| Apocalypse Expliquée 950. Vêtus d'un lin pur et éclatant, signifie par le Divin Vrai ou la Parole dans le sens spirituel : on le voit par la signification du fin, en ce que c'est le vrai, et, quand il s'agit du Seigneur ou de la Parole, le Divin Vrai ; ce vrai est dit pur parce qu'il est réel, et il est dit éclatant d'après la lumière dans le Ciel, lumière qui est éclatante, car par elle brillent toutes les choses qui y sont; le Divin Vrai procédant du Seigneur est ce qui apparaît comme Lumière devant les yeux des Anges, et cela, parce que le Divin Vrai illustre leur entendement, et ce qui illustre l'entendement des anges brille devant leurs yeux : tel est le Divin Vrai dans le Ciel, et telle est la Parole dans son sens spirituel, mais le Divin Vrai sur la terre est tel que se présente la Parole dans le sens de la lettre, dans lequel il apparaît peu de vrais réels tels qu'ils sont dans le Ciel, mais ce sont des apparences du vrai; l'homme naturel n'en reçoit pas d'autres; mais les vrais réels, tels qu'ils sont dans le Ciel, se tiennent néanmoins cachés dans ces apparences du vrai, car ils sont dans le sens spirituel de la Parole. D'après ces considérations, il est évident que par cela que « les Anges sortirent du Temple vêtus d'un lin pur et éclatant, » il est signifié que les maux et les faux qui ont dévasté l'Église ont été manifestés par le Divin Vrai ou par la Parole d'après son sens spirituel. Si le sens spirituel de la Parole est maintenant dévoilé, il y a de cela plusieurs causes; Une Première, c'est que les Églises dans le Monde Chrétien ont la Parole il y a conjonction de l'homme avec le Seigneur, et par suite avec le Ciel; quand la Parole est falsifiée jusqu'à destruction de son vrai réel, alors la conjonction est détruite, et l'homme est séparé du Ciel ; afin donc que l'homme fût de nouveau conjoint au Ciel, le Divin Vrai tel qu'il est dans le Ciel a été révélé, et cela a été confirmé par le sens spirituel de la Parole, dans lequel est ce Divin Vrai. Une Seconde cause, c'est que les faux qui ont inondé l'Église, et l'ont dévastée, ne pouvaient être dissipés que par le Vrai réel ouvert dans la Parole; les faux et par suite les maux et les maux et par suite les faux ne peuvent nullement être vus, si ce n'est d'après les vrais eux-mêmes; car les faux et les maux, tant que les vrais réels ne sont point présents, apparaissent comme dans une certaine lumière; la lumière leur vient des confirmations par les raisonnements tirés de l'homme naturel, et par le sens de la lettre expliqué et appliqué selon les apparences devant cet homme; mais quand les vrais réels sont présents, alors pour la première fois, apparaissent, les faux et les maux; car la lumière du Ciel, qui est aux vrais réels, dissipe la lumière chimérique des faux et la change en ténèbres. Une Troisième cause, c'est que la Nouvelle Église, qui est entendue par la Sainte Jérusalem dans l'Apocalypse, a été conjointe au Ciel par les Divins Vrais de la Parole, qui sont dans son sens spirituel, car la Parole est la conjonction, mais elle est la conjonction alors que l'homme perçoit la Parole de même que les Anges la perçoivent. Que le Lin signifie le Vrai, on le verra dans l'Article suivant. — Continuation sur le Premier Précepte : Tu ne te feras point d'autres dieux enveloppe aussi la défense de s'aimer et d'aimer le monde par-dessus toutes choses; car ce qu'on aime par-dessus toutes choses, cela est Dieu. Il y a deux amours absolument opposés l'un à l'autre; l'amour de soi et l'amour envers Dieu, de même l'amour du monde et l'amour du Ciel; celui qui s'aime aime son propre, et le propre de l'homme n'est que le mal, par suite aussi celui-là aime le mal dans tout le complexe, et celui qui aime le mal a de la haine pour le bien, et par conséquent aussi pour Dieu. Celui qui s'aime par-dessus toutes choses plonge ses affections et ses pensées dans le corps, et ainsi dans son propre, d'où il ne peut par conséquent être élevé par le Seigneur ; et celui qui s'est plongé dans son corps et dans son propre est dans les idées corporelles et dans les voluptés qui appartiennent absolument au corps, et par suite dans les ténèbres quant aux choses qui sont au-dessus, tandis que celui qui est élevé par le Seigneur est dans la lumière; et celui qui est, non dans la lumière du Ciel, mais dans les ténèbres, ne voyant rien de Dieu, nie Dieu, et reconnaît pour Dieu ou la nature, ou un homme, ou une idole, et il aspire aussi à être adoré lui-même comme un Dieu; de là résulte donc que celui qui s'aime par-dessus toutes choses adore d'autres dieux. Il en est de même de celui qui aime le monde, mais c'est dans un degré moindre, car on ne peut pas aimer le monde autant qu'on aime le propre, aussi aime-t-on le monde d'après le propre et à cause du propre, parce qu'il est utile au propre. Par l'amour de soi, il est entendu principalement l'amour de dominer sur les autres par le seul plaisir de la domination et pour la suprématie, et non par le plaisir des usages ni pour le bien public; et par l'amour du monde il est entendu principalement l'amour de posséder des biens dans le monde par le seul plaisir de la possession et pour l'opulence, et non par le plaisir des usages qu'on en pourrait faire, ni pour le bien qui en résulterait. Ces deux amours ne connaissent point de bornes, ils s'élancent avec impétuosité à l'infini autant qu'ils en ont la faculté.
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