| Apocalypse Expliquée 736. 736. Et ils ne furent pas les plus forts, et leur lieu ne fut plus trouvé dans le Ciel, signifie qu'ils succombèrent, et que nulle part dans les Cieux, après cela, il n'y eut de lieu correspondant à l'état de leur vie, qui appartient à la pensée seule et non à aucune affection du bien et du vrai: on le voit par la signification de ils ne furent pas les plus forts, en ce que c'est qu'ils succombèrent dans le combat; et par la signification de leur lieu ne fut plus trouvé dans le Ciel, en ce que c'est que dans les Cieux, après cela, il n'y eut plus de lieu correspondant à l'état de leur vie, ainsi qu'il va être expliqué; s'il n'y en a point après cela, c'est parce que l'état de leur vie, qui est entendu par le dragon et par ses anges, appartient à la pensée seule et non à aucune affection du bien et du vrai; car ceux qui placent dans la foi seule le tout de l'Église, et par suite le tout du salut, ne peuvent être dans aucune affection du bien et du vrai, puisque celle-ci appartient à la vie : en effet, chaque homme a deux facultés de la vie, qui sont appelées l'entendement et la volonté, et c'est l'entendement qui pense et la volonté qui est affectée ; par conséquent la pensée appartient à l'entendement, et l'affection appartient à la volonté; ceux donc qui séparent la foi d'avec la vie pensent seulement qu'une chose est de telle manière, et ils disent que par ce qu'ils pensent et à cause de ce qu'ils pensent ils sont sauvés : et comme ils séparent la vie d'avec la foi ils ne peuvent pas être une affection autre que l'affection naturelle qui appartient à l'amour de soi et du monde, de là vient qu'ils conjoignent les affections de ces amours aux choses qui appartiennent à leur foi ; cette conjonction ne fait pas le mariage céleste qui est le Ciel, mais elle fait un adultère qui est un enfer, car c'est la conjonction du vrai avec l'affection du mal, et cet adultère correspond à l'adultère d'un fils avec sa mère, comme il est évident par les correspondances connues dans le Monde spirituel : mais, cependant, pour qu'il n'y ait pas conjonction du vrai avec le mal, il y est pourvu par le Seigneur, en ce qu'ils n'ont aucun vrai réel, mais ils ont des vrais falsifiés qui en eux-mêmes sont des faux; et comme cette conjonction, à savoir, du faux avec le mal, appartient à la foi séparée, c'est pour cela que le dragon, par qui ceux-là sont entendus, est appelé satan et diable, satan à cause du faux, et diable à cause du mal; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la conjonction du vrai et du bien fait le Ciel chez l'homme, mais la conjonction du faux et du mal fait l'enfer chez lui. S'ils n'ont aucun vrai réel, c'est parce que toutes les choses de leur foi sont tirées du sens de la lettre de la Parole, et qu'ils ne considèrent pas que ces vrais, qui sont dans ce sens de la Parole, sont des apparences du vrai; et prendre ces apparences pour les vrais eux-mêmes et les défendre, c'est falsifier la Parole, selon ce qui a été dit ci-dessus, N°s 715, 719, 720. De là vient donc que le Dragon avec ses anges a été précipité du Ciel en la terre. Si par « leur lieu ne fut plus trouvé dans le Ciel, » il est signifié que dans les Cieux, après cela, il n'y a pas de lieu correspondant à l'état de leur vie, c'est parce que tous les lieux dans les Cieux correspondent à la vie des Anges ; de là vient que le lieu signifie l'état de la vie, comme il a été dit ci-dessus, N° 731 ; et comme la vie de tous les Anges dans les Cieux est la vie de l'affection du bien et du vrai, et que ceux qui sont dans la foi seule, lesquels sont entendus par le dragon et par ses anges, n'ont aucune affection du bien et du vrai, c'est pour cela qu'il n'y a pas de lieu dans les Cieux correspondant à leur vie. Outre cela, tous les Anges dans les Cieux sont des affections spirituelles, et chacun d'eux pense d'après son affection, et selon son affection, d’où il suit que ceux qui placent le tout de l'Église, et par suite le tout du Ciel, dans le penser et non dans le vivre, pensent, lorsqu'ils deviennent esprits, d'après leurs affections qui sont les affections du mal et du faux, comme il a été dit ci-dessus, et que par conséquent leur foi, qu'ils ont faite seulement foi de la pensée et non de la vie, est exterminée et dissipée. En un mot, qui que ce soit n'a l'affection spirituelle, qui est celle du bien et du vrai, que d'après la vie de la foi, qui est la charité; la charité elle-même est l'affection du bien, et la loi est l'affection du vrai, et l'une et l'autre conjointes en un sont l'affection du bien et du vrai.
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