| Apocalypse Expliquée 601. Et il cria à voix grande, ainsi qu'un lion rugit, signifie le témoignage d'une douleur grave, à cause de la désolation du Divin Vrai dans l'Église : on le voit par la signification de crier à voix grande, en ce que c'est le témoignage d'une douleur grave, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de ainsi qu'un lion rugit, en ce que c'est à cause de la désolation du Divin Vrai dans l'Église, car par le lion est signifié le Divin Vrai dans sa puissance; voir ci-dessus, N° 278, et par rugir est signifié l'effet de la douleur à cause de la désolation de ce vrai ; que ce soit là ce qui est signifié par « crier à voix grande, ainsi qu'un lion rugit, » on le voit d'après ce qui suit dans ce Chapitre, où il s'agit de la désolation du Divin Vrai dans l'Église; en effet, par l'Ange fort descendant du Ciel est entendu le Seigneur quant à la Parole, qui est le Divin Vrai; plus loin il est dit que « l'Ange leva sa main au Ciel, et jura par Celui qui vit aux siècles des siècles que de temps plus il n'y aura, » ce qui signifie qu'il n'y aurait plus d'entendement du Divin Vrai, ni par suite aucun état de l'Eglise; et ensuite il est dit que « dans les jours de la voix du septième Ange sera consommé le mystère de Dieu, » ce qui signifie que le jugement dernier doit venir quand il n'y aura aucune foi du Divin Vrai, parce qu'il n'y aura pas le bien de la1 charité : d'après cela, on peut voir que par « il cria à voix grande, ainsi qu'un lion rugit, » il est signifié le témoignage d'une douleur grave, à cause de la désolation du Divin Vrai dans l'Église. En outre, dans la Parole, le Lion est très-souvent nommé, et par le Lion dans le sens suprême, il est signifié le Seigneur quant au Divin Vrai, et pareillement le Ciel et l'Église quant à ce Vrai procédant du Seigneur; et par suite par le Lion est signifié le Divin Vrai quant à la puissance; sur cette signification du lion, voir ci-dessus, N° 278; de là, on peut voir ce qui est signifié par rugir ou par le rugissement du lion, à savoir, une ardente affection de protéger le Ciel et l'Église, et ainsi de sauver les anges du Ciel et les hommes de l'Église, ce qui se fait en détruisant les faux du mal par le Divin Vrai et par sa puissance; et que, dans le sens opposé, par rugir ou par le rugissement du lion, il est signifié une ardente cupidité de perdre et de dévaster l'Église, ce qui se fait en détruisant le Divin Vrai par les faux du mal; ces significations appartiennent au rugissement du lion, parce que quand le lion a faim et désire une proie, et aussi quand sa colère s'embrase contre ses ennemis, il a coutume de rugir. Que rugir et le rugissement aient ces significations dans la Parole, on peut le voir par les passages suivants ;
dans Ésai'e : « Ainsi m'a dit Jéhovah : Comme rugit le lion et le lionceau sur sa proie, quand accourt contre lui la troupe des pasteurs, par la voix desquels il n'est point consterné, et par le tumulte desquels il n'est point abattu, ainsi descendra Jéhovah Sébaoth pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline. » — XXXI. 4 ; — Jéhovah est comparé à un lion qui rugit, parce que par le lion est signifié le Seigneur quant au Divin Vrai et à la puissance de ce vrai, et que par rugir est signifiée l'ardeur de défendre l'Église contre les maux et les faux ; c'est pourquoi, il est dit « ainsi descendra Jéhovah pour combattre, sur la montagne de Sion et sur sa colline; » la montagne de Sion est l'Eglise céleste, et sa colline ou Jérusalem est l'Église spirituelle; la proie sur laquelle rugit le lion signifie la délivrance de l'enfer. Dans Joël : « Jéhovah de Sion rugira, et de Jérusalem il donnera de sa voix, et ébranlés seront les cieux et la terre; mais Jéhovah (sera) un refuge pour son peuple, et un rempart pour les fils d'Israël. » — IV. 16;— la protection que le Seigneur accorde aux fidèles par le Divin Vrai est décrite par « Jéhovah de Sion rugira, et de Jérusalem il donnera de sa voix; » la puissance impétueuse du Divin Vrai et la terreur qu'elle produit sont décrites en ce que les deux et la terre seront ébranlés, et la salvation et la protection sont décrites en ce que Jéhovah sera un refuge pour son peuple, et un rempart pour les fils d'Israël; le peuple de Jéhovah et les fils d'Israël sont les fidèles de l'Église. Dans Hosée : « Je ne retournerai point pour détruire Éphraïm; après Jéhovah ils iront, qui comme un lion rugira, car Lui rugira; et avec honneur s'approcheront des fils (venus) de lamer; avec honneur ils arriveront, comme l'oiseau, de l'Egypte; et, comme la colombe, de la terre d'Assyrie; et je les ferai habiter sur leurs maisons. » —XI. 9,10,11. — par Éphraïm est signifiée l'Église quant à l'entendement du vrai; ce qui suit est donc dit de cette Église; aller après Jéhovah signifie adorer le Seigneur et vivre par Lui ; « qui comme un lion rugira, car Lui rugira, » signifie la défense de ceux-là par le Divin Vrai; « avec honneur s'approcheront des fils venus de la mer, » signifie que ceux qui sont dans le bien naturel s'approcheront vers l'Église; « avec honneur ils arriveront, comme l'oiseau, de l'Egypte, » signifie leur pensée naturelle d'après les scientifiques vrais, l'oiseau est la pensée, et l'Egypte est le scientifique qui est le vrai naturel; « et, comme la colombe, de la terre d'Assyrie, » signifie qu'ils auront le bien rationnel et le vrai rationnel, la colombe est le bien rationnel, et la terre d'Assyrie est l'Église quant au vrai rationnel; en effet, il y a chez l'homme un bien et un vrai naturels, comme aussi un bien et un vrai rationnels, le naturel est inférieur ou extérieur regardant le monde, le rationnel est supérieur ou intérieur conjoignant le naturel avec le spirituel; le naturel est l'Egypte, le rationnel est Aschur, et le spirituel est Israël; « et je les ferai habiter sur leurs maisons, » signifie la vie d'après la volonté du bien et d'après l'entendement du vrai; le mental humain, qui se compose de la .volonté et de l'entendement, est entendu par la maison, et vivre est signifié par habiter. Dans Amos : « Le Seigneur Jéhovih ne fera pas une chose, qu'il n'ait révélé son secret à ses serviteurs les prophètes; le lion a rugi; qui ne craindrait ? le Seigneur Jéhovih a parlé qui ne prophétiserait ? » — III. 7,8;— « le Seigneur Jéhovih ne fera pas une chose, qu'il n'ait révélé son secret à ses serviteurs les prophètes, » signifie que le Seigneur ouvre les intérieurs de la Parole et de la doctrine à ceux qui sont dans les vrais d'après le bien; par révéler le secret, il est signifié illustrer et ouvrir les intérieurs de la Parole; par les serviteurs prophètes sont signifiés ceux qui sont dans les vrais de la doctrine et qui reçoivent; « le lion a rugi; qui ne craindrait ? » signifie la puissante révélation et la manifestation du Divin Vrai ; « le Seigneur Jéhovih a parlé; qui ne prophétiserait ? » signifie la réception et la manifestation ; le Seigneur est appelé Seigneur Jéhovih, quand il s'agit du bien. Dans Zacharie : « Voix de hurlement des pasteurs, parce que dévastée a été leur magnificence; voix de rugissement des jeunes lions, parce que dévastée a été l'élévation du Jourdain. »—XI. 3; — « voix de hurlement des pasteurs, parce que dévastée a été leur magnificence, » signifie la Couleur de ceux qui enseignent, parce que le bien de l'Église a péri; sont appelés pasteurs ceux qui enseignent le vrai et qui conduisent par le vrai au bien de la vie, et la magnificence est le bien de l'Église; h voix de rugissement des jeunes lions, parce que dévastée a été l'élévation du Jourdain, «signifie la douleur, à cause de la désolation du Divin Vrai dans l'Église; sont appelés lions ceux qui sont dans les Divins Vrais, le rugissement signifie la douleur; l'élévation du Jourdain, qui a été dévastée, signifie l'Église quant au Divin Vrai introduisant. Dans Job : « Dieu rugit de sa voix, il tonne de la voix de sa majesté, et cependant il ne renverse point quand est entendue sa voix; Dieu tonne de sa voix admirablement. » — XXXVII. 4, 5; — par rugir et tonner de la voix, il est signifié la puissance et l'efficacité du Divin Vrai ou de la Parole. Dans les passages rapportés, par rugir a été signifiée dans un sens large une ardente affection de protéger le Ciel et l'Église, ou les Anges du Ciel et les hommes de l'Église, ce qui se fait en détruisant les faux du mal par le Divin Vrai et par la puissance de ce Vrai : mais, dans le sens opposé, par rugir est signifiée une ardente cupidité de perdre et de détruire l'église, ce qui se fait en détruisant le Divin Vrai par les faux du mal : rugir est dit dans ce sens dans les passages suivants; dans Jérémie : « Babel sera en monceaux, en habitacle de dragons, en stupeur et en sifflement; ensemble comme désolions ils rugiront, un rugissement ils pousseront comme des lionceaux; quand ils seront échauffés, je les mettrai en festins, et je les enivrerai, afin qu'ils bondissent, et qu'ils s'endorment d'un sommeil séculaire, et qu'ils ne se réveillent point. » — LI. 37, 38, 39; — la ruine de Babel, au point qu'il n'y ait plus en elle aucun vrai ni aucun bien, est signifiée par « Babel sera en monceaux, en habitacle de dragons, en stupeur et en sifflement;» Babel signifie ceux qui abusent des choses saintes pour dominer ; leur ardente cupidité de détruire le Divin Vrai par les faux du mal est signifiée par «ensemble comme des lions ils rugiront, un rugissement ils pousseront comme des lionceaux; » l'ardeur de ceux qui sont associés pour ce crime est signifiée par « quand ils seront échauffés, je les mettrai en festins ; » par «je les enivrerai, afin qu'ils bondissent, » il est signifié qu'ils deviendront insensés par les faux du mal ; « afin qu'ils s'endorment d'un sommeil séculaire et ne se réveillent point, «signifie qu'ils ne comprendront plus aucun vrai, et que par suite ils ne verront point la vie. Dans le Même : « Est-il esclave, Israël? est-il un né de la maison, lui? pourquoi est-il devenu une proie? contre lui rugissent déjeunes lions; ils donnent de leur voix, ils réduisent sa terre en dévastation, ses villes sont incendiées, au point qu'il n'y a pas d'habitant. » —-II. 14, 15; — « est-il esclave, Israël ? est-il un né de la maison, lui? » signifie l'Église qui avait été dans les vrais et dans les biens, et que jusqu'à présent il n'y a pas Église; Israël signifie l'Église, l'esclave ceux qui sont dans les vrais, et le né de la maison ceux qui sont dans les biens; « pourquoi est-il devenu une proie? » signifie sa dévastation; « contre lui rugissent de jeunes lions; ils donnent de leur voix, » signifie en elle la désolation du Divin Vrai par les faux du mal; « ils réduisent sa terre en dévastation, » signifie la destruction de l'Église elle-même par les maux ; « ses villes sont incendiées, au point qu'il n'y a pas d'habitant, » signifie la destruction de ses doctrinaux aussi par les maux, au point qu'il ne reste aucun bien de l'Église. Dans Ézéchiel : « II s'est levé un des petits de la lionne, jeune lion il est devenu, et il a appris à ravir la proie, les hommes il a dévoré; il a violé les veuves, et les villes il a dévasté ; et désolée a été la terre et sa plénitude par la voix de son rugissement. » — XIX. 3, 7 ; —ceci est dit de l'Église Juive, qui est entendue là par la mère des lions; par le jeune lion est signifié le faux du mal dans l'ardeur de détruire le vrai de l'Église; par ravir la proie est signifiée la destruction du vrai et du bien de l'Église; « les hommes il a dévoré; il a violé les veuves, et les villes il a dévasté, » signifie la destruction de tout entendement du vrai, excelle du bien qui désire le vrai, et aussi celle des doctrinaux; les hommes signifient l'entendement du vrai, les veuves le bien qui désire le vrai, et les villes les doctrinaux ; « désolée a été la terre et sa plénitude par la voix de son rugissement, » signifie la dévastation de l'Église, et l'extinction de tout vrai d'après la Parole par le faux du mal; la terre est l'Église; sa plénitude, ce sont les vrais de l'Église d'après la Parole, et la voix du rugissement est le faux du mal qui détruit. Dans Jérémie : « L'épée, Moi, j'appelle sur tous les habitants de la terre; c'est pourquoi, toi, tu leur diras : Jéhovah d'en haut rugira, et de l'habitacle de sa sainteté il donnera de sa voix; rugissant il rugira contre ses habitacles ; le tumulte vient jusqu'au bout de la terre, parce qu'il y a procès de Jéhovah contre les nations, en jugement il entrera avec toute chair, les impies il livrera à l'épée. » — XXV. 29, 30, 31; — ici, la vastation de l'Église est attribuée à Jéhovah, quoique les hommes en soient cause ; « l'épée, Moi, j'appelle sur tous les habitants de la terre, » signifie le faux détruisant tout vrai dans toute l'Église; « Jéhovah d'en haut rugira, et de l'habitacle de sa sainteté il donnera de sa voix, » signifie un témoignage de douleur dans le Ciel, à cause de la dévastation du Divin Vrai ; « rugissant il rugira contre ses habitacles, » signifie une douleur grave et une lamentation sur toutes les choses de l'Église; « le tumulte vient jusqu'au bout de la terre, » signifie la confusion de toutes choses depuis les premiers de l'Église jusqu'à ses derniers; « parce qu'il y a procès de Jéhovah contre les nations, en jugement il entrera avec toute chair, » signifie la visite et le jugement sur tous ceux qui sont dans les maux ; « les impies il livrera à l'épée, » signifie leur ruine d'après les faux. Dans Araos : « Jéhovah de Sion rugira, et de Jérusalem il donnera de sa voix, en sorte que dans le deuil soient les habitacles des bergers, et que se dessèche le sommet du Carmel. » — I. 2 ; — le rugissement venant de Sion signifie une douleur grave, et la voix venant de Jérusalem signifie une lamentation; le deuil des habitacles des bergers, et le dessèchement du sommet du Carmel, signifient à cause de la vastation de tous les biens et de tous les vrais de l'Église, les habitacles des bergers signifient tous les biens de l'Église, le sommet du Carmel signifie tous les vrais de l'Église, le deuil et le dessèchement signifient la vastation ; si le sommet du Carmel signifie les vrais de l'Eglise, c'est parce que dans Carmel il y avait des vignes, et que le vin signifie le vrai de l'Église. Dans Ésaïe : « La colère de Jéhovah s'est enflammée contre son peuple; il a élevé un étendard pour les nations lointaines, et il a sifflé à celui.(qui vient) de l'extrémité de la terre; il a un rugissement comme (celui) du lion, il rugit comme les jeunes lions, et il frémit et saisit la proie, et il la ravira, sans que personne ne l'arrache; et il frémira contre lui comme du frémissement de la mer, et il regardera vers la terre, et voici, ténèbres, angoisse, et la lumière s'obscurcit dans ses ruines. » — V. 25 à 30 ; — ici aussi, le rugissement comme celui d'un lion, et comme celui des jeunes lions, signifie une douleur et une lamentation sur la vastation du Divin Vrai dans l'Église par les faux du mal; « il saisit la proie sans que personne ne l'arrache, » signifie la délivrance et la salvation de ceux qui sont dans les vrais d'après le bien; la vastation elle-même est décrite par « voici, ténèbres, angoisse, et la lumière s'obscurcit dans ses ruines; » les ténèbres sont les faux, l'angoisse est le mal, la lumière obscurcie est le Divin Vrai évanoui, et les ruines signifient une subversion totale. Dans David : « L'ennemi a tout détruit dans le sanctuaire, tes ennemis ont rugi au milieu de ta fête. » —Ps. LXXIV. 3, 4;— l'ennemi signifie le mal provenant de l'enfer; le sanctuaire est l'Église, et la fête le culte; de là, on voit clairement ce qui est signifié par ces paroles en série. Que le rugissement signifie une grave lamentation provenant d'une douleur de cœur, on le voit par ces passages, dans David : « Quand je me suis tu, mes os ont vieilli, par mon rugissement tout le jour. « — Ps. XXXII. 3. — Dans le Même: « Je suis affaibli et brisé extrêmement, j'ai rugi, à cause du rugissement de mon cœur. » — Ps. XXXVIII. 9. — Et dans Job : « Avant le pain mon soupir vient, et comme des eaux se répandent mes rugissements. » — III. 24.
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