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| Apocalypse Expliquée 832. 832. Afin que même parle l'image de la bête, signifie gué par suite ce qui était d'accord influait du Ciel dans la pensée la plus proche du langage, excitée et embrasée par l'amour naturel : on peut le voir d'après le langage et la prédication de ceux qui confirment par la Parole la séparation de la foi d'avec la vie; en effet, toutes et chacune des choses de la Parole communiquent avec les Cieux, et de là influe le saint chez celui qui parle ou qui prêche, mais ce saint ne peut influer dans aucune affection spirituelle, ni par suite dans aucune pensée, parce que tous ceux-là, qui sont dans la foi séparée d'avec la vie, ne sont pas spirituels, mais sont purement naturels; c'est pourquoi ce saint influe dans leur amour naturel qui excite et embrase la pensée la plus proche du langage; de là vient que de tels hommes peuvent même parler et prêcher comme ceux qui sont spirituels, quoique en eux il n'y ait aucune affection spirituelle, mais seulement une affection naturelle, qui est l'affection de la gloire, de l'honneur ou du lucre; cette affection néanmoins est excitée et même embrasée d'après l'influx du saint qui procède du Ciel. Si le sens de la lettre de la Parole communique avec le Ciel, c'est parce que toutes et chacune des choses de ce sens contiennent en elles un sens spirituel, et que le sens spirituel est perçu dans les Cieux, quand le sens naturel, qui est le sens de la lettre, est compris par l'homme : qu'il en soit ainsi, c'est ce qui m'a été confirmé par de nombreuses expériences du Monde spirituel ; j'ai entendu certains esprits réciter des paroles tirées du sens de la lettre de la Parole, et j'ai perçu que sur-le-champ il leur était donné communication avec quelque société du Ciel, car vers cette société avait pénétré le sens spirituel qui était dans les paroles du sens de la lettre qu'ils avaient récitées : les mauvais esprits abusent quelquefois de cette communication pour s'acquérir des Cieux une sorte de patronage : d'après ces considérations, on peut voir quelle est la Parole dans le sens de la lettre; et comme elle sert de communication avec les Cieux, c'est pour cela que le spirituel qui est d'accord avec le naturel, et qui est saint, influe de là dans l'amour naturel de celui qui parle ou prêche d'après la Parole, amour qui excite la pensée la plus proche de son langage. Il est dit la pensée la plus proche du langage, parce que chez l'homme il y a la pensée intérieure et la pensée extérieure; il est dans la pensée intérieure, quand il est seul et qu'il pense en lui-même; mais il est dans la pensée extérieure, quand il est avec d'autres et qu'il parle avec eux : chacun sait que l'homme peut penser en lui-même autrement qu'il ne parle devant les hommes; cette pensée extérieure est entendue par la pensée la plus proche du langage : l'amour naturel, qui est l'amour de la gloire, de l'honneur ou du lucre, excite et embrase cette pensée chez ceux qui sont dans les faux, et qui confirment les faux d'après le sens de la lettre de la Parole c'est donc là ce qui est signifié par « esprit donné à l'image de la bête, afin que même parle l'image de la bête;» expressions par lesquelles il est signifié que par la conjonction avec la Parole il y avait, dans la doctrine de la foi séparée d'avec la vie, quelque chose de la vie spirituelle, et que par suite ce qui était d'accord influait du Ciel dans la pensée la plus proche du langage excitée et embrasée par l'amour naturel. Puisque dans l'Article précédent il a été traité de l'amour spirituel, qui est chez les Anges du Second Ciel, et qui constitue leur vie, et puisque l'homme ne sait pas comment l'amour devient spirituel, il va en être parlé ici en peu de mots : Tout amour devient spirituel par les vrais d'après la Parole, en tant que l'homme les reconnaît, et en tant que par l'entendement il les voit et par suite les aime, c'est-à-dire, les fait d'après la volonté. Si l'amour devient spirituel par les vrais d'après la Parole, en tant que l'homme les reconnaît et les voit par l'entendement, c'est parce que dans l'homme il y a deux mémoires et par suite deux pensées, tant chez les méchants que chez les bons, à savoir, l'une intérieure et l'autre extérieure; tout homme pense chez soi d'après la mémoire intérieure, lorsque livré à lui-même il est dirigé par son amour; cette pensée est la pensée de son esprit; mais l'homme pense d'après la mémoire extérieure, lorsqu'il parle devant le monde ; que chez l'homme il y ait ces deux pensées, chacun, pour peu qu'il réfléchisse légèrement, le voit : ce que l'homme pense chez lui d'après la mémoire intérieure, lorsqu'il est livré à lui seul, appartient à sa vie et devient chose de sa vie, car c'est son esprit qui alors pense, ou, ce qui revient au même, c'est la propre affection de sa vie qui excite cette pensée; mais ce que l'homme pense d'après la mémoire extérieure, si cela ne fait pas un avec la pensée d'après la mémoire intérieure, n'appartient pas à sa vie et ne devient pas chose de sa vie, car cela appartient au corps, à cause du monde, et cela aussi est rejeté après la mort, lorsque l'homme devient esprit. De là on peut voir quel est l'état de ceux qui sont méchants et ne craignent ni Dieu ni l'homme, à savoir, qu'intérieurement chez eux ils pensent des maux et des faux, tandis qu'extérieurement ils pensent et par suite prononcent des vrais, et aussi font des biens, mais que les biens et les vrais, quand l'homme dépouille le corps et devient esprit, sont dissipés, et que les maux et par suite les faux restent chez lui comme esprit. Il en est tout autrement chez les bons; comme ceux-ci ont craint Dieu et aimé le prochain, quand ils pensent d'après la mémoire intérieure, ils pensent d'après les vrais qui procèdent du bien, et pareillement quand ils pensent d'après la mémoire extérieure; chez eux ces deux pensées font un : et comme ils sont dans les vrais d'après le bien, chez eux est ouvert l'homme interne spirituel, qui a été conjoint aux Anges dans les Cieux, et qui en lui-même est Ange du Ciel; comme cet homme interne est dans la lumière du Ciel, dans laquelle les vrais spirituels apparaissent aussi clairement que les objets dans le Monde apparaissent devant l'œil, quand il voit les vrais il les reçoit, et il en compose son entendement : de là pour eux la foi spirituelle, qui dans son essence est la reconnaissance du vrai, parce qu'il a été vu par l'entendement; pour eux est nulle la foi naturelle, qui consiste à croire qu'une chose est ainsi, parce qu'un autre l'a dit; cette foi, ils l'appellent foi historique, et chez quelques-uns foi persuasive, laquelle persiste en tant qu'elle concorde avec la vie de leur amour : qui est-ce qui ne peut voir que rien ne peut entrer dans la vie de l'homme et la constituer, à moins qu'auparavant l'homme n'ait pensé que la chose est ainsi, et ensuite n'ait voulu qu'elle fût ainsi? D'après ces considérations, il devient évident que l'homme, pour que son amour devienne spirituel, doit nécessairement voir ses vrais, c'est-à-dire, les saisir par l'entendement. Mais si tu dis que les vrais spirituels ne peuvent être vus, et que l'entendement ne peut être ouvert jusqu'à ce point, tant que l'homme est dans le Monde, sache que celui qui aime le vrai d'après le vrai, c'est-à-dire, parce qu'il est le vrai, peut les voir, et que ceux qu'il ne voit pas dans le Monde, il les voit plus tard dans le Ciel; l'amour du vrai reçoit lui-même la lumière du Ciel, qui illustre l'entendement : en outre, chacun pourrait recevoir par la pensée les vrais et les comprendre plus qu'il ne le sait lui-même, si son propre amour n'introduisait pas l'obscurité et ne les couvrait pas de ténèbres; c'est ce dont j'ai été très-souvent témoin dans le Monde spirituel ; en effet, de mauvais esprits comprenaient les vrais spirituels aussi bien que les bons esprits, et même presque comme les Anges, quand ils étaient énoncés par quelqu'un; mais dès qu'ils détournaient l'oreille et se remettaient dans l'état du propre amour, ils ne comprenaient absolument rien : par là il était évident que tout homme a la faculté de comprendre les vrais, et même de les voir, mais que seulement l'amour du vrai pour les vrais fait que l'homme les comprend, dans le monde rationnellement, mais après la mort spirituellement. Toutefois, l'amour chez l'homme et par suite sa vie ne deviennent pas spirituels par cela seulement qu'il sait et comprend les vrais, à moins qu'il ne les veuille aussi et ne les fasse; car, ainsi qu'il vient d'être dit, l'homme méchant, qui a l'amour infernal, peut savoir et comprendre les vrais, de même que l'homme bon qui a l'amour céleste; de là, les méchants croient qu'en raison des connaissances et de l'entendement des vérités, non-seulement ils viendront dans le Ciel, mais même qu'ils y seront parmi les intelligents, de qui il est dit qu'ils brilleront comme les étoiles, tandis que cependant, s'ils n'aiment pas ou ne veulent pas faire les vrais qu'ils savent et comprennent, ils viennent après la mort parmi ceux qui sont dans l'enfer, auxquels tous les vrais sont enlevés : en effet, après la mort chacun devient son amour, et chacun devient son amour dans le Monde par cela qu'il veut et fait selon ce qu'il comprend et sait, car en cela réside l'amour de l'homme, et dans l'amour résident les vrais de l'entendement; de là on voit clairement d'où l'homme a la vie, puisque l'amour constitue sa vie. Il y a chez l'homme trois degrés de la vie; le troisième degré est celui dans lequel sont les Anges du troisième Ciel; le second degré, celui dans lequel sont les Anges du second Ciel, et le premier degré, celui dans lequel sont les Anges du premier ou dernier Ciel; il y aussi un degré infime, qui est corporel et matériel, lequel est chez l'homme quand il vit dans le Monde; ces degrés sont ouverts chez l'homme selon la réception du Divin Vrai dans sa vie, et le Divin Vrai est reçu dans la vie par vouloir et faire le vrai selon qu'on le sait et qu'on le comprend ; et comme l'amour et la vie de l'homme font un, il s'ensuit qu'il y a autant de degrés de l'amour qu'il y a de degrés de la vie; l'amour dans lequel sont les Anges du troisième Ciel est appelé amour céleste; l'amour dans lequel sont les Anges du second Ciel est appelé amour spirituel; et l'amour dans lequel sont les Anges du premier Ciel est appelé amour spirituel-naturel et amour céleste-naturel; de même qu'est leur amour, de même est aussi leur sagesse et leur intelligence. Ceux qui sont dans le troisième degré de l'amour, et par conséquent de la sagesse, vivent dans une atmosphère comme serait une pure atmosphère éthérée; ceux qui sont dans le second degré de l'amour, et par conséquent de l'intelligence, vivent dans une atmosphère comme serait une pure atmosphère aérienne ; et ceux qui sont dans le premier degré de l'amour, et par conséquent de la science, vivent dans une atmosphère comme serait une pure atmosphère aqueuse; et comme la pureté de leur vie est dans le même degré que leur amour, il est évident que ceux qui sont dans le troisième Ciel, et dans l'amour et la vie de ce Ciel, ne peuvent pas être approchés par ceux qui sont dans le second Ciel ou dans le premier ; car monter du second Ciel dans le troisième, ce serait comme si un oiseau volait au-dessus de son atmosphère dans l'éther; et monter du premier Ciel dans le second, ce serait comme si un poisson était élevé dans l'air, où il serait suffoqué et souffrirait cruellement. Ces choses ont été dites, afin qu'on sache que l'amour spirituel est l'amour du vrai en acte, et que l'amour du vrai en acte est selon la vue du vrai en entendement; et que la foi de cet amour n'est autre chose que la reconnaissance du vrai d'après cette vue et cet entendement. C'est donc là la foi spirituelle.
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