| Apocalypse Expliquée 800. Et ceux qui dans le Ciel habitent, signifie les biens et les vrais spirituels d'après lesquels existe le mariage céleste: on le voit par la signification de blasphémer ceux qui dans le Ciel habitent, en ce que c'est falsifier les biens et les vrais spirituels ; par ceux qui habitent dans le Ciel il est entendu les Anges ;mais comme les Anges sont Anges d'après la réception du Divin Bien et du Divin Vrai, et comme le sens spirituel fait abstraction des personnes, c'est pour cela que par les Anges, ici, il est signifié les biens et les vrais d'après lesquels ils sont Anges; c'est aussi ce qui est signifié par les Anges ailleurs dans la Parole ; voir ci-dessus, Nos 130, 302; que ce soient les biens et les vrais spirituels qui sont signifiés par eux, c'est parce que tous dans le Ciel sont spirituels, et qu'ils pensent et parlent spirituellement : il en est tout autrement des hommes sur terre; comme ils sont naturels, ils pensent et parlent naturellement, c'est aussi pour cela que les biens et les vrais chez eux sont naturels ; et comme le bien et le vrai s'aiment mutuellement, et qu'en raison de cela ils ne peuvent pas ne pas être conjoints, voilà pourquoi il est dit « d'après lesquels existe le mariage céleste; » cela aussi est signifié par « ceux qui dans le Ciel habitent, » puisque là tous sont dans ce mariage c'est pourquoi le Ciel est aussi comparé à un mariage dans la Parole; il y a même un semblable mariage dans chacune des choses de la Parole; voir ci-dessus, Nos 238 f., 288, 484, 724; voir aussi que l'Ange ne peut pas être Ange du Ciel, à moins qu'il ne soit dans ce mariage, ou à moins que chez lui il n'y ait ce mariage, et qu'il en est de même de l'homme de l'Église, N° 660 : de là, il est de nouveau évident que l'homme qui sépare la foi d'avec les bonnes œuvres n'est pas homme de l'Église. Maintenant, d'après ces explications, on peut voir que par blasphémer ceux qui habitent dans le Ciel, il est signifié falsifier les biens et les vrais spirituels, d'après lesquels existe le mariage céleste. Dans les deux Articles précédents, il a été traité de ceux qui séparent la foi d'avec les biens de la vie, et qui par là falsifient la Parole au point qu'ils se ferment le Ciel; puis aussi, de ceux qui adjoignent à la foi les biens de la vie, et qui par là ne falsifient pas la Parole au point de se fermer le Ciel : maintenant, il résulte de l'ordre, qu'il soit dit quelque chose de ceux qui, quoiqu'ils soient dans les Églises, où la foi seule est reconnue, ne falsifient pas cependant la Parole; ceux-ci sont : 1. Ceux qui ne séparent pas la foi d'avec la vie, mais les conjoignent en croyant que la foi et la vie font un, comme l'affection et la pensée, comme la volonté et l'entendement, comme dans les saisons du printemps et de l'été la chaleur et la lumière dont la conjonction produit toute germination, et comme le vrai et le bien, si pour la foi on prend le vrai et pour la vie le bien ; sur la conjonction de toutes ces choses, voir la doctrine de la nouvelle Jérusalem : ceux-ci affirment chez eux que nul homme qui vit mal ne peut recevoir la foi, mais que celui qui vit bien la reçoit, et que celui qui vit mal ne peut pas recevoir la foi, à moins qu'il ne fasse une pénitence de vie, en examinant ses maux, et en s'en désistant; puis aussi, que celui qui vit mal ne peut, dans son esprit ou en soi, avoir une autre foi que la foi du faux, quoique de bouche il confesse la foi du vrai : ceux donc qui conjoignent ainsi la vie et la foi par confession et par œuvre ont la vie de la charité, et leur foi est la pensée que réellement la chose est ainsi. Leur foi est spirituelle en tant qu'ils savent les vrais d'après la Parole et vivent selon ces vrais, car la foi devient spirituelle d'après la vie, et autant l'homme par suite devient spirituel, autant le Ciel lui est ouvert. 2. Ils ne falsifient pas non plus la Parole, ceux qui ne savent pas, et ne veulent pas savoir, que la foi soit autre chose que croire les choses qui sont dans Parole et les faire; car ils voient que croire et faire, c'est la foi et que croire et ne pas faire, c'est la foi de bouche et non de cœur, ainsi .hors de l'homme et non en dedans de lui. Si ceux-ci font (ou mettent en pratique), ils croient que la foi consiste à croire qu'il y a un Dieu, qu'il y a un Ciel et un Enfer, qu'il y a une vie après la mort, qu'aimer Dieu et aimer le prochain, c'est faire les commandements qui sont dans la Parole ; puis aussi, autant ils renoncent aux maux, les fuient et les ont en aversion, parce qu'ils sont des péchés, autant ils font ces commandements d'après Dieu et non d'après eux-mêmes : eux aussi croient que le Seigneur est venu dans le monde pour sauver ceux qui croient en Lui et font ce qu'il a enseigné. 3. Comme ils ne savent pas et ne veulent pas savoir que la foi soit autre chose, ils ne reconnaissent pas la justification et la salvation par cela seul qu'on croit que Dieu le Père a envoyé son Fils afin que par son sang il devînt propitiation, rédemption et salvation; car ils perçoivent que croire cela seul, et ne vivre nullement la vie de la foi, qui est la charité, c'est se damner plutôt qu'être justifié ; si cela damne plus, c'est parce que c'est la foi du faux et non la foi du vrai, car c'est la foi qu'il y a miséricorde immédiate, qu'il y a réformation et régénération sans les moyens, qu'il y a imputation, qu'il y a propitiation, qu'il y a intercession, et cependant aucune de ces choses n'existe ; et en outre, il n'est pas vrai qu'un Fils né d'éternité ait, été envoyé dans le monde par le Père; il n'est pas vrai que le Père soit rendu propice par le sang du Fils; et il n'est pas vrai que le Seigneur ait transporté sur Lui les péchés, et ait ainsi racheté, sans parler de plusieurs autres choses ; toutes ces choses, en tant qu'elles sont des apparences du vrai d'après le sens de la lettre de la Parole, peuvent être dites et aussi être pensées, mais non être confirmées jusqu'à détruire le vrai réel qui est dans le Ciel, et que la doctrine de l'Église d'après la Parole peut enseigner : ceux donc qui mettent toutes les choses de la foi dans cette confession, ceux-là, non-seulement jettent de côté tous les vrais, qui sont innombrables, d'après lesquels les Anges et les hommes ont la vie et la sagesse, et ils renferment toute la théologie dans quelques mots énoncés avec assurance, dans lesquels il n'y a point de vrais, mais encore pour confirmer ces mots il est impossible qu'ils ne falsifient pas la Parole, et que par là ils ne se ferment pas le Ciel. Mais ce sujet sera exposé plus pleinement ailleurs : ces choses donc concernent ceux qui falsifient la Parole, et ceux qui ne la falsifient point.
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