| Apocalypse Expliquée 608. Et il jura par Celui qui vit aux siècles des siècles, signifie la vérité d'après son Divin : on le voit par la signification de jurer, en ce que c'est l'affirmation et la confirmation, et quand il s'agit du Seigneur, la Vérité, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de par Celui qui vit aux siècles des siècles, en ce que c'est le Divin d'éternité (ab œterno), qui seul vit, et de qui tiennent la vie tous ceux qui sont dans l'Univers, tant les Anges que les hommes; que ce soit là ce qui est signifié par Celui qui vit aux siècles des siècles, on le voit ci-dessus, Nos 289,291, 349. Que jurer signifie l'affirmation et la confirmation, mais ici la Vérité, parce qu'il s'agit de l'Ange par lequel est entendu le Seigneur, c'est ce qu'on peut voir eu ce que jurer, c'est affirmer et confirmer que la chose est ainsi, et, quand il s'agit du Seigneur, que c'est la Divine Vérité; en effet, il n'est fait de serments que par ceux qui ne sont pas intérieurement dans la vérité même, c'est-à-dire, par ceux qui sont seulement hommes extérieurs et non pas hommes intérieurs; il n'en est donc pas fait par les Anges, ni à plus forte raison par le Seigneur; mais si, dans la Parole, il est dit que le Seigneur jure, et s'il a été accordé aux fils d'Israël de jurer par Dieu, c'est parce qu'ils étaient seulement hommes extérieurs, et parce que l'affirmation et la confirmation de l'homme interne, quand il est dans l'externe, tombent dans un serment; or, dans l'Église Israélite toutes les choses étaient des externes, qui représentaient et signifiaient les internes; semblable est aussi la Parole dans le sens de la lettre; de là, on peut voir que par « l'Ange jura par Celui qui vit aux siècles des siècles, » il faut entendre, non pas qu'il a juré ainsi, mais qu'il a dit en lui-même que c'était la vérité, et que cela-étant tombé dans la sphère naturelle a été changé selon les correspondances en un serment. Maintenant, puisque jurer est seulement l'externe correspondant à la confirmation, qui appartient au mental de l'homme interne, et par suite signifie cette confirmation, c'est pour cela que dans la Parole de l'Ancien Testament il est dit qu'il est permis de jurer par Dieu, et, de plus, que Dieu Lui-Même a juré ; que cela signifie la confirmation, l'affirmation, et simplement la vérité, ou que la chose est vraie, on peut le voir par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Jéhovah a juré par sa droite, et par le bras de sa force. »— LXII. 8. — Dans Jérémie : Jéhovah Sébaoth a juré par son âme. »— LI. 14. Amos, VI. 8. — Dans Amos : « Le Seigneur Jéhovih a juré par sa sainteté. » —IV. 2. — Dans le Même : « Jéhovah a juré par l'excellence de Jacob. » — VIII. 7. — Dans Jérémie : « Voici, Moi, j'ai juré par mon nom grand. » — XL1V. 26 ; — Jéhovah est dit avoir juré par sa droite, par son âme, par sa sainteté et par son nom, et cela signifie par la Divine Vérité; car par la droite de Jéhovah, par le bras de sa force, par sa sainteté, par son nom, et par son âme, il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, ainsi le Divin Vrai procédant du Seigneur; de même par l'excellence de Jacob, car par le fort de Jacob est entendu aussi le Seigneur quant au Divin Vrai. Que jurer, quand cela est dit de Jéhovah, signifie la confirmation par soi ou d'après le Divin Vrai, cela est évident dans Ésaïe : « Par Moi j'ai juré, il est sorti de ma bouche une Parole, qui ne sera point révoquée. » — XLV. 23. — Et dans Jérémie : « Par Moi j'ai juré qu'en désolation sera cette maison. » — XXII. 5. — Puisque jurer, quand cela est dit de Jéhovah, signifie la Divine' Vérité, c'est pour cela qu'il est dit dans David : « Jéhovah a juré à David une vérité, dont il ne s'écartera point. » — Ps. CXXXII. 11. — Jéhovah Dieu ou le Seigneur ne jure jamais, car il ne convient point à Dieu Môme ou à la Divine Vérité de jurer; mais quand Dieu ou la Divine Vérité veut avoir quelque chose confirmé devant les hommes, cette confirmation arrivée dans la sphère naturelle tombe dans le Monde en un serment ou en une formule solennelle de serment; d'après cela, il est évident que, quoique Dieu ne jure jamais, néanmoins dans le sens de la lettre de la Parole, qui est le sens naturel, il est dit qu'il jure; cela est donc signifié parjurer, quand il s'agit de Jéhovah ou du Seigneur, dans les passages précédents, et aussi dans ceux qui suivent ; dans Ésaïe : « Jéhovah Sébaoth a juré, disant : Serait-ce pas que, de même que j'ai pensé, ainsi il arrivera? »— XIV. 24. — Dans David : « J'ai traité alliance avec mon Elu, j'ai juré à David mon serviteur. Seigneur, tu as juré à David dans ta Vérité. »—Ps. LXXXIX. 4, 36, 50. —Dans le Même : « Jéhovah a juré, et il ne se repentira point. » — Ps. GX. 4. — Dans Ézéchiel : « Je te jurai, et j'entrai en alliance avec toi, afin que tu fusses à Moi. » — XVI. 8. — Dans David : « Je leur ai juré dans ma colère. » — ps. XGV.ll. —Dans Ésaïe : « J'ai juré que les eaux de Nocich ne passeraient plus sur la terre. » — LlV. 9. — Dans Luc : « Pour se ressouvenir de son alliance sainte, du serment qu'il a juré à A braham notre père. » — I. 72, 73. — Dans David : a II s'est souvenu de son alliance, qu'il a contractée avec Abraham, et de son serment à Isac. »— Ps. CV. 9. —Dans Jérémie : « Afin de maintenir le serment que j'ai juré à vos pères. » — XI. 5. XXXII. 22. — « La terre que j'ai juré de donner à vos père. » — Deutér. I. 35. X. 11. XI. 9. 21. XXVI. 3, 15. XXXI. 20. XXXIV. 4. — D'après cela, on peut voir ce qui est entendu par « l'Ange leva sa main vers le Ciel, et jura par Celui qui vit aux siècles des siècles; » comme aussi dans Daniel : « J'entendis l'Homme vêtu de lin, qui éleva sa droite et sa gauche vers les deux, et jura par Celui qui vit aux siècles des siècles. » — XII. 7 ; — à savoir, que c'est une affirmation devant les Anges sur l'état de l'Église, que ce qui suit serait une Divine Vérité. Comme l'Église chez les fils d'Israël était par son institution une Église Représentative, dans laquelle toutes les choses qui ont été commandées étaient des naturels qui représentaient et signifiaient des spirituels, c'est pour cela qu'il fut accordé aux fils d'Israël, chez qui était cette Église, de jurer par Jéhovah et par le Nom de Jéhovah, et aussi par les choses saintes de l'Église, ce qui représentait et par suite signifiait la confirmation interne, et aussi la Vérité; comme on peut le voir par les passages suivants ; dans Ésaïe : « Que celui qui se bénit sur la terre se bénisse dans le Dieu de vérité, et que celui qui jure sur la terre jure dans le Dieu de vérité. »—LXV. 16. — Dans Jérémie : « Jure par le Vivant Jéhovah en vérité, en jugement et en justice. » — IV. 2. — Dans Moïse : « Jéhovah ton Dieu tu craindras, tu Le serviras, et en son Nom tu jureras. » — Deutér. VI. 13. X. 20. — Dans Ésaïe : « En ce jour-là, il y aura cinq villes dans la terre d'Egypte, jurant à Jéhovah Sébaoth.» — XIX. 18. — Dans Jérémie: « Si apprenant ils apprennent les chemins de mon peuple, pour jurer par mon Nom : Vivant (est) Jéhovah. » —XII. 16. — Dans David : « Glorifié sera quiconque jure par Dieu, et fermée sera la bouche de ceux qui prononcent le mensonge. » — Ps. LXI1I. 12; — ici, jurer par Dieu signifie prononcer la vérité, car il est dit ensuite « fermée sera la bouche de ceux qui prononcent le mensonge ; » que les fils d'Israël aient juré par Dieu, on le voit aussi, — Gen. XXI. 23, 24, 31. Jos. II. 12. IX. 20. Jug. XXI. 7.1 Rois, 1.17. — Comme il avait été accordé aux Anciens de jurer par Jéhovah-Dieu, il s'ensuit que c'était un mal énorme de jurer faussement ou en mensonge, comme cela est évident d'après ces passages; dans Malachie : « Je serai témoin contre les prestigiateurs, et contre tes adultères, et contre ceux qui jurent faussement. » — III. 5. — Dans Moïse : « Tu ne jureras point par mon Nom en mensonge, de telle sorte que tu profanes le Nom de ton Dieu, et tu ne prendras point le Nom de ton Dieu en vain. » — Deutér. V. 11. Exod. XX. 7. Lévit. XIX. 12. Zacharie, V. 4. Dans Jérémie : « Courez par les rues de Jérusalem, et voyez; s'il en est qui aient dit: Vivant (est) Jéhovah; certainement par mensonge ils jurent; tes fils M'ont abandonné; et ils ont juré par qui n'est point Dieu. » — V. 1, 2, 7. — Dans Hosée : « Israël! Ne jurez point : Virant est Jéhovah.» IV. 15. — Dans Séplianie : « Je retrancherai ceux qui jurent par Jéhovah, et ceux qui jurent par leur roi, et ceux qui se détournent de Jéhovah. » — I. 5, 6. — Dans Zacharie : « Le serment du mensonge n'aimez point. » — VIII. 17. — Dans Ésai'e : « Ecoutez ceci, maison de Jacob, ceux qui jurent par le Nom de Jéhovah, non dans la vérité, ni dans la justice. »—XLVIII. 1. — Dans David : « Celui qui est net des mains et pur de cœur, qui ne porte point à la vanité son âme, et ne jure point, avec fraude. »— Ps. XXIV. 4.—-D'après ces passages, on peut voir qu'il avait été accordé aux Anciens, qui étaient dans les représentatifs et dans les significatifs de l'Église, de jurer par Jéhovah-Dieu pour attester la vérité, et qu'ainsi par ce serment il a été signifié qu'ils pensaient le vrai et voulaient le bien : cela a été principalement accordé aux fils de Jacob, puisque ceux-ci étaient des hommes absolument externes et naturels, et non internes ni spirituels; or, les hommes entièrement externes ou naturels veulent avoir la vérité confirmée et attestée par des serments; mais les hommes internes ou spirituels ne veulent pas cela, ils ont même en aversion et en horreur les serments, principalement ceux qui se font par Dieu et par les choses saintes du Ciel et de l'Église, se contentant de dire et qu'on dise que la chose est vraie ou est ainsi. Comme jurer n'est point le fait de l'homme interne ou spirituel, et que le Seigneur, quand il est venu dans le Monde, a enseigné à être interne ou spirituel, et a, pour cette fin, abrogé les externes de l'Église et ouvert ses internes, c'est aussi pour cela qu'il a défendu de jurer par Dieu et par les choses saintes du Ciel et de l'Église, comme on peut le voir par ces paroles du Seigneur, dans Matthieu : « Vous avez entendu qu'il a été dit : Tu ne te parjureras point, mais tu l'acquitteras envers le Seigneur de tes serments; mais Moi je fous dis : Tu ne jureras nullement, ni par le Ciel, parce qu'il est le trône de Dieu .ni par la terre, parce qu'elle est le marchepied de ses pieds, ni par Jérusalem, parce qu'elle est la ville du grand Roi. Tu ne jureras point non plus par ta tête, parce que tu ne peux faire un seul cheveu blanc ou noir. » — V. 33 à 37; — là, sont rappelées les choses saintes par lesquelles on ne doit point jurer, à savoir, le Ciel, la Terre, Jérusalem et la Tête; et par le Ciel est entendu le Ciel Angélique, aussi est-il appelé le Trône de Dieu; que par le trône de Dieu il soit entendu ce Ciel, on le voit ci-dessus, Nos 253, 462, 477 : par la Terre est entendue l'Église, voir ci-dessus, Nos 29, 304, 384, 417, aussi est-elle appelée le marchepied des pieds de Dieu; que le marchepied des pieds de Dieu soit aussi l'Église, on le voit ci-dessus, N° 606 : par Jérusalem est entendue la Doctrine de l'Église, aussi est-elle dite ville du grand Roi ; que la ville soit la doctrine, on le voit ci-dessus, N° 223 : et par la Tête est entendue l'intelligence qui en provient, ci-dessus, Nos 553, 577, aussi est-il dit« tu ne peux faire un seul cheveu blanc ou noir, » ce qui signifie que l'homme par lui-même ne peut rien comprendre. De plus, dans lé*Même : « Malheur à vous, conducteurs aveugles, parce que vous dites : Quiconque aura juré par le Temple, cela n'est rien, mais quiconque aura juré par l'or du Temple est obligé. Insensés et aveugles ! car lequel est le plus grand, l'or, ou le Temple qui sanctifie l'or? Et quiconque aura juré par l'Autel, cela n'est rien, mais quiconque aura juré par le don qui est dessus est obligé. Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, le don, ou l'Autel qui sanctifie le don? Celui donc qui jure par l'Autel, jure par l'Autel et par tout ce qui est dessus ; et celui qui jure par le Temple, jure par le Temple et par Celui qui l'habite ; et celui qui jure par le Ciel, jure par le trône de Dieu et par Celui qui est assis dessus. »—XXIII. 16 à 22; — si l'on ne doit jurer ni par le Temple ni par l'Autel, c'est parce que jurer par ces choses, c'était jurer par le Seigneur, par le Ciel et par l'Église; car par le Temple dans le sens suprême est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, et dans le sens respectif le Ciel et l'Église quant à ce Vrai, et aussi tout culte d'après .le Divin Vrai ; voir ci-dessus, N° 220; et par l'Autel, il est signifié le Seigneur quant au Divin Bien, et dans le sens respectif le Ciel et l'Eglise quant à ce Bien, et aussi tout culte Câpres le Divin Bien ; voir aussi ci-dessus, N" 391 ; et comme par le Seigneur sont entendus tous les Divins qui procèdent de Lui, car il est Lui-Même en eux, et ils Lui appartiennent, c'est pour cela que celui qui jure par Lui, jure par toutes les choses qui Lui appartiennent; pareillement celui qui jure par le Ciel et par l'Église, jure par toutes les choses saintes qui sont du Ciel et de l'Église, car le Ciel en est le complexe et le contenant, de même l'Église, aussi est-il dit que le Temple est plus grand que l'or du Temple, parce que le Temple sanctifie l'or, et que l'Autel est plus grand que le don qui est sur l'Autel, parce que l'Autel sanctifie le don.
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