. Et j'en entendis un autre de l'Autel, disant, signifie la prédication de la justice du Seigneur d'après son Royaume céleste : on le voit par la signification de l’Ange de l'Autel, en ce que c'est le Royaume Céleste du Seigneur, car par l'Autel est signifié le Seigneur quant au Divin Bien, par conséquent aussi le Ciel qui est dans le Divin Bien; ce Ciel ou ces Cieux constituent le Royaume Céleste du Seigneur : que l'Autel signifie le Seigneur quant au Divin Bien, on le voit, N°s 391, 490, 915. Si l'Ange qui parle de l'Autel signifie le Royaume céleste du Seigneur, c'est parce que par l'Ange des eaux qui a parlé, Vers. 5, il est entendu le Royaume spirituel du Seigneur, ci-dessus, N° 971. Comme ici la Justice du Seigneur est prêchée des Cieux, et que les Cieux consistent en deux Royaumes, à savoir, le spirituel et le céleste, c'est pour cela que de l'un et de l'autre Royaume il est fait une prédication, et que l'un des Royaumes est entendu par l'Ange des eaux, et l'autre par l'Ange de l'Autel. — Continuation sur le Cinquième Précepte : Soient encore, pour exemple, les Marchands : Leurs œuvres sont toutes mauvaises, tant qu'ils ne considèrent pas et par suite ne fuient pas comme péchés les profits illégitimes, les gains illicites, les ruses et les fraudes; car de telles œuvres ne peuvent pas être faites d'après le Seigneur, mais elles le sont d'après l'homme lui-même; et leurs œuvres sont d'autant plus mauvaises, qu'ils savent avec plus d'adresse et de subtilité composer intérieurement des artifices, et tromper les associés; et encore plus mauvaises quand ils savent mettre à exécution de tels artifices sous l'apparence de la sincérité, de la justice et de la piété : plus le marchand perçoit le plaisir de telles manœuvres, et plus ses œuvres tirent leur origine de l'enfer : si le marchand fait ce qui est sincère et juste pour obtenir de la réputation, et par la réputation acquérir des richesses, de sorte qu'il paraisse agir par l'amour de la sincérité et de la justice, et qu'il ne fasse pas ce qui est sincère et juste par affection pour la Loi Divine ou par obéissance à cette Loi, il est néanmoins intérieurement non sincère et non juste, et ses œuvres sont des vols, car il veut voler en feignant la sincérité et la justice. Que cela soit ainsi, c'est ce qui est manifesté après la mort, quand l'homme agit d'après sa volonté et son amour intérieurs, et non d'après sa volonté et son amour extérieurs; alors il ne pense et ne machine que des artifices et des brigandages, il se retire d'avec ceux qui sont sincères, et il se rend ou dans des forêts ou dans des déserts, et s'étudie à dresser des embûches ; en un mot, de tels hommes deviennent des brigands. Il en est autrement des marchands qui fuient comme péchés les vols de tout genre, surtout les vols intérieurs et cachés qui se font par astuce et par ruse; leurs œuvres sont toutes bonnes, parce qu'elles sont faites d'après le Seigneur; car l'influx qui vient du Ciel, c'est-à-dire, du Seigneur par le Ciel pour les opérer, n'a pas, été intercepté par les maux dont il a été ci-dessus parlé. Les richesses ne leur sont aucunement nuisibles, parce que pour eux les richesses sont des moyens pour les usages, et les usages pour eux sont les négoces, par lesquels ils sont utiles à la patrie et aux concitoyens ; ils sont aussi par les richesses en état de faire les usages auxquels l'affection du bien les conduit.
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