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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 911. 

911. Envoie ta faux, et moissonne, car est venue pour toi l'heure de moissonner, parce qu'est mûre la moisson de la terre, signifie que c'est le temps de rassembler les bons, et de les séparer des méchants, parce que c'est la fin de l'Église: on le voit par la signification d’envoyer la faux, en ce que c'est rassembler les bons, et les séparer des méchants, ainsi qu'il va être montré; par la signification de est venue l'heure de moissonner, en ce que c'est le temps de faire cela; et par la signification de parce qu'est mûre la moisson de la terre, en ce que c'est parce que c'est le dernier état ou la fin de l'Église, car la moisson signifie le dernier état ou la fin, et la terre l'Église : d'après cela, il est évident que par « envoie ta faux, et moissonne, car est venue l'heure de moissonner, parce qu'est mûre la moisson de la terre, » il est signifié que c'est le temps de rassembler les bons, et de les séparer des méchants, parce que c'est la fin de l'Eglise. Si envoyer la faux et moissonner, c'est rassembler les bons, et les séparer des méchants, c'est parce que par la moisson de la terre il est signifié le dernier état de l'Église, lorsqu'arrive le Jugement dernier, et que les méchants sont jetés dans l'enfer, et les bons élevés dans le Ciel, et ainsi séparés. Que la réunion, la séparation et le Jugement dernier ne se fassent pas auparavant, on peut le voir par les choses qui ont été dites dans l'Opuscule du jugement dernier, et par celles qui seront dites en outre dans l'Appendice à ce Livre, lesquelles en somme sont contenues dans les paroles du Seigneur dans Matthieu : « Jésus dit cette Parabole : Semblable a été fait le Royaume des Cieux à un homme qui avait semé de bonne semence dans son champ; or, pendant que les hommes dormaient, son ennemi tint, et sema de l'ivraie parmi le froment, et il s'en alla: mais quand l'herbe eut poussé, et qu'elle eut fait du fruit, alors parut aussi l'ivraie. Les serviteurs du Maître de maison, s'étant approchés, lui dirent : Seigneur! N’as-tu pas semé de bonne semence dans ton champ? d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ? Mais il leur dit : Un ennemi a fait cela. Alors les serviteurs lui dirent : Veux-tu donc que nous allions la cueillir? Mais il dit: Non, de peur que peut-être, en cueillant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps avec elle le froment ; laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Cueillez premièrement l'ivraie, et liez-la en faisceaux pour la brûler, mais amassez le froment dans mon grenier. Et ses disciples s'approchèrent de Lui, en disant : Explique-nous la parabole de l'ivraie du champ. Lui, répondant, leur dit : Celui qui sème la bonne semence est le Fils de l'homme, mais le champ est le monde; et la bonne semence, ce sont les fils du Royaume, mais l'ivraie, ce sont tes fils du méchant, et l'ennemi qui l'a semée est le diable; mais la moisson est la consommation du siècle, et les moissonneurs sont les Anges. De même donc que l'ivraie est cueillie, et qu'au feu elle est brûlée, de même il en sera à la consommation du siècle : le Fils de l'homme enverra ses Anges, et ils recueilleront hors de son Royaume tous les sujets de chute, et ceux qui font l'iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise du feu. Là seront les pleurs et le grincement de dents. Alors les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. » — XIII. 24 à 30, 36 à 43 ; — par cette Parabole le Seigneur illustre toutes les choses qui, dans ce Chapitre de l'Apocalypse, du Vers. 14 au Vers. 19, sont dites du Fils de l'homme ayant dans sa main une faux et moissonnant, et que par Lui et par les Anges la terre a été moissonnée ; en effet, il est enseigné que par Celui qui sème il est entendu le Seigneur, qui là aussi est appelé le Fils de l'homme, que par les moissonneurs il est entendu les Anges, et que l'ivraie sera jetée au feu, et la bonne semence amassée dans le grenier, et que cela n'arrivera qu'à la consommation du siècle, par laquelle est signifié le dernier état de l'Église, et cela, afin que le froment ne soit pas arraché en même temps avec l'ivraie. Comme cette Parabole Ou Seigneur contient en elle-même des Arcanes sur la séparation des méchants d'avec les bons, et sur le Jugement, dernier, il est important de l'expliquer en particulier. Par le Royaume des Cieux il est signifié l'Église du Seigneur dans les Cieux et dans les terres, car de part et d'autre il y a Église; par l'homme qui sème de bonne semence dans son champ, il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, qui est la Parole, dans l'Église; l'homme qui, dans ce qui suit, est appelé le Fils de l'homme, est le Seigneur quant à la Parole, la bonne semence est le Divin Vrai, et le champ est l'Église où est la Parole : « pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l'ivraie, et il s'en alla, » signifie que pendant que les hommes mènent la vie naturelle ou la vie du monde, alors secrètement ou à leur insu les maux provenant de l'enfer insinuent et implantent des faux; dormir signifie mener la vie naturelle ou la vie du monde, vie qui est un sommeil respectivement à la vie spirituelle, qui est une veille; l'ennemi signifie les maux provenant de l'enfer, qui affectent cette vie séparée de la vie spirituelle; semer de l'ivraie signifie insinuer et implanter des faux; et « il s'en alla » signifie que cela a été fait secrètement et à leur insu : « mais quand l'herbe eut poussé, et qu'elle eut fait du fruit, alors parut aussi l'ivraie, » signifie que pendant que le vrai croissait et que le bien était produit, les faux d'après le mal y étaient entremêlés; l'herbe qui pousse signifie le vrai tel qu'il est quand premièrement il est reçu, le fruit signifie le bien, et l'ivraie signifie les faux d'après le mal, ici ces faux entremêlés : « les serviteurs du Maître de maison, s'étant approchés, lui dirent: Seigneur! n'as-tu pas semé de bonne semence dans ton champ? d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? » signifie ceux qui sont dans les vrais d'après le bien percevant que les faux d'après le mal étaient entremêlés, et se plaignant; les serviteurs du Seigneur signifient ceux qui sont dans les vrais d'après le bien; le Maître de maison signifie le Seigneur quant aux vrais d'après le bien, le Maître le Seigneur quant au bien, et « de maison » le Seigneur quant aux vrais; la bonne semence, le champ et l'ivraie signifient les mêmes choses que ci-dessus: «mais il leur dit : Un ennemi a fait cela, » signifie que ces faux venaient du mal dans l'homme naturel : « alors les serviteurs lui dirent : Seigneur! Veux-tu donc que nous allions cueillir l'ivraie? » signifie la séparation et le rejet des faux d'après le mal, avant que les vrais d'après le bien aient été reçus et augmentés : « mais il dit : Non, de peur que peut-être, en cueillant l'ivraie, vous ne déraciniez en même temps avec elle le froment, » signifie qu'ainsi périraient aussi le vrai d'après le bien et l'augmentation de ce vrai; car chez les hommes de l'Église, les vrais ont été entremêlés de faux qui ne peuvent pas en être séparés ni être rejetés avant que les hommes aient été réformés : « laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Cueillez premièrement l'ivraie, et liez-la en faisceaux pour la brûler, mais amassez le froment dans mon grenier,» signifie que la séparation des faux d'après le mal, et le rejet de ces faux, ne peuvent se faire que lorsque l'Église est dans son dernier état, car alors les faux du mal sont séparés d'avec les vrais du bien, les faux du mal sont livrés à l'enfer, et les vrais du bien sont conjoints au Ciel, ou, ce qui revient au même, les hommes qui sont en eux ; ces choses se font dans le Monde Spirituel, où tous ceux qui sont de l'Église, depuis son commencement jusqu'à sa fin, sont séparés et jugés de cette manière; par la moisson est signifiée la fin de l'Église ou son dernier état, par lier en faisceaux il est signifié conjoindre ensemble chaque espèce de faux d'après le mal, par brûler il est signifié livrer à l'enfer, et par amasser dans le grenier il est signifié conjoindre au Ciel : «celui qui sème la bonne semence est le Fils de l'homme, » signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur : « le champ est le monde, » signifie l'Église en quelque lieu que ce soit : « la bonne semence, ce sont les fils du Royaume, » signifie que le Divin Vrai est chez ceux qui sont de l'Eglise : « l'ivraie, ce sont les fils du méchant, » signifie les faux chez ceux qui sont dans le mal : « l'ennemi qui l'a semée est le diable, » signifie que les faux leur viennent du mal qui provient de l'enfer : « la moisson est la consommation du siècle, » signifie le dernier temps et le dernier état de l'Église : « les moissonneurs sont les Anges, » signifie que le Divin Vrai procédant du Seigneur sépare : « le Fils de l'homme enverra ses Anges, et ils recueilleront hors de son Royaume tous les sujets de chute, » signifie que le Divin Vrai procédant du Seigneur éloignera ceux qui mettront obstacle à la séparation : « ceux qui font l'iniquité, » signifie que ce sont ceux qui vivent mal : « et ils les jetteront dans la fournaise du feu, » signifie dans l'enfer, où sont ceux qui sont dans l'amour de soi, dans les haines et dans les vengeances : « là seront les pleurs et le grincement de dents, » signifie où est l'atroce d'après les maux et les faux : « alors les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père, » signifie que ceux qui ont fait les préceptes du Seigneur vivront dans les amours célestes et dans les joies de ces amours dans les Cieux ; sont dits justes ceux qui reconnaissent le Seigneur et font ses préceptes; un tel état a eu lieu pour les Anges après le Jugement dernier, car après ce Jugement la puissance supérieure qui était auparavant du côté de l'enfer fut restituée au Ciel ; par suite joie pour les Anges avec de perpétuels accroissements. Il reste à expliquer encore quelque peu les paroles du Seigneur sur la séparation des méchants d'avec les bons, à savoir, « laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Cueillez premièrement l'ivraie, et liez-la en faisceaux pour la brûler, mais amassez le froment dans mon grenier, » par lesquelles est signifiée la séparation des méchants d'avec les bons, quand le Jugement dernier est proche; qu'ils n'aient pas été séparés auparavant, on en voit la cause dans l'Opuscule du jugement dernier, Nos 59, 70; à cela je veux ajouter qu'il est selon l'Ordre Divin que les choses, qui doivent être séparées à la fin, croissent conjointement; et que, lorsqu'elles parviennent à la fin, la séparation se fait facilement et comme d'elle-même; cela peut être illustré par mille enseignements de l'expérience dans l'un et dans l'autre monde, et même d'après les correspondances dans le règne animal et dans le règne végétal ; par elles on peut voir, comme dans un grand miroir, pourquoi les méchants n'ont été séparés d'avec les bons qu'aux environs du Jugement dernier, ce qui est aussi signifié par les paroles qui sont maintenant expliquées dans l'Apocalypse, à savoir, que l'Ange dit à Celui qui était assis sur la nuée : Moissonne, car est venue pour toi l'heure de moissonner, parce qu'est mûre la moisson de la terre. Par la moisson aussi, il est signifié le dernier état de l'Église, quand la vieille Église a été dévastée, c'est-à-dire, quand il ne reste plus ni vrai ni bien, qui n'ait été falsifié ou rejeté ; ainsi, dans les passages suivants ; dans Joël : « Vers la vallée de Jehoschaphat je serai assis pour juger toutes les nations d'alentour, appliquez la faucille, car mûre eut la moisson; venez, descendez, car plein est le pressoir ; les cuves ont débordé, parce que grande est leur malice. » — IV. 12,13; — dans ce Chapitre, il s'agit de la falsification du vrai dans la Parole, et de la dévastation de l'Église par cette falsification, et dans ce Verset il s'agit du dernier état de l'Église quand vient le Jugement, état qui est décrit, comme dans l'Apocalypse, par «appliquez la faucille, car mûre est la moisson;» la moisson est ce dernier état; puis aussi, par « plein est le pressoir, les cuves ont débordé, » comme dans ce Chapitre de l'Apocalypse, Vers. 19, 20; qu'alors ce soit le Jugement, cela est dit ouvertement; la vallée de Jehoschaphat, où se fait le Jugement, signifie la falsification de la Parole. Dans Jérémie : « Retranchez de Babel celui qui sème et celui qui prend la faucille dans le temps de la moisson. » — L. 16. — Et dans le Même : « La fille de Babel (est) comme une aire pour qu'elle soit foulée, encore un peu quand viendra le temps de la moisson pour elle. » —LI. 33 ; — ici aussi, par le temps de la moisson il est entendu le dernier état de l'Église, quand il n'y a plus aucun bien ni aucun vrai; sa dévastation est décrite par retrancher celui qui sème et celui qui prend la faucille dans le temps de la Moisson; puis, par être foulé comme dans une aire; par Babel sont entendus ceux qui cherchent la domination au moyen des choses saintes de l'Église. Dans Ésaïe : « Je déplorerai Jaëser, le cep de Sibmah; je l'arroserai de mes larmes, ô Chesbon, et Éléaleh, parce que sur ta vendange et sur ta moisson l'hédad est tombée. » — XVI. 9; — ici aussi, par la moisson est signifié le dernier état de l'Église, car par l'hédad est signifiée la fin, quand, la vendange terminée et la moisson recueillie, on avait coutume de triompher de joie et de pousser des acclamations ; ici, c'est se lamenter, parce qu'il est dit « elle est tombée ; » par Jaëser, le cep de Sibmah, et par Chesbon et Éléaleh, sont signifiés les hommes 'de l'Église externe, qui expliquent la Parole en faveur des amours du monde; car ces lieux avaient été donnés en héritage aux Rubénites et aux Gadites, par lesquels était représentée l'Église externe, parce qu'ils habitaient au-delà du Jourdain ; le cep de Sibmah signifie leur Église : leur destruction, quand le Seigneur devait venir et faire le Jugement, est décrite aussi dans ce Chapitre. Dans Jérémie : « Passée est la moisson, achevé est l'automne; et nous, nous n'avons pas été conservés; au sujet de la fracture de ma fille j'ai été brisé. » — VIII. 20, 21 ; — ici aussi, par la moisson il est signifié le dernier état de l'Église; et par « au sujet de la fracture j'ai été brisé, » il est signifié la douleur de ce qu'il n'y a plus ni bien ni vrai; par la fille est signifiée l'affection du vrai, et par suite l'Église, car cette affection est l'Église, et de cette affection vient l'Église. Dans Ésaïe : « Il arrivera comme quand on amasse la moisson, le blé sur pied, et son bras les épis moissonnera; et il sera laissé en lui des grappillages comme au secouage de l'olivier, trois baies à la tête d'une branche très-élevée; quatre, cinq, dans les branches du fertile. Un jour ta plante tu feras croître, et le matin fleurir ta semence; un monceau (sera) ta moisson au jour de la possession, et douleur désespérée (il y aura). » — XVII. 5, 6,11; — dans ce Chapitre, il s'agit des connaissances du vrai et du bien qui appartiennent à l'Église, en ce qu'elles ont été entièrement perdues; ces connaissances y sont signifiées par Damas, dont il s'agit dans ce Chapitre, et par Aroër; qu'elles aient été entièrement perdues, cela est décrit par « il y sera laissé des grappillages comme au secouage de l'olivier, trois baies à la tête d'une branche très-élevée; quatre, cinq, dans les branches du fertile; » puis aussi, par « un monceau (sera) ta moisson au jour de la possession, » à savoir, qu'il n'y aura plus qu'un seul monceau; c'est pourquoi, il est dit aussi « douleur désespérée; » de là il est évident que par la moisson il y est signifié le dernier état de l'Église; cet état est encore signifié par le matin, car lorsque le dernier état d'une Église est arrivé, il y a matin pour ceux qui seront de la Nouvelle Église, et il y a soir et nuit pour ceux qui sont de la vieille Église; que cela y soit entendu par le matin, on le voit par le dernier Verset de ce Chapitre, où il est dit : « Vers le temps du soir, voici, la terreur; avant le matin, elle n'est plus. » —Vers. 14; — la terreur signifie la destruction. Dans Joël : « Confus sont devenus les laboureurs; ils se sont lamentés, les vignerons, à cause du froment et de l'orge, parce qu'a péri la moisson du champ. » — I. 11 ; — la dévastation de l'Église quant au bien et quant au vrai est entendue par « a péri la moisson du champ; » par les laboureurs il est entendu ceux qui sont clans le bien de l'Église; par les vignerons, ceux qui sont dans les vrais ; par le froment et par l'orge, le bien lui-même et le vrai lui-même; la douleur à cause de la dévastation est signifiée en ce qu'ils sont devenus confus et se sont lamentés. Si par la moisson il est signifié le dernier état de l'Église, c'est parce que par le froment, qui appartient à la moisson, il est signifié le bien, et par suite le vrai de l'Église, et par le champ l'Église elle-même; que par toutes les choses qui appartiennent à la nutrition naturelle, comme froment, orge, huile, vin, et plusieurs autres, il soit signifié des choses qui appartiennent à la nutrition spirituelle, c'est ce qui a été montré ci-dessus en beaucoup d'endroits, et les choses qui appartiennent à la nutrition spirituelle se réfèrent en général au bien et au vrai, et aux connaissances du bien et du vrai, ainsi à la doctrine et à la vie selon ces connaissances : de là il est dit dans Jérémie : « Une nation de loin mangera ta moisson et ton pain, mangera tes fils et tes filles, mangera ton menu bétail et ton gros bétail, mangera ton cep et ton figuier, appauvrira par l'épée les villes de rempart, sur lesquelles, toi, tu te confies. » V. 17 ; — par une nation de loin il est entendu le faux du mal qui détruit, de loin signifie qui diffère beaucoup du bien et du vrai; par la moisson et par le pain il est signifié les vrais et les biens de l'Église qui nourrissent; par les fils et par les filles, ces mêmes vrais et ces mêmes biens qui engendrent; par le menu bétail et le gros bétail, les biens et les vrais spirituels et naturels; par le cep et par le figuier, l'Église interne spirituelle et l'Église externe naturelle; par les villes de rempart, sur lesquelles ils se confient, sont signifiés les doctrinaux d'après la propre intelligence; être appauvri par l'épée signifie être détruit par les faux du mal. Comme par la moisson sont signifiées toutes les choses qui nourrissent spirituellement l'homme, lesquelles se réfèrent aux vrais de la doctrine et aux biens de la vie, c'est pour cela que par la moisson il est signifié l'Église dans le commun et dans le particulier; dans le commun, dans ces passages des Évangélistes : « Jésus dit aux disciples : La moisson est abondante, mais il y a peu d'ouvriers; priez donc le Seigneur de la moisson, pour qu'il envoie des ouvriers dans sa moisson. » - Matth. IX. 37, 38. Luc, X. 2; — par la moisson, ici, sont entendus tous ceux chez qui l'Église devait être instaurée par le Seigneur, par conséquent aussi l'Église dans le commun, et par les ouvriers sont entendus tous ceux qui enseigneront d'après le Seigneur. Pareillement dans Jean : « Jésus dit aux disciples : Ne dites-vous pas : Encore quatre mois il y a, et la moisson arrive? voici, je vous dis : Levez vos yeux, et regardez les champs, car ils sont déjà blancs pour moisson; et celui qui moissonne reçoit une récompense, et il amasse du fruit pour la vie éternelle; car, dans ceci, cette parole est la véritable, que, autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne; Moi, je vous ai envoyés moissonner ce à quoi, vous, vous n'aviez point travaillé; d'autres ont travaillé, et vous dans leur travail vous êtes entrés, » — IV. 35 à 38; — ces choses ont été dites par le Seigneur au sujet de la Nouvelle Église qui devait être instaurée par Lui ; par « levez vos yeux, et regardez les champs, car ils sont déjà blancs pour moisson, » il est entendu que l'instauration de cette Église est maintenant proche; par moissonner il est signifié enseigner ceux qui doivent être de cette Église, et comme le Seigneur le dit ailleurs, recueillir et amasser dans le grenier; par « autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne; Moi, je vous ai envoyés moissonner ce à quoi, vous, vous n'aviez point travaillé; d'autres ont travaillé, et vous dans leur travail vous êtes entrés, » il est entendu que ceux qui enseignent, par conséquent qui recueillent et amassent, n'agissent pas par eux-mêmes, mais que c'est le Seigneur qui agit par eux, car ceux que les disciples ont convertis à l'Église, le Seigneur les avait préparés à recevoir au moyen des Anges, c'est-à-dire, au moyen des Divins Vrais d'après la Parole. L'accroissement de l'Église chez l'homme dans le particulier, et chez les hommes dans le commun, par le Seigneur, est aussi décrit par la moisson, dans Marc : « Jésus dit : II en est du Royaume de Dieu comme si un homme jette la semence sur la terre; qu'il dorme ensuite, et qu'il se lève de nuit et de jour, la semence cependant germe et croît sans qu'il sache comment; car d'elle-même la terre porte du fruit, premièrement herbe, puis épi, puis du blé tout formé dans l'épi; mais quand a été produit le fruit, aussitôt il envoie la faucille, parce que la moisson est prête. » — IV. 26, 27, 28,-29; — par le Royaume de Dieu il est entendu l'Église du Seigneur dans les Cieux et dans les terres ; que cette Église soit implantée chez tous ceux qui reçoivent les vrais et les biens, non d'eux-mêmes, mais du Seigneur, cela est décrit par ces paroles, dont chacune correspond à des spirituels et les signifie; par exemple, que l'homme jette la semence sur la terre; qu'il dort ensuite et se lève de nuit et de jour ; que la semence germe et croît sans qu'il le sache; en effet, par la semence est signifié le Divin Vrai; par jeter la semence sur la terre est signifiée l'opération de l'homme; par se lever de jour et de nuit il est signifié dans tout état, et enfin par envoyer la faucille; le reste signifie l'opération du Seigneur, et la moisson l'implantation de l'Église dans le particulier et dans le commun : en effet, il faut qu'on sache que, quoique le Seigneur opère toutes choses, et que l'homme n'opère rien par lui-même, cependant le Seigneur veut que l'homme, en tant qu'une chose vient à sa perception, opère comme par lui-même; car sans la coopération de l'homme comme par lui-même, il n'y a point de réception du vrai et du bien, ainsi point d'implantation ni de régénération, car le Seigneur donne de vouloir, et comme il semble à l'homme que ce soit comme par lui-même, il lui donne de vouloir comme par lui même. Puisque de telles choses sont signifiées par la moisson, c'est pour cela que chez les fils d'Israël il avait été institué deux fêtes, dont l'une, appelée fête des semaines, concernait les prémices de la moisson, et l'autre, appelée fête des tabernacles, concernait la récolte des fruits de la terre; la première signifiait l'implantation du vrai dans le bien, et la seconde la production du bien, ainsi la régénération; mais par la fête des azymes ou de la Pâque, qui précédait, était signifiée la délivrance des faux du mal, ce qui même est le premier point de la régénération.



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