| Apocalypse Expliquée 730. 730. Et la Femme s'enfuit dans le désert, signifie l'Eglise parmi un petit nombre, parce qu'elle est chez ceux qui ne sont pas dans le bien, et par suite ne sont pas non plus dans les vrais :on le voit par la signification de la Femme, en ce qu'elle est l'Église, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 707; et par la signification du désert, en ce que c'est où il n'y a point les vrais, parce qu'il n'y a point le bien, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de s'y enfuir, en ce que c'est demeurer chez ceux qui ne sont pas dans les vrais, parce qu'ils ne sont pas dans le bien; et comme à la fin d'une Église il en est peu qui soient dans les vrais d'après le bien, il est signifié parmi un petit nombre d'après ces significations, on peut voir ce qu'enveloppent ces Paroles, à Savoir, que la Nouvelle Église, qui est appelée la Sainte Jérusalem, et qui est signifiée par la femme, ne pouvait encore être instituée que chez un petit nombre, par cette raison que la précédente Église était devenue un désert; et l'Église est appelée désert, quand il n'y a plus le bien, et où n'est point le bien, là non plus ne sont point les vrais ; et quand l'Église est telle, alors règnent les maux et les faux qui empêchent que sa doctrine, qui est la doctrine de l'amour envers le Seigneur, et de la charité à l'égard du prochain, ne soit reçue avec ses vrais; et quand la doctrine n'est pas reçue, il n'y a pas Église, car c'est d'après la doctrine qu'il y a Église. Il sera d'abord dit quelque chose sur ce qu'il n'y a pas les vrais là où il n'y a pas le bien : Par le bien, il est entendu le bien de la vie selon les vrais de la doctrine tirée de la Parole; et cela, parce que le Seigneur n'influe jamais immédiatement dans les vrais chez l'homme, mais il influe médiatement par le bien de l'homme; car le bien appartient à la volonté de l'homme, et la volonté est l'homme lui-même; l'entendement est produit et formé d'après la volonté, car l'entendement a été adjoint à la volonté, afin que ce qu'aime la volonté l'entendement le voie, et aussi le produise à la lumière; si donc la volonté n'est pas dans le bien, mais est dans le mal, alors l'influx du vrai par le Seigneur dans l'entendement n'est d'aucun avantage, car il est dissipé, parce qu'il n'est pas aimé, et même il est perverti, et le vrai est falsifié, d'où l'on voit clairement pourquoi le Seigneur n'influe pas immédiatement dans l'entendement de l'homme, si ce n'est qu'en tant que la volonté est dans le bien : le Seigneur peut illustrer l'entendement chez chaque homme, et ainsi influer avec les Divins Vrais, puisqu'il a été donné à tout homme la faculté de comprendre le vrai, et cela à cause de sa réformation, mais toujours est-il qu'il n'influe pas, puisque les vrais ne restent qu'autant que la volonté a été réformée ; illustrer l'entendement par des vrais jusqu'à la foi, si ce n'est qu'autant que la volonté fait un, est même périlleux, car l'homme peut alors pervertir les vrais, les adultérer et les profaner, ce qui est très-dangereux : outre cela, les vrais, en tant qu'on les sait et comprend, et qu'en même temps on n'y conforme pas sa vie, ne sont que des vrais inanimés, et les vrais inanimés sont comme des statues qui sont sans vie : d'après ces considérations, on peut voir d'où vient que là où il n'y a pas le bien, il n'y a pas les vrais, sinon quant à la forme, du moins quant à l'essence. Que tel soit l'homme de l'Église quand elle est à sa fin, c'est parce qu'alors il aime par dessus tout les choses qui sont du corps et celles qui sont du monde, et quand ces choses sont aimées rar dessus tout, celles qui sont du Seigneur et celles qui sont du Ciel ne sont pas aimées, car personne ne peut en même temps servir deux Maîtres, sans qu'il aime l'un et sans qu'il baisse l'autre; en effet, ce sont des opposés, car de l'amour du corps, qui est l'amour de soi, et de l'amour du monde, qui est l'amour des richesses, quand ils sont aimés par dessus tout, découlent tous les maux, et d'après les maux les faux, lesquels sont opposés aux biens et aux vrais qui proviennent de l'amour envers le Seigneur et de l'amour à l'égard du prochain : d'après ces quelques observations, on peut voir d'où vient qu'il est dit que la femme s'est enfuie dans le désert, c'est-à-dire, parmi un petit nombre, parce que l'Église est chez ceux qui ne sont pas dans le bien, et par suite ne sont pas non plus dans les vrais. Dans la Parole, en beaucoup d'endroits, il est dit le Désert, et aussi la solitude et la dévastation, et par ces mots il est signifié l'état de l'Église, quand en elle il n'y a plus aucun vrai parce qu'il n'y a pas le bien; si cet état de l'Eglise est appelé le désert, c'est parce que, dans le Monde spirituel, le lieu où demeurent ceux qui ne sont pas dans les vrais parce qu'ils ne sont pas dans le bien est comme un désert, où il n'y a ni verdure dans des campagnes, ni moissons dans des champs, ni arbre fruitier dans des jardins, mais où la terre est stérile, aride et sèche : outre cela, par le désert dans la Parole il est signifié l'état de l'Eglise chez les nations qui sont dans l'ignorance du vrai et néanmoins, dans le bien de la vie selon leur religiosité et par suite désirent les vrais ; et aussi par le désert dans la Parole il est signifié l'état de ceux qui sont dans les tentations, parce qu'en eux les biens et les vrais ont été couverts par les maux et les faux qui surnagent et obsèdent le mental (animus). Que toutes ces choses soient signifiées par le désert dans la Parole, on peut l'y voir par les passages où il est dit le désert. Quant au premier point, à savoir, que par le désert il est entendu l'état de l'Eglise, quand en elle il n'y a plus aucun vrai parce qu'il n'y pas le bien, on le voit par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Est-ce là cet Homme qui ébranlait la terre, qui faisait trembler les royaumes, qui a réduit le globe en désert, et en a détruit les villes? » —XIV. 16,17 ; — ceci a été dit de Lucifer, par qui est entendue Babel, et par ébranler la terre, faire trembler les royaumes, et réduire le globe en désert, il est signifié détruire tous les vrais et tous les biens de l'Église, la terre est l'Église, les royaumes en sont les vrais, le globe les biens, et le désert, c'est quand il n'y a ni vrais ni biens; par en détruire les villes, sont signifiés les doctrinaux, la ville signifie la doctrine; l'adultération de la Parole, par laquelle est détruite la doctrine et par suite l'Église, est signifiée ici par Babel. Dans le Même : « Sur la terre de mon peuple l'épine de la ronce monte, même sur toutes les maisons d'allégresse dans la ville joyeuse, car le palais sera désert, la multitude de la ville sera abandonnée; coteau et éminence il y aura sur les cavernes à éternité, joie des onagres, pâturage des troupeaux. » — XXXII. 13, 14; — « sur la terre de mon peuple l'épine de la ronce monte, » signifie le faux du mal dans l'Église, l'épine de la ronce est le faux du mal, la terre est l'Église; « sur toutes les maisons d'allégresse dans la ville joyeuse, » signifie où les biens et les vrais de la doctrine d'après la Parole ont été reçus avec affection ; quant à ce qui est signifié par « le palais sera désert, la multitude de la ville sera abandonnée; coteau et émineuce il y aura sur les cavernes, joie des onagres, pâturage des troupeaux, » voir ci-dessus, N° 410, où ces paroles ont été expliquées. Dans le Même : « Par ma réprimande je taris la mer, je réduis les fleuves en désert, puant deviendra leur poisson, parce qu'il n'y a point d'eau, et qu'il meurt par la soif. » — L. 2 ; — par réduire les fleuves en désert, il est signifié priver de vrais l'entendement, ainsi d'intelligence l'homme; le reste a été expliqué ci-dessus; voir N° 342. Dans Jérémie : « J'ai vu, et voici, le Carmel est un désert, et toutes ses villes ont été désolées devant Jéhovah; en dévastation sera toute la terre. »—IV. 26, 27; -par le Carmel est signifiée l'Église spirituelle qui est dans les vrais d'après le bien ; elle est un désert signifie que là il n'y a pas les vrais d'après le bien ; par les villes qui ont été désolées sont signifiés les doctrinaux sans les vrais; par toute la terré qui sera en dévastation, il est signifié que l'Église sera sans le bien et par suite sans les vrais. Dans le Même : « Des bergers nombreux ont détruit ma vigne, ils ont foulé mon champ, ils ont réduit le champ de mon désir en désert de solitudes sur toutes les collines dans le désert sont venus des dévastateurs, parce qu'une épée de Jéhovah dévore depuis une extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité de la terre. » — XII. 10, 12; — que les vrais et les biens de l'Église aient été entièrement détruits par les faux d'après le mal, cela est signifié par « ils ont détruit ma vigne, ils ont foulé mon champ, ils ont réduit le champ de mon désir en désert de solitude, » et par « sur toutes les collines dans le désert sont venus des dévastateurs, parce qu'une épée de Jéhovah dévore; » la vigne et le champ signifient l'Église quant au vrai et quant au bien, le champ de désir l'Église quant à la doctrine, le désert de solitude signifie où ces choses ne sont point; les dévastateurs dans le désert signifient les maux d'après des non vrais, une épée de Jéhovah qui dévore signifie un faux qui détruit; « depuis une extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité de la terre, » signifie toutes les choses de l'Église. Dans les Lamentations : « Au péril de nos âmes nous nous procurons notre pain à cause de l'épée du désert. » — V. 9 ; — au péril des âmes se procurer du pain signifie la difficulté et le danger de s'acquérir les vrais de la vie d'après la Parole; « à cause de l'épée du désert, » signifie à cause du faux du mal régnant dans l'Église, lequel falsifie les vrais et ainsi les détruit. Dans Ézéchiel : «Un cep maintenant a été planté dans le désert, dans une terre d'aridité et de soif. » — XIX. 13 ; — par le cep est signifié l'Église qui, au commencement du Chapitre, est appelée mère, devenue lionne; ce cep est dit planté dans le désert, quand dans l'Église il n'y a plus le vrai parce qu'il n'y a pas le bien; une terre d'aridité, c'est où il y a, non le bien, mais à sa place le mal; et une terre de soif, c'est où il y a, non le vrai, mais à sa place le faux. Dans Hosée : « Plaidez contre notre mère, afin qu'elle éloigne ses scortations de ses faces, de peur que je ne la dépouille nue, et ne la remette comme au jour de sa naissance, et que je ne la réduise comme le désert, et ne la rende comme une terre de sécheresse, et ne la tue par la soif. » — II. 2, 3 ; — ceci concerne l'Église qui a falsifié les vrais de la Parole; la mère est l'Église, et les scortations sont les falsifications du vrai; la priver de tout vrai, comme elle était avant d'être réformée, est signifié par la dépouiller nue et la remettre comme au jour de sa naissance; l'Église sans le bien est signifiée par le désert et par une terre de sécheresse; et la privation du vrai est signifiée par tuer par la soif, la soif se dit des vrais, parce que l'eau dont on a soif est le vrai, et la sécheresse se dit du manque de bien, parce qu'elle est produite par le hâle. Dans le Même : « Celui-là parmi ses frères est féroce; il viendra, l'eurus, le vent de Jéhovah, montant du désert, et sa source séchera, et sa fontaine tarira. » — XIII. 15; — ceci concerne Éphraïm par qui est entendu l'entendement de la Parole; il est dit féroce parmi ses frères, quand l'entendement défend avec animosité les faux, et combat pour eux contre les vrais ; par l'eurus, le vent de Jéhovah, est signifiée l'ardeur de la cupidité d'après l'amour et le faste de détruire les vrais; il est dit monter du désert, quand c'est d'après l'entendement dans lequel il y a, non pas les vrais d'après le bien, mais des faux d'après le mal, un tel entendement est un désert parce qu'il est creux et vide; par « sa source séchera, et sa fontaine tarira, » il est signifié que d'après l'ardeur et d'après ce faste le tout de la doctrine et le tout de la Parole sont détruits, la source est la doctrine, et la fontaine est la Parole. Dans Joël : « Toi, Jéhovah, je crie; car un feu a dévoré les habitacles du désert, et une flamme a embrasé tous les arbres du champ; car la bête du champ glousse après Toi, parce que taris ont été les courants d'eaux, et le feu a dévoré les habitacles du désert. » — 1. 19, 20; — « un feu a dévoré les habitacles du désert, et une flamme a embrasé tous les arbres du champ, » signifie que l'amour de soi et le faste de la propre intelligence ont consumé toute perception du bien et tout entendement du vrai de la doctrine d'après le sens littéral de la Parole, le feu signifie l'amour de soi, et la flamme le faste de la propre intelligence, les habitacles du désert signifient les biens de la doctrine d'après le sens de la lettre de la Parole, et les arbres du champ les connaissances du vrai ; ce sens est appelé désert quand les choses ne sont entendues que naturellement, ainsi selon les apparences, et non en même temps spirituellement, c'est-à-dire, selon le sens réel; « les bêtes du champ gloussent après Toi, » signifie les lamentations de ceux qui sont naturels et néanmoins désirent les vrais; que les bêtes signifient les affections de l'homme naturel, on le voit ci-dessus, N° 650 ; « parce que taris ont été les courants d'eaux, et le feu a dévoré les habitacles du désert, » signifie que par suite les vrais et les biens de la vie n'y sont plus. Dans le Même : « Il vient, le jour de Jéhovah; devant lui un feu dévore, et après lui une flamme embrase; comme un jardin d'Éden la terre devant lui, mais après lui, désert de dévastation, et il n'y a rien qui lui échappe. » — II. 3 ; — par le jour de Jéhovah, il est entendu la fin de l'Église, qui est appelée consommation du siècle, et alors il y’a avènement du Seigneur; « devant lui un feu dévore, et après lui une flamme embrase, » signifie qu'à la fin de l'Église, l'amour de soi et par suite le faste de la propre intelligence consument tous les biens et tous les vrais de l'Église; le feu signifie l'amour de soi, la flamme le faste de la propre intelligence, comme ci-dessus; « comme un jardin d'Éden la terre devant lui, mais après lui, désert de dévastation, » signifie que dans le commencement, quand cette Église a été instaurée chez les anciens, il y avait l'entendement du vrai d'après le bien, mais qu'à la fin il y eut le faux d'après le mal; le jardin d'Éden signifie l'entendement du vrai d'après le bien et par suite la sagesse, et le désert de dévastation signifie nul entendement du vrai d'après le bien, et par suite la folie d'après les faux qui proviennent du mal; « il n'y a rien qui lui échappe, » signifie qu'il n'y a rien du vrai d'après le bien. Dans Ésaïe : « Elle est dans le deuil, elle languit, la terre; il a été confus, le Liban, il s'est flétri; Scharon est devenu comme un désert; secoués ont été Baschan et Carmel. » — XXXIII. 9 ; — par ces paroles aussi sont décrites la dévastation du bien et la désolation du vrai dans l'Église; par le Liban est signifiée l'Église quant à l'entendement rationnel du bien et du vrai; par Scharon, Baschan et Carmel est signifiée la même chose quant aux connaissances du bien et du vrai d'après le sens naturel de la Parole; leur dévastation et leur désolation sont signifiées par être dans le deuil, languir, se flétrir et devenir comme un désert; le désert, c'est où il n'y a pas le vrai, parce qu'il n'y a pas le bien. Dans Jérémie : « Parce que d'adultères pleine est la terre, parce que, à cause de la malédiction, dans le deuil est la terre, desséchés ont été les pâturages du désert.» — XXIII. 10; — par la terre pleine d'adultères est signifiée l'Eglise, dans laquelle ses biens et ses vrais d'après la Parole ont été adultérés; par la malédiction, à cause de laquelle la terre est dans le deuil, il est signifié tout mal de la vie et tout faux de la doctrine; et par les pâturages du désert, qui ont été desséchés, sont signifiées les connaissances du bien et du vrai d'après la Parole, les pâturages sont ces connaissances parce qu'elles nourrissent le mental (animus), et le désert est la Parole quand elle a été adultérée. Dans David : « Jéhovah réduit les fleuves en désert, et les sources d'eaux en sécheresse, la terre à fruit en saline, à cause de la malice de ceux qui y habitent. » —ps. CVII. 33, 34 ; — par les fleuves qui sont réduits en désert, il est signifié l'intelligence d'après l'entendement du vrai, et aussi de la Parole quant à son sens intérieur, intelligence dévastée par les faux d'après le mal; les fleuves sont des choses qui appartiennent à l'intelligence, et le désert, c'est où ne sont pas ces choses, mais où, à leur place, il y a des faux d'après le mal ; par les sources d'eaux qui sont réduites en sécheresse, il est signifié que les derniers de l'entendement, qui sont appelés les connaissances du vrai et du bien, sont sans aucune lumière ni aucune affection spirituelle du vrai, les eaux signifient les vrais, la sécheresse la privation des vrais par défaut de lumière et d'affection, et les sources sont les vrais derniers, tels que sont ceux du sens de la lettre de la Parole; par la terre à fruit qui sera réduite en saline, il est signifié le bien de l'amour et de la vie profondément dévasté par les faux, la saline est la dévastation du vrai par les faux; et comme toute dévastation par les faux vient du mal de la vie, c'est pour cela qu'il est ajouté « à cause de la malice de ceux qui y habitent. » Dans Jérémie : « Lève tes yeux vers les collines, et vois où tu n'aies pas été souillée; sur les chemins tu t'es assise pour eux comme l'Arabe dans le désert, et tu as profané la terre par tes scortations et par ta malice. » — III. 2 ; — par ces paroles aussi sont décrites l'adultération et la falsification de la Parole, elles sont signifiées par être souillée et commettre scortation; par suite « lève tes yeux vers les collines, et vois où tu n'aies pas été souillée, » signifie remarquer que les connaissances du vrai et du bien dans la Parole ont été adultérées; lever les yeux signifie remarquer, les collines signifient ces connaissances, à cause des bocages et des arbres qui sont sur elles, et par lesquels ces connaissances sont signifiées; et même par les collines sont signifiés les biens de la charité, qui ainsi ont été détruits; « sur les chemins tu t'es assise pour eux comme l'Arabe dans le désert, » signifie tendre des pièges afin qu'aucun vrai ne se montre et ne soit reçu; les chemins sont les vrais de l'Église; être assis sur eux, c'est tendre des pièges; et l'Arabe dans le désert, c'est celui qui, comme un larron dans le désert, tue et dépouille; « tu as profané la terre par tes scortations et par ta malice, » signifie la falsification des vérités de la Parole d'après les maux qui sont devenus choses de la vie. Dans le même : « O génération! vous-mêmes voyez la Parole de Jéhovah; ai-je été un désert à Israël, ou une terre de ténèbres? » — II. 31 ; — que tout bien de la vie et tout vrai de la doctrine soient enseignés dans la Parole, et non le mal de la vie ni le faux, c'est ce qui est entendu par « voyez la Parole de Jéhovah; ai-je été un désert à Israël, ou une terre de ténèbres? » Dans Joël : « L'Egypte sera en dévastation, et Édom en désert de dévastation, à cause de la violence envers les fils de Jehudah, dont ils ont répandu le sang innocent dans leur terre. » — IV. 19; - par l'Egypte et par Édom est signifié l'homme naturel, qui avait perverti les vrais et les biens de la Parole ; par l'Egypte sera en dévastation, et Édom en désert de dévastation, il est signifié que cet homme doit être détruit, afin qu'on ne voie que des choses par lesquelles on confirme les vrais et les biens; par « à cause de la violence envers les fils de Jehudah, dont ils ont répandu le sang innocent, » il est signifié à cause de l'adultération de tout bien et de tout vrai dans la Parole, par la violence envers les fils de Jehudah est signifiée l'adultération de la Parole quant au bien, et par l'effusion du sang innocent est signifiée l'adultération de la Parole quant à ses vrais; que Jehudah Signifie l'Église céleste, et aussi la Parole, on le voit ci-dessus, Nos 211, 433; et que répandre le sang innocent signifie faire violence au Divin Vrai, ainsi adultérer le Vrai de la Parole, on le voit, N° 329; l'adultération de la Parole se fait par les scientifiques de l'homme naturel, quand ils sont appliqués à confirmer les faux et les maux, et cet homme devient une dévastation ; un désert, quand ses scientifiques deviennent des confirmations du faux et du mal, l'Egypte signifie ces scientifiques, et Édom le faste qui par eux falsifie. Dans Malachie : « Pour Ésaü j'ai eu de la haine, et j'ai mis ses montagnes en dévastation, et son héritage pour les dragons du désert. » — I. 3 ; — par Ésaü est signifié l'amour de l'homme naturel, par ses montagnes sont signifiés les maux d'après cet amour, par l'héritage les faux d'après ces maux et par les dragons du désert les pures falsifications d'où proviennent ces choses. Comme chez la Nation Juive toutes les choses de la Parole avaient été adultérées, et qu'il n'y avait plus le vrai parce qu'il n'y avait pas le bien, voilà pourquoi Jean-Baptiste a été dans un désert, ce qui représentait l'état de cette église; il en est parlé ainsi dans les Évangélistes : « Jean-Baptiste fut dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. » - Luc, I. 80. — « Il prêcha dans le désert de Judée. » —-Matth. III. 1, 2, 3. Marc, I. 2, 3, 4. Luc, III. 2, 4, 5 : — et dans Ésaïe : « Voix de qui crie dans le désert : Préparez le chemin à Jéhovah, aplanissez dans la solitude un chemin à notre Dieu.» — XL. 3. — C'est même pour cela que le Seigneur a dit de Jérusalem, par laquelle est entendue l'Église quant à la doctrine : « Votre maison sera laissée déserte. » — Luc, XIII. 35; — la maison déserte signifie l'Église sans les vrais parce qu'elle sera sans le bien. Quant à ce qui est signifié par ces paroles dans Matthieu : « Si on vous dit : Voici, dans le désert est le Christ; ne sortez pas : voici, dans les appartements secrets; ne le croyez pas, » — XXIV. 26, — on le voit expliqué dans les ARCANES CELESTES, N° 3900; car par le Christ est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, par conséquent quant à la Parole et quant à la doctrine d'après la Parole, et par les faux Christs, de qui ces choses sont dites, il est signifié les faux de la doctrine d'après les vrais de la Parole falsifiés. Par les passages de la Parole qui ont été rapportés, On peut voir que par le désert il est entendu l'Église où il n'y a pas les vrais parce qu'il n'y a pas le bien, par conséquent où il y a le faux parce qu'il y a le mal, car où il n'y a ni le vrai ni le bien, il y a le faux et le mal les uns et les autres n'existent pas ensemble, ce qui est entendu par les paroles du Seigneur, que personne ne peut servir deux maîtres, II. Par le désert, il est aussi signifié l'état de l'Église chez les Nations qui sont dans l'ignorance du vrai, et néanmoins dans le bien de la vie selon leur religiosité, et par suite désirent les vrais : on peut aussi le voir par les passages de la Parole où il s'agit de l'Église à instaurer chez les nations ; dans Ésaïe : « Sur vous sera répandu un esprit d'en haut; alors le désert sera en champ cultivé, et le champ cultivé sera réputé en forêt; dans le désert habitera le jugement, et la justice dans le champ cultivé reposera. » — XXXII. 15,16; — ici, il s'agit de ceux qui sont dans le bien naturel et sont réformés; par « sur vous sera répandu un esprit d'en haut, » il est signifié l'influx du Ciel en eux ; par « le désert sera en champ cultivé, » il est signifié qu'alors le vrai d'origine spirituelle sera implanté en eux, le désert est l'homme naturel dépourvu de vrais, et le champ cultivé, ou terre de moisson, est l'homme naturel fructifié par les vrais; par « le champ cultivé sera réputé en forêt, » il est signifié que par suite il aura la science des connaissances du vrai et du bien, la forêt se dit de l'homme naturel, de même que le jardin se dit de l'homme spirituel, c'est pourquoi par la forêt est signifiée la science, et par le jardin l'intelligence; par « dans le désert habitera le jugement, et la justice dans le champ cultivé reposera, » il est signifié que par suite il y aura en lui le droit et le juste; le jugement et la justice dans le sens spirituel signifient le vrai et le bien, et dans le sens naturel le droit et le juste. Dans le Même : « J'ouvrirai sur les coteaux des torrents, et au milieu des vallées des fontaines; je mettrai le désert en étang d'eaux, et la terre sèche en sources d'eaux : je mettrai dans le désert le cèdre de Schittah, le myrthe et l'arbre à huile; je placerai dans la solitude le sapin, le pin et le buis. » — XLI. 18,19 ; — ces choses concernent aussi la réformation et l'illustration des nations, et par ouvrir sur les coteaux des torrents, et au milieu des vallées mettre des fontaines, il est signifié donner l'intelligence d'après les vrais spirituels et d'après les vrais naturels, les torrents sur les coteaux signifient l'intelligence d'après les vrais spirituels, et les fontaines au milieu des vallées l’intelligence d'après les vrais naturels; par mettre le désert en étang d'eaux, et la terre sèche en sources d'eaux, il est signifié remplir de vrais l'homme spirituel et l'homme naturel, chez lesquels auparavant il n'y avait aucun vrai, l'homme spirituel dans lequel il n'y avait pas de vrais est entendu par le désert, puisqu'auparavant il n'y avait aucun vrai, et l'homme naturel dans lequel il n'y avait pas de vrai est entendu par la terre sèche, parce qu'auparavant il n'y avait pas d'influx spirituel en lui; les vrais en abondance dans l'homme spirituel sont entendus par l'étang d'eaux, et les vrais en abondance dans l'homme naturel sont entendus par les sources d'eaux ; par mettre dans le désert le cèdre de Schittah, le myrthe et l'arbre à huile, il est signifié donner les vrais rationnels et la perception de ces vrais ; et par placer dans la solitude le sapin, le pin et le buis, il est signifié pareillement les vrais naturels, qui sont les scientifiques et les connaissances, avec leur entendement, le cèdre est le vrai rationnel supérieur, le myrthe le vrai rationnel inférieur, l'arbre à l'huile est la perception du bien et par suite celle du vrai ; le sapin est le vrai naturel supérieur, le pin le vrai naturel inférieur, et le buis l'entendement du bien et du vrai dans le naturel. Dans David : « Il met le désert en étang d'eaux, et la terre sèche en sources d'eaux, et il y fait habiter les affamés, afin qu'ils élèvent une ville d'habitation. »— ps. CVII. 35,36; — ces choses pareillement concernent l'illustration des nations, et par mettre le désert en étang d'eaux, il est signifié les mêmes choses que ci-dessus; « et il y fait habiter les affamés, » signifie pour ceux qui désirent les vrais, ceux-ci sont entendus dans la Parole par les affamés et par les altérés; « afin qu'ils élèvent une ville d'habitation, » signifie afin que d'après les vrais ils se fassent une doctrine de vie; la ville est la doctrine, et habiter, c'est vivre. Dans Esaïe : « Voici, Moi, je fais du nouveau qui maintenant va se produire ; même je mettrai dans le désert un chemin; dans la solitude, des fleuves. M'honorera l'animal du champ, dragons et filles de la chouette, de ce que j'aurai donné dans le désert des eaux, des fleuves dans la solitude, pour abreuver mon peuple, mon élu, » —XLIII. 19, 20; — ces choses aussi concernent la nouvelle Église à instaurer par le Seigneur chez les nations, et par le désert est signifié l'état de l'Église chez ceux qui sont dans l'ignorance du vrai, et cependant dans le désir de connaître les vrais; quant à ce que les autres choses signifient dans le sens spirituel, on le voit ci-dessus, N° 518, où ces paroles ont été expliquées. Dans le Même : « Jéhovah consolera Sion; il consolera toutes ses dévastations; il transformera son désert en Éden, et sa solitude en jardin de Jéhovah; allégresse et joie il sera trouvé en elle, confession et voix de chant. » — LI. 3 ; — ces choses aussi ont été dites de la Nouvelle Église chez les nations, qui reconnaîtront le Seigneur; cette Eglise est entendue par Sion, et son instauration et leur réformation sont entendues par être consolé; par le désert qui sera transformé en Éden, et par la solitude qui sera transformée en jardin de Jéhovah, il est signifié la sagesse et l'intelligence d'après l'amour envers le Seigneur, chez ceux qui auparavant n'étaient dans aucun entendement du vrai ni dans aucune perception du bien; mais ces choses ont déjà été expliquées; voir ci-dessus, N° 721. Dans David : « Ils distillent, les habitacles du désert, et de bondissement les collines s'entourent; les prairies sont revêtues de troupeaux, et les vallées sont couvertes de blé. » — ps. LXV. 13, 14 ;—ces choses aussi ont été dites de l'Église chez les nations, et par « ils distillent, les habitacles du désert, » il est signifié que les mentals de ceux qui auparavant étaient dans l'ignorance du vrai reconnaissent et reçoivent les vrais; distiller se dit de l'influx, de la reconnaissance et de la réception du vrai, les habitacles se disent des intérieurs de l'homme, qui appartiennent à son mental, et le désert se dit de l'état de l'ignorance du vrai; les collines qui s'entourent de bondissement signifient que les biens chez eux reçoivent les vrais avec la joie du cœur; les prairies qui sont revêtues de troupeaux, et les vallées qui sont couvertes de blé, signifient que l'un et l'autre mental, le spirituel et le naturel, reçoit les vrais qui lui conviennent; les prairies signifient les choses qui appartiennent au mental spirituel et par suite au rationnel, et les vallées celles qui appartiennent au mental naturel ; le troupeau signifie le vrai spirituel, et le blé le vrai naturel. Dans Ésaïe : « Chantez sa louange, extrémité de la terre, descendant à la mer, et sa plénitude, îles et leurs habitants; qu'ils élèvent la voix, le désert et ses villes, les villages, qu'habite l'Arabie! qu'ils chantent, les habitants du rocher! que du sommet des montagnes ils crient! »--XLII. 10, 11; — ces choses ont été dites de l'Église chez ceux qui étaient éloignés des vrais de l'Église, parce qu'ils étaient naturels et sensuels ; leur état d'ignorance est entendu par le désert; et leur joie à cause de la prédication et de la connaissance du vrai est signifiée par chanter la louange, et élever la voix ; ce que les autres choses signifient a été expliqué ci-dessus, N° 406. Comme l'état d'ignorance du vrai, dans lequel ont été les nations, est signifié par le désert, et le désir du vrai par la faim, et l'instruction d'après le Seigneur par l'action de manger et de boire, c'est pour cela qu'il est arrivé que le Seigneur s'est retiré dans le désert et y a enseigné la foule qui le cherchait, et ensuite l'a nourrie ; que cela ait eu lieu dans un désert, on peut le voir dans Matthieu, XIV. 13 à 22. XV. 32 à 38. Marc, VI. 31 à 34. VIII. 1 à 9. Luc, IX. 12 à 14; — en effet, toutes les choses qui ont été faites par le Seigneur, et aussi celles qui ont été faites avec le Seigneur, étaient des représentatifs, parce qu'elles étaient des correspondances, celles-là aussi par conséquent; d'après ces choses, comme d'après les passages de la Parole rapportés ci-dessus, il est évident que le désert signifie ce qui chez l'homme n'a pas été cultivé et n'a pas été habité, ainsi ce qui n'est pas encore devenu vital par le spirituel, par conséquent en faisant application à l'Église, ce qui n'a pas été vivifié par les vrais, ainsi chez les nations la religiosité qui était presque vide et vague, parce qu'elles n'avaient pas la Parole où sont les vrais, et par suite ne connaissaient pas le Seigneur qui les enseigne; et comme elles n'avaient pas les vrais, c'est pour cela que leur bien ne pouvait être que comme était le vrai chez elles, car le bien est semblable à son vrai, parce que l'un appartient à l'autre. D'après ces considérations, on peut voir ce qui est signifié par le désert, lorsqu'il s'agit des nations, à savoir, leur ignorance du vrai, et cependant le désir de le connaître pour vivifier leur bien. III. Par le désert est aussi signifié l'état de ceux qui sont dans les tentations, parce qu'en eux les vrais et les biens ont été couverts par les faux et les maux qui surnagent et obsèdent le mental (animus) : on peut le voir par la marche errante des fils d'Israël dans le désert pendant quarante ans; par elle a été représenté tout état des tentations dans lequel viennent ceux qui sont régénérés, et dont l'Église doit être corn posée : tout homme naît naturel, et aussi vit naturel jusqu'à ce qu'il devienne rationnel, et quand il est devenu rationnel, il peut alors être conduit par le Seigneur et devenir spirituel, ce qui a lieu par l'implantation des connaissances du vrai d'après la Parole, et en même temps alors par l'ouverture du mental spirituel qui reçoit les choses qui sont du ciel, et par l'évocation et l'élévation de ces connaissances hors de l'homme naturel et la conjonction avec l'affection spirituelle du vrai : cette ouverture elle-même et la conjonction ne peuvent être données qu'au moyen des tentations, parce que dans les tentations l'homme combat intérieurement contre les faux et les maux qui sont dans l'homme naturel : en un mot, l'homme est introduit dans l'Église, et devient Église par les tentations. Ces choses ont été représentées par la marche errante et les tours et détours des fils d'Israël dans le désert : l'état de l'homme naturel, avant qu'il soit régénéré, a été représenté par leur demeure dans la terre d'Egypte, car la terre d’Égypte signifiait l'homme naturel avec les scientifiques et les connaissances, conjointement avec les cupidités et les appétits qui résident en lui, comme on peut le voir d'après ce qui a été dit et montré sur l'Egypte, ci-dessus, N° 654 : mais l'état spirituel, qui est l'état de l'Église chez l'homme, a été représenté par l'introduction des fils d'Israël dans la terre de Canaan, car la terre de Canaan signifiait l'Église avec ses vrais et ses biens conjointement avec ses affections et ses plaisirs, qui résident en lui; mais la réformation et la régénération de l'homme, avant que de naturel il devienne spirituel, et ainsi Église, furent représentées par leurs détours et leurs marches errantes dans le désert pendant quarante ans. Qu'il en soit ainsi, et que ce désert ait signifié l'état des tentations, on peut le voir dans Moïse : « Tu te souviendras de tout le chemin par lequel t'a conduit Jéhovah ton Dieu pendant ces quarante ans dans le désert, afin de t'affliger, et de te tenter, et de connaître ce qui était dans ton cœur, si tu garderais ses préceptes, ou non; et il t'a affligé, et il t'a fait avoir faim, et il t'a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas, et que ne connurent point tes pères, afin de t'apprendre que non pas de pain seulement vit l'homme, mais que de tout énoncé de la bouche de Jéhovah vit l'homme : ton vêtement ne s'est point usé sur toi, et ton pied ne s'est point gonflé pendant ces quarante ans. »— Deutér. VIII. 2, 3, 4.- Dans le Même : « Dans le désert, tu as vu que t'avait porté Jéhovah ton Dieu, comme porte un homme son fils; il allait devant vous dans le chemin, pour vous chercher un lieu où vous campiez, dans le feu, de nuit, pour vous montrer le chemin, et dans la nuée, de jour. »— Deutér. I. 31, 33. — Dans le Même : « Jéhovah qui t'a conduit par le désert grand et formidable, de serpent, de dipsade et de scorpion et de soif, où point d'eaux, qui a tiré pour toi des eaux du rocher de caillou, et t'a nourri de manne dans le désert, afin de t'affliger et de te tenter, pour te faire du bien dans ta postérité. »- Deutér. VIII. 45,16. — Dans le Même : « Jéhovah a trouvé
Jacob dans une terre de désert, dans l'inanité, la lamentation, la solitude; il l'a conduit de tout côté, il l'a instruit, il l'a gardé comme la pupille de son œil. » — Deutér. XXXII. 10; — par chacune des choses qui sont dites ici, puis par chacune de celles qui sont rapportées dans le Livre de l'Exode sur les marches des fils d'Israël dans le désert, depuis leur sortie d'Egypte jusqu’a leur entrée dans la terre de Canaan, sont décrites les tentations dans lesquelles sont les fidèles avant qu'ils deviennent spirituels, ainsi avant que soient implantés les biens de l'amour et de la charité avec leurs vrais, qui font l'Église chez l'homme. Celui qui connaît quelles sont les Tentations spirituelles, celui-là sait que l'homme, quand il est dans ces tentations, est infesté par les maux et les faux, tellement qu'il sait à peine autre chose, sinon qu'il est dans l'enfer; puis aussi, que le Seigneur chez l'homme combat contre les maux et les faux par l'intérieur; comme encore, que pendant ce temps-là il le nourrit d'aliment et de breuvage spirituels, qui sont les biens et les vrais du Ciel; que l'homme naturel les dédaigne; que l'homme naturel néanmoins est ainsi dompté et meurt pour ainsi dire avec ses convoitises, et de cette manière cet homme est soumis à l'homme spirituel; et que l'homme est ainsi réformé et régénéré, et introduit dans l'Église : ce sont là les choses qu'enveloppent toutes celles qui sont rapportées sur les fils d'Israël dans le désert. Que de telles choses soient enveloppées, c'est ce que je vais exposer en particulier d'après les passages ci-dessus cités. 1° L'homme dans les tentations est infesté par les maux et les faux, tellement qu'il sait à peine autre chose, sinon qu'il est dans l'enfer : cela est entendu par « Jéhovah t'a conduit par le désert grand et formidable, de serpent, de dipsade, de scorpion, et de soif, où point d'eaux; » par le désert grand et formidable sont signifiées de graves tentations; par le serpent, le dipsade, le scorpion, sont signifiés les maux et les faux avec leurs persuasions sortant de l'homme sensuel et naturel, les serpents sont les maux, les dipsades sont les faux, et les scorpions sont les persuasions; par la soif, là où point d'eaux, il est signifié le manque et l'empêchement du vrai. Ces choses aussi sont entendues par « Jéhovah t'a affligé et t'a tenté, afin de connaître ce qui était dans ton cœur. » 2° Le Seigneur chez l'homme combat contre les maux et les faux qui proviennent de l'enfer : cela est signifié par « Jéhovah a trouvé Jacob dans le désert, dans l'inanité, la lamentation, la solitude; il l'a gardé comme la pupille de son œil ; il l'a porté comme porte un homme son fils; il allait devant eux dans le feu, de nuit, et dans la nuée, de jour. » 3° Le Seigneur, pendant ce temps-là, nourrit l'homme d'aliment et de breuvage .spirituels, qui sont les biens et les vrais du Ciel : cela est signifié par « il les a nourris de manne; il a tiré pour eux des eaux du rocher de caillou; il les a conduits et instruits ; » par la manne est entendu le bien de l'amour céleste, et par les eaux du rocher de caillou, sont entendus les vrais de ce bien par le Seigneur. 4° L'homme naturel les dédaigne dans les tentations : cela est entendu en ce que si souvent les fils d'Israël se sont plaints de la manne, et ont désiré la nourriture d'Egypte; c'est pourquoi il est dit ici « Jéhovah t'a affligé, il t'a fait avoir faim, et il t'a nourri de la manne. » 5° Néanmoins l'homme naturel est dompté, et meurt pour ainsi dire avec ses convoitises, et il est soumis à l'homme spirituel : cela a été représenté en ce que tous ceux qui étaient sortis d'Egypte, et avaient désiré y retourner, et qui avaient refusé d'entrer dans la terre de Canaan, moururent dans le désert, et que leurs enfants furent introduits dans cette terre : que ces choses aient été représentées et signifiées par là, ce n'est que d'après le sens spirituel qu'on peut le savoir et le voir. 6° L'homme après les tentations devient spirituel, et est introduit dans l'Église, et par l'Église dans le Ciel : cela a été représenté par leur introduction dans la terre de Canaan, car la terre de Canaan signifiait l'Église et aussi le Ciel; et cela est signifié par « Jéhovah t'a affligé, et il t'a tenté, pour te faire du bien dans ta postérité; » leur vie spirituelle est décrite par « Jéhovah leur a appris que non pas de pain seulement vit l'homme, mais que de tout énoncé de la bouche de Jéhovah vit l'homme. » Que leur vêtement ne se soit point usé, et que leur pied ne se soit point gonflé, cela signifie que l'homme naturel n'a point été lésé par ces afflictions, car les vêtements signifient les vrais de l'homme naturel, et le pied l'homme naturel lui-même. Outre cela, par quarante, soit années, soit jours, est signifiée la durée entière des tentations; voir ci-dessus, N° 633. De semblables choses sont enveloppées par ces paroles, dans David : « Ils ont erré dans le désert, dans une solitude de chemin; de ville d'habitation ils n'ont point trouvé, affamés et altérés (ils étaient); quand leur âme dans le chemin défaillait, ils ont crié à Jéhovah; il les a conduits par un chemin droit pour aller vers une ville d'habitation. » — ps. CVII. 4 à 7;—ces choses ont été dites en général des rachetés, en particulier des fils d'Israël dans le désert, et par ces paroles sont décrites les tentations de ceux qui sont régénérés par le Seigneur; par « de ville d'habitation ils n'ont point trouvé, » est signifiée la doctrine de vie, qui chez l'homme fait l'Église; et comme l'Église est formée chez l'homme par la vie selon la doctrine, lorsque les tentations sont passées il est dit que Jéhovah les a conduits par un chemin droit pour aller vers une ville d'habitation; le manque de vrai jusqu'au désespoir, et néanmoins le désir du vrai, sont signifiés en ce qu'ils étaient affamés et altérés, de sorte que leur âme défaillait dans le chemin. Dans Jérémie : « Je me suis souvenu de ta jeunesse, de l'amour de tes fiançailles, quand tu allais après Moi dans le désert. Ils n'ont point dit : Où (est) Jéhovah, qui nous a fait monter de la terre d'Egypte, qui nous a conduits dans le désert, dans une terre de solitude et de fosse, dans une terre de sécheresse et d'ombre épaisse, dans une terre par laquelle il n'avait point passé d'homme (vir), et où n'avait point habité l'homme (homo)? et je vous ai conduits dans une terre de production, pour en manger le fruit et le bon. » — II. 2, 6,7; —par la jeunesse et par l'amour des fiançailles, dont Jéhovah s'est souvenu, est signifié l'état de réformation et de régénération de l'homme, lorsque de naturel il devient spirituel; comme l'homme est conjoint par là au Seigneur, et lui est pour ainsi dire fiancé? c'est là ce qui est entendu par l'amour des fiançailles; comme cela a lieu par les tentations, il est dit « quand tu allais après Moi dans le désert; » l'état des tentations est décrit par « il nous a conduits dans le désert, dans une terre de solitude et de fosse, dans une terre de sécheresse et d'ombre épaisse ; » le désert signifie cet état la terre de solitude et de fosse signifie quant aux maux et aux faux qui sortent, la terre de sécheresse et d'ombre épaisse signifie la perception du bien et l'entendement du vrai obscurcis ; l'état de l'homme après les tentations est décrit par « je vous ai conduits dans une terre de production, pour en manger le fruit et le bon, » ce qui signifie qu'ils ont été introduits dans l'Eglise, où sont les vrais de la doctrine par lesquels il y a appropriation du bien de l'amour, et de la charité, la terre signifie l'Eglise, la terre de production l'Église quant aux vrais de la doctrine, manger signifie s'approprier, le fruit le bien de l'amour, et le bon le bien de la charité et de la vie. Dans Ézéchiel : « Je vous retirerai d'entre les peuples, et je vous rassemblerai des terres, et je vous conduirai au désert des peuples, et j'y plaiderai avec vous faces à faces, comme j'ai plaidé avec vos pères dans le désert de la terre d'Egypte; alors je vous ferai passer sous la verge, et je vous ramènerai dans le lien de l'alliance. » -XX. 34 à 37; — ici aussi le désert est l'état des tentations, état qui est appelé ici désert des peuples, et aussi désert de la terre d'Egypte, parce qu'il est entendu l'état de l'homme naturel avant
la régénération, lequel, parce qu'il n'y a alors là ni les biens ni les vrais mais, les maux et les faux, est appelé désert et solitude; mais quand les maux et les faux en ont été exterminés, et qu'à leur place les biens et les vrais ont été implantés, cet homme alors de désert devient un Liban et un Jardin; plaider avec eux dans le désert faces à faces signifie leur montrer jusqu'au vif et jusqu'à la reconnaissance quels ils sont, car dans les tentations les maux et les faux de l'homme sortent et se mettent en évidence ; faces à faces, c'est jusqu'au vif et jusqu'à la reconnaissance; par « alors je vous ferai passer sous la verge, et je vous ramènerai dans le lien de l'alliance, » il est signifié qu'après que l'homme a souffert des choses dures, il se fait avec le Seigneur une conjonction, qui est la réformation ; faire passer sous la verge, c'est souffrir des choses dures, et le bien de l'alliance est la conjonction avec le Seigneur. Dans Hosée : « Je visiterai sur elle les jours des Baals, dans lesquels elle est allée après ses amants; c'est pourquoi, voici, je la conduirai dans le désert, et ensuite je parlerai sur son cœur, et je lui donnerai ses vignes de là, et la vallée d'Âchor pour ouverture d'espérance ; et elle répondra là comme aux jours de son adolescence, et comme aux jours qu'elle monta de la terre d'Egypte; et en ce jour-là tu M'appelleras; Mon Mari; et tu ne M'appelleras plus : Mon Baal. » — II. 13 à 16; — par les baals et par les amants après lesquels elle est allée, sont signifiées les choses qui appartiennent à l'homme naturel et qui sont aimées, à savoir, les cupidités et par suite les faussetés; que ces choses seront éloignées par les tentations, cela est signifié par « je la conduirai dans le désert; » par « ensuite je parlerai sur son cœur, » il est signifié qu'ensuite ils seront consolés ; par « je lui donnerai ses vignes de là, et la vallée d'Achor, » il est signifié qu'alors ils auront les vrais spirituels et naturels; par « elle répondra, ou chantera, là comme aux jours de son adolescence, ci comme aux jours qu'elle monta de la terre d’Egypte, » il est signifié qu'ensuite il y aura l'influx du bien d'après le Ciel, et par suite la joie, comme chez ceux qui étaient des Églises Anciennes, et qui de naturels étaient devenus spirituels; les jours de l'adolescence signifient les temps de l'Ancienne Église; « comme aux jours qu'elle monta de la terre d'Egypte, » signifie quand de naturels ils furent devenus spirituels; la conjonction alors avec le Seigneur par les affections du vrai, après que les cupidités ont été rejetées de l'homme naturel, est signifiée par « en ce jour-là, tu M'appelleras : Mon Mari; et tu ne M'appelleras plus : Mon Baal.» Comme le désert signifie l'état des tentations, et que quarante, soit années, soit jours, signifient la durée entière depuis le commencement jusqu'à la fin, c'est pour cela que les tentations du Seigneur, qu'il a supportées plus cruelles que tous autres, depuis la jeunesse jusqu'à la passion de la croix, sont entendues par les Tentations de quarante jours dans le désert ; il en est parlé ainsi dans les Évangélistes : « Jésus fut emmené dans le désert par l'esprit pour être tenté par le diable; et, ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, ensuite il eut faim; et vers Lui s'approcha le Tentateur. » — Matth. IV. 1, 2, 3. Luo, IV. 1, 2, 3.— « L'esprit poussant Jésus le fit sortir dans le désert; et il fut là dans le désert, quarante jours, tenté; et il était avec les bêtes. » — Marc, I. 12, 13; — par là, il est entendu, non pas que le Seigneur a seulement été tenté pendant quarante jours, et à la fin de ces jours, par le diable, mais qu'il l'a été pendant toute sa vie jusqu'au dernier moment quand dans Gethsémané il a eu une cruelle angoisse de cœur, et quand ensuite il a souffert cruellement sur la croix ; car par les Tentations admises dans l'Humain qu'il tenait d'une mère, le Seigneur a subjugué tous les enfers, et a glorifié en même temps son Humain : mais, au sujet de ces Tentations du Seigneur, voir ce qui en a été écrit dans les ARCANES CELESTES, et a été réuni en Collection dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 201 ; toutes ces Tentations du Seigneur sont signifiées par les Tentations dans le Désert pendant quarante jours et quarante nuits, puisque le désert signifie l'état des tentations, et que quarante jours et quarante nuits signifient toute leur dur&eac |