| Apocalypse Expliquée 675. Et la dixième partie de la ville tomba, signifie qu'il n'existait plus aucun vrai de la doctrine chez ceux qui restèrent : on le voit par la signification de dix, en ce que c'est tous et toutes choses, et aussi beaucoup de personnes et beaucoup de choses, et en ce que la dixième partie est tout et beaucoup, ainsi qu'il va être montré ; par la signification de la ville, en ce qu'elle est la doctrine, et aussi le vrai de la doctrine, car la doctrine, pour être la doctrine de l'Église, se compose de vrais d'après la Parole; — ci-dessus, N° 223, il a été montré que la ville signifie la doctrine; — et par la signification de tomber, en ce que c'est être dispersé, par conséquent ne point exister, car être dispersé et ne point exister se dit des vrais de la doctrine, quand tomber se dit de la ville; eu effet, à chaque chose il échoit un mot analogue et sien selon la correspondance du sujet dans le sens naturel et du sujet dans le sens spirituel; or, le sujet dans le sens naturel est la ville et le sujet dans le sens spirituel est le vrai de la doctrine : qu'il n'existât aucun vrai chez ceux qui restèrent, c'est la conséquence de ce qui a été dit dans l'Article précédent, à savoir, que quand les bons eurent été retirés de la société, où bons et méchants étaient ensemble, et eurent été enlevés au Ciel, alors il ne resta plus chez les méchants aucun vrai de la doctrine, parce qu'avec les bons avait été enlevée la communication, d'après laquelle ils avaient pu, quant à l'externe, être comme dans les vrais, et par suite parler des vrais d'après la doctrine; car dans le Monde spirituel il y a communication des affections et des pensées provenant des affections, et d'après cette communication l'un est tenu par l'autre, ainsi dans une même société tous sont tenus mutuellement dans une affection semblable, par conséquent dans un bien semblable, ainsi les méchants aussi par les bons, mais seulement ces méchants qui, dans la forme externe, avaient pu présenter une apparence de sainteté, de piété, d'intelligence, de zèle pour l'Eglise et pour sa doctrine, et aussi dans la vie une apparence comme s'ils étaient justes et sincères de cœur, quoiqu'intérieurement ils ne possédassent en eux-mêmes rien de tel; ceux-ci sont les méchants chez qui il n'existait plus aucun vrai de la doctrine, après qu'eurent-été enlevés les bons qui sont entendus par les deux témoins, lesquels, d'après un ordre, montèrent au Ciel. Il faut qu'on sache que, dans le Monde spirituel, un grand nombre de sociétés avaient été formées par de telles personnes, et que ces sociétés prises ensemble sont entendues par le précédent Ciel qui avait passé, — Apoc. XXI. 1 ; — sur ces sociétés, ou sur ce Ciel, il a été rapporté plusieurs détails dans l'Opuscule du jugement dernier : dans ces sociétés, il y avait des méchants tels que ceux qui ont été décrits, et en même temps avec eux des bons; et tant que dans une société ils furent conjoints, les méchants apparurent comme bons quant aux externes, mais quand ils eurent été séparés, Je bien externe, qui était seulement un bien simulé et hypocrite, fut dissipé chez eux, et leurs intérieurs, qui étaient infernaux, regorgeant de maux et de faux, furent mis à découvert. Une telle séparation, et par suite un tel état, ont eu lieu dans le Monde spirituel un peu avant le Jugement Dernier : c'est donc cet état qui est décrit ici, ^ car ici il s'agit maintenant du dernier temps de l'Église, quand le Jugement Universel était imminent. Que Dix signifie tous et toutes choses, et aussi beaucoup de personnes et beaucoup de choses, on peut le voir par des passages, dans la Parole, où se rencontre ce nombre, comme dans Moïse : « Jéhovah vous déclara son alliance, qu'il vous commanda pour que vous la fassiez, les dix paroles qu'il écrivit sur deux tables de pierres. » — Deut. IV. 13 ; — et ailleurs : « Jéhovah écrivit sur les tables, selon l'écriture première, les dix paroles, qu'il vous avait prononcées sur la montagne, du milieu du feu. » — Deutér. X. 4 ; — s'il y a eu dix paroles, ou dix préceptes, dont est composé le Décalogue, c'était parce que par dix sont signifiées toutes choses, et que, par suite par les dix paroles est entendue la Loi dans tout le complexe. Comme Dix signifie tous, c'est pour cela que le Seigneur « a comparé le Royaume des deux à dix vierges qui avaient des lampes pour sortir à la rencontre du fiancé, et dont cinq étaient prudentes, et cinq insensées. » — Matth. XXV. 1,2, et suiv. ; — par les dix vierges, auxquelles est comparé le Royaume des Cieux, sont signifiés tous ceux qui sont de l'Église, car dix signifie tous, et les vierges signifient l'Église; mais par cinq il est signifié quelques-uns ou quelque partie, dont les uns étaient prudents et les autres insensés; semblable chose est signifiée par le nombre cinq dans la Parole; par les lampes sont signifiées les connaissances du vrai et du bien, ici d'après la Parole, et aussi les vrais de la doctrine et de la foi; par l'huile est signifié le bien de l'amour et de la charité, par le fiancé est entendu le Seigneur, et par les noces sont entendus le Ciel et l'Église, qui sont dits noces à cause du mariage du bien et du vrai; et comme où n'est 'point ce mariage, là non plus il n'y a ni le Ciel ni l'Église, c'est pour cela que sont appelés insensés ceux qui savent les vrais de la foi et n'ont point le bien da l'amour, et prudents ceux qui l'ont; car, ainsi qu'il a été dit, les lampes dans ce passage sont les vrais de la foi, et l'huile est le bien de l'amour : si les vierges signifient l'Église, c'est parce que dans la Parole la vierge et la fille signifient l'affection du bien et du vrai, et que d'après cette affection l’Église est Église; de là vient que, dans un très-grand nombre de passages, il est dit vierge et fille de Sion, vierge ou fille de Jérusalem, vierge ou fille d'Israël et de Jehudah, et que partout par elles est entendue l'Église. Comme dix signifie tous et aussi beaucoup de personnes, c'est pour cela que le Seigneur « dit de l'homme noble, qui s'en alla dans une contrée éloignée: II appela ses dix serviteurs, et leur donna dix mines pour trafiquer; et après qu'ils eurent trafiqué, le premier dit : Ta mine a produit dix mines ; il lui dit : Sois avec pouvoir sur dix villes; et le second dit : Ta mine a fait cinq mines; il lui dit : Toi, sois sur cinq villes; et à l'égard du troisième qui avait mis la mine dans un linge, et n'avait pas trafiqué, il dit : Otez-lui la mine, et donnez-la à celui qui a dix mines. » — Luc, XIX. 12 à l4, 16 à 20, 24 ; — si tes nombres dix et cinq sont aussi employés ici, c'est parce que dix signifie tous et toutes choses, et cinq quelques-uns et quelque chose; par les dix serviteurs que l'homme noble, qui partait pour une contrée éloignée, appela vers lui, sont entendus tous ceux qui sont dans le Monde, spécialement ceux qui sont de l'Église, car par l'homme noble est entendu le Seigneur, et par le départ pour une contrée éloignée, il est entendu sa sortie du Monde, et alors une quasi-absence,- par les dix raines, qu'il donna aux dix serviteurs pour trafiquer, sont signifiées toutes les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, avec la faculté de les percevoir, car la mine, qui était d'argent et une monnaie, signifie les connaissances du vrai et la faculté de percevoir, et trafiquer signifie s'acquérir par ces connaissances l'intelligence et la sagesse ; ceux qui s'en acquièrent beaucoup sont entendus par le serviteur qui, avec la mine, a gagné dix minés; et ceux qui s'en acquièrent quelque peu sont entendus par celui qui, avec la mine, gagna cinq mines; là, par les villes qui leur furent données sont signifiés les vrais de la doctrine, et par les posséder il est signifié l'intelligence et la sagesse, et par suite la vie et la félicité, d'où l'on voit clairement ce qui est signifié par les dix villes et par les cinq villes : comme ceux qui ne s'acquièrent rien de l'intelligence ressemblent aux vierges insensées, dont il vient d'être parlé, qui possèdent les vrais seulement par la mémoire et non par la vie, ceux-là en sont privés après leur sortie de ce Monde; mais ceux qui possèdent les vrais, tant par la mémoire que par la vie, ceux-là s'enrichissent d'intelligence pour l'éternité; c'est pour cela qu'il est dit d'ôter la mine à celui qui avec elle n'a rien gagné, et de la donner à celui qui a dix mines. Il en est de même de ceux « auxquels il fut donné des talents, à l'un cinq, à un autre deux, et à un troisième un, dont le premier avec les cinq talents en gagna cinq au très, le second avec les deux en gagna deux autres, et te troisième cacha le sien en terre ; le Seigneur dit de celui-ci : Otez-lui le talent et donnez-le à celui qui à les dix talents; car à chacun qui a il sera donné pour qu'il ait abondamment, et à celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera ôté. » —Matth. XXV. 14. 30; — ici, par cinq et par dix, il est aussi signifié quelque chose et beaucoup, qu'ainsi le premier, par quelques connaissances du vrai et du bien, s'est acquis beaucoup de sagesse; si à celui qui ne s'était acquis aucune chose d'intelligence ce qu'il avait a été ôté et a été donné à celui qui avait beaucoup, c'est parce que l'homme après la mort, lorsqu'il devient esprit, porte avec lui toutes et chacune des choses qu'il avait puisées dans la Parole et dans la doctrine de l'Église ; mais ceux qui par ces connaissances ne se sont acquis aucune chose d'intelligence sont intérieurement méchants, et en conséquence pour dominer, et pour faire du mal aux bons simples qui sont dans le dernier Ciel, ils abusent des vrais et des biens du Ciel et de l'Église qu'ils ont possédés jusqu'à la mémoire seulement; c'est pour cette raison que ces vrais et ces biens leur sont ôtés et sont donnés à ceux qui en ont beaucoup, parce que ceux-ci n'en abusent pas, mais en font usage. Que ceux qui, dans le Monde, par les connaissances du vrai et du bien d'après la Parole, ne se sont pas acquis une intelligence spirituelle, soient méchants, cela est évident en ce que tous les hommes naissent dans les maux de tout genre, et que ces maux ne sont éloignés que par les Divins Vrais d'après la Parole, à savoir, par une application de ces vrais aux usages, et ainsi par une réception dans la vie; c'est pourquoi, à celui qui a gagné par le trafic, il est dit : « Serviteur bon et fidèle, sur peu tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai; entre dans la joie de ton Seigneur. » — Vers. 21, 23; — et à celui qui n'avait rien gagné : « Jetez le serviteur inutile dans les ténèbres de dehors; là seront les pleurs et le grincement de dents. » — Vers. 30. — Puisque dix signifie tout et beaucoup, c'est pour cela que ce nombre est aussi employé ailleurs par le Seigneur, quand il faut entendre tout et beaucoup ; par exemple, au sujet de « la femme qui a dix drachmes; si vile en perd une, est-ce qu'elle n'allume pas une lampe, et ne balaie pas la maison, et ne cherche pas avec soin jusqu'à ce qu'elle l'ait trouvée ? » — Luc, XV. 8; — ici, par dix, il est signifié beaucoup; s'il est dit une femme, et que cette femme a allumé une lampe et balayé la maison, c'est à cause da sens spirituel dans chaque chose de la Parole ; dans ce sens, par la femme il est signifié l'Église quant à l'affection du vrai, par conséquent aussi l'affection du vrai qui appartient à l'Église ; par la drachme, le vrai; par perdre une drachme, l'un des vrais ou l'une des connaissances du vrai ; par allumer une lampe, la recherche en soi d'après l'affection; et par balayer la maison, parcourir tout le mental, et y visiter chaque endroit où elle aurait pu se cacher; tel est le sens spirituel de ces paroles. Par cent, il est aussi signifié la même chose que par dix, à savoir, beaucoup; c'est pour cela qu'une parabole semblable est dite « de cent brebis, si l'une était perdue. » — Matth. XVIII. 12, 13. Luc, XV. 3 à 8. — Par dix, il est aussi signifié tout et beaucoup dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Des maisons en grand nombre seront en dévastation, des grandes et des belles, au point qu'il n'y ait pas d'habitant; car dix arpents de vigne feront un seul bath. » — V. 9, 10; —ceci est dit de la désolation du vrai chez ceux qui sont de l'Église; par les maisons en grand nombre, qui seront en dévastation, sont signifiés des hommes de l'Église, spécialement quant aux vrais d'après le bien ; par des grandes et des belles, à savoir, des maisons, il est signifié l'affection du bien et l'intelligence du vrai, car grand se dit du bien et de l'affection du bien, et beau se dit du vrai et de l'intelligence du vrai; par les dix arpents de vigne, qui feront un seul bath, il est signifié que dans toutes les choses de l'Église chez l'homme il y a à peine quelque vrai d'après le bien; en effet, le bath signifie la même chose que le vin, à savoir, le vrai d'après le bien, c'est pour cela que les dix arpents de vigne signifient toutes les choses de l'Église chez l'homme. Dans Moïse : « Si vous marchez à l'égard de moi en adversaires, je vous romprai le bâton du pain, en sorte que dix femmes cuisent votre pain dam un seul four, et qu'elles rapportent votre pain au poids. » — Lévit. XXVI. 23, 26; — par briser le bâton du pain, il est signifié priver d'aliment spirituel, et par conséquent de nutrition spirituelle, car par le pain est entendu tout ce qui nourrit l'âme, spécialement le bien de l'amour; c'est pourquoi, par « dix femmes cuiront du pain dans un seul four, » il est signifié que dans toutes les choses de l'Église chez l'homme il y a si peu de bien et de vrai que c'est à peine quelque chose; par les dix femmes, il est signifié toutes les choses de l'Église; par le pain, le bien et le vrai qui nourrissent l'âme ; et par le four, l'endroit où est préparée la nourriture spirituelle, ainsi l'homme chez qui elle est préparée; par rapporter le pain au poids, il est signifié le manque et la pénurie de ces choses qui nourrissent spirituellement. Dans Zacharie : « Il viendra plusieurs peuples et des nations nombreuses pour .chercher Jéhovah Sébaoth dans Jérusalem, et pour supplier les faces de Jéhovah : en ces jours-là, dix hommes de toutes langues des nations saisiront le pan de la robe d'un homme Juif, en disant ; Nous irons avec vous, parce que nous avons entendu que Dieu (est) avec vous. » — VIII. 22, 23 ; — ceci a été dit de la convocation des nations par le Seigneur et de leur approche vers l'Église, et les dix hommes de toutes langues signifient tous ceux, de quelque religion que ce soit, qui viennent, à savoir, pour chercher Jéhovah Sébaoth dans Jérusalem, c'est-à-dire, qui veulent arriver à l'Église et confesser le Seigneur; les dix hommes sont donc tous ceux-là, et les langues des nations sont les religiosités ; mais ces paroles avec le reste ont été expliquées ci-dessus, où il a été montré que par Jérusalem il n'est pas entendu Jérusalem, ni par Juif quelque Juif; voir No 433. Dans Amos : « Ainsi a dit Jéhovah : L'orgueil de Jacob et ses palais je déleste; c'est pourquoi j'enfermerai la ville et sa plénitude; s'il y a de reste dix hommes dans une maison, Us mourront.» — VI. 8, 9; — par l'orgueil de Jacob, et par ses palais, que Jéhovah déteste, il est signifié l'amour et la foi du faux chez ceux qui sont de l'Église, par l'orgueil l'amour du faux, et par les palais les faux eux-mêmes, qui sont appelés palais parce que ces hommes sont orgueilleux, et parce que leurs faux dans la forme externe ont été chargés d'ornements, afin qu'ils apparaissent magnifiques, quoiqu'ils soient très-vils, comme des baraques pleines de guenilles et d'immondices; par renfermer la ville et sa plénitude, il est signifié condamner la doctrine parce qu'elle est pleine et assiégée de faux du mal; la ville est la doctrine; et la plénitude, ce sont les faux du mal? c'est pourquoi, par « s'il y a de reste dix hommes dans une maison, ils mourront, » il est signifié que tous les vrais du bien périront chez chacun; les dix hommes sont tous les vrais, la maison est l'homme quant au bien, et mourir c'est périr. Dans Zacharie : « Le Prophète vit un rouleau gui volait; sa longueur, vingt coudées; et sa largeur, dix coudées; c'est la malédiction qui sort sur les faces de toute la terre. » — V. 2, 3; — si le rouleau qui volait, par lequel est signifié la malédiction qui sort sur toutes les faces de la terre, était de vingt coudées en longueur, et de dix en largeur, c'est parce que par vingt et par dix il est signifié tout, ici tout bien changé en mal, et tout vrai changé en faux, vingt se dit du bien et de tout ce qui appartient au bien, et dix se dit du vrai et de tout ce qui appartient au vrai; la longueur aussi signifie le bien, et la largeur le vrai; voir ci-dessus, N° 197. Gomme dix signifie toutes choses et beaucoup de choses, c'est pour cela que par dix fois il est signifié tout autant de fois et toujours, dans les passages suivants; dans Daniel : « Il ne s'en trouva pas d'entre eux tous comme Daniel, Chananiah, Mishael et Azariah; sur toute affaire de sagesse et d'intelligence que leur présenta le roi, il les trouva dix fois au-dessus de tous les astrologues et devins qui (étaient) dans tout son royaume. » — I. 19, 20. —Dans Moïse : « Tous les hommes qui ont vu ma gloire et mes signes, que j'ai faits en Egypte et dans le désert, et qui m'ont tenté ces dix fois, ne 'verront point la terre. »—Nomb.XIV.~21, 22, 23; — et dans Job : « Dix fois cous m'avez affecté d'ignominie; vous n'avez point rougi, vous vous êtes raidis. » — XIX. 3 ; — par dix fois, dans ces passages, il est signifié chaque fois, ou toujours, et tout autant de fois. Dans Daniel et dans l'Apocalypse, il est donné des cornes à des bêtes, aux unes dix, à d'autres sept, et à d'autres trois, et par les cornes de ces bêtes il est signifié la puissance du faux contre le vrai et du mal contre le bien, et par dix cornes une très-grande puissance; dans Daniel : « Une quatrième bête, montant de la mer, avait dix cornes : quant aux dix cornes, de ce même royaume dix rois s'élèveront. » —VII. 7, 20, 24 ; — là, par les dix cornes de la bête est signifiée la très-grande puissance du faux contre le vrai ; par les dix rois sont signifiés les faux dans tout le complexe, et par le royaume est signifiée cette Église pervertie. Dans l'Apocalypse : « Le dragon avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes.» — XII. 3 ; — ailleurs : « La bête montant de la mer avait sept têtes et dix cornes ; et sur ses cornes dix diadèmes. »—XIII. 1; —et ailleurs : « Une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Les dix cornes, que tu as vues, dix rois ce sont, qui royauté n'ont pas encore reçu; mais pouvoir comme rois une seule heure ils reçoivent avec la bête.» — XVII. 3, 7, 12; — ce que chacune de ces choses signifie en particulier, on le verra plus loin dans les explications. Puisque dix signifie tous et toutes choses, il s'ensuit que la dixième partie signifie tout; de là, les dixièmes et les dîmes ont tiré leur origine, et signifiaient que tout était saint et béni quand la dixième partie de l'aire et du pressoir, ou du blé et du vin, avait été donnée aux Lévites; il en était de même pour les Lévites quand la dixième partie était de nouveau dîmée et donnée à Aharon; il en est parlé ainsi dans la Parole : « Dîmant tu dîmeras tout produit de ta semence qui sort au champ chaque année. » — Deutér. XIV. 22; — et, en outre : « Dis aux Lévites que les dîmes leur ont été données en héritage, et qu'ils en prélèveront en prélèvement à Jéhovah les dîmes des dîmes, et cela du froment de l'aire, et de l'abondance du pressoir, et que les dîmes des dîmes ils donneront à Aharon le prêtre.» — Nomb. XVIII. 24 à 28. — Que les dîmes aient signifié la bénédiction en toutes choses, par conséquent que tout était saint et béni, on le voit dans Malachie : « Apportez toutes les dîmes dans la maison du trésor, afin qu'il y ait nourriture dans ma maison; alors éprouvez-Moi en cela, si je ne vous ouvre pas les fenêtres du Ciel, et si je.ne répands pas sur vous la bénédiction jusqu'à ce que vous n'y suffisiez pas. » — III. 10; — par ouvrir les fenêtres et répandre la bénédiction est signifié le Divin influant d'où résultent l'intelligence et la vie éternelle, de même que par la pluie, ci-dessus, N° 644, ce qui est proprement entendu par la bénédiction, et cela devait arriver si l'on apportait les dîmes; c'est pourquoi, par elles il est signifié que tout était ainsi béni. Pour que toutes les choses qu'Abraham avait prises à ses ennemis fussent bénies, il est dit « qu'il donna les dîmes de toutes ces choses à Melchisédech, qui était Roi dans Schalem, et en même temps Prêtre au Dieu Très-Haut. » — Gen. XIV. 18,19. — Pareillement Jacob fit cette promesse et ce vœu, « que s'il retournait en paix à la maison de son père, dimant il dîmerait tout ce que Jéhovah lui aurait donné. » — Gen. XXVIII. 21, 22. — Par ces passages, et en outre par d'autres, on peut voir ce qui est signifié dans la Parole par dix et par la dixième partie. Si dix signifie toutes choses, la cause en est dans le Ciel lui-même; car le Ciel dans le tout et dans la partie ressemble à un homme, d'où il résulte qu'il est appelé le Très-Grand Homme; toutes les forces de la vie de ce Très-Grand Homme ou du Ciel se terminent dans les deux mains et dans les deux pieds, et les mains, comme aussi les pieds, se terminent en dix doigts; c'est pourquoi, toutes les choses de l'homme quant à la puissance et quant au soutien ayant été en dernier lieu réunies dans les dix doigts, dix doigts signifient toutes les choses de l'homme; de plus, les derniers, dans la Parole, signifient aussi toutes choses.
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