| Apocalypse Expliquée 960. Allez, et versez les fioles de la colère de Dieu en la terre, signifie l'état de l'Église dévastée : on le voit par la signification des fioles de la colère de Dieu, en ce que ce sont les maux et les faux qui ont dévasté l'Église; car, par les fioles de la colère de Dieu, il est signifié les mêmes choses que par les plaies dans le Chapitre précédent XV, Vers. 6; en effet, il y est dit que les sept Anges sortirent du Temple ayant les sept plaies, et là par les plaies sont signifiés les maux et par suite les faux, et les faux et par suite les maux, qui ont dévasté l'Église; voir ci-dessus, N° 949; des choses semblables sont signifiées par la colère de Dieu, car la colère de Dieu se dit des maux et des faux qui dévastent les biens et les vrais de l'Église; et par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Église, Nos 29, 304, 417, 697, 741, 752, 876. Que par verser ces fioles en la terre il soit signifié l'état de l'Église ainsi fait, c'est parce que, dans la Parole, les vastations de l'Église sont attribuées à Dieu, par conséquent comme étant produites par le Ciel, quoique rien de ces vastations ne vienne de Dieu, mais qu'elles ne viennent que de l'homme; néanmoins il est dit ainsi dans le sens de la lettre de la Parole, parce qu'il apparaît ainsi aux hommes, et que ce sens, étant le dernier, consiste en des apparences. S'il est dit des fioles, c'est parce que les fioles sont des vases, et que les vases ont la même signification que les choses contenues en eux ; ainsi les calices, les coupes, les verres, la même chose que le vin ou toute autre liqueur qu'ils contiennent; ainsi encore les cassolettes et les encensoirs, la même chose que les parfums; de même pour plusieurs autres vases; la raison de cela, c'est parce que le sens de la lettre de la Parole est le dernier sens du Divin Vrai, et qu'en conséquence il se compose des derniers qui sont dans la nature, car c'est sur les derniers que les intérieurs ou supérieurs sont construits et fondés. Que les Fioles, les calices, les coupes, les verres, les plats, soient nommés au lieu de leurs contenus, et qu'en conséquence ils signifient les mêmes choses, on le voit d'après la Parole, car ils y signifient les faux venant de l'enfer, et par suite l'ivresse ou la folie, puis encore les tentations, et aussi les vrais procédant du Seigneur et par suite la sagesse : qu'ils signifient les faux venant de l'enfer et par suite la folie, on le voit par les passages suivants; dans Jérémie : « Ainsi a dit Jéhovah : Prends cette coupe du vin de la colère de Jéhovah, de ma main, et fais-la boire à toutes les nations, vers lesquelles Moi je t'envoie, afin qu'elles boivent et chancellent, et qu'elles deviennent insensées à cause de Cépée. Quand ils refuseront de prendre la coupe de ta main pour boire, tu leur diras : Ainsi a dit Jéhovah Sébaoth : Buvant vous boirez. » — XXV. 15,16, 28; — ici aussi, par la coupe du vin il est signifié le faux venant de l'enfer; par boire il est signifié s'approprier; par devenir insensé il est signifié devenir spirituellement insensé, ce qui arrive quand le faux est appelé vrai, et que le vrai est appelé faux ; par les nations qui boiront sont signifiés les méchants, et dans le sens abstrait les maux, car là sont énumérées plusieurs nations qui doivent boire, mats toutefois par elles sont signifiés les maux et non pas elles, car ce sont les maux qui boivent, c'est-à-dire, qui s'approprient les faux : que par la coupe du vin il soit signifié le faux, cela est encore évident en ce qu'il est dit « afin qu'elles deviennent insensées à cause de l'épée, » car par l'épée est Signifié le faux qui détruit le vrai. Dans le Même : « Coupe d'or, Babel, dans la main de Jéhovah, enivrant toute la terre; de son vin ont bu les nations; c'est pourquoi elles sont folles, les nations. » — LI. 7; — par coupe d'or est signifié le faux détruisant le bien; par Babel est signifiée la domination par les choses saintes de l'Église sur le Ciel et sur les âmes des hommes, domination d'où jaillissent des faux profanes; par enivrer la terre il est signifié infatuer l'Église, de telle sorte qu'elle ne voie plus aucun vrai : le vin signifie ce faux. Dans Ézéchiel : « Dans le chemin de ta sœur tu as marché, c'est pourquoi je mettrai sa coupe dans ta main; ainsi a dit le Seigneur Jéhovah : La coupe de ta sœur, tu la boiras, profonde et large; tu seras en risée et en moquerie, ample pour prendre; d'ivresse et de tristesse tu seras remplie, par la coupe de dévastation et de désolation, par la coupe de ta sœur, Samarie; tu la boiras et exprimeras, et ses tessons tu briseras. » — XXIII. 31, 32, 33, 34 ; — ces choses ont été dites de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église céleste quant à la doctrine; et par Samarie, là, qui est sa sœur, est signifiée l'Église spirituelle, aussi quant à la doctrine, car la nation Juive représentait le Royaume Céleste du Seigneur, et la nation Israélite son Royaume Spirituel; mais ici par Jérusalem et par Samarie est signifiée l'Église dévastée quant à tout bien et à tout vrai ; la dévastation complète de l'Église chez la nation Juive est décrite par la coupe profonde et large de la sœur, et en ce qu'ils seraient remplis d'ivresse et de tristesse, et qu'ils boiraient la coupe, l'exprimeraient et briseraient les tessons : il est dit la coupe de dévastation et de désolation, parce que la dévastation se dit du bien, et que la désolation se dit du vrai. Dans Zacharie : « Voici, Moi, je pose Jérusalem en coupe de tremblement pour tous les peuples d'alentour. » — XII. 2. — Dans Habakuk : « Tu seras rassasié d'ignominie plus que de gloire; bois aussi, toi, afin que ton prépuce soit à découvert; à la ronde ira vers toi la coupe de Jéhovah, afin qu'un vomissement ignominieux (soit) sur ta gloire. » — II. 16; — la coupe, c'est le vrai falsifié, qui en lui-même est le faux, et duquel se dit le vomissement ignominieux, c'est pourquoi il est dit « sur ta gloire; » par la gloire est signifié le Divin Vrai dans la Parole. Dans les Lamentations : « Sois dans la joie et dans l'allégresse, fille d'Édom; aussi vers toi passera la coupe, tu seras enivrée et te montreras à nu. » — IV. 21 ; — des choses semblables sont signifiées ici par la coupe. Dans David : « Jéhovah fera pleuvoir sur les impies des pièges, du feu et du soufre, et un vent de tempête (sera) la portion de leur calice. » — ps. XI. 6. — Dans le Même : « Un calice (est) dans la main de Jéhovah, et du vin il y a mêlé; il l'a rempli d'un mélange, et il en a versé, mais ils en suceront les lies, et ils les boiront, tous les impies de la terre. » — ps. LXXV. 9; — par les pièges, le feu et le soufre sont signifiés les faux et les maux qui séduisent, et par un vent de tempête est signifié l'assaut véhément du vrai; ces choses sont dites la portion du calice, parce que le calice, comme contenant, les signifie; par mêler et remplir d'un mélange il est signifié falsifier le vrai et le profaner. Dans tous ces passages, la dévastation du vrai et du bien par les faux et les maux est attribuée à Jéhovah, car il est dit qu'ils prendraient la coupe de la colère de Jéhovah de sa main, que Jéhovah y mêlerait du vin, et la remplirait d'un mélange, et aussi un calice est dans la main de Jéhovah ; mais néanmoins il faut entendre qu'aucune chose de la dévastation ne vient de Jéhovah, mais que le tout vient de l'homme; si cela est dit ainsi, c'est parce que l'homme naturel ne voit pas autre chose, sinon que Dieu se met en colère, punit, condamne et jette en enfer ceux qui le méprisent et le blasphèment, en un mot, ceux qui ne Lui donnent pas gloire. Parce que penser ainsi est naturel, c'est pour cela que dans le sens de la lettre de la Parole, qui est le sens naturel, il est dit ainsi. Pareillement ailleurs dans l'Apocalypse : « Celui qui aura adoré la bête, boira du vin de la colère de Dieu mêlé pur dans la coupe de sa colère. » — XIV. 10. — « De Babylone la grande il y eut mémoire devant Dieu, pour lui donner la coupe du vin de l'emportement de sa colère. » — XVI. 19. — « La femme avait en sa main une coupe d'or pleine d'abominations et d'impureté de sa scortation. » — XVII. 4. — « Doublez-lui au double selon ses œuvres; dans la coupe, où elle a mélangé, mélangez-lui double. » — XVIII. 6. — D'après ces passages, on voit clairement ce qui est signifié par les fioles des sept Anges, qu'ils versèrent en la terre, la mer, les fleuves, les sources des eaux, le soleil, sur le trône de la bête, sur le fleuve de l'Euphrate et dans l'air, à savoir, que ce sont les états de dévastation qui sont décrits par elles. Que le Calice ou la Coupe signifie les Tentations, on peut le voir par les passages suivants; dans les Évangélistes : « Jésus dit aux fils de Zébédée : Vous ne savez ce que vous demandez; pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, et du baptême, dont je suis baptisé, être baptisés? Ils lui dirent : Nous le pouvons. Alors il leur dit: Ma coupe, il est vrai, vous boirez; et du baptême, dont je suis baptisé, vous serez baptisés. »— Matth. XX. 22, 23. Marc, X. 38, 39; — mais ces passages ont été expliqués ci-dessus; voir N° 893. Dans les Mêmes : « Jésus dit à Pierre : La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je point? » — Jean, XVIII. 11. — « Jésus, dans Gethsémané, dit : S'il est possible, que loin de Moi passe cette coupe! » — Matth. XXVI. 39, 42, 44. Marc, XIV. 36. Luc, XXII. 42; — que dans ces passages la coupe ou le calice signifie les tentations, cela est évident : pareillement dans Ésaïe, — LI. 17, 22, — où même elle est appelée coupe de la colère de Dieu, et coupe d'alarme. Comme la coupe signifie la même chose que le vin, et que dans le sens bon le vin signifie le Divin Vrai, c'est pour cela que ce vrai est aussi signifié par la coupe dans les passages suivants; dans les Évangélistes : « Jésus prenant la coupe, et rendant grâces, la donna aux disciples, en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, celui du Nouveau Testament. » — Matth. XXVI. 27, 28. Marc, XIV. 23, 24. Luc, XXII. 17, 18; — comme par le sang du Seigneur est signifié le Divin Vrai procédant de Lui, et pareillement par le vin, conséquemment par la coupe, c'est pour cela qu'il est dit « ceci est mon sang; » et comme par le Divin Vrai il y a conjonction du Seigneur avec l'Église, c'est pour cela qu'il est dit « celui du Nouveau Testament » ou de la nouvelle alliance; que le sang du Seigneur signifie le Divin Vrai, on le voit, N°s 328, 329, 476, 748; et que l'alliance signifie la conjonction, on le voit, N° 701. Dans David : « Jéhovah, portion de ma part, et mon calice. Toi, qui soutiens mon lot. » — ps. XVI. 5. — Dans le Même : « Tu dresseras devant moi la table en présence de mes ennemis, tu oindras d'huile ma tête, ma coupe aura abondance. » — ps. XXIII. 5; — dans ces passages, la coupe est dite au lieu du Divin Vrai : comme la coupe signifie ce vrai, c'est pour cela qu'elle est appelée « coupe des saluts,»— ps. CXVI. 13. — Et « coupe des consolations, » — Jérém. XVI. 7. — Dans Marc : « Quiconque vous donnera à boire un verre d'eau en mon Nom, parce que vous êtes à Christ, ne perdra point sa récompense. » — IX. 41 ; — donner à boire un verre d'eau en mon Nom, parce que vous êtes à Christ, signifie enseigner la Parole d'après l'amour du vrai, ainsi d'après le Seigneur, pareillement faire le bien; l'amour du vrai pour le vrai est entendu par donner un verre d'eau au Nom du Seigneur; par Christ aussi est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai. Dans les Évangélistes : « Malheur à vous, Scribes et Pharisiens, hypocrites! Vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais en dedans ils sont pleins de rapine et d'intempérance; nettoie premièrement le dedans de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieur devienne net. » — Matth. XXIII. 25, 26, Luc, XI. 39; - si le Seigneur a dit la coupe et le plat, c'est parce que le contenant signifie la même chose que le contenu, ainsi la coupe la même chose que le vin, et le plat la même chose que la nourriture; par Je vin est signifié le Vrai de la Parole et de la doctrine, et par la nourriture le Bien de la Parole et de la doctrine; l’homme naturel ou le mental naturel est purifié en dedans quand les faux et les maux ont été éloignés; c'est le contraire quand ils n'ont pas été éloignés; car tel est l'intérieur, tel devient l'extérieur; mais tel est l'extérieur, tel ne devient pas l'intérieur, car l'intérieur influe dans l'extérieur et le dispose à la convenance avec lui, mais non vice versa.—Continuation sur le Second Précepte : Puisque par le Nom de Dieu il est entendu ce qui procède de Dieu et ce qui est Dieu, et que cela est nommé le Divin Vrai et chez nous la Parole, cette Parole étant en soi Divine et très-Sainte ne doit pas être profanée, et elle est profanée lorsqu'on en nie la sainteté, ce qui arrive lorsqu'elle est méprisée, rejetée et couverte d'outrages; quand cela a lieu, le Ciel est fermé, et l'homme est abandonné à l'Enfer; en effet, la Parole est l'unique moyen de conjonction du Ciel avec l'Église; c'est pourquoi, lorsqu'elle est rejetée de cœur, cette conjonction est détruite, et l'homme, étant alors abandonné à l'Enfer, ne reconnaît plus aucun vrai de l'Église. Il y a deux choses qui ferment le Ciel aux hommes de l'Église; l'une est de nier le Divin du Seigneur, et l'autre de nier la sainteté de la Parole; la raison de cela, c'est que le Divin du Seigneur est le tout du Ciel, et que le Divin Vrai, qui est la Parole dans le sens spirituel, fait le Ciel; de là il est évident que celui qui nie l'un ou l'autre, nie ce qui est le tout du Ciel et ce par quoi est et existe le Ciel, et qu'ainsi il se prive de la communication, et par conséquent de la conjonction avec .le Ciel. Profaner la Parole est la même chose que blasphémer l'Esprit Saint, ce qui n'est remis à personne ; c'est pour cela même qu'il est dit dans ce précepte que celui qui profane le Nom de Dieu ne sera point laissé impuni.
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