| Apocalypse Expliquée 774. 774. Et je vis de la Mer une Bête qui montait, signifie les raisonnements d'après l'homme naturel, qui confirmaient la séparation de la foi d’avec la vie : on le voit par la signification de la bête qui montait de la mer, en ce que ce sont les choses qui appartiennent à l'homme naturel, car par les bêtes dans la Parole sont signifiées les affections de l'homme naturel dans l'un et dans l'autre sens; voir ci-dessus, N° 650; et par la mer sont signifiées diverses choses appartenant à l'homme naturel, qui se réfèrent à ses scientifiques tant vrais que faux, et aux pensées et raisonnements qui en proviennent; voir aussi ci-dessus, Nos 275, 342, 511, 537, 538, 600; d'où il est évident que par la bête qui montait de la mer il est signifié les raisonnements d'après l'homme naturel : que ce soient des raisonnements qui confirmaient la séparation de la foi d'avec la vie, on le voit en ce que le dragon est encore décrit dans ce Chapitre; ses raisonnements d'après l'homme naturel, qui confirment la séparation de la foi d'avec la vie, sont signifiés par la Bête qui monte de la mer, et ses confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole, et les falsifications de ce sens, sont signifiées par la Bête qui monte de la terre, dont il est parlé plus loin, depuis le Vers. 11 jusqu'à la fin de ce Chapitre. Que le Dragon soit encore décrit dans ce Chapitre, et soit aussi entendu par les deux Bêtes, on le voit en ce qu'il est dit que le Dragon donna à la Bête qui montait de la mer sa puissance et son trône et un pouvoir grand; et, de plus, qu'ils Adorèrent le dragon qui avait donné pouvoir à la bête; puis aussi, que l'autre bête, qui montait de la terre, parlait comme le dragon, et qu'elle exerça le pouvoir de la première bête tout entier devant le dragon ; de là il est évident que, en tant que ceux-là séparent la foi d'avec la vie, à savoir, ceux qui sont signifiés par le dragon, et qu'ils confirment cette séparation par des raisonnements d'après l'homme naturel, ils sont décrits par la bête qui monte de la mer, et qu'en tant qu'ils confirment cette séparation par le sens de la lettre de la Parole, et par là falsifient ce sens, ils sont décrits par la bête qui monte de la terre; qu'il en soit ainsi, on peut pleinement le voir par la description de l'une et de l'autre dans ce qui suit. Que les raisonnements tirés de l'homme naturel entrent dans les dogmes de ceux qui font la foi l'unique moyen de salut, ainsi l'essentiel même de l'Église, et par conséquent la séparent de la vie ou de la charité qu'ils ne reconnaissent pas comme moyen de salut, ni comme essentiel de l'Église, cela est peu vu, et par suite peu connu des partisans de cette foi et des docteurs; et cela, parce que par la pensée ils s'attachent aux passages de la Parole, par lesquels ils confirment; et comme les choses qu'ils confirment d'après le sens dernier de la Parole, qui est le sens de la lettre de la Parole, sont des faux, il est nécessaire qu'ils prennent des raisonnements de l'homme naturel, car sans ces raisonnements il est impossible de faire que des faux apparaissent comme des vrais : mais ceci sera illustré par un exemple : Pour que la vie ou la charité soit séparée d'avec la foi, ils disent, « que par la chute d'Adam tout libre » de faire le bien par soi-même a été entièrement perdu, et qu'il en résulte que l'homme ne peut en aucune manière accomplir la loi, et sans l'accomplissement de la loi, point de salut; que le Seigneur est venu dans le monde pour accomplir la loi, et pour qu'ainsi sa justice et son mérite fussent imputés à l'homme, et que par cette imputation l'homme fût délié du joug de la loi, tellement que rien ne le condamne; que l'homme reçoit par la foi seule, et nullement par les œuvres, l'imputation du mérite du Seigneur; que ces choses, pour la plupart, soient des raisonnements tirés de l'homme naturel, qui confirment le principe préconçu concernant la foi seule, et qui en joignent ensemble les principiés, on peut le voir en examinant chacune de ces assertions dans leur ordre; ainsi, I. « Par la chute d'Adam le libre arbitre, qui est le libre de faire le bien par soi-même, a été entièrement perdu : » ce raisonnement vient des faux; en effet, le libre de faire le bien par soi-même n'appartient à aucun homme, et ne peut appartenir à qui que ce soit, car l'homme est seulement un récipient, c'est pourquoi le bien que l'homme reçoit appartient non à l'homme mais au Seigneur chez l'homme; et même les Anges aussi n'ont le bien que par le Seigneur, et plus ils reconnaissent cela et le perçoivent, plus ils sont Anges, c'est-à-dire, supérieurs aux autres et plus sages que les autres ; à plus forte raison Adam, qui n'était, pas encore Ange, n'a pu être dans l'état du bien par lui-même : son intégrité a consisté à être dans une plus pleine réception du bien et du vrai, et par conséquent de l'intelligence et de la sagesse procédant du Seigneur, que ne le fut sa postérité : cela aussi était l'image de Dieu, car celui qui reçoit le Seigneur devient image, et autant il reçoit, autant il devient image : en un mot, le libre est de faire le bien d'après le Seigneur, et le servile est de faire le bien par soi-même: de là il est évident que ce raisonnement vient des faux qui découlent d'illusions, lesquelles proviennent toutes de l'homme naturel : en outre, il n'est pas vrai que le mal héréditaire ait été engendré dans tout le genre humain par la chute d'Adam, son origine vient d'ailleurs. II. « Il en résulte que l'homme ne peut en aucune manière accomplir la loi : » c'est aussi un raisonnement tiré de l'homme naturel; l'homme spirituel sait que ce qui sauve, ce n'est pas d'exécuter la loi et de l'accomplir dans la forme externe, mais que l'homme est sauvé en tant qu'il exécute la loi dans la forme externe d'après la forme interne; la forme interne, ou l'interne de la loi, c'est d'aimer le bien, le sincère et le juste, et son externe est d'exécuter le bien, le sincère et le juste; le Seigneur l'enseigne ainsi dans Matthieu : « Nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'extérieur devienne net. »-XXIII. 26:—autant l'homme exécute la loi d'après l'interne, autant il l'accomplit, mais non pas lorsque c'est d'après l'externe sans l'interne; l'interne de l'homme est l'amour et la volonté de l'homme; mais aimer le bien, le sincère et le juste, et d'après l'amour les vouloir, cela vient du Seigneur Seul; c'est pourquoi être conduit par le Seigneur, c'est accomplir la loi ; mais ceci sera plus pleinement illustré dans ce qui suit. III. « Sans l'accomplissement de la loi, point de salut : « cela enveloppe que si l'homme pouvait accomplir la loi par lui-même, il serait sauvé, ce qui cependant en soi est faux, et comme c'est un faux, et que ce faux apparaît comme vrai, parce que c'est un dogme reçu, il faut qu'il soit confirmé par des raisonnements tirés de l'homme naturel ; que ce soit un faux, cela est évident en ce que l'homme ne peut faire par lui-même aucun bien, mais que tout bien vient du Seigneur, et en ce qu'il ne peut pas être donné un état d'intégrité tel, qu'aucun bien, qui en soi est le bien, vienne de l'homme et soit fait par l'homme, ainsi qu'il vient d'être dit d'Adam ; et comme un tel état d'intégrité ne peut-être donné, et n'a jamais été donné, il s'ensuit que la loi doit être accomplie par le Seigneur, selon ce qui vient d'être dit : cependant celui qui ne croit pas que l'homme doive faire tout comme par lui-même, quoiqu'il fasse tout par le Seigneur, est dans une grande erreur. IV. « Que le Seigneur est venu dans le monde pour accomplir la loi, et pour qu'ainsi sa justice et son mérite fussent imputés à l'homme, et que par cette imputation l'homme fût délié du joug de la loi, tellement qu'après la justification par la foi seule rien ne le condamne : » c'est aussi un raisonnement d'après l'homme naturel ; le Seigneur est venu dans le monde, non pas pour cela, mais pour faire le jugement, et par ce jugement remettre toutes choses en ordre dans les Cieux et dans les enfers, et en même temps pour glorifier son Humain; par là ont été sauvés et sont sauvés tous ceux qui ont fait et qui font le bien par Lui et non par eux-mêmes, et ainsi non par une imputation de son mérite et de sa justice, car le Seigneur l'enseigne ainsi : « Je ne suis pas venu pour abolir la Loi ou les Prophètes; je suis venu non pas (les) abolir, mais (les) accomplir: Quiconque aura enfreint un seul de ces plus petits commandements, et aura enseigné ainsi les hommes, sera appelé le plus petit dans le Royaume des Cieux, mais celui qui fait et enseigne, celui-ci sera appelé grand, dans le Royaume des Cieux. » — Matth. V. .47, 19 et suiv. — V. « Que l'homme reçoit par la foi seule, et nullement par les œuvres, l'imputation du mérite du Seigneur : » c'est la conclusion des raisonnements qui précèdent; et comme ces raisonnements viennent de l'homme naturel et non de l'homme spirituel d'après le rationnel illustré, et par suite viennent des faux et non des vrais, il en résulte que c'est d'après eux que la conclusion est tirée. D'après ces considérations, on peut voir que pour confirmer un principe qui en soi est faux, il faut des raisonnements d'après l'homme naturel, et des confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole, car les raisonnements donneront une apparence de liaison aux passages tirés du sens de la lettre de la Parole : c'est pour cela que les raisonnements d'après l'homme naturel sont signifiés par la Bête qui monte de la mer, et que les confirmations d'après le sens de la lettre de la Parole sont signifiées par la Bête qui monte de la terre.
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