| Apocalypse Expliquée 405. 405. Et toute montagne et toute ile furent remuées de leurs places, signifie que tout bien de l'amour et tout vrai de la foi périrent : on le voit par la signification de la montagne, en ce qu'elle est le bien de l'amour envers le Seigneur, ainsi qu'il va être montré; par la signification de l’île, en ce qu'elle est le vrai de la foi, comme il sera montré dans l'Article suivant; et par la signification d'être remué de sa place, en ce que c'est être emporté et périr, parce qu'il est entendu le bien de l'amour et le vrai de la foi; car lorsque ce bien et ce vrai sont remués de leurs places, les maux et les faux surviennent, et les biens et les vrais périssent par les maux et par les faux. Si la Montagne signifie le bien de l'amour, c'est parce que dans le Ciel sur les montagnes habitent ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et sur les collines ceux qui sont dans la charité à l'égard du prochain, ou, ce qui est la même chose, sur les montagnes habitent ceux qui sont du Royaume céleste du Seigneur, et sur les collines ceux qui sont de son Royaume spirituel, et le Royaume céleste est distingué du Royaume spirituel en ce que ceux qui sont du Royaume céleste sont dans l'amour envers le Seigneur, et que ceux qui sont du Royaume spirituel sont dans la charité à l'égard du prochain ; mais sur les uns sur les autres, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER les Nos 20 à 28 ; de là vient que par la Montagne est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur. Si le bien de l'amour envers le Seigneur est abstractivement entendu par la Montagne, c'est parce que toutes les choses qui sont dans le sens interne de la Parole sont spirituelles, et que les choses spirituelles doivent être entendues abstraction faite des personnes et des lieux ; c'est même pour cela que les Anges, parce qu'ils sont spirituels, pensent et parlent en faisant cette abstraction, et c'est par là qu'ils ont la sagesse et l'intelligence ; en effet, l'idée des personnes et des lieux limite la pensée, car elle la fixe sur les personnes et sur les lieux, et ainsi elle la limite; cette idée de la pensée est proprement naturelle, mais l'idée, abstraction faite des personnes et des lieux, s'étend dans le Ciel de tout côté, et n'est pas limitée autrement que la vue de l'œil quand on regarde le ciel sans interposition d'aucun objet, une telle idée est proprement spirituelle ; c'est de là que par la montagne dans le sens spirituel de la Parole il est signifié le bien de l'amour : il en est de même de la signification de la terre, en ce qu'elle est l’Eglise; car en faisant abstraction des lieux et aussi des nations et des peuples sur la terre, l'idée est portée sur l'Église dans ces lieux ou chez ces nations et ces peuples, celle-ci par conséquent est signifiée par la terre dans la Parole : il en est de même des autres choses qui sont exprimées dans le sens naturel de la Parole, par exemple, des collines, des rochers, des vallées, des fleuves, des mers, des villes, dés maisons, des jardins, des forêts, etc. Que la Montagne signifie l'amour envers le Seigneur, et par suite tout bien qui en procède, lequel est appelé bien céleste, et que dans le sens opposé elle signifie l'amour de soi, et par suite tout mal qui en provient, on le voit par les passages suivants dans la Parole ; dans Amos : « Dispose-toi envers ton Dieu, Israël! car voici le formateur des montagnes, et le créateur de l'esprit, et celui qui déclare à l'homme quelle (est) sa pensée. » — IV. 12, 13; — Dieu est dit formateur des montagnes, parce que les montagnes signifient les biens de l'amour, et le créateur de l'esprit, parce que l'esprit signifie la vie d'après ces biens; et comme par eux il donne à l'homme l'intelligence, il est ajouté, « et qui déclare à l'homme quelle est sa pensée; » en effet, l'intelligence que possède l'homme vient de sa pensée qui influe du Seigneur par le bien de l'amour dans sa vie; ici par conséquent déclarer, c'est influer. Dans David : « Dieu qui affermit les montagnes par sa force, qui est ceint de puissance. » --- Ps. LXV. 7; — ici aussi par les montagnes sont signifiés les biens de l'amour; le Seigneur affermit ces biens dans le Ciel et dans l'Église par son Divin Vrai qui a toute puissance, c'est pour cela qu'il est dit, « qui affermit les montagnes par sa force, qui est ceint de puissance; » par la Force de Dieu dans la Parole il est signifié le Divin Vrai, et par la Puissance, quand il s'agit du Seigneur, toute puissance ou la toute-puissance : que le Divin Vrai qui procède du Seigneur ait toute puissance, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 228 à 233, et ci-dessus, Nos 209, 333; et que la puissance, quand il s'agit du Seigneur, soit la toute-puissance, on le voit, N° 338. Dans le Même : « Je lève mes yeux vers les montagnes, d'où vient mon secours. » — Ps. CXXI. 1 ; --- par les montagnes ici sont entendus les Cieux ; et comme, dans les Cieux, sur des montagnes et des collines habitent ceux qui sont dans les biens de l'amour et de la charité, ainsi qu'il vient d'être dit, et que le Seigneur est dans ces biens, c'est pour cela que par lever les yeux vers les montagnes il est entendu aussi les lever vers le Seigneur, de qui vient tout secours : quand il est dit au pluriel les montagnes, il est entendu et les montagnes et les collines, par conséquent tant le bien de l'amour envers le Seigneur que le bien de la charité à l'égard du prochain. Dans Ésaïe : « II y aura sur toute montagne haute, et sur toute colline élevée, des ruisseaux, des conduits d’eaux, » au jour du grand carnage quand tomberont les tours. » — XXX. 25 ; --- le Jugement dernier, dont il s'agit dans ce passage, est entendu par le jour du grand carnage quand tomberont les tours, le grand carnage est la destruction des méchants, les tours qui tomberont sont les faux de la doctrine qui proviennent l'amour de soi et du monde; si ces faux sont signifiés par les tours, c'est d'après les apparences dans le Monde spirituel, car ceux qui cherchent à dominer par les choses qui sont de l'Église s'y bâtissent des tours sur des lieux élevés, voir à ce sujet dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, les Nos 56, 58 ; par « il y aura sur toute montagne haute, et sur toute colline élevée, des ruisseaux, des conduits d'eaux, » il est signifié qu'alors ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur et dans la charité à l'égard du prochain sont élevés dans le Ciel, et sont remplis d'intelligence et de sagesse; la montagne haute signifie où résident ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et la colline élevée où résident ceux qui sont dans la charité à l'égard du prochain, les ruisseaux signifient la sagesse, et les conduits d'eaux l'intelligence, car les eaux sont les vrais d'àprès lesquels il y a intelligence et sagesse. Dans Joël : « Il arrivera, en ce jour-là, que les montagnes distilleront du moût, et les collines couleront en lait, et tous les ruisseaux de Jéhovah couleront en eaux. » — IV. 18; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et aussi du nouveau Ciel et de la nouvelle terre alors; et par les montagnes qui distilleront le moût, il est entendu que du bien de l'amour envers le Seigneur procède tout vrai ; les collines qui couleront en lait, il est entendu que du bien de la charité à l'égard du prochain procède la vie spirituelle, et par tous les ruisseaux de Jehudah qui couleront en eaux, il est entendu que chacune des choses de la Parole procèdent des vrais par lesquels il y a l'intelligence; mais on peut voir ce passage plus amplement expliqué ci-dessus, N° 370. Dans Nahum : « Voici sur les montagnes les pieds du messager de bonne nouvelle, qui fait entendre la paix. » — II. 1 : — dans Ésaïe : « Qu'ils sont agréables sur les montagnes les pieds du messager de bonne nouvelle, qui fait entendre la paix. » qui dit à Sion : I1 règne, ton Roi. » — LII. 7; --- dans le Même : « Sur une montagne élevée monte, messagère de bonne nouvelle, Sion ! élève avec force ta voix, messagère de bonne nouvelle, Jérusalem! » — XL. 9; — ces paroles ont été dites de l'avènement du Seigneur, et alors de la salvation de ceux qui sont dans le bien de l'amour envers Lui, et par suite, d'après la Parole, dans les vrais de la doctrine; et parce qu'il s'agit de leur salvation, il est dit, « voici sur les montagnes les pieds de celui qui annonce la paix, » et « sur une montagne élevée monte, messagère de bonne nouvelle, Sion ! » par annoncer la paix, il est signifié prêcher l'avènement du Seigneur, car par la paix il est signifié dans le sens suprême le Seigneur, et dans le sens interne tout bien et tout vrai procédant du Seigneur, voir ci-dessus, N° 365 ; et par Sion messagère de bonne nouvelle, il est entendu l'Église qui est dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et par Jérusalem messagère de bonne nouvelle l'Église qui par suite, d'après la Parole, est dans les vrais de la doctrine. Dans Ésaïe : « Je disposerai toutes mes montagnes pour chemin, et mes sentiers seront élevés : chantez, Cieux! et bondis, terre! et retentissez, montagnes, par le chant, parce que Jéhovah a consolé son peuple. » — XLIX. 11, 13; — par les montagnes, au pluriel, il est entendu et les montagnes et les collines, ainsi tant le bien de l'amour que le bien de la charité; les montagnes et les collines qui seront disposées pour chemin, et les sentiers qui seront élevés, signifient que ceux qui sont dans ces biens seront dans les vrais réels, être disposé pour chemin signifie être dans les vrais, et être élevé, quand il s'agit des sentiers, signifie être dans les vrais réels, car les chemins et les sentiers signifient les vrais, lesquels sont dits élevés à cause du bien, et les vrais qui procèdent du bien sont les vrais réels; la joie du cœur qu'ils en ressentiront est signifiée par « chantez, Cieux! bondis, terre! » la joie interne par « chantez, Cieux! » et la joie externe par « bondis, terre! » les confessions produites par la joie qui tire son origine du bien de l'amour sont signifiées par « retentissez, montagnes, par le chant; » que ce soit à cause de la réformation et de la régénération, cela est signifié par « parce que Jéhovah a consolé son peuple; » qu'ici il ne soit pas entendu des montagnes dans le monde, cela est évident, car alors qu'est-ce que ce serait que des montagnes disposées pour chemin, des sentiers élevés, et des montagnes qui retentissent par le chant ? Dans le Même : « Chantez, Cieux! éclatez en jubilation, lieux inférieurs de la terre! retentissez, montagnes, par le chant, forêt et tout arbre qui est! parce que Jéhovah a racheté Jacob et en Israël s'est montré glorieux. » —XLIV. 23 ; — par « chantez, Cieux ! éclatez en jubilation, lieux inférieurs de la terre! retentissez, montagnes, par le chant, » il est signifié les mêmes choses que ci-dessus; mais ici par les montagnes sont signifiés les biens de la charité ; c’est même pour cela qu'il est dit, « forêt et tout arbre qui y est, » car par la forêt il est entendu l'homme externe ou naturel quant à toutes les choses qui lui appartiennent, et par tout arbre il est entendu le cognitif et le scientifique dans l'homme naturel; leur réformation est signifiée par « Jéhovah a racheté Jacob et en Israël s’est montré glorieux, » par Jacob et par Israël il est entendu l’Église externe et l'Église interne, ainsi l'externe et l'interne chez ceux dans lesquels il y a l'Église. Dans le Même : « Les montagnes et les collines retentiront de chant, et tous les arbres du champ applaudiront de la main. » — LV. 12 ; — dans David : « Louez Jéhovah! montagnes et collines, arbre à fruit, et tous cèdres. » — Ps. CXLVIII. 9 ; — dans ces passages est décrite la joie du cœur provenant du bien de l'amour et de la charité, et les montagnes, les collines, les arbres et les cèdres sont dits retentir par le chant, applaudir de la main et louer, parce que eux sont signifiés les biens et les vrais qui font les joies chez l’homme; en effet, l'homme se réjouit non pas d'après lui-même, mais d'après les biens et les vrais qui sont chez lui; ces choses se réjouissent, parce qu'elles donnent de la joie à l'homme. Dans Esaïe: « Qu'ils élèvent la voix, le désert et ses villes, et les villages qu’habite l’Arabie! qu'ils chantent, les habitants du rocher! du sommet des montagnes ils crient ! » — XLII. 11 ; — le désert est signifié l'obscur du vrai, par ses villes sont signifiés les doctrinaux, par les villages les connaissances et les scientifiques naturels, par l'Arabie est signifié l'homme naturel, car l'arabe dans le désert est l'homme naturel, par les habitants du rocher sont signifiés les biens de la foi ou ceux qui sont dans les biens de la foi, par le sommet des montagnes est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur; de là on voit clairement ce que signifient ces choses en ordre, à savoir, la confession et le culte joyeux d'après le bien de l'amour dans les choses qui ont été rapportées; car crier du sommet des montagnes, c'est rendre un culte d'après le bien de l'amour. Dans David : « Montagne de Dieu, la montagne de Baschan; montagne de collines, la montagne de Baschan; pourquoi sautez-vous, montagnes, collines de la montagne, que Dieu désire habiter? même Jéhovah y habitera à perpétuité. » — Ps. LXVIII. 16,17; — par la Montagne de Baschan est signifié le bien volontaire, tel qu'il est chez ceux qui sont dans les externes de l'Église; car Baschan était une contrée au-delà du Jourdain, qui avait été donnée en héritage à la demi-tribu de Manassé, voir Josué, XIII. 29 à 32, et par Manassé est signifié le Bien volontaire de l'homme externe ou naturel ; ce bien volontaire est le même que le bien de l'amour dans l'homme externe, car tout bien de l'amour appartient à la volonté, et tout vrai de ce bien appartient à l'entendement; c'est pourquoi par Éphraïm son frère il est signifié le vrai intellectuel de ce bien : puisque par la montagne de Baschan est signifié ce bien, il en résulte que par les collines de cette montagne sont signifiés les biens en acte : comme la volonté agit, car tout l'actif du mental (animus) et du corps procède de la volonté, de même que tout l'actif de la pensée et du langage procède de l'entendement, c'est pour cela que la joie qui tire son origine du bien de l'amour est décrite et entendue par tressaillir et sauter; de là on voit clairement ce qui est signifié par « montagne de Dieu, la montagne de Baschan ; montagne de collines, la montagne de Baschan ; pourquoi sautez-vous, montagnes, collines de la montagne? » comme le Seigneur chez l'homme habite dans son bien volontaire, d'où proviennent les biens en acte, c'est pour cela qu'il est dit, « que Dieu désire habiter, même Jéhovah y habitera à perpétuité. » Dans le Même : « Jehudah devint le sanctuaire de Jéhovah, et Israël ses domaines; la mer (le) vit et s'enfuit; le Jourdain se retourna en arrière; les montagnes sautèrent comme des béliers, les collines comme des fils du troupeau : qu’avais-tu, mer! pour t'enfuir? Jourdain! pour te retourner arrière? montagnes! pour sauter comme des béliers? collines ! comme des fils au troupeau? Par devant le Seigneur tu es en travail d'enfant, ô terre! par devant le Dieu de Jacob, qui change le rocher en étang d'eaux, le caillou en fontaine d'eaux. » — Ps. GXIV. 2 à 7; — ainsi est décrite la sortie fils d'Israël de l'Egypte; cependant, sans l'explication par le sens interne, personne ne peut savoir ce que signifient ces paroles, qu’alors les montagnes sautèrent comme des béliers, et les collines comme des fils du troupeau; ni ce qui est entendu par celles-ci, « la mer le vit et s'enfuit, et le Jourdain se retourna en arrière; » c'est pourquoi elles vont être expliquées : Dans le sens interne il est entendu l'instauration de l'Église ou la régénération des hommes de l’Eglise, car l'Église qui devait être instaurée est signifiée par les fils d'Israël, l'instauration par leur sortie, la dissipation des maux par le passage à travers la mer de Suph, de laquelle il est dit ; qu’elle s'enfuit, et l'introduction dans l'Église par le passage du Jourdain, duquel il est dit qu'il se retourna; mais arrivons à l'explication de chaque partie : « Jehudah devint le sanctuaire de Jéhovah et Israël ses domaines, » signifie que le bien de l'amour envers le Seigneur est le saint même du Ciel et de l'Église, et que le vrai qui procède de ce bien est ce par quoi il y a direction; en effet, par Jehudah est signifié le bien céleste qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, par le sanctuaire le saint même du Ciel et de l’Eglise, par Israël le bien spirituel qui est le vrai d'après ce bien, lequel il y a direction, car au Divin Vrai qui procède du Divin appartient toute direction du Seigneur; par « la mer le vit et s’enfuit, le Jourdain se retourna en arrière, » il est signifié qu'après la dissipation des maux et des faux, qui étaient dans l'homme naturel, sont survenus les vrais scientifiques et les connaissances vrai et du bien : « les montagnes sautèrent comme des béliers, collines comme des fils du troupeau, » signifie que le bien céleste qui est le bien de l'amour, et le bien spirituel qui est le vrai d’après ce bien, font des biens ou produisent l'effet d'après la joie ; les montagnes signifient le bien de l'amour, les collines les biens de la charité, qui, dans leur essence, sont les vrais d'après ce bien ; sauter, parce qu'il se dit des montagnes et des collines, signifie faire des biens d'après la joie ; il est dit comme des béliers et comme des fils du troupeau, parce que les béliers signifient les biens de la charité, et les fils du troupeau les vrais qui en procèdent : l'instauration de l'Église par eux, ou la régénération des hommes de l'Église, est signifiée par « par devant le Seigneur tu es en travail d'enfant, ô terre! par devant le Dieu de Jacob, qui change le rocher en étang d'eaux, et le caillou en fontaine d'eaux ; » la terre est l'Église, et elle est dite en travail d'enfant quand l'Eglise est instaurée, ou quand l'homme de l'Église est engendré de nouveau ; il est dit par devant le Seigneur et par devant le Dieu de Jacob, parce que dans la Parole quand il s'agit du bien de l'amour le Seigneur est appelé Seigneur, et quand il s'agit des biens en acte, Dieu de Jacob : la régénération par les vrais d'après le bien est signifiée par « il change le rocher en étang d'eaux, et le caillou en fontaine d'eaux ; » par l'étang d'eaux sont signifiées les connaissances du vrai, et par la fontaine d'eaux est signifiée la Parole d'où proviennent ces connaissances; par le rocher il est signifié l'homme naturel quant au vrai avant la réformation, et par le caillou l'homme naturel quant au bien avant la réformation. Dans le Même : « Un cep d'Egypte tu as fait partir, tu as chassé les nations, et tu l'as planté, couvertes ont été les montagnes de son ombre, et de ses sarments les cèdres de Dieu. » — Ps. LXXX. 9,11 ; — par le cep d'Egypte est signifiée l'Église spirituelle, qui commence chez l'homme par les scientifiques et les connaissances dans l'homme naturel; le cep est l'Église spirituelle, et l'Egypte est le scientifique qui est dans l'homme naturel ; par « tu as chassé les nations, et tu l'as planté, » il est signifié qu'après que les maux en eurent été chassés l'Église a été instaurée; les nations sont les maux, et planter le cep, c'est instaurer cette Église: par « couvertes ont été les montagnes de son ombre, et de ses sarments les cèdres de Dieu, » il est signifié qu'elle est tout entière d'après les biens et les vrais spirituels, les montagnes sont les biens spirituels, et les cèdres de Dieu les vrais spirituels : que la sortie des fils d'Israël de l'Egypte, et leur introduction dans la terre de Canaan, d'où les nations furent chassées, soient entendues par ces paroles, cela est évident; mais toujours est-il que par ces mêmes paroles dans le sens interne sont entendues les choses qui ont été expliquées; il n'a pas été représenté ni signifié autre chose par l'introduction des fils d'Israël dans la terre de Canaan et par l'expulsion des nations; car tous les Historiques de la Parole enveloppent des spirituels, tout aussi bien que ses Prophétiques. Dans Ésaie : « Toutes les montagnes qui avec le sarcloir seront sarclées, là ne viendra pas la crainte de la ronce et de l'épine, mais le bœuf y sera envoyé, et la brebis les foulera. » — VII. 25; --- par les montagnes qui avec le sarcloir seront sarclées, il est entendu ceux qui font les biens d'après l’amour du bien; quant à ce qui est signifié par les autres expressions, voir ci-dessus, N° 304, où elles ont été expliquées. Dans Même : « Je ferai sortir de Jacob une semence, et de Jehudah un héritier de mes Montagnes, afin que mes élus en aient la possession, et que mes serviteurs y habitent. » — LXV.9; — par Jacob et par Jehudah il est signifié l'Église, par Jacob l'Église externe qui est dans les connaissances du bien et du vrai, et par Jehudah l'Église interne qui est dans le bien de l'amour envers le Seigneur, c'est pourquoi par la semence sortie de Jacob il est signifié les connaissances du bien et du vrai, et par suite ceux qui sont dans ces connaissances; par les montagnes, dont ceux de Jehudah seront héritiers, il est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, et par suite ceux qui sont dans ce bien; par les élus qui auront la possession des montagnes sont signifiés ceux qui sont dans le bien, et par les serviteurs ceux qui sont dans les vrais d'après le bien. Dans Jérémie : « Je ramènerai les fils d'Israël sur leur terre; voici, je vais envoyer vers plusieurs pêcheurs qui les pécheront, et j'enverrai vers plusieurs chasseurs qui en feront la chasse de dessus toute montagne, et de dessus toute colline, et des creux des rochers. » — XVI. 15, 16; — là, il s'agit de l'instauration de la nouvelle Église, qui était présentée et signifiée par le retour des Juifs de la captivité, de la terre de Babylone dans la terre de Canaan ; celui qui ne sait pas ce que signifie pécher et faire la chasse, ni ce que signifient la montagne, la colline et les creux des rochers, ne recueillera de ces paroles qu'un sens qui toutefois n'est point saisi ; par « j'enverrai des pécheurs qui les pêcheront, et des chasseurs qui en feront la chasse, » il est signifié que l'Église doit être instaurée avec ceux qui sont dans le bien naturel et avec ceux qui sont dans le bien spirituel; rassembler ceux qui sont dans le bien naturel est entendu par envoyer des pêcheurs qui les pêcheront, et rassembler ceux qui sont dans le bien spirituel est entendu par envoyer des chasseurs qui en feront la chasse : comme ce sont eux qui sont entendus, il est dit aussi, « de dessus toute montagne, et de dessus toute colline, et des creux des rochers; » par ceux qui sont sur la montagne il est entendu ceux qui sont dans le bien de l'amour, par ceux qui sont sur la colline, ceux qui sont dans le bien de la charité, et par ceux qui sont dans les creux des rochers, ceux qui sont dans les choses obscures du vrai. Dans Ézéchiel : « Vous, Montagnes d'Israël, vous donnerez votre rameau, et votre fruit vous porterez pour mon peuple d'Israël, parce qu'ils sont prêts à venir. » — XXXVI. 8 ; --- par les montagnes d'Israël sont signifiés les biens de la charité; par « vous donnerez votre rameau, et votre fruit vous porterez, » il est signifié que de ces biens procéderont les vrais de la foi et les biens de la vie; la branche est le vrai de la foi, et le fruit est le bien de la vie. Dans Amos : « Voici, les jours viennent, que celui qui laboure atteindra celui qui moissonne, et celui qui foule les raisins celui qui répand la semence, et les montagnes distilleront le moût, et toutes les collines (en) découleront, car je ramènerai la captivité de mon peuple. » — IX. 13, 14 ; — ce qui est signifié par ces paroles, on le voit ci-dessus, N° 376, où elles ont été expliquées; les montagnes sont dites distiller le moût, et les collines en découler, parce que par les montagnes il est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, par les collines le bien de la charité à l'égard du prochain, et par le moût les vrais ; et ainsi, par ces paroles, que d'après l'un et l'autre bien ils auront les vrais en abondance; car par le retour du peuple de la captivité, auquel s'appliquent ces paroles, il est signifié l'instauration de la nouvelle Église. Dans David : « Jéhovah ! ta justice (est) comme les montagnes de Dieu, tes jugements (sont) comme un abîme grand. » — Ps. XXXVI. 7; — comme dans la Parole la justice se dit du bien, et que le jugement se dit du vrai, c'est pour cela qu'il est dit que la justice de Jéhovah est comme les montagnes de Dieu, et que ses jugements sont comme un abîme grand; en effet, les montagnes de Dieu signifient le bien de la charité, et l'abîme signifie les vrais dans le commun, qui sont appelés vrais de la foi ; que la justice se dise du bien, et que le jugement se dise du vrai, on le voit, Nos 2235, 9857. Dans le Même : « Jéhovah a fondé la terre sur ses bases; de l'abîme comme d'un vêtement tu l'as voilée; sur les montagnes se tiennent les eaux; à ta menace elles s'enfuient à voix de ton tonnerre elles se retirent; les montagnes montent, les vallées descendent au lieu que tu leur as fondé; une limite (aux eaux) tu as posé pour qu'elles ne (la) dépassent point, qu'elles ne reviennent point pour couvrir la terre; il envoie les fontaines en torrents; entre les montagnes qu'elles aillent. Il arrose les montagnes de ses chambres hautes; du fruit de tes œuvres est rassasiée la terre. » — Ps. CIV. 5 à 10, 13; — par ces paroles, entendues dans le sens spirituel, est décrit le progrès de la régénération, ou de la formation de l'Église chez l'homme; et par « il a fondé la terre sur ses bases, » il est signifié que c'est l'Église chez l'homme avec ses limites et ses clôtures; par « de l'abîme comme d'un vêtement tu l'as voilée, » il est signifié que ses intérieurs, où résident les spirituels de l'Église, ont entourés par les scientifiques dans l'homme naturel, l'abîme signifie les scientifiques dans le commun, et le vêtement signifie les vrais scientifiques qui environnent et revêtent; par « sur les montagnes se tiennent les eaux, » il est signifié que les faux sont sur les plaisirs des amours naturels, plaisirs qui en eux-mêmes sont des maux, les montagnes sont les maux de ces amours, et les eaux sont les faux qui en proviennent; par « à ta menace elles s'enfuient, à la voix de ton tonnerre elles se retirent, » il est signifié que les faux sont dissipés par les vrais, et les maux par les biens qui procèdent du Ciel ; par « les montagnes montent, et les vallées descendent, au lieu que tu leur as fondé, » il est signifié qu'à la place des amours naturels et des maux provenant de ces amours sont introduits les amours célestes et les biens qui en proviennent, et qu'à la place des faux sont mis des vrais communs; par « une limite aux eaux tu as posé pour qu'elles ne la dépassent point, elles ne reviennent point pour couvrir la terre, » il est signifié que les faux et les maux sont tenus au dehors, séparés des vrais et des biens, et limités pour qu'ils ne réinfluent point et ne détruisent point; par « il envoie les fontaines en torrents; entre les montagnes qu'elles aillent, » il est signifié que le Seigneur d'après les vrais de la Parole donne l'intelligence, dont toutes les choses existent d'après les biens de l'amour céleste, par les fontaines sont signifiés les vrais de la Parole; par les fontaines envoyées en torrents est signifiée l'intelligence procédant de ces vrais, et par « entre les montagnes qu'elles aillent, » il est signifié que c'est d'après les biens de l'amour céleste, les montagnes sont ces biens; par « il arrose les montagnes de ses chambres hautes, » il est signifié que ce sont tous les biens au moyen des vrais procédant du Ciel ; arroser se dit des vrais, parce que les eaux sont les vrais, les montagnes sont les biens de l'amour, et les chambres hautes sont les cieux d'où ils procèdent; par « du fruit de tes œuvres est rassasiée la terre, » il est signifié que d'après l'opération Divine l'Église croît continuellement chez l'homme; le fruit des œuvres, quand cela se dit du Seigneur, est l'opération Divine, et la terre est chez l'homme l'Église, de la formation de laquelle il a été traité, et elle est dite rassasiée par un continuel accroissement : ce sont là les arcanes qui ont été enveloppés dans ces paroles; mais qui est-ce qui voit ces arcanes, à moins de les savoir d'après le sens interne, et à moins d'être dans les connaissances, ici, dans la connaissance concernant l'homme interne et l'homme externe, et concernant les biens et les vrais qui font l'Église en eux? Dans Zacharie : « Je levai les yeux et je vis, et voici, quatre chars sortant d'entre des montagnes, et ces montagnes, montagnes d'airain. » — VI. 1 ; — dans ce Chapitre il s'agit de la nouvelle Église qui devait être instaurée chez les nations, car il s'agit du nouveau Temple, par lequel est signifiée la nouvelle Église; par les chars sortant d'entre des montagnes est signifiée la doctrine qui doit être formée d'après le bien par les vrais; les chars signifient les doctrinaux, les montagnes les biens de l'amour, d'entre les montagnes signifie les vrais d'après les biens, car les vallées qui sont entre les montagnes signifient les vrais inférieurs, qui sont les vrais de l'homme naturel : afin qu'on sache que par les Montagnes sont signifiés les biens de l'homme naturel, il est dit, « et ces montagnes, montagnes d'airain; » l'airain signifie le bien de l'homme naturel. Dans Zacharie : « Jéhovah sortira et combattra contre les nations; ses pieds se tiendront en ce jour-là sur la montagne des oliviers devant les faces de Jérusalem, à l'orient; et sera fendue la montagne des oliviers, une partie vers le levant, et l'autre vers la mer, par une vallée grande, et se retirera une partie de la montagne vers le septentrion, et une partie vers le midi; alors vous fuirez par la vallée de mes montagnes, et s'étendra la vallée des montagnes vers Asal. » --- XIV. 3, 4, 5 ; — ces choses ont été dites du Jugement dernier qui a été fait par le Seigneur quand il était dans le Monde; car le Seigneur, quand il était dans le Monde, a remis toutes choses en ordre dans les Cieux et dans les enfers, c'est pour cela qu'il a fait alors le Jugement sur les méchants et sur les bons; c'est ce Jugement qui est entendu dans la Parole de l'Ancien Testament par le jour d'indignation, de colère, d'emportement, de vengeance de Jéhovah, et par l’année des rétributions; sur ce Jugement voir dans l'Opuscule DU JUGEMENT DERNIER, le N° 46 : que dans ce Chapitre il s'agisse de l'avènement du Seigneur, et du Jugement qu'il fit alors on le voit là clairement par ces paroles : « Alors il viendra, Jéhovah mon Dieu; tous les Saints avec Toi; et il arrivera en ce jour-là qu'il n'y aura point lumière, (ni) splendeur, mais resserrement; et ce sera en un jour qui sera connu de Jéhovah, (lequel sera) non pas jour ni nuit, parce que vers le temps du soir il y aura lumière. » — Vers. 5, 6, 7; --- le temps du soir est le dernier temps de l'Église, quand se fait le Jugement; alors c’est le soir pour les méchants, mais c'est la lumière pour les bons : quand premièrement on sait ces choses, on voit ensuite clairement par le sens spirituel ce que signifie chacune des expressions du passage précédent, à savoir, par « Jéhovah sortira et combattra contre les nations, » il est signifié le Jugement dernier sur les méchants, sortir et combattre c'est faire le Jugement, et les nations sont les méchants; par « ses pieds se tiendront sur la montagne des oliviers devant les faces de Jérusalem, à l'orient, » il est signifié que c'est d’après le Divin Amour par les Divins Vrais procédant de son Divin Bien ; car la montagne des oliviers quand il s'agit du Seigneur; signifie le Divin Amour, Jérusalem l'Église quant aux vrais et par suite les Divins Vrais de l'Église, et l'orient le Divin Bien : par « sera fendue la montagne des oliviers, une partie vers le levant et l'autre vers la mer, par une vallée grande, » il est signifié la séparation de ceux qui sont dans le bien d'avec ceux qui sont dans le mal; car la montagne des oliviers, ainsi qu'il a été dit, est le Divin Amour; le levant, c'est où demeurent ceux qui sont dans le Divin bien ; et la mer, où demeurent ceux qui sont dans le mal ; en effet, une mer dans la plage occidentale du Monde spirituel fait séparation : par « se retirera une partie de la montagne vers le septentrion, et une partie vers le midi, » il est signifié la séparation de ceux qui sont dans les faux du mal d'avec ceux qui sont dans les vrais du bien; le septentrion, c'est où demeurent ceux qui sont dans les faux du mal parce qu'ils sont dans les ténèbres; et le midi, où demeurent ceux qui sont dans les vrais du bien parce qu'ils sont dans la lumière : par« alors vous fuirez par la vallée de mes montagnes, » il est signifié qu'alors ceux qui sont dans les vrais d'après le bien seront délivrés; fuir signifie être délivré, la vallée des montagnes signifie où sont ceux qui sont dans les connaissances du vrai et par suite dans les vrais d'après le bien, car dans les vallées habitent ceux qui sont dans les connaissances du vrai, et sur les montagnes ceux qui sont dans le bien : et par « la vallée des montagnes s'étendra jusqu'à Asal, » il est signifié la séparation d'avec les faux du mal; car Asal signifie la séparation et la délivrance. Comme la Montagne des oliviers, qui était devant Jérusalem à l'orient, signifiait le Divin Amour, et que Jérusalem à l'orient signifiait le Divin Vrai procédant du Divin Bien, comme il vient d'être rapporté, c'est pour cela que le Seigneur avait coutume de demeurer sur cette Montagne, comme on le voit dans Luc : « Jésus était pendant le jour dans le Temple, enseignant; mais les nuits, sortant, il les passait sur la Montagne appelée des oliviers. » — XXI. 37. XXII. 39. Jean, VIII. 1 : --- et là il parla à ses disciples de son Avènement et de la Consommation du siècle, c'est-à-dire, du Jugement Dernier, — Matth. XXIV. 3 et suiv. Marc, XIII. 3 et suiv. : — et aussi de là il alla à Jérusalem et souffrit , — Matth. XXI. 1. XXVI. 30. Marc, XI. 1. XIV. 26. Luc, XIX. 29, 37. XXI. 37. XXII. 39; --- et par là il était signifié qu'il faisait toutes choses d'après le Divin Amour, car la Montagne des oliviers signifiait cet Amour; en effet, tout ce que le Seigneur a fait dans le Monde, représentait, et tout ce qu'il a dit, signifiait. Si, lorsqu'il était dans le monde, il a été dans les représentatifs et dans les significatifs, c'était pour qu'il fût dans les derniers du Ciel et de l'Église et en même temps dans les premiers, et pour qu'ainsi il gouvernât et disposât les derniers d'après les premiers, et tous les intermédiaires d'après les premiers par les derniers; les représentatifs et les significatifs sont dans les derniers. Comme la Montagne signifiait le bien de l'amour, et quand il s'agit du Seigneur, le Divin Bien du Divin Amour, et que de ce Bien procède le Divin vrai, c'est pour cela que Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, descendit sur la Montagne de Sinaï et promulgua la Loi; on lit, en effet, qu'« Il descendit sur cette Montagne, au Sommet de la Montagne. » — Exod. XIX. 20. XXIV. 17; — et qu'il y promulgua la Loi, — Exod. XX; --- de là aussi, dans la Parole, par Sinaï est signifié le Divin Vrai d'après le Divin Bien, pareillement par la Loi qui y fut promulguée. Et c'est aussi pour cela que « Le Seigneur prit Pierre, Jacques et Jean, et les mena sur une haute Montagne, quand il fut transfiguré. » — Matth. XVII. 1. Marc, IX. 2; — et, lorsqu'il fut transfiguré, il apparut dans le Divin Vrai d'après le Divin Bien, car sa Face qui était comme le Soleil représentait le Divin Bien, et son Vêtement était était comme la lumière représentait le Divin Vrai, et Moïse et Elie, qui apparurent, signifiaient la Parole qui est le Divin Vrai d'après le Divin Bien. Comme la Montagne signifiait le Bien de amour, et dans le sens suprême le Divin Bien, et que du Divin bien procède le Divin Vrai, c'est pour cela que la Montagne de Sion était édifiée au-dessus de Jérusalem, et que dans la Parole par la Montagne de Sion est signifiée l'Église qui est dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et par Jérusalem l'Église qui est dans les vrais d'après ce bien, ou l'Église quant à la doctrine; c'est encore pour cela que Jérusalem est appelée Montagne de sainteté, et aussi Colline, car par la Montagne de sainteté est signifié le bien spirituel qui dans son essence est le Vrai d'après le bien, de même que par la colline, comme on peut voir par les passages suivants; dans Esaïe : « Il arrivera, dans la postérité des jours, que la Montagne de Jéhovah sera établie en tête des montagnes, et élevée au-dessus des collines; et vers elle afflueront toutes les nations, et iront plusieurs peuples, et ils diront : Venez, montons à la Montagne de Jéhovah, à la maison du Dieu de Jacob. » — II. 2, 3; — dans le Même : « En ce jour-là, il sera sonné d'une trompette grande, et ils viendront, ceux qui sont perdus dans la terre d'Aschur, et ceux qui ont été expulsés dans la terre d'Egypte, et ils se prosterneront devant Jéhovah dans la Montagne de sainteté, dans Jérusalem. » — XXVII. 13; — dans Joël : « Sonnez de la trompette en Sion, et poussez des cris dans la Montagne de ma sainteté. » — II 1 ; — dans Daniel : « Que soient détournés ta colère et ton emportement de ta cité de Jérusalem, la Montagne de ta sainteté. » — IX. 16 ; — dans Ésaïe : « On amènera tous vos frères d'entre toutes les nations à Jéhovah, à la Montagne de ma sainteté, Jérusalem, » — LXVI. 20 ; — dans le Même : « Celui qui se confiera en Moi possédera en héritage la terre, et il héritera de la Montagne de ma sainteté. » — LVII. 13; — dans Ézéchiel : « Dans la Montagne de ma sainteté, dans la montagne de hauteur d'Israël, ils Me serviront, toute la maison d'Israël entière dans cette terre. » — XX. 40; — dans Michée : « Dans l'extrémité des jours, la Montagne de la maison de Jéhovah sera établie en tête des montagnes, et élevée au-dessus des collines, et vers elle afflueront les peuples. » — IV. 1, 2; — et en outre plusieurs fois ailleurs, où la Montagne de sainteté, la Montagne de Sion, et la Montagne de Jéhovah, sont nommées; par exemple où est nommée la Montagne de sainteté, — Ésaïe, XI. 9. LVI. 7, LXV. 11, 25. Jérém. XXXI. 23. Ézéch. XXVIII. 14. Dan. IX. 20. XI. 45. Joël, II. 1. IV. 17. Obad. Vers. 16. Séphan. III.11. Zach. VIII. 3. Ps. XV. 1. Ps. XLIII. 3. — Et où est nommée la Montagne de Sion, Ésaïe, IV. 5. VIII.18. X. 12. XVIII. 7. XXIV. 23. XXIX. 8. XXXI. 4. XXXVII. 32. Joël, III. 5. Obad. Vers. 17, 21. Mich. IV. 7. Lament. V. 18. Ps. XLVIII. 12. Ps. LXXIV. 2. Ps. LXXVIII. 68. Ps. CXXV. 1. --- Comme la Montagne de Sion signifiait le Divin Bien, et l'Église quant à ce Bien, voilà pourquoi il est dit dans Ésaïe : « Envoyez l'Agneau du Dominateur de la terre, du rocher vers le désert à la Montagne de la fille de Sion. » — XVI. 1 ; — et dans l'Apocalypse : « L'Agneau se tenant sur la Montagne de Sion, et avec Lui cent-quarante-quatre mille. » — XIV. 1. — D'après ces considérations, on peut voir aussi pourquoi la nouvelle Jérusalem, dans laquelle était le Temple, fut vue par Ézéchiel construite sur une haute montagne; il en est parlé ainsi dans ce Prophète : « Dans les visions de Dieu je fus conduit sur la terre d'Israël; il me posa sur une Montagne très-haute, sur laquelle (était) comme une structure de ville du côté du midi. — XL. 2; — ensuite, dans les Chapitres qui suivent, il en est beaucoup question. Dans David : « Grand (est) Jéhovah et loué beaucoup dans la ville de notre Dieu, dans la Montagne de sa sainteté, belle de proportion, joie de toute la terre, la Montagne de Sion, les côtés du septentrion, la ville du grand Roi; Dieu dans ses palais (est) connu, comme un refuge. » — Ps. XLVIII. 2, 3, 4 ; --- par ces rôles est décrit le culte du Seigneur d'après les vrais qui procèdent du bien; son culte d'après les vrais et les biens spirituels, et charme de l'âme résultant de ce culte, sont signifiés par « grand Jéhovah et loué beaucoup dans la ville de noire Dieu, dans la montagne de sa sainteté, belle de proportion ; » le culte est entendu par « être grand et loué beaucoup; » le vrai spirituel, qui procède du bien spirituel, est entendu par « dans la cité de notre Dieu, dans la montagne de sa sainteté, » et le charme de l'âme, résultant de ce culte, est entendu par « belle de proportion ; » le culte du Seigneur d’après les biens et les vrais célestes est décrit par « joie de toute la terre, la montagne de Sion, les côtés du septentrion, la ville du grand Roi ; » le culte d'après les biens célestes est entendu par « joie de toute la terre, la montagne de Sion, » et les vrais d'après ce bien sont entendus par « les côtés du septentrion, la ville du grand Roi; » les côtés du septentrion sont les vrais d'après le bien céleste, la ville du grand Roi est la doctrine du vrai qui en procède; par Dieu dans ses palais est connu, » il est signifié que les vrais sont inscrits chez ceux qui sont dans le bien céleste. Si les côtés du septentrion signifient les vrais d'après le bien céleste, c'est parce que ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur habitent dans le Ciel à l'orient, et que ceux qui sont dans les Vrais d'après ce bien, y habitent vers le septentrion. Dans Ésaïe : « Lucifer, toi, tu avais dit dans ton cœur : Aux cieux je monterai, au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône, et je m'assiérai en la montagne de la convention, aux côtés du septentrion, » — XIV. 13 ; — par Lucifer il est entendu Babel, comme on le voit clairement dans ce Chapitre par les passages qui précèdent et par ceux qui suivent; son amour de dominer sur le Ciel et l'Église est décrit par « aux cieux je monterai, au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône, » ce qui signifie le désir violent de dominer sur ces Cieux qui constituent le Royaume spirituel du Seigneur, car les vrais et les connaissances du vrai chez ceux de ce Royaume apparaissent comme des étoiles; et par « je m'assiérai en la montagne de la convention, aux côtés du septentrion, » il est signifié sur les Cieux qui constituent le Royaume céleste du Seigneur, car la montagne de la convention et les côtés du septentrion sont les biens et les vrais dans ce Royaume, ainsi qu'il a été dit ci-dessus : comme la Montagne de Sion et Jérusalem ont été bâties selon la forme du Ciel, autant que cela a pu être fait, on peut voir ce qui est signifié par ces paroles de David, ci-dessus rapportées : « La Montagne de Sion, les côtés du septentrion, la ville du grand Roi, » et par ces paroles dans Ésaïe : « La Montagne de la convention aux côtés du septentrion. » — Dans Ésaïe : « Sanchérib Roi d'Aschur a dit : Par la multitude de mes chars, Moi, je monterai la hauteur des montagnes vers les côtés du Liban, où je couperai la grandeur de ses cèdres, l’élite de ses sapins. » — XXXVII. 24; — dans le sens interne, par ces paroles est décrit le faste de ceux qui, par des raisonnements qui proviennent des faux, veulent détruire les biens et les vrais de l'Église; le Roi d'Assyrie, signifie le rationnel perverti; la multitude de ses chars, signifie les raisonnements d'après les faux de la doctrine; monter la hauteur des montagnes vers les côtés du Liban, et couper la grandeur de ses cèdres et l'élite de ses sapins, signifie l'effort de détruire les biens et les vrais de l'Église, tant internes qu'externes; les montagnes sont les biens de l'Église, les côtés du Liban, c'est où ces biens ont été conjoints aux vrais, le Liban est l'Église spirituelle, les cèdres en sont les vrais internes qui procèdent du bien, et les sapins en sont les vrais externes qui procèdent aussi du bien; c'est là ce qui est entendu par ces paroles dans le sens spirituel, par conséquent dans le Ciel. La Montagne et les Montagnes signifient aussi les biens de l'amour et de la charité dans les passages suivants; dans David : « Jéhovah qui couvre les cieux de nuées, qui prépare pour la terre la pluie, qui fait pousser sur les montagnes le gazon. » --- Ps. CXLVII. 8 ; — par les nuées dont Jéhovah couvre les cieux sont signifiés les vrais externes, tels qu'ils sont dans le sens de la lettre de la Parole, car dans la Parole les vrais qui sont dans ce sens sont appelés nuées, et ceux qui sont dans le sens interne sont appelés gloire; par les cieux sont entendus les vrais internes, parce que dans ces vrais sont ceux qui habitent les cieux ; par la pluie qu'il prépare pour la terre est signifié l’influx du vrai, la terre est l'Église et par suite ceux qui y reçoivent le vrai, car c'est par ceux-là qu'existe l'Église; par les montagnes, sur lesquelles il fait pousser la gazon, sont signifiés les biens de l’amour, et par suite ceux qui sont dans les biens de l'amour; le gazon signifie la nourriture spirituelle qui est pour eux, car il est entendu du gazon pour les bêtes, et les bêtes signifient les affections du bien de l'homme naturel. Dans Moïse : « De Joseph il dit : Bénie (soit) de Jéhovah la terre de Joseph des choses précieuses du Ciel, de la rosée, et de l’abîme qui gît en bas, des prémices des montagnes de l’orient, et des choses précieuses des collines du siècle. » --- Deutér. XXXIII. 13, 14, 15; — c’est là par Moïse la bénédiction de Joseph, ou de la Tribu qui avait reçu de Joseph son nom; et cette bénédiction a été prononcée sur elle, parce que par Joseph il est signifié le Royaume spirituel du Seigneur, et le Ciel qui là communique le plus près avec le Royaume céleste du Seigneur; par la terre de Joseph il est entendu ce Ciel, et aussi l'Église composée de ceux qui seront dans ce Ciel; par les choses précieuses du ciel, par la rosée et l'abîme qui gît en bas, sont signifiés les Divins spirituels et les spirituels-naturels d’origine céleste, par les choses précieuses du ciel les Divins spirituels, par la rosée les spirituels qui servent de communication, et par l'abîme qui gît en bas les spirituels-naturels; par les prémices des montagnes de l'orient, et par les choses précieuses des collines du siècle, sont signifiés les biens réels tant de l'amour envers le Seigneur que de la charité à l'égard du prochain; les montagnes de l’orient sont les biens de l'amour envers le Seigneur, les prémices sont les réels, et les collines du siècle sont les biens de la charité à l’égard du prochain : celui qui ne sait pas ce qui est représenté par Joseph et par sa Tribu, ni ce qui est signifié par la rosée, par l'abîme qui gît en bas, par les montagnes de l'orient et par les collines du siècle, saura à peine quelque chose de ce qui est enveloppé par ces paroles, et en général à peine quelque chose de ce qui est signifié par toutes celles qui ont été dites des Tribus d'Israël par Moïse dans tout ce Chapitre, et par Israël leur père dans le Chap. XLIX de la Genèse. Dans Matthieu : « Vous, vous êtes la lumière du monde, une ville située sur une montagne ne peut point être cachée. » — V.14; --- ces paroles ont été adressées aux disciples, par lesquels est entendue l'Église qui est dans les vrais d'après le bien; c'est pour cela qu'il est dit, « vous, vous êtes la lumière du monde; » la lumière du monde est le vrai de l'Église; par « une ville située sur une montagne ne peut point être cachée, » il est signifié qu'il n'y a pas le vrai si ce n'est d'après le bien, la ville sur une montagne est le vrai d'après le bien. Dans le Même : « Si un homme a cent brebis, et qu'une d'entre elles se soit égarée, est-ce que, laissant les quatre-vingt-dix-neuf dans les montagnes, il ne s'en va pas chercher celle qui s'est égarée? » — XVIII, 12; — il est dit, « est-ce qu'il ne laissera pas les quatre-vingt-dix-neuf dans les montagnes, » parce que par les brebis dans les montagnes il est signifié ceux qui sont dans le bien de l'amour et de la charité; mais par celle qui s'est égarée est signifié celui qui n'est point dans ce bien, parce que par ignorance il est dans les faux; car où est le faux, là n'est point le bien, puisque le bien appartient au vrai. Dans les Évangélistes : « Quand vous verrez l’abomination de la dévastation, dont il a été parlé par Daniel le Prophète, alors que ceux qui (seront) dans la Judée s'enfuient sur les montagnes, et que celui qui (sera) sur le toit ne descende pas dans la maison. » — Marc, XIII. 14, 15. Matth. XXIV. 16. Luc, XXI. 21; --- Le Seigneur, dans ces Chapitres, décrit la vastation successive de l'Église, mais il la décrit par de pures correspondances; « quand vous verrez l'abomination de la dévastation, » signifie quand les disciples, c'est-à-dire, ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, perçoivent que l'Église est dévastée, ce qui arrive lorsqu'il n'y a plus le vrai parce qu'il n'y a pas le bien, ou lorsqu'il n'y a plus la foi parce qu'il n'y a pas la charité; « alors que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient sur les montagnes, » signifie que ceux qui sont de l'Église du Seigneur doivent rester dans le bien de l’amour, par la Judée il est signifié l’Église du Seigneur, et par les montagnes les biens de l'amour, s’enfuir sur les montagnes, c'est demeurer dans ces biens; « que celui qui sera sur le toit ne descende pas dans la maison, » signifie que celui qui est dans les vrais réels y reste, la maison signifie l’homme quant à tous les intérieurs qui appartiennent à son mental, et par suite le toit de la maison signifie l'intelligence qui procède des vrais réels, par conséquent aussi les vrais réels par lesquels l’intelligence existe : si le sens spirituel n'illustrait pas chacune des choses qui ont été dites par le Seigneur dans ces Chapitres des Evangélistes, à peine saurait-on quelque chose de ce qu'ils contiennent, par exemple, que pourrait-on entendre par « que celui qui sera sur le toit ne descende pas dans la maison, » et ailleurs, par « que celui qui sera au champ ne revienne pas en arrière pour emporter ses vêtements; » et par plusieurs autres paroles de ce genre ? Jusqu'à présent il a été montré que les Montagnes dans la Parole signifient les biens de l'amour; et comme la plupart des expressions dans la Parole ont aussi un sens opposé, il en est de même des montagnes, qui dans ce sens signifient les maux de l'amour, ou les maux qui jaillissent des amours de soi et du monde; les montagnes ont ce sens dans les passages suivants de la Parole; dans Ésaïe : « Le jour de Jéhovah Sébaoth viendra sur quiconque (est) orgueilleux et hautain, et sur toutes les montagnes hautes, et sur toutes les coltines élevées. » — II.12, 14; — par le jour de Jéhovah Sébaoth est entendu le Jugement dernier, quand les méchants ont été chassés des montagnes et des collines qu'ils avaient occupées dans le Monde spirituel, ainsi qu'il été dit au commencement de cet Article; et comme ces méchants avaient été sur des montagnes et des collines avant le Jugement dernier, c'est pour cela que par les montagnes et les collines sont entendus les amours et par suite les maux dans lesquels ils étaient, par les montagnes les maux de l'amour de soi, et par les collines les maux de l'amour du monde : il faut qu'on sache que tous ceux qui sont dans l'amour de soi, principalement ceux qui sont dans l’amour de commander, ont un désir extrême, quand ils viennent dans le Monde spirituel, de se transporter dans des lieux élevés, car cela a été insité dans cet amour; de là vient que dans le langage ordinaire on dit : Être d'un «caractère haut et élevé, et aspirer aux choses élevées; la raison même de ce qu'il y a un tel désir dans l'amour de commander, c'est qu'ils veulent se faire dieux, et que Dieu est dans les lieux très-hauts : que les montagnes et les collines signifient ces amours et par suite les maux de ces amours, cela est évident, car il est dit, « le jour de Jéhovah Sébaoth viendra sur quiconque est orgueilleux et hautain, et sur toutes les montagnes hautes, et sur toutes les collines élevées; » autrement, que signifierait ce jour venant sur des montagnes et sur des collines ? Dans le Même : « Une voix (il y a) de qui crie dans le désert : Préparez le chemin à Jéhovah, aplanissez un sentier à notre Dieu; toute vallée sera élevée, et toute Montagne et (toute) Colline seront abaissées. » &md |