| Apocalypse Expliquée 810. Si quelqu'un en captivité emmène, en captivité il s'en ira, signifie que ceux qui ont écarté les autres des vrais sont écartés des Divins Vrais dans la Parole : on le voit par la signification de la captivité, en ce que c'est écarter des vrais, ici par les raisonnements d'après l'homme naturel, car c'est la captivité spirituelle qui est entendue dans le sens interne par la captivité; que cela soit entendu par la captivité dans la Parole, on le verra dans l'Article suivant : de là, il est évident que par emmener en captivité il est signifié écarter les autres des vrais, et que par s'en aller en captivité il est signifié être écarté aussi des vrais. Qu'ici par emmener en captivité il soit signifié écarter les autres des vrais par des raisonnements d'après l'homme naturel, c'est parce que par la bête du dragon, dont il s'agit ici, sont entendus ceux qui séparent la foi d'avec la vie, et confirment la séparation par des raisonnements d'après l'homme naturel; voir ci-dessus, N° 774. Avant de confirmer par la Parole que la captivité signifie la captivité spirituelle qui consiste à être écarté des vrais de la Parole, je vais d'abord reprendre les choses qui ont été rapportées ci-dessus dans l'Article N° 805, choses que ceux qui séparent la foi d'avec la vie confirment par des raisonnements, en écartant ainsi les autres des vrais, et par là je ferai voir comment ils pervertissent les vrais, et par suite falsifient la Parole : il faut qu'on sache que les mêmes choses peuvent être dites tant par ceux qui sont dans les vrais que par ceux qui ne sont point dans les vrais; car ceux-ci par certains passages de la Parole confirment la séparation de la foi d'avec les bonnes œuvres, et ceux-là par les mêmes passages confirment la conjonction de la foi avec les bonnes œuvres ; en effet, deux personnes de sentiment opposé peuvent tenir le même langage, tandis que cependant la perception est différente, et c'est la perception de la chose qui fait que c'est un vrai ou un faux : j'ai entendu des amateurs des faussetés parler absolument de la même manière que parlaient des partisans des vérités, et toutefois l'un était dans les vrais et l'autre dans les faux, car les choses qu'ils prononçaient tous les deux pareillement, ils les entendaient différemment, et selon l'entendement ils expliquaient des passages de la Parole; c'est pourquoi, l'un les falsifiait, et l'autre les rendait conformes au vrai ; car le vrai chez l'homme n'appartient pas à son langage, mais il appartient à sa perception; c'est la raison pour laquelle ceux qui fondent des prédications sur la Parole apparaissent comme s'ils étaient dans les vrais, tandis que les mêmes, quand ils font des prédications d'après la doctrine sur la foi seule, sur la rédemption, sur l'imputation du mérite du Seigneur, et sur des sujets semblables, sont dans les faux ; cela peut être illustré par mille exemples; en un mot, ce qui falsifie le vrai, c'est la perception et non le langage d'après la Parole; cela aussi est entendu par ces paroles du Seigneur : « Alors deux seront dans le champ, l'un sera pris, et l'autre sera laissé; deux moudront au moulin, une sera prise, et l'autre sera laissée. » — Matth. XXIV. 40, 41; — par être dans le champ, il est signifié être au dedans de l'Église; par moudre, il est signifié rechercher et apprendre les vrais d'après la Parole; celui qui recherche et apprend les vrais est entendu par celle qui moud et sera prise, et celui qui falsifie les vrais est entendu par celle qui moud et sera laissée. Pour illustrer qu'il en est ainsi, je vais récapituler comment ceux-là perçoivent la Propitiation par le sang du Fils, comment l'action de porter les iniquités par le Seigneur, comment l'Imputation de son mérite, comment l'Intercession, comment la Rédemption et la Salvation d'après la miséricorde, et comment l'Assurance et la Confiance, et ainsi du reste. Quant à ce qui concerne la Propitiation par le sang du Fils, ceux qui sont dans les vrais ne pensent pas sur ce sujet comme ceux qui sont dans les faux; par la Propitiation par le sang du Fils, ceux qui sont dans les vrais perçoivent que ceux qui s'adressent au Seigneur, et le supplient d'après les vrais qui sont dans la Parole, sont reçus et aussi sont entendus avec clémence; le sang du Seigneur signifie, non-seulement sa passion de la croix, mais aussi le Divin Vrai du Seigneur, qui est dans la Parole; en effet, le Seigneur par la passion de la croix a subjugué les enfers, ce qui est entendu en ce qu'il a vaincu la mort et est ressuscité victorieux, comme disent aussi les dignitaires de l'Église quand ils parlent d'après la Parole; et, en outre, par la Passion de la croix il a glorifié son Humain, par lequel les enfers sont tenus par lui subjugués à éternité : par le propitiatoire qui était sur l'Arche du Témoignage, sur lequel avaient été sculptés des Chérubins, il n'était pas signifié autre chose. Comment-ceux qui sont dans les vrais entendent que le Seigneur a porté les iniquités, cela a été dit ci-dessus, N° 805. Par l'Imputation du mérite du Seigneur, ceux qui sont dans les vrais entendent seulement implorer la commisération du Seigneur qui a supporté de si cruelles souffrances pour racheter et sauver les hommes, lesquels autrement auraient péri de mort éternelle; par le Mérite du Seigneur, il est entendu que Lui-Même par la propre puissance a sauvé ceux qui croient en Lui et font ce qu'il a commandé; ce mérite ne peut pas être imputé, mais il peut être imploré. Par l'Intercession il est entendu le perpétuel souvenir de l'homme de la part du Seigneur. Et par l'Assurance et la Confiance il est entendu l'assurance et la confiance que le Seigneur par pure miséricorde enseigne à l'homme le chemin, et le conduit au Ciel. Par là on voit clairement ce qui est entendu par la Rédemption. D'après ces considérations, on peut donc voir que par les choses qui ont été rapportées ci-dessus, N° 805, ceux qui sont dans les vrais d'après la Parole entendent, non pas quelque œuvre du Seigneur chez le Père, mais une œuvre chez Lui-Même ; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Dieu est un, et non trois, et le Trine est dans le Seigneur; lors donc qu'on s'adresse au Seigneur, on s'adresse en même temps au Père et à l'Esprit Saint. D'après cela aussi, on peut voir que par emmener en captivité il est signifié écarter des Divins Vrais dans la Parole; car ceux qui tiennent la doctrine des trois personnes Divines, et qui séparent la foi d'avec sa vie, c'est-à-dire, d'avec les bonnes œuvres, ceux-là écartent les autres de l'entendement du vrai dans la Parole; en effet, ils expliquent toutes les choses qui y sont selon leur doctrine, et celles qu'ils ne peuvent expliquer, ils les falsifient; et le Divin aussi, qui est dans le Seigneur et qui appartient au Seigneur Lui-même, ils l'attribuent au Divin du Père, et ainsi ils ne s'adressent point au Seigneur ; et comme ils agissent ainsi, c'est pour cela que, soit par des raisonnements, soit par une interprétation malséante des vérités de la Parole, ils écartent des vrais le peuple qui croit que toutes les choses qui sont dites des Divins sont au-dessus de la compréhension humaine; cela est signifié par emmener en captivité. Que ceux-là aillent eux-mêmes en captivité, c'est-à-dire, s'écartent eux-mêmes des vrais dans la Parole, on peut le voir d'après toutes les choses de leur doctrine, en ce que, quoique les choses qu'ils prononcent soient des vrais quant à l’énonciation, cependant ce ne sont pas des vrais quant à l'entendement qu'ils en ont; cela aussi est devenu évident pour moi par les mêmes hommes dans le Monde spirituel, où, quand ils étaient examinés, on découvrait qu'ils étaient dans de purs faux, et que c'est pour cela qu'ils ne peuvent jamais être élevés par le Seigneur à aucune intelligence céleste.
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