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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 714. 

Et voici, un Dragon grand, roux, signifie tous ceux qui, d'après l'amour de soi et du monde, sont purement naturels et sensuels, et néanmoins savent plus ou moins de choses d'après la Parole, d'après la doctrine qui en est tirée, et d'après la prédication et s'imaginent être sauvés par la science seule sans la vie : on le voit par la signification du Dragon, en ce que c'est l'homme purement naturel et sensuel, et cependant dans la science des choses en elles-mêmes spirituelles, soit qu'il ait cette science d'après la Parole, ou d'après la prédication, ou d'après la religion, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de grand, roux, en ce que c'est être dans l'amour de soi et dans les maux de cet amour, car le grand dans la Parole se dit du bien, et dans le sens opposé il se dit du mal, de même que beaucoup se dit des vrais, et dans le sens opposé se dit des faux ; voir ci-dessus, Nos 336, 337, 424 ; et roux se dit de l'amour dans l'un et dans l'autre sens, à savoir, de l'amour céleste qui est l'amour envers le Seigneur, et, dans le sens opposé, de l'amour diabolique qui est l'amour de soi ; sur ce sujet, voir aussi ci-dessus, No 364; d'après cela, on peut voir que par le dragon grand, roux, il est entendu tous ceux qui d'après l'amour de soi sont purement naturels et sensuels, et néanmoins savent plus ou moins de choses d'après la Parole, ou d'après la doctrine qui en est tirée, ou d'après la prédication, et s'imaginent être sauvés par la science seule sans la vie de la charité; si ces mêmes hommes s'imaginent être sauvés par la science seule sans la vie de la charité, c'est parce que tous ceux-là qui vivent pour le corps et pour le monde, et non pour Dieu ni pour le Ciel, sont purement naturels et sensuels, car chacun est formé intérieurement selon sa vie, et vivre pour le corps et pour le monde, c'est vivre naturel et sensuel, tandis que vivre pour Dieu et pour le Ciel, c'est vivre spirituel : chaque homme d'après ses parents naît sensuel, et par la vie dans le Monde il devient naturel de plus en plus intérieurement, c'est-à-dire, rationnel, selon la vie morale et civile et la lueur que par là il a acquise; mais plus tard cet homme devient spirituel par les vrais d'après la Parole, ou d'après la doctrine tirée de la Parole, et par la vie selon ces vrais; de là, on peut voir que celui qui sait les choses que la Parole, ou que la doctrine, ou_ que le prédicateur enseigne, et ne vit pas selon ces choses, quelque savant et érudit qu'il paraisse, n'est pas cependant spirituel, mais est naturel et même sensuel, car la science et la faculté de raisonner ne font pas l'homme spirituel, mais la vie elle-même le fait spirituel; s'il en est ainsi, c'est parce que la science, et par suite la faculté de raisonner, sont seulement naturelles, c'est même pour cela qu'elles peuvent être chez les méchants, et même chez les plus méchants, mais les vrais d'après la Parole, conjointement avec la vie selon ces vrais, font l'homme spirituel, car la vie est de vouloir les vrais et de les faire par amour des vrais ; cela ne peut pas avoir lieu d'après l'homme naturel seul, mais vient du spirituel et de son influx dans l'homme naturel; car aimer les vrais, et d'après l'amour les vouloir, et d'après cette volonté les faire, cela vient du Ciel, c'est-à-dire, du Seigneur, par le Ciel, et dans sa nature est céleste et Divin; cela ne peut pas influer immédiatement dans le mental naturel, mais influe médiatement par le mental spirituel, qui peut être ouvert et être formé pour la réception de la lumière et de la chaleur célestes, c'est-à-dire, pour la réception du Divin Vrai et du Divin Bien : la raison pour laquelle ces choses ne peuvent pas influer immédiatement dans le mental naturel, c'est que dans ce mental résident les maux héréditaires de l'homme, qui sont les maux de l'amour de soi et du monde; par suite l'homme naturel, considéré en lui-même, n'aime que soi et le monde, et d'après cet amour il veut ces maux, et d'après le vouloir il les fait, et c'est là ce qui s'oppose à ce que quelque chose y puisse influer du Ciel, et y être reçu ; c'est pourquoi, il a été pourvu par le Seigneur à ce que ces maux puissent être éloignés, et qu'ainsi il puisse y avoir de la place pour les vrais et les biens de l'amour spirituel, à savoir, par l'ouverture et la formation du mental spirituel, qui est au-dessus du mental naturel, et par l'influx du Ciel venant du Seigneur à travers ce mental dans le mental naturel. Ces choses ont été dites, afin qu'on sache que connaître les vrais qui appartiennent à la Parole et à la doctrine de l'Église ne fait pas l'homme spirituel, mais que la vie selon les choses que le Seigneur a commandées dans la Parole le fait spirituel; que par conséquent, quoiqu'ils sachent beaucoup de choses d'après la Parole, néanmoins ils restent naturels et sensuels. Ce sont donc ceux-là qui sont signifiés par le dragon dans la Parole; que ce soient eux qui sont signifiés par le dragon, c'est parce que le dragon est un genre de serpent, qui, non-seulement rampe sur l'humus, mais aussi vole, et par suite apparaît dans le Ciel ; c'est à cause de ce vol et de cette apparence que ceux qui sont dans la science des vérités d'après la Parole, et non dans la vie conforme à ces vérités, sont entendus par le dragon : en effet, par les serpents en général sont signifiés les sensuels de l'homme ; voir ci-dessus, N° 581 ; c'est aussi de là que le dragon, dans le Vers. 9 de ce Chapitre, et Chap. XX, Vers. 2, est appelé le serpent ancien. Comme dans la suite de ce Chapitre, et aussi plus loin, il s'agit du dragon, il sera dit qui sont ceux qui, en général et en particulier, sont signifiés par lui : En général, par lui sont signifiés ceux qui sont plus ou moins naturels, et qui sont néanmoins dans la science des choses spirituelles d'après la Parole : en particulier, sont signifiés ceux qui, par la doctrine et par la vie, se sont confirmés dans la foi séparée de la charité; ceux-ci constituent la tête du dragon ; ceux qui par leur propre intelligence se sont forgés des dogmes d'après la Parole font le corps du dragon ; et ceux qui étudient la Parole sans doctrine forment les externes du dragon; tous ceux-là aussi falsifient et adultèrent la Parole, puisqu'ils sont dans l'amour de soi et par suite dans le faste de la propre intelligence, ce qui les a rendus purement naturels et même sensuels; et l'homme sensuel ne peut voir les vrais réels de la Parole, à cause des illusions, à cause de l'obscurité de la perception, et à cause des maux du corps qui y résident, car le sensuel est adhérent au corps, d'où proviennent ces choses. I. Que par le dragon en général soient entendus ceux qui sont plus ou moins naturels, et néanmoins dans la science des choses spirituelles d'après la Parole, c'est parce que par les serpents en général sont signifiés les sensuels de l'homme, et par suite les hommes sensuels ; c'est pourquoi par le dragon, qui est un serpent volant, est signifié l'homme sensuel, qui néanmoins vole du côté du Ciel, par cela qu'il parle et pense d'après la Parole, ou d'après une doctrine tirée de la Parole, car la Parole elle-même est spirituelle, parce qu'elle est en elle-même Divine, et que par suite elle est dans le Ciel; mais comme ce n'est pas la science seule des spirituels d'après la Parole qui fait l'homme spirituel, mais que c'est la vie selon les choses qui sont dans la Parole, il en résulte que tous ceux-là qui sont dans la science d'après la Parole, et non dans la vie selon cette science, sont naturels et même sensuels. Les sensuels qui sont entendus par le dragon sont ceux qui ne voient rien d'après la lumière du Ciel, mais qui voient seulement d'après la lumière du Monde, et qui d'après cette lumière seule peuvent parler des Divins, et même raisonner avec adresse et vivacité, excités qu'ils sont par le feu de l'amour de soi et par le faste qui en provient; mais néanmoins ils ne peuvent voir si les choses qu'ils disent sont des vrais ou ne sont point des vrais, appelant vrai ce que dès l'enfance ils ont puisé chez le maître ou le prédicateur, et ensuite dans la doctrine, et que plus tard ils ont confirmé par quelques passages de la Parole non compris intérieurement : comme ceux-ci ne voient rien d'après la lumière du Ciel, ils ne voient point les vrais, mais au lieu des vrais ils voient des faux, qu'ils appellent des vrais, car les vrais eux-mêmes ne peuvent être vus que dans la lumière du Ciel, et non dans la lumière du monde, à moins que celle-ci n'ait été illustrée par celle-là : ceux qui sont tels n'aiment pas une vie autre que la vie corporelle et mondaine; et comme les voluptés et les convoitises de cette vie-ci résident dans l'homme naturel, il en résulte que leurs intérieurs sont sales, et obstrués par des maux de tout genre, qui ferment tout chemin à l'influx de la lumière et de la chaleur du Ciel; par suite ils sont intérieurement des diables et des satans, quoique par leur langage et par leurs gestes simulés ils apparaissent comme spirituels et comme chrétiens : de tels hommes ne sont que sensuels, car extérieurement ils peuvent parler des choses saintes de l'Église, mais intérieurement ils ne croient rien, et ceux qui s'imaginent croire, croient à quelque chose d'historique et par suite à un persuasif provenant du maître ou de la propre intelligence, faux en soi, auquel cependant ils ont foi, parce qu'il sert de moyen pour la réputation, l'honneur et le lucre; de tels hommes sont en général des dragons. Mais il y en a de plusieurs espèces qui sont signifiés par le dragon; car il y a ceux qui ont pour rapport sa tête, ceux qui ont pour rapport son corps, et ceux qui ont pour rapport ses externes. II. Ceux qui en particulier ont pour rapport la tête du dragon, sont ceux qui par la doctrine et par la vie se sont confirmé; dans la foi seule, qui est la foi séparée d'avec la charité; si ceux-là ont pour rapport la tête du dragon, c'est parce que la plupart d'entre eux sont des érudits et passent pour savants; car ils se sont confirmés que par penser seulement les choses que l'Église enseigne, ce qu'ils appellent croire, ils sont sauvés: mais il va être dit quelle est leur doctrine, et quelle est leur vie : Leur doctrine, c'est que Dieu le Père aurait envoyé dans le Monde son Fils, né d'éternité, pour se faire homme, afin d'accomplir toutes les choses de la loi, de porter les iniquités de tous, et de souffrir la croix, et que par le Dieu le Père serait réconcilié, et touché de compassion, et que dans le Ciel seraient reçus ceux qui sur ce sujet seraient avec confiance dans la foi, et que la confiance de cette foi conjointement avec le Seigneur intercéderait et sauverait; que par conséquent cette foi est donnée au genre humain, séparé de Dieu le Père, comme moyen de réception et de salut, parce que l'homme, après qu'Adam eut mangé de l'arbre de la science, n'était plus en état de faire le bien par lui-même, car par suite il avait perdu avec l'image de Dieu le libre arbitre; qu'enfin les choses susmentionnées sont le mérite du Seigneur, par lequel l'homme peut uniquement être sauvé : ce sont là les choses principales de la foi chez ceux qui sont dans la foi seule, quant à la doctrine : que personne ne puisse, par aucune vue spirituelle appartenant à l'entendement, rien percevoir de cela, ni par conséquent croire, mais puisse seulement de mémoire, sans l'entendement, le savoir et en parler, de telle sorte que dans cette doctrine il n'y a rien de l'intelligence, c'est ce qui sera exposé et illustré ailleurs, selon la volonté du Seigneur. Mais il va aussi être dit quels sont ces mêmes hommes quant à la vie : Ils enseignent que l'homme au moyen de la foi seule est conduit par Dieu jusqu'à l'effort de faire le bien, et que le bien même en acte ne fait rien pour le salut, mais que c'est la foi seule; et qu'alors rien de mal ne le condamne, parce qu'il est dans la grâce et justifié; ils ont aussi imaginé des degrés, qu'ils appellent progressions de la foi seule jusqu'au dernier point de la justification; le premier degré est l'information dans les choses qui appartiennent à la foi, principalement dans celles qui viennent d'être rapportées ; le second est la confirmation d'après la Parole ou d'après la prédication; le troisième est la recherche mentale si la chose est ainsi, et comme alors influe le doute, et par suite le chancellement, qui est la tentation, l'homme doit se confirmer d'après la Parole sur l'opération de la foi, de là lui vient la confiance, qui est la victoire; ils ajoutent qu'il faut bien prendre garde que l'entendement alors n'aille au-delà des confirmations d'après la Parole sur la justification par la foi seule; s'il va au-delà, et si l'entendement n'est pas tenu captif sous l'obéissance de la foi, l'homme succombe; le quatrième et dernier degré est l'effort pour faire le bien; cet effort est un influx venant de Dieu, il n'en vient rien de l'homme, et il est le fruit de la foi; ils disent que, quand l'homme a été ainsi pleinement justifié, rien de mal ensuite ne le condamne, et rien de bien ne le sauve, mais que c'est seulement la foi qui le sauve : d'après cela, on peut voir quels ils sont quant à la vie, à savoir, qu'ils vivent pour eux et non pour Dieu, et pour le Monde et non pour le Ciel, car ceci résulte de la foi que les maux ne condamnent pas et que les biens ne sauvent pas ; ils ne savent point que la foi sans la vie de la charité n'est point la foi, et que l'homme doit fuir les maux et faire les biens comme par lui-même, et néanmoins croire que c'est par le Seigneur, et qu'autrement les maux ne peuvent être dissipés, ni les biens être appropriés; mais, sur ce sujet, il en sera dit davantage ailleurs. Cette doctrine et cette vie sont chez ceux qui forment la tête du dragon, et qui pour la plus grande partie sont des prélats érudits, mais il y en a peu parmi le vulgaire; et cela, parce que l'on considère ces choses comme des profondeurs théologiques, qui ne peuvent être, comprises par le vulgaire, en raison de ses affaires : que ceux-là soient le dragon quant à la tête, c'est aussi parce qu'ils pervertissent et falsifient toutes les choses de la Parole qui enseignent l'amour, la charité et la vie, car la Parole considérée en elle-même est Seulement la doctrine de l'amour envers le Seigneur et de la charité à l'égard du prochain, et n'est nulle part la doctrine de la foi séparée; ils les falsifient par cela qu'ils les appellent, ou la foi, ou le fruit de la foi, fruit qu'ils ne mangent pas, parce qu'ils ne peuvent rien à l'égard de faire; ils ne se nourrissent donc pas de ce fruit : en outre, ils n'admettent pas non plus ces principes plus avant que dans la mémoire et par suite dans la pensée qui en est le plus près, pensée qui est sensuelle, dans laquelle il n'y a rien de spirituel; cette pensée n'examine point si la chose est un vrai; c'est pourquoi, ils prennent garde qu'il n'entre rien dans la vue intérieure, qui est l'entendement, ne voulant point savoir que toutes ces choses, qui ont été dites de leur foi, sont contre l'entendement illustré, comme elles sont contre le sens réel de la Parole. De là vient aussi que ceux qui constituent la tête du dragon n'ont aucun vrai réel, car d'un faux principe, qui est la foi seule, il ne peut découler que des faux en série continue; la foi seule ne peut pas être donnée, car la foi sans la charité n'est pas la foi, puisque l'âme de la foi est la charité; c'est pourquoi, dire la foi seule, c'est dire une chose qui est sans âme, ainsi sans vie, ce qui en soi est mort. III. Que ceux qui par leur propre intelligence se sont forgés des dogmes d'après la Parole constituent le corps du dragon, on peut le voir en ce que tous ceux d'entre eux qui étudient la Parole, et qui sont dans l'amour de soi, sont aussi dans le faste de la propre intelligence, et tous ceux qui sont dans ce faste, et qui en même temps ont de la capacité d'après la lueur naturelle, se forgent de là des dogmes; de cette origine viennent toutes les hérésies et toutes les faussetés dans le Monde Chrétien : il faut dire ce que c'est que l'intelligence d'après le propre, et ce que c'est que l'intelligence d'après le non-propre; l'intelligence d'après le propre vient de l'homme, mais l'intelligence d'après le non-propre vient du Seigneur; l'intelligence d’après le propre est chez tous ceux qui sont dans l'amour de soi, car l'amour de soi est le propre même de l'homme, et dans l'amour de soi sont ceux qui lisent la Parole et en recueillent des dogmes pour la réputation, la gloire et les honneurs; et comme ceux-là ne peuvent voir aucun vrai, mais voient seulement des faux, c'est pour cela qu'ils sont dans le corps du dragon; en effet, ils recueillent et tirent de la Parole des choses qui sont favorables à leurs amours et aux maux qui en jaillissent, et les choses qui sont contraires à leurs dogmes, et qui sont des vrais d'après le bien, ou ils ne les voient point, ou ils les pervertissent : mais l'intelligence d'après le Seigneur est chez tous ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai, c'est-à-dire, qui aiment le vrai parce qu'il est le vrai, et parce qu'il sert à la vie éternelle et à la vie des âmes des hommes; il est dit que leur intelligence vient, non pas du propre, mais du Seigneur, parce qu'ils sont élevés hors de leur propre quand ils lisent la Parole, et cela jusque dans la lumière du Ciel, et sont illustrés; dans cette lumière le vrai apparaît d'après le vrai lui-même, parce que la lumière du Ciel est le Divin Vrai: mais « ceux qui sont dans l'amour de soi, et par suite dans le faste de la propre intelligence, ne peuvent pas être élevés hors de leur propre, car ils se regardent continuellement, ainsi dans chacune des choses qu'ils font : de là vient même que ceux-ci placent dans la foi de leurs dogmes le tout du salut, ainsi sans savoir et penser, et non en même temps dans la vie, ainsi, non en même temps dans vouloir et faire; ceux-là donc constituent le corps du dragon. Le cœur de ce corps est l'amour de soi, et l'âme de sa respiration ou son esprit est le faste de la propre intelligence; d'après ces deux choses, le dragon a été appelé grand, roux; et roux dans le texte original grec se dit de l'enflammé, par conséquent de l'amour et du faste. IV. Ceux qui étudient la Parole sans doctrine, et sont en même temps dans l'amour de soi, constituent les externes du corps du dragon : les externes sont les choses qui procèdent des intérieurs; et qui les enveloppent, les ferment et les contiennent, comme sont les peaux, les écailles, qui font saillie de tout côté; si ces hommes font les externes du corps du dragon, c'est parce qu'ils sont sans intelligence des spirituels de la Parole, car ils savent la Parole quant au sens de sa lettre, et ce sens est tel, que si la doctrine ne l'éclaire pas, il conduit dans des erreurs et des faux de tout genre, et qu'ainsi ceux qui étudient la Parole sans la doctrine peuvent confirmer des hérésies, autant qu'ils veulent, et aussi les embrasser, et en outre prendre la défense des amours de soi et du monde, et des maux qui en découlent; car le sens de la lettre de la Parole est le dernier sens du Divin Vrai, ainsi il est pour l'homme naturel et sensuel, il est à sa portée, et souvent en sa faveur; c'est pourquoi, s'il n'est pas lu et n'est pas considéré d'après la doctrine, comme d'après un flambeau, il entraîne les mentals dans des ténèbres sur beaucoup de choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église : et néanmoins eux se croient plus sages que tous les autres, lorsque cependant ils n'ont aucune sagesse. V. Que tous ceux qui constituent le dragon adorent Dieu le Père, et voient le Seigneur comme un homme semblable à eux, et non comme un Dieu; et que s'ils le voient comme un Dieu, ils considèrent son Divin au-dessus de son. Humain, et non au dedans, cela sera illustré dans les Articles suivants, où il s'agit du combat du dragon contre, Michaël. VI. Maintenant, d'après ces explications, on peut voir que par la queue du dragon il est entendu la falsification et l'adultération de la Parole par ceux qui constituent sa tête, son corps et ses parties extrêmes, car la queue, comme sont les queues de chaque animal, est la continuation de l'épine, qui se prolonge à partir des cerveaux, et ainsi se meut, se tourne et s'agite selon les désirs, les convoitises et les voluptés de la tête et du corps, et pour ainsi dire les flatte : et comme tous ceux qui constituent le dragon falsifient et adultèrent la Parole, parce que d'après l'amour de soi ils sont naturels et sensuels, et par suite dans le faste de la propre intelligence, c'est pour cela qu'il est dit que le dragon entraîna avec sa queue la troisième partie des étoiles du Ciel, et les jeta en la terre : par les étoiles du Ciel, il est signifié les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, par conséquent les vrais d'après le bien, et par les jeter en la terre, il est signifié les pervertir et les adultérer, et ainsi les détruire. Que ceux dont il vient d'être parlé constituent le dragon, et que l'adultération et la destruction des vérités de la Parole soient entendues par la queue du dragon, il m'a été donné deux ou trois fois de le voir dans le Monde spirituel; car dans ce Monde toutes les choses qui apparaissent sont des représentatifs des spirituels: quand de telles personnes sont vues dans la lumière du Ciel, elles sont vues comme un dragon avec une longue queue; et quand elles sont en grand nombre, la queue est vue s'étendant du midi par l'occident vers le septentrion; et cette queue a aussi été vue entraîner du Ciel comme des étoiles, et les jeter en la terre. Puisque ceux dont il vient d'être parlé sont entendus par le dragon, et que la falsification et l'adultération de la Parole sont signifiées par la queue du dragon, il s'ensuit que par habitacle et gîte de dragons, dans la Parole, il est signifié où il y a purement le faux et le mal, comme dans les passages suivants; dans Ésaïe ; « Et sera le lieu aride en étang, et le desséché en sources d'eaux; dans l'habitacle de dragons (sera) sa couche; le gazon au lieu de roseau et de jonc. » —XXXV. 7;—ces choses ont été dites de l'avènement du Seigneur et de l'instauration de la nouvelle Église chez les nations par Lui; et par ces paroles, il est entendu que les vrais et les biens de l'Église seront où ils n'étaient pas auparavant, et même où il y avait des faux et des maux ; où il y avait des faux et des maux auparavant est signifié par le lieu aride et le desséché, et par habitacle de dragons, puis aussi par roseau et jonc ; mais les vrais et les biens que les nations auront sont signifiés par l'étang, par les sources d'eaux, par la couche là où auparavant étaient les dragons, et par le gazon. Dans Jérémie : « Je réduirai Jérusalem en monceaux, habitacle de dragons, et les villes de Jehudah je réduirai en dévastation, tellement qu'il n'y ait point d'habitant.» -IX. 11 : — et dans le Même : « Voix de bruit, voici, qui vient; tumulte grand de la terre du septentrion, pour réduire les villes de Jehudah en dévastation, habitacle de dragons. » — X. 22; — par Jérusalem, il est entendu l'Église quant à la doctrine, et par les villes de Jehudah les doctrinaux, qui sont les vrais d'après la Parole la falsification du vrai et l'adultération du bien, d'où proviennent de purs faux et de purs maux, sont signifiées par réduire Jérusalem en monceaux et par réduire les villes de Jehudah en dévastation, habitacle de dragons, car le vrai falsifié est un pur faux, et le bien adultéré est un pur mal; « voix de bruit et tumulte grand de la terre du septentrion, » signifie des faux combattant contre les vrais, et des maux contre les biens; la terre du septentrion, c'est où il y a ceux qui sont dans les faux du mal. Dans le Même : « Chassor deviendra en habitacle de dragons, désolation jusqu'au siècle; là n'habitera point d'homme, et en elle ne demeurera point de fils de l'homme. » — XLIX. 33 ; — par Chassor sont signifiés les trésors spirituels, qui sont les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole; leur dévastation jusqu'à ce qu'il n'y en ait point mais qu'à leur place il y ait des faux et des maux est signifiée en ce que Chassor sera en habitacle de dragons, déso­lation jusqu'au siècle; qu'il n'y aura de reste aucun vrai de l'Eglise, cela est signifié en ce que là n'habitera point d'homme, et qu'en elle ne demeurera point de fils de l'homme ; le fils de l'homme est le vrai de l'Église. Dans Ésaïe : « Dans ses palais monteront les épines, le chardon et la ronce dans ses forteresses, afin qu'elle soit un habitacle de dragons, un parvis pour les filles de la chouette. » — XXXIV. 13; — ceci a été dit d'Edom, et des nations par lesquelles sont entendus ceux qui sont dans les faux et dans les maux ; les faux et les maux, dans lesquels ils sont, sont signifiés par les épines, le chardon et la ronce; les dogmes qui les protègent sont signifiés par les palais et par les forteresses; la dévastation de tout bien et de tout vrai est signifiée par le domicile des dragons, et par le parvis des filles de la chouette, les chouettes sont ceux qui au lieu des vrais voient les faux, et leurs filles sont les convoitises de falsifier les vrais. Dans le Même : « Des iim répondront dans ses palais, et des dragons dans ses temples. » - XIII. 22; — ceci a été dit de Babel, par laquelle il est signifié l'adultération et la profanation du bien et du vrai ; par ses palais, dans lesquels sont des iim, et par les temples dans lesquels sont des dragons, il est signifié les biens et les vrais de la Parole et de l'Eglise, qui ont été adultérés et profanés : par les iim les vrais adultérés et profanés, et par les dragons les biens adultérés et profanés. Dans Michée : « Sur cela je me plaindrai et je gémirai; j'irai dépouillé et nu, je ferai un gémissement comme les dragons, et un deuil comme les filles de la chouette. » — I. 8; — ces choses sont dites de la vastation de Samarie, par laquelle est signifiée l'Église spirituelle quant à la doctrine, ici cette Eglise dévastée; la dévastation quant au vrai et au bien est signifiée par aller dépouillé et nu; la lamentation sur cela est signifiée par se plaindre et gémir, la lamentation sur le bien dévasté par faire un gémissement comme les dragons, et sur le vrai dévasté par faire un deuil comme les filles de la chouette; il est dit les dragons et les filles de la chouette d'une manière représentative en ce qu'il était semblable à eux quant au gémissement et au deuil, comme aussi en ce qu'il allait dépouillé et nu, dépouillé signifie qu'il était sans les biens, la même chose que le dragon, et nu signifie qu'il était sans les vrais, la même chose que la fille de la chouette. Dans Jérémie : « Nébuchadnessar, roi de Babel, m'a rendue vase vide, il m'a engloutie comme une baleine, il a rempli son ventre de mes délices, il m'a chassée : que Babel soit en monceaux, habitacle de dragons, en sifflement et en stupeur, et point d'habitant. » — LI. 34, 37; — ici aussi, par Babel et par Nébuchadnessar, il est signifié l'adultération et la profanation du bien et du vrai; la dispersion.de tout vrai et la destruction de tout bien du vrai sont signifiées par « il m'a rendue vase vide, il m'a engloutie comme une baleine, il a rempli son ventre de mes délices, il m'a 'chassée,» par la baleine, il est signifié la même chose que par le dragon, c'est aussi le même mot pour l'une et pour l'autre dans la Langue originale; la dévastation de tout vrai et de tout bien, d'après leur adultération et leur profanation, est signifiée par « que Babel soit en monceaux, habitacle, de dragons, en sifflement et en stupeur, et point d'habitant ; » point d'habitant signifie point de bien chez qui que ce soit. Dans Job : « Sombre j'ai marché sans soleil, je me suis tenu dans l'assemblée, j'ai crié, frère des dragons je suis devenu, et compagnon des filles de la chouette. » — XXX. 28, 29. — Ceci concerne son état dans les tentations, dans lesquelles l'homme croit qu'il est damné, c'est pourquoi « sombre j'ai marché sans le soleil, » signifie comme diable sans le bien de l'amour ; se tenir dans l'assemblée et crier signifie parmi les vrais et néanmoins dans les faux ; devenir frère des dragons, et compagnon des filles de la chouette, signifie être en conjonction et un avec ceux qui sont dans les maux sans le bien, et qui sont dans les faux sans les vrais; les dragons sont ceux qui ont adultéré les biens et les ont pervertis en maux, et les filles de la chouette ceux qui ont fait de même, pour les vrais. Dans David : « En arrière ne s'est pas retiré notre cœur, et notre marche ne s'est pas détournée de ton chemin ; car tu nous as foulés dans un lieu de dragons, et tu nous as couverts d'une ombre de mort, » — ps. XLIV. 19, 20; —ces choses aussi concernent les tentations; par Dieu l'a foulé dans un lieu de dragons, et l'a couvert d'une ombre de mort, il est signifié qu'alors séparé de l'influx du Ciel, comme homme sensuel, il n'a pas perçu ce que c'est que le bien ni ce que c'est que le vrai ; le lieu de dragons, c'est où sont dans l'enfer ceux qui sont des dragons, à savoir, ceux qui ont détruit tout bien chez eux; le faux, dans lequel ils sont, est appelé ombre de mort. Dans le Même : « Sur le lion et l'aspic tu marcheras, tu fouleras le lion et le dragon; parce qu'il me désire, je le délivrerai ; je l'exalterai, parce qu'il connaît mon Nom. » — ps. XCI. 13, 14; — détruire les faux intérieurs et extérieurs qui dévastent les vrais de l'Église est signifié par marcher sur le lion et l'aspic, et détruire les faux, intérieurs et extérieurs qui dévastent les biens de l'Église est signifié par fouler le lion et le dragon; détourner des faux, et conduire aux vrais et aux biens intérieurs celui qui est dans la doctrine d'après la Parole, est signifié par le délivrer, l'exalter, lui qui connaît mon Nom; délivrer, c'est détourner des faux; exalter, c'est conduire aux vrais intérieurs, et connaître mon Nom, c'est être dans la doctrine d'après la Parole. Dans Malachie : « Ésaü j'ai eu en haine et j'ai mis ses montagnes en dévastation, et son héritage pour les dragons du désert. » — I. 3 ; — par Ésaü sont entendus ceux qui sont dans le bien quant à l'homme naturel, ici ceux qui sont dans le mal quant à cet homme, c'est pour cela qu'il est dit Ésaü j'ai eu en haine; » par « j'ai mis ses montagnes en dévastation, » il est signifié que les biens de l'amour de l'homme naturel seront détruits; par « j'ai mis son héritage pour les dragons du désert, » il est signifié que les vrais de ce bien seront détruits par les faux de l'homme sensuel. Dans Ézéchiel : « Voici, Moi contre toi, Pharaon, roi d'Egypte, grand dragon (ou baleine), qui couche au milieu de ses fleuves, qui dit : A moi, mon fleuve, et moi je me suis fait. » - XXIX. 3, 4. XXXII. 2; — ici est décrit le faste de la propre intelligence, qui est chez l'homme naturel et sensuel; Pharaon, roi d'Egypte, signifie l'homme naturel et sensuel; le dragon ou la baleine signifie le même homme quant aux scientifiques qui sont des faux ou des choses falsifiées d'après le faste de la propre intelligence; mais ceci a été expliqué ci-dessus; voir N° 513. Dans Moïse : « Du cep de Sodome leur cep, et des champs de Gomorrhe; leurs raisins, raisins de fiel, grappes d'amertumes chez eux; venin de dragons leur vin, et fiel d'aspics cruel. » — Deutér. XXXII. 32, 33; — voir ci-dessus, N° 519, où ces paroles ont été expliquées; là aussi il est dit que leur vin, qui est appelé venin de dragons et fiel cruel d'aspics, signifie que le vrai de l'Église, chez les descendants de Jacob, était externe et renfermait intérieurement des maux et des faux infernaux; les dragons et les aspics signifient les sensuels, qui sont les derniers de l'homme naturel pleins de maux abominables et de faux qui confirment ces maux ; et cela, parce que le naturel ne reçoit rien du Seigneur par le mental spirituel, c'est pourquoi ce qu'il reçoit vient de l'enfer. Que par le dragon soient signifiées ces choses qui ont été rapportées ci-dessus, on peut le voir plus pleinement par ce qui suit dans ce Chapitre, à savoir, par son inimitié contre la femme qui avait enfanté et qui s'enfuit dans le désert, puis par son combat contre Michaël, et en outre dans les Chap. XVI. 13,14,15. Chap. XX. 2, 7, 8,10,14, où il est dit de lui, qu’il fut lié mille ans, et qu'après avoir été délié il sortit afin de séduire les nations, et de rassembler Gog et Magog pour la guerre contre les saints, et qu'ensuite il fut jeté dans l'étang de feu et de Soufre; d'après toutes ces choses, on peut voir que par le dragon sont entendus ceux qui ne possèdent aucun bien de la charité et de l'amour, par la raison qu'ils n'ont pas reconnu ce bien comme un moyen servant au salut, mais l'ont considéré comme un scientifique que d'après la persuasion ils appellent foi ; et quand le bien de la charité et de l'amour n'a pas été implanté d'après la vie de l'homme, à sa place il y a le mal, et où est le mal, là est le faux. Comme par les serpents sont signifiés les sensuels qui sont les derniers de l'homme naturel, et que ces sensuels ne sont mauvais que chez ceux qui sont méchants, et comme les dragons sont nommés dans la Langue Hébraïque par le même mot que des serpents non venimeux, de là vient que par les dragons, quand par eux sont entendus de tels serpents, il est signifié dans la Parole des sensuels non mauvais, ou par application aux personnes, des hommes sensuels non méchants : que les dragons dans la Langue Hébraïque soient nommés par le même mot que de tels serpents, on peut le voir dans Moïse : « Quand du buisson il lui fut commandé de jeter à terre son bâton, et que le bâton eut été changé en serpent, Moïse en prit la queue, et le serpent redevint bâton. » — Exod. IV. 3, 4. — Et plus tard : « Quand Moïse prit le bâton, et le jeta devant Pharaon, il devint un serpent (un dragon) ; et les mages firent de même avec leurs bâtons, mais le bâton de Moïse, alors serpent (dra­gon), engloutit les bâtons, serpents (dragons) des mages. » — Exod. VII. 9,10,11,42; - dans le premier passage, le serpent est nommé, dans la Langue, originale, par un autre mot que dans le second passage; dans le premier passage, le serpent est nommé par le mot ordinaire qui ailleurs dans la Parole désigne le serpent, mais dans le second passage, il est nommé par le même mot que le dragon, tellement qu'il est permis d'interpréter que le bâton de Moïse jeté devant Pharaon fut changé en dragon : il suit de là que par le dragon, de même que par le serpent, dans le sens bon, il est signifié le sensuel, qui est le dernier de l'homme naturel, non mauvais ou non malicieux. Dans ce sens plus doux sont aussi nommés les dragons dans Ésaïe : « Il M'honorera, l'animal du champ, dragons et filles de la chouette, de ce que j'aurai donné, dans le désert, des eaux, des torrents, dans la solitude, pour abreuver mon peuple, mon élu. » — XLIII. 20. — Dans Jérémie : « La biche dans le champ a mis bas, mais en abandonnant, parce qu'il n'y avait pas d'herbe; et les onagres se sont tenus sur les collines, ils ont humé le vent comme les dragons, leurs yeux se sont consumés, parce que point d'herbe. » — XIV. 5, 6; — dans ces passages, les dragons sont nommés par le même mot que les serpents en général, et sont aussi nommés par le même mot que les baleines dans la mer, par lesquelles il est aussi signifié la même chose, à savoir, le naturel de l'homme en général, qui est le sensuel; c'est pourquoi, dans le second passage, on peut aussi interpréter « ils ont humé le vent comme les baleines; » pareillement, dans Esaïe, LI. 9; dans Jérémie, LI. 34; dans Ézéchiel, XXIX. 3, 4; et dans David, ps. LXXIV. 33, 34. Il y a aussi des hommes purement sensuels qui sont bons.

 

 

 



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