| Apocalypse Expliquée 619. Mais dans ta bouche il sera doux comme du miel, signifie qu'elle serait agréable extérieurement: on le toit par la signification de la bouche, en ce que c'est extérieurement, car il s'agit du petit livre et de l'action de le manger, et par le petit livre est signifiée la Parole, et par l'action de le manger, il est signifié la perception et l'examen; de-là, par la bouche, qui d'abord le reçoit, il est entendu l'externe de la Parole; et par la signification de doux comme du miel, en ce que c'est l'agréable du bien naturel ; si l'externe de la Parole était doux comme du miel, c'est-à-dire, ainsi agréable, c'est parce qu'il est tel, qu'il pouvait être appliqué à un amour quelconque, et à un principe quelconque pris d'après cet amour, et que cet amour et ce principe pouvaient être confirmés par cet externe; que l'externe de la Parole, qui est le sens de sa lettre, soit tel, c'est parce que beaucoup de choses y ont été écrites selon les apparences devant l'homme naturel, et que beaucoup d'apparences, si elles ne sont pas entendues intérieurement, sont des illusions, telles que sont les illusions des sens ; c'est pourquoi, ceux qui aiment à vivre par le corps et par le monde s'appuient sur ces apparences pour confirmer les maux de la vie et les faux de la foi ; c'est surtout ce que faisaient les fils de Jacob, qui appliquaient à eux-mêmes toutes les choses de la Parole, et tiraient cette foi du sens de la lettre; et encore aujourd'hui ils soutiennent qu'ils ont été choisis de préférence aux autres .et que par conséquent ils ont été une nation sainte; que leur Jérusalem, et là, le Temple, l'Arche, l'Autel, les sacrifices, outre d'autres choses innombrables, étaient des choses saintes par elles-mêmes, ne sachant pas et ne voulant pas savoir que la sainteté de toutes ces choses découlait uniquement de ce qu'elles représentaient les Divins procédants du Seigneur, qui sont appelés les célestes et les spirituels, lesquels sont les saints du Ciel et de l'Église, et que penser que ces choses étaient saintes par elles-mêmes, et non par les Divins qu'elles représentaient, c'était falsifier et adultérer la Parole par des applications à eux-mêmes et à leurs amours ; il en est de même, chez eux, de la foi sur le Messie, qu'ils s'imaginent devoir être le Roi du Monde, et devoir les élever au-dessus de toutes les nations et de tous les peuples de l'univers, sans parler de toutes les autres croyances qu'ils tirent du pur sens de la lettre de la Parole, lesquelles sont douces pour eux comme du miel dans la bouche; de là vient que les choses qui sont dans le sens spirituel de la Parole sont désagréables, parce que dans ce sens il y a les vrais mêmes, qui ne sont pas selon les apparences ; par exemple, que cette nation n'était pas sainte, mais qu'elle était pire que toute autre nation; que par conséquent elle n'avait pas été choisie; que la ville de Jérusalem signifie seulement l'Église du Seigneur et la doctrine concernant le Seigneur et les choses saintes du Ciel et de l'Église; et que le Temple, l'Arche, l'Autel et les Sacrifices ont représenté le Seigneur et les saints qui procèdent de Lui, et que ces choses étaient saintes d'après cette représentation et non d'ailleurs : ces vrais qui ont été intérieurement cachés dans le sens de la lettre de la Parole, c'est-à-dire, qui sont dans son sens interne spirituel, sont ceux qu'ils nient, parce que, ainsi qu'il a été dit, ils ont falsifié et adultéré la Parole dans le sens de la lettre ; c'est pourquoi, ces vrais leur sont désagréables comme des aliments amers dans le ventre. S'il est dit que le petit livre dans la bouche était doux comme du miel, c'est parce que le miel signifie le plaisir du bien naturel ; que le miel signifie ce plaisir, on peut le voir par les passages suivants ; dans Ézéchiel : « // fut dit au prophète : Ouvre ta bouche, et mange ce que Moi je te donne ; et je vis, et voici, une main tendue vers moi; et voici, en elle un rouleau de livre, qu'il déroula devant moi, et il était écrit devant et derrière; et, ce qui était écrit dessus, c'étaient des lamentations, des gémissements et des plaintes. Alors il me dit : Fils de l'homme, mange ce rouleau, et va, parle à ta maison d'Israël. Ensuite il me dit : Nourris ton ventre, et remplis tes entrailles de ce rouleau que Moi je te donne; et quand j'eus mangé, il fut dans ma bouche comme du miel quant à la douceur. Et alors il me dit: Va vers la maison d'Israël, et prononce-leur mes paroles. » — II. 8, 9, 1.0. III. 1, 2, 3, 4; —ces paroles enveloppent absolument les mêmes choses que dans l'Apocalypse ; l'ordre donné au prophète Ezéchiel de manger un rouleau de livre enveloppe la même chose que l'ordre donné à Jean de manger le petit livre, à savoir, qu'il serait examiné comment le Divin Vrai, qui est dans la Parole, est encore reçu, perçu et approprié par ceux qui sont de l'Église, car par le prophète Ézéchiel et par Jean il est représenté la doctrine du vrai et la Parole; par suite l'examen a été fait chez eux ; s'il a été fait par- l'action de manger un livre, c'est parce que manger signifie percevoir et ainsi s'approprier, comme il a été montré ci-dessus; et quand cela eut été examiné, à savoir, de quelle manière la Parole est encore perçue, il est dit au Prophète Ézéchiel d'aller vers la maison d'Israël, et de leur prononcer les paroles de Dieu; il est dit aussi au Prophète Jean qu'il lui faut prophétiser, c'est-à-dire, enseigner encore la Parole dans l'Église; et cela, parce que le livre dans sa bouche avait été senti doux comme du miel, c'est-à-dire, parce» que la Parole quant au sens de la lettre était encore agréable, mais par cette raison que ce sens peut être appliqué à tons les principes du faux, et à tous les amours du mal, et peut ainsi leur servir à confirmer les plaisirs de la vie naturelle séparés des plaisirs de la vie spirituelle, lesquels, après qu'ils ont été séparés, sont absolument les plaisirs des amours du corps et du monde, d'où proviennent les principes du faux d'après les illusions. Dans Ésaïe : « La vierge concevra et enfantera un Fils, et elle appellera son Nom Dieu avec nous; du beurre et du miel il mangera, afin qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. » — VIL 14, 15; — que ces paroles aient été dites du Seigneur, cela a été confirmé dans Matthieu, — Chap. I. 23;— chacun peut voir que, là, par du beurre et du miel, il est entendu, non pas du beurre et du miel, mais quelque Divin correspondant, car il est dit ensuite « afin qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien, »ce qu'on n'apprend pas en mangeant du beurre et du miel; mais par le beurre est signifié l'agréable du bien spirituel, et par le miel l'agréable du bien naturel, par conséquent par le beurre et lô miel il est signifié le Divin Spirituel et le Divin Naturel, ainsi l'Humain du Seigneur intérieurement et extérieurement ; que ce soit l'Humain du Seigneur qui est entendu, on le voit en ce qu'il est dit que la Vierge concevra et enfantera un Fils; et que ce soit le Divin, cela résulte de ce qu'il est dit « et elle appellera son Nom Dieu avec nous; » appeler le nom signifie la qualité, ici la qualité Divine, car il sera appelé Dieu avec nous. Par le beurre et le miel est encore signifié l'agréable du bien spirituel et du bien naturel dans le même Chapitre par ces paroles : « Du beurre et du miel mangera quiconque sera de reste dans la terre. »— Vers 22; — par ceux qui seront de reste sont entendus ceux qui par le Seigneur sont bons intérieurement et aussi extérieurement, par conséquent ceux qui reçoivent dans les vrais le bien procédant du Seigneur; la béatitude qui en résulte pour l'homme interne ou spirituel, et aussi pour l'homme externe ou naturel, est signifiée par le beurre et le miel. Dans Job : « Le venin des aspics ils sucera, la langue, de la vipère le tuera, afin qu'il ne voie pas des ruisseaux, des fleuves de torrents de miel et de beurre. » — XX. 16, 17 ; — ceci a été dit des hypocrites, qui parlent bien et avec décence de Dieu, du prochain, du Ciel et de l'Église, lorsque cependant ils pensent tout autrement; et comme par là ils machinent des fourberies pour s'emparer des mentais (animi) des autres, quoiqu'ils portent l'enfer dans le cœur, il est dit « le venin des aspics il sucera, la langue de la vipère le tuera ; » que le bien naturel et le bien spirituel ne leur soient nullement agréables, cela est entendu par « afin qu'il ne voie pas des ruisseaux, des fleuves de torrents de miel et de beurre; » par les ruisseaux sont entendues les choses qui appartiennent à l'intelligence, et par des fleuves de torrents de miel et de beurre, celles qui par suite appartiennent à l'affection et à l'amour, lesquelles sont les plaisirs mêmes de la vie céleste; tout plaisir de la vie, demeurant à éternité, est le plaisir du bien et du vrai spirituels, et par suite le plaisir du bien et du vrai naturels, mais le plaisir hypocrite est le plaisir naturel séparé du plaisir spirituel, or ce plaisir est changé dans l'autre vie en un affreux tourment infernal; qu'ici par le beurre et le miel il ne soit entendu ni du beurre ni du miel, cela est évident; car où y a-t-il, dans le Monde, des fleuves de torrents de miel et de beurre? Ce qui est signifié par le beurre et le miel est aussi signifié par le lait et le miel; et comme par le lait est signifié le plaisir du bien spirituel, et par le miel le plaisir du bien naturel, et que ceux qui sont de l'Église du Seigneur jouissent de ces plaisirs, c'est pour cela que la terre de Canaan, par laquelle est signifiée l'Église, a été appelée « terre découlant de lait et de miel, » — Exod. III. 8, 17. Lévit. XX. 24. Nomb. XIII. 27. XIV. 8. Deutér. VI. 3. XI. 9. XXVI. 9,15. XXVII. 3. XXXI. 20. Jos. V. 6. Jérém. XI. 5. XXX11. 22. Ézéch. XX. 6; —que par la terre de Canaan, dans la Parole, soit entendue l'Église, cela a été montré ci-dessus, Nos 29, 304t 417; et l'Église est seulement chez ceux qui sont dans le bien spirituel et en même temps dans le bien naturel, l'Église est formée en eux par le Seigneur; en effet, l'Église est dans l'homme et non hors de lui, par conséquent elle n'est point chez ceux chez qui ces biens ne sont pas; ces biens avec leurs plaisirs sont signifiés par le lait et le miel. Que même dans ce temps-là il y ait eu beaucoup de miel dans la terre de Canaan, par la raison qu'alors l'Église du Seigneur y était, on le voit d'après le Mvre I de Samuel, où il est dit qu'ils vinrent dans une forêt, où il y avait du miel sur les faces de la terre, et là un ruisseau de miel; et qu'après que Jonathan eut goûté du miel ses yeux furent ouverts. »—XIV. 25, 26, 27, 29; — si les yeux de Jonathan furent ouverts après qu'il eut goûté du miel, c'est parce que le miel correspond au bien naturel et au plaisir de ce bien, et que ce bien donne l'intelligence et illustre, de là pour lui la connaissance qu'il avait fait le mal, comme il est dit dans Ésaïe, « il mangera du beurre et du miel, afin qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien ; » car dans ce temps les correspondances présentaient leur effet, parce que toutes les choses de l'Église Israélite se composaient de correspondances, par lesquelles les célestes et les spirituels étaient représentés et signifiés. Ce qui est signifié par le beurre et le miel est aussi signifié par l'huile et le miel dans les passages suivants; dans Moïse : « Il l'a fait chevaucher sur les lieux élevés de la terre, et l'a nourri du produit des champs; il lui a fait sucer du miel de la roche, et de l'huile du caillou du rocher. » — Deutér,, XXXII. 13 ; — ceci est dans le Cantique de Moïse, où il s'agit de l'Église dans son commencement, et ensuite de l'Église dans sa marche, et finalement dans sa fin ; ceux qui avaient constitué l'Église Ancienne sont décrits par ces paroles, et non pas ceux qui constituèrent l'Église Israélite, car ceux-ci depuis le commencement jusqu'à la fin furent mauvais, comme on peut le voir par leurs pères en Egypte et ensuite dans le désert ; mais l'Ancienne Église, dont les hommes sont entendus par les pères de ceux-ci, était celle que le Seigneur a fait chevaucher sur les lieux élevés" de la terre, et a nourrie du produit des champs ; que le bien de l'amour naturel et le bien de l'amour spirituel avec leurs plaisirs aient été donnés aux hommes de l'Ancienne Église par les vrais, d'où provenaient leur intelligence et selon lesquels ils vivaient, cela est signifié par « il lui a fait sucer du miel de la roche et de l'huile du caillou du rocher; » par le miel est signifié le plaisir de l'amour naturel, par l'huile le plaisir de l'amour spirituel, et par la roche et le caillou-dû rocher le vrai d'après le Seigneur; que l'huile signifie le bien cte l'amour et de la charité, on le voit ci-dessus, N° 375 ; et que la roche et le rocher signifient le vrai d'après fe Seigneur, on le voit, N° 443. Dans David : « Je les ai nourris de la graisse du froment, et de miel du rocher je les ai rassasiés. » — ps. LXXX1. 17; —par la graisse du froment est aussi signifié le plaisir du bien spirituel, et par le miel du rocher le plaisir du bien naturel par les vrais d'après le Seigneur, comme ci-dessus : il faut qu'on sache que le bien naturel n'est pas le bien, s'il n'y a pas aussi le bien spirituel, car tout bien influe par l'homme spirituel ou le mental spirituel dans l'homme naturel ou le mental naturel, et qu'autant l'homme naturel ou le mental naturel reçoit le bien de l'homme spirituel ou du mental spirituel, autant il reçoit le bien ; il faut qu'il y ait l'un et l'autre bien, ou que le bien soit des deux côtés, pour que ce soit le bien; c'est pourquoi, le bien naturel séparé du bien spirituel est en soi le mal, néanmoins il est perçu par l'homme comme bien : puisqu'il faut qu'il y .ait l'un et l'autre, c'est pour cela que, dans les passages rapportés, et dans ceux qui vont l'être, il est dit le beurre et le miel, le lait et le miel, la graisse et le miel, et aussi l'huile et le miel; par le beurre, le lait, la graisse et l'huile, il est signifié le bien de l'amour spirituel, et par le miel le bien de l'amour naturel, en même temps que les plaisirs de ces biens. Dans Ézéchiel : « Ainsi tu fus parée d'or et d'argent, et tes vêtements (étaient) fin lin et soie et broderie; de la fine farine, du miel et de l'huile lu mangeais; par là, belle tu devins extrêmement, et tu prospéras jusqu'à royauté. Mais mon pain que je te donnais, et la fine farine, l'huile et le miel dont je te nourrissais, tu les as mis devant des idoles en odeur de repos. »—XVI. 13,19; — ceci a été dit de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église, d'abord l'Église Ancienne et ensuite l'Église Israélite ; de l'Église Ancienne il est dit, qu'elle avait été parée d'or et d'argent, ce qui signifie l'amour du bien et du vrai, qui était chez les hommes de cette Église; que ses vêtements étaient fin lin, soie et broderie, ce qui signifie les connaissances du vrai céleste, spirituel et naturel, le fin lin signifie le vrai d'origine céleste, la soie le vrai d'origine spirituelle, et la broderie le vrai d'origine naturelle, qui est appelé scientifique ; qu'elle mangeait de la fine farine, du miel-et de l'huile, ce qui signifie la perception du vrai et du bien naturels et spirituels, et l'appropriation dé ces vrais et de ces biens, manger signifie être approprié, la fine farine est le vrai, le miel est le bien naturel, et l'huile le bien spirituel, lesquels leur ont été appropriés par la vie selon les vrais ci-dessus rapportés; qu'elle devint extrêmement belle et qu'elle prospéra jusqu'à royauté, ce qui signifie qu'elle devint intelligente et sage, tellement que d'après eux elle fut Église ; la beauté signifie l'intelligence et la sagesse, et la royauté signifie l'Église. Mais de l'Église Israélite, qui fut seulement dans les externes-sans les internes, et dont les hommes par suite furent des idolâtres, il est dit, que devant des images de mâle ou idoles ils ont mis en odeur de repos la fine farine, le miel et l'huile, c'est-à-dire qu'ils ont perverti en faux et en maux les vrais et les biens de l'Église, et ainsi les ont profanés. Dans le Même : « Jehudah et la terre d'Israël ont été tes négociants en froments de minnith et de pannag, et en miel et en huile et en baume ils ont fourni ton commerce. » — XXVII. 17 ; — ceci a été dit de Tyr, par laquelle est. signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien, et par suite aussi par Tyr sont signifiées les connaissances du vrai et du bien qui appartiennent à l'Église; et par le miel et l'huile sont signifiées les mêmes choses que ci-dessus; quant à ce qui est entendu dans le sens spirituel par Jehudah et la terre d'Israël, par les froments de minnith et de pannag, par le baume et par le commerce de Tyr, cela a été expliqué ci-dessus; voir N° 433. Dans Moïse': « Une terre de torrents d'eau, de fontaines et d'abîmes sortant de la vallée et de la montagne, terre de froment et d'orge, et de cep, et de figuier, et de grenadier; terre d'olivier, d'huile et de miel. » — Deutér. VIII. 7,8; — ceci a été dit de la terre de Canaan, par laquelle est entendue l'Église, qui est dans le bien céleste, spirituel et naturel, et par suite dans les vrais ; mais les choses qui sont contenues dans ces Versets ont été expliquées ci-dessus, Nos 374 et 403, et il y a été montré que par l'huile et le miel il y est signifié le bien de l'amour dans l'homme interne ou spirituel et dans l'homme externe ou naturel. Dans David : « Les jugements de Jéhovah (sont) vérité, justes ils sont en même temps, désirables plus que l'or, et plus que beaucoup d'or fin, et doux plus que. le miel et que ce qui distille des rayons. » — Ps. XIX. 10, 11. — Et dans le Môme : « De tes jugements je ne me suis pas écarté, parce que Toi tu m'as enseigné ; combien douces sont à mon palais tes paroles, plus que le miel à ma bouche! » — Ps. CXIX. 102, 103; — par les jugements sont signifiés les vrais et les biens du culte; c'est pourquoi, il est dit que les jugements de Jéhovah sont vérité, et justes en même temps; le juste signifie le bien de" la vie et du culte qui en procède; et comme le bien est signifié aussi par l'or et par l'or fin, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils sont désirables plus que l'or et plus que beaucoup d'or fin, l'or est le bien céleste, l'or fin est le bien spirituel; désirable, c'est ce qui appartient à l'affection et à l'amour; comme les biens dont l'homme est affecté sont aussi des plaisirs, voilà pourquoi il est dit qu'ils sont doux plus que le miel et plus que ce qui découle des rayons, et que les paroles de Jéhovah sont douces au palais plus que le miel à la bouche, doux signifie le plaisir, le miel le bien naturel, ce qui distille des rayons le vrai naturel; et comme le miel est le bien naturel, et que la bouche signifie l'externe, voilà pourquoi il est dit « plus que le miel à ma bouche, » de même qu'il est dit, dans l'Apocalypse, que le petit livre était doux comme du miel dans la bouche. Dans Luc : « Jésus dit aux disciples, qui s'imaginaient voir un esprit : Voyez mes mains et mes pieds, que Moi-Menu je suis, touchez-Moi et voyez, car un esprit chair et os n'a point, comme vous me voyez avoir. Ensuite, il leur dit : Avez~ vous quelque chose à manger? or, ils Lui donnèrent un morceau de poisson rôti et d'un rayon de miel; et, en ayant pris, devant eux il mangea, »— XXIV. 39, 41, 42, 43; — par la série de ces paroles considérées dans le sens spirituel, il est évident que par le rayon de miel ou par le miel est signifié le bien naturel; en effet, le Seigneur découvrit aux disciples qu'il avait glorifié ou fait Divin tout son Humain jusqu'au naturel et au sensuel de cet Humain, cela est signifié par lès mains et les pieds, et par la chair et les os, qu'ils voyaient et touchaient, par les mains et les pieds le dernier de l'homme qui est nommé naturel, par la chair le bien du naturel, et par les «s les vrais de ce naturel; car toutes lès-choses qui existent dans le corps humain correspondent aux spirituels, la chair au bien de l'homme naturel, et les os à ses vrais ; sur cette correspondance, voir dans le Traité du ciel ex de l'enfer, Nos 87 à 102 : le Seigneur a aussi confirmé la môme chose, en ce que devant ses disciples il a mangé d'un poisson rôti et d'un rayon de miel, le poisson rôti signifie le vrai du bien de l'homme naturel et sensuel, et le rayon de miel le bien du vrai de ce même homme; par le toucher le Seigneur a* donc montré et confirmé que tout son Humain jusqu'à ses derniers avait été glorifié, c'est-à-dire, avait été fait Divin, et aussi en mangeant devant eux un morceau d'un poisson rôti et d'un rayon de miel. Comme le Miel signifie le bien de l'homme naturel, c'est aussi" pour cela que « Jean-Baptiste avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour de ses reins; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage. » — Matth. III. 4. Marc, I. 6;—car Jean-Baptiste représenta la même chose qu'Élie, c'est pourquoi il est dit aussi que viendra Élie, par lequel est entendu Jean-Baptiste ; Élie a représenté le Seigneur quant à la Parole, ou la Parole qui procède du Seigneur; de même Jean; et comme la Parole enseigne que le Messie ou le Seigneur doit venir, c'est pour cela que Jean a été envoyé devant, afin d'annoncer l'avènement du Seigneur selon les prédictions dans la Parole; et comme Jean représentait la Parole, voilà pourquoi les derniers de la Parole, qui sont les naturels, ont été représentés chez Jean par son vêtement, et aussi par des aliments, à savoir, par son vêtement de poils de chameau et par la ceinture de cuir autour des reins, les poils de chameau signifient les derniers de l'homme naturel, tels que sont les extérieurs de la Parole, et la ceinture de cuir autour des reins signifie leur lien externes et leur connexion avec les intérieurs de la Parole qui sont les spirituels; des choses semblables sont signifiées par les sauterelles et par le miel sauvage, par les sauterelles le vrai de l'homme naturel, et par le miel sauvage le bien de cet homme; soit que l'on dise le vrai et le bien de l'homme naturel, ou le vrai et le bien naturels, telle qu'est la Parole dans son sens dernier, qui est appelé sens de la lettre ou sens naturel, c'est la môme chose, car Jean par ses vêtements et ses aliments représentait ce sens. Si « aucun levain ni aucun miel n'étaient mis dans une offrande en ignition à Jéhovah, » —Lévit. II. 11, — c'était parce que le levain signifie le faux de l'homme naturel, et le miel le plaisir du bien de cet homme, et dans le sens opposé le plaisir de son mal, qui est comme un levain quand il est mêlé aux choses qui signifient, les saints intérieurs, car le plaisir naturel tire ce qui lui appartient des plaisirs des amours de soi et du monde; et comme la nation Israélite était plus que toutes les autres nations dans ces plaisirs, c'est pour cela qu'il lui avait été défendu de se servir de miel dans les sacrifices. Sur la signification du miel, en ce qu'il est le plaisir du bien de l'homme naturel, voir dans les arcanes célestes, Nos 5620, 6857, 8056, 10137, 10530. « Après que Samson eut déchiré un jeune lion, il trouva dans son cadavre un essaim d'abeilles et du miel, lorsqu'il allait prendre une épouse chez la nation des Philistins. » — Jug. XIV. 8; — cela signifiait la dissipation de la foi séparée d'avec la charité foi que la nation des Philistins représentait; c'est pour cela que les Philistins étaient aussi appelés incirconcis ; par ce nom il est signifié qu'ils étaient sans l'amour et sans la charité spirituels, et seulement dans l'amour naturel, qui est l'amour de soi et du monde ; cette foi, parce qu'elle détruit le bien de la charité, était représentée par le jeune lion qui attaqua Samson pour le déchirer; mais parce que Samson était Naziréen, et que le Naziréal représentait le Seigneur quant à son dernier naturel, il déchira le lion, et trouva ensuite dans son cadavre un essaim d'abeilles et du miel, ce qui signifiait qu'après que cette foi a été dissipée, à sa place succède le bien de la charité. Des choses semblables ont été représentées et signifiées par tout ce qui est rapporté de Samson ' dans le Livre des Juges; car dans la Parole il n'a rien été écrit qui ne représente et ne signifie des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, lesquelles ne peuvent être connues que d'après la science des correspondances, et par suite d'après le sens spirituel de la Parole.
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