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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 391. 

391. Et je vis sous l'Autel, signifie ceux qui avaient été mis en réserve sous le Ciel : cela est constant d'après la signification de voir, en ce que c'est rendre manifeste, comme ci-dessus, N° 351 ; et par la signification de l’Autel, en ce que c'est, dans 1e sens le plus proche, le culte d'après le bien de l'amour envers le Seigneur, dans le sens intérieur le Ciel et l'Église qui sont dans cet amour, et dans le sens intime le Divin Humain du Seigneur quant au Divin Bien du Divin Amour : si sous l'Autel signifie ceux qui avaient été mis en réserve sons le Ciel, c'est parce qu'il est dit qu'il vit sous l'Autel les âmes de ceux qui avaient été tués à cause de la Parole de Dieu, et à cause du témoignage qu'ils avaient, et que par eux sont entendus ceux qui ont été mis en réserve sous le Ciel jusqu'au Jugement dernier ; mais comme cela n'a pas encore été connu dans le monde, je vais dire comment a lieu la chose : Dans l'Opuscule du jugement dernier, il a été rapporté qu'avant le Jugement dernier il y avait une sorte de Ciel, qui est entendu, dans l'Apocalypse, XXI. 1, car le Ciel précédent qui a passé, et que ce Ciel se composait de ceux qui avaient été dans un culte externe sans culte interne, et qui par suite avaient eu une vie externe morale, quoiqu'ils fussent purement naturels et non spirituels ; ceux qui constituaient ce Ciel avant le Jugement dernier apparaissaient sur une terre, et même sur des montagnes, des collines et des rochers dans le monde spirituel, et d'après cela se croyaient dans le Ciel ; mais comme ceux qui constituaient ce Ciel avaient seulement été dans une vie morale externe et non en même temps dans une vie interne spirituelle, ils en furent précipités ; et, après qu'ils eurent été précipités, alors furent élevés et transférés dans les mêmes lieux, c'est-à-dire, sur les montagnes, les collines et les rochers, où avaient été les précédents, tous ceux qui avaient été par le Seigneur mis en réserve et cachés ça et là, la plupart dans la terre inférieure ; et c'est d'eux que fut formé le nouveau Ciel : ceux qui avaient été mis en réserve, et qui furent alors élevés, se composaient de ceux qui, dans le monde, avaient vécu la vie de la charité, et qui avaient été dans l'affection spirituelle du vrai : l’élévation de ceux-ci à la place des précédents a souvent été vue par moi ; ce sont eux qui sont entendus par les âmes des tués, qui avaient été vues sous l'Autel, et comme ceux-ci avaient été gardés par le Seigneur dans la terre inférieure, terre qui est sous le Ciel, il en résulte que par « je vis sous l'Autel, » sont signifiés ceux qui avaient été mis en réserve sous le Ciel ; mais il s'agit spécialement d'eux dans l'Apocalypse, XX. 4, 5, 12, 13, où il en sera plus amplement parlé : toutefois, pour ce qui concerne le Ciel précédent qui a passé, et le nouveau Ciel qui a été formé par le Seigneur après le Jugement dernier, voir dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, les N° 65 à 72 : ce peu de détails fournira quelqu'illustration pour comprendre ce qui est dit dans les deux Versets suivants, à savoir, que « ceux qui étaient sous l'Autel criaient d'une voix grande, disant : Jusques à quand, Seigneur, qui es Saint et Véritable, ne juges-tu point, et ne venges-tu point notre sang de ceux qui habitent sur la terre? Et il fut donné à chacun des robes blanches, et il leur fut dit qu'ils reposassent encore un peu de temps, jusqu'à ce que fussent au complet et leurs compagnons de service et leurs frères, qui devaient être tués de même qu'eux. » Si sous l'Autel signifie sous le Ciel, c'est parce que l'Autel dans le sens suprême signifie le Seigneur, et dans le sens respectif le Ciel et l'Église, puisque le Seigneur est le Ciel et l'Eglise ; car le tout du Ciel et de l'Église, ou le tout de l'amour et de la foi qui constituent le Ciel et l'Église chez l'Ange et chez l'homme, vient du Seigneur et par suite Lui appartient ; mais, dans le commun sens, l'Autel signifie tout culte du Seigneur, spécialement le culte représentatif, tel qu'il était chez les fils d'Israël. Si l'Autel signifie tout culte, c'est parce que le Culte dans cette Église consistait principalement à offrir des holocaustes et des sacrifices ; on en offrait, en effet, pour tout péché et pour tout délit, même par bonne volonté afin de plaire à Jéhovah, et ceux-ci étaient appelés sacrifices Eucharistiques ou gratuits ; on en faisait aussi pour les purifications de tout genre ; par des holocaustes et par des sacrifices se faisaient aussi les inaugurations dans tout ce que l'Église avait de saint, comme on le voit par les sacrifices pour l'inauguration d'Aharon et de ses fils dans le sacerdoce, et pour l'inauguration de la Tente de convention, et plus tard pour celle du Temple : et comme le culte de Jéhovah, c'est-à-dire, du Seigneur, consistait principalement en holocaustes et en sacrifices, c'est pour cela même que chaque jour, à savoir, chaque matin et chaque soir, on en offrait qui, d'un seul mot, étaient appelés le Perpétuel (Juge), et en outre en grande quantité à chaque fête ; de là dans la Parole le (sacrifice) Perpétuel (Juge) signifie tout Culte représentatif ; d'après cela on peut voir que le culte, et en particulier le culte représentatif de cette nation, consistait principalement en Holocaustes et en Sacrifices ; de là vient que l'Autel, sur lequel ils se faisaient, et qui en était le contenant, signifie en général dans la Parole tout culte. Par Culte il est entendu non-seulement le Culte externe, mais aussi le Culte interne, et le Culte interne comprend tout ce qui appartient à l'amour et tout ce qui appartient à la foi, ainsi tout ce qui fait l'Église ou le Ciel chez l'homme, en un mot, tout ce qui fait que le Seigneur est chez l'homme. Si le Ciel a été représenté devant Jean par un Autel, c'est aussi parce que toute la Parole a été écrite par des représentatifs, et par des représentatifs tels qu'ils étaient chez les fils d'Israël ; c'est pourquoi pour que la Parole fût semblable à elle-même dans l'un et dans l'autre Testament, il y en a de semblables aussi dans ce Livre, et qui ont été vus par Jean, comme encore ailleurs ; par exemple, lorsqu'il vit l'Autel du parfum, et les parfums eux-mêmes avec les encensoirs ; puis, lorsqu'il vit le tabernacle, lorsqu'il vit l'arche, et plusieurs autres représentatifs semblables ; mais aujourd'hui de tels représentatifs n'apparaissent jamais à aucun Ange, ni à aucun homme dont la vue a été ouverte pour le Ciel : si dans le Ciel aujourd'hui il n'apparaît ni Autel, ni Arche, ni des représentatifs semblables, c'est parce que les Sacrifices n'ont jamais été connus des Anciens, et parce qu'ils ont été entièrement abolis après l'avènement du Seigneur ; en effet, ils ont été commencés par Éber, et ensuite continués chez ses descendants qui ont été appelés Hébreux, et tolérés chez les fils d'Israël qui venaient d'Éber, par cette raison principale qu'un culte une fois commencé et enraciné dans les esprits n'est pas aboli par le Seigneur, mais est plié pour signifier la sainteté de la religion ; sur ce sujet voir dans les ARCANES CELESTES, les Nos 1343, 2180, 2818, 10042. Que l'Autel signifie dans le sens suprême le Divin Humain du Seigneur quant au Divin Bien du Divin Amour, et que dans le sens respectif il signifie le Ciel et l'Église, et en général tout Culte, et en particulier le Culte représentatif, on peut le voir par les passages suivants dans la Parole ; dans David : « Envoie ta lumière et ta vérité ; qu'elles me guident, qu'elles me conduisent vers la montagne de ta sainteté, et vers tes habitacles, afin que j’entre vers l’Autel de Dieu, vers Dieu. » — Ps. XLIII. 3, 4 ; — qu'ici par l'Autel de Dieu il soit entendu le Seigneur quant au Divin Humain, cela est bien évident, car il y est question du chemin qui conduit au Ciel et au Seigneur dans le Ciel ; le chemin qui conduit au Ciel est entendu par « envoie ta lumière et ta vérité, qu'elles me guident ; » la lumière est l'illustration dans laquelle apparaissent les vérités ; le Ciel, dans lequel on est conduit, est entendu par « qu'elles me conduisent vers la montagne de ta sainteté et vers tes habitacles ; » la montagne de sainteté est le Ciel où est le Royaume céleste du Seigneur, dans lequel règne le bien de l'amour, et sont appelés habitacles ces Cieux où est le Royaume spirituel du Seigneur, dans lequel règne le vrai d'après ce bien ; et comme il est entendu l'un et l'autre Ciel, c'est pour cela qu'il est dit, « afin que j'entre vers l'Autel de Dieu, vers Dieu ; » et par l'Autel de Dieu il est entendu où le Seigneur est dans le bien de l'amour, et par Dieu il est entendu où le Seigneur est dans le vrai d'après ce bien, car le Seigneur est dit Dieu d'après le Divin Vrai, et Jéhovah d'après le Divin Bien. Dans l'Église Juive il y avait deux choses qui, dans le sens suprême, signifiaient le Divin Humain du Seigneur, à savoir, l'Autel et le Temple, l'Autel le Divin Humain quant au Divin Bien, le Temple le Divin Humain quant au Divin Vrai procédant de ce Bien ; si ces deux choses ont signifié le Seigneur quant à son Divin Humain, c'était parce que toutes les choses du Culte dans cette Église représentaient les Divins qui procèdent du Seigneur, lesquels sont appelés les célestes et les spirituels, et parce que le culte lui-même se faisait principalement sur l'Autel et dans le Temple ; c'est pourquoi, par ces deux choses était représenté le Seigneur Lui-Même : que le Temple ait représenté le Divin Humain du Seigneur, Lui-Même l'enseigne ouvertement dans Jean : « Les Juifs dirent : Quel signe nous montres-tu, que tu fasses ces choses? Jésus répondit et dit : Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ; mais il parlait, Lui, du Temple de son corps. » — II. 18 à 23 ; puis, dans Matth. XXVI. 6l ; et ailleurs. — Si le Seigneur, lorsque les Disciples Lui montraient les bâtiments du Temple, a dit : « Il n'y restera pierre sur pierre qui ne soit renversée, » — Matth. XXIV. 2, 3, — c'était pour signifier que chez eux le Seigneur serait entièrement nié, aussi le Temple a-t-il été détruit de fond en comble. Que l'Autel ait aussi signifié le Divin Humain du Seigneur, on peut le conclure des paroles du Seigneur dans Matthieu : « Malheur à vous! conducteurs aveugles, parce que vous dites : Quiconque aura juré par le Temple, cela n'est rien ; mais quiconque aura juré par l’or du Temple, il est obligé. Insensés et aveugles! lequel est le plus grand, l'or ou le Temple qui sanctifie l'or? Et : Quiconque aura juré par l'Autel, cela n'est rien ; mais quiconque aura juré par le don qui est dessus, il est obligé. Insensés et aveugles ! lequel est le plus grand, le don ou l'Autel qui sanctifie le don ? Celui donc qui jure par l'Autel, jure par l'Autel et par tout ce qui est dessus ; et celui qui jure par le Temple, jure par le Temple et par Celui qui y habite ; et celui qui jure par le Ciel, jure par le Trône de Dieu et par Celui qui est assis dessus. » — XXIII. 16 à 22 ; — il est dit que le Temple sanctifie l'or qui y est, et que l'Autel sanctifie le don qui est dessus, et qu'ainsi le Temple et l'Autel ont été des choses très-saintes, d'où procède toute sanctification ; c'est pourquoi par le Temple et par l'Autel est signifié le Seigneur quant au Divin Humain, car c'est du Divin Humain que procède tout le Saint du Ciel et de l'Église ; est-ce que le Temple et l'Autel, si cela n'est pas entendu, peuvent sanctifier quelque chose? Le culte lui-même ne peut pas non plus sanctifier, mais le Seigneur le peut, Lui à qui appartient le culte, et de qui procèdent le bien et le vrai du culte, aussi est-il dit que ce n'est pas le don qui sanctifie, mais que c'est l'Autel ; par le don sont entendus les sacrifices qui appartenaient au culte : et comme les Juifs ne comprenaient pas cela, mais enseignaient autrement, voilà pourquoi le Seigneur les appelle insensés et aveugles. Comme c'est là ce qui a été signifié par l'Autel, voilà pourquoi tous ceux qui le touchaient étaient sanctifiés, comme on le voit dans Moïse : « Sept jours tu sanctifieras l'Autel, et sera l'Autel Saint des saints ; quiconque touchera l'Autel sera sanctifié. » — Exod. XXIX. 37 ; — par toucher il est signifié communiquer, transférer et recevoir, N° 10130, ici le Divin qui procède du Seigneur ; et comme cela était signifié par toucher, et que ceux qui avaient touché étaient sanctifiés, il s'ensuit que le Seigneur Lui-Même dans le sens suprême est signifié par l'Autel, car d'autre part il n'y a rien de saint ; tout le culte aussi est le culte du Seigneur et par le Seigneur, d'où il résulte encore que le culte dans cette Église ayant principalement consisté en Holocaustes et en Sacrifices, par l'Autel était signifié le Divin Même à Quo (de qui tout procède), et ce Divin est le Divin Humain du Seigneur. De là venait aussi qu'il fut commandé, « que le feu resterait continuellement allumé sur l'Autel, et ne serait jamais éteint. » — Lévit. VI. 5, 6, — et que c'est avec ce feu qu'on allumait les lampes dans la tente de convention, et qu'on prenait de ce même feu pour les encensoirs et pour faire les fumigations ; car par le feu était signifié le Divin Amour qui est dans le Seigneur Seul ; voir ci-dessus, N° 68. Comme le feu de l'Autel signifie le Divin Amour, voilà pourquoi le Prophète Ésaie a été sanctifié par ce feu : « L'un des Séraphins vola vers moi, ayant dans sa main un charbon de feu, qu'il avait pris de dessus l’Autel ; et il toucha ma bouche et dit : Ce (charbon) a touché tes lèvres, c'est pourquoi s'est retirée ton iniquité, et ton péché est expié. » — VI. 6,7 ; — ce que signifient ces paroles dans la série, on peut le voir lorsqu'on sait que l'Autel signifie le Seigneur quant au Divin Humain, que le feu sur l'Autel signifie le Divin Bien de son Divin Amour, que la bouche et les lèvres du prophète signifient la doctrine du bien et du vrai, que toucher signifie communiquer ; l'iniquité qui s'est retirée est le faux, et le péché le mal, car l'iniquité se dit de la vie du faux ou de la vie contre les vrais, et le péché se dit de la vie du mal ou de la vie contre le bien. Dans Ésaïe : « Tous les troupeaux de l’Arabie seront rassemblés pour toi ; les béliers de Nébajoth seront pour ton service, ils monteront en bon plaisir sur mon Autel ; ainsi la Maison de ma splendeur je décorerai. » — LX. 7 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et ces choses ont été dites du Seigneur Lui-Même ; par tous les troupeaux de l'Arabie qui seront rassemblés, et par les béliers de Nébajoth qui seront pour son service, sont signifiés tous les biens spirituels externes et internes, par les troupeaux les biens externes, par les béliers les biens internes, et par l'Arabie et Nébajoth les spirituels ; « ils monteront en bon plaisir sur mon Autel, ainsi la Maison de ma splendeur je décorerai, » signifie le Divin Humain du Seigneur dans le quel ils seront ; l'Autel signifie son Divin Humain quant au Divin Bien, et la maison de splendeur ce Divin Humain quant au Divin Vrai : que le Seigneur quant au Divin Humain soit entendu ici, on le voit par les Versets précédents de ce Chapitre où il est dit : « Sur Toi se lèvera Jéhovah, et sa gloire sur Toi apparaîtra, » et par ceux qui suivent, par lesquels est décrite la Divine Sagesse dont le Seigneur sera rempli quant à son Humain. Comme par l'Autel, dans le sens suprême, il est signifié le Divin Humain du Seigneur, c'est pour cela même que l'Autel signifie le Ciel et l'Église ; car le Ciel Angélique, considéré en lui-même, existe par le Divin qui procède du Divin Humain du Seigneur ; de là vient que le Ciel Angélique dans tout le complexe est comme un Seul Homme, c'est aussi pour cela que ce Ciel est appelé le Très-Grand Homme, voir sur ce sujet les explications données dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 59 à 86 ; il en est de même de l'Église, voir dans le même Traité, N° 57 ; et comme tout culte vient du Seigneur, car c'est le Divin qui est communiqué à l'homme par le Seigneur, et dans lequel est le Seigneur Lui-Même, il en résulte que par l'Autel est signifié aussi en général le tout du Culte procédant du bien de l'amour, et par le Temple le tout du culte procédant des vrais d'après ce bien ; en effet, tout culte vient ou de l'amour ou de la foi, ou vient du bien ou du vrai ; le culte venant du bien de l'amour est tel qu'est le culte dans le Royaume céleste du Seigneur, et le culte venant des vrais d'après ce bien, vrais qui sont aussi appelés vrais de la foi, est tel qu'est le culte dans le Royaume spirituel du Seigneur ; voir aussi sur ce sujet, dans le même Traité, les Nos 20 à 28. D'après ces considérations, on peut maintenant voir ce qui est signifié par l'Autel dans les passages suivants ; dans David : « Combien aimables (sont) tes habitacles, Jéhovah Sébaoth ! elle a désiré, même elle s'est consumée mon âme après les parvis de Jéhovah ; mon cœur et ma chair tressaillent de joie après le Dieu vivant ; l'oiseau même a trouvé sa maison, et l'hirondelle ton nid, tes autels, Jéhovah Sébaoth ! mon Roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent ta maison ! » — Ps. LXXXIV. 2, 3, 4, 5 ; — là, par les Autels sont entendus les Cieux, car il est dit : « Combien aimables sont tes habitacles! elle a désiré, même elle s'est consumée mon âme après les parvis de Jéhovah ; » et ensuite : « Tes autels, Jéhovah Sébaoth! » par les habitacles sont entendus les Cieux supérieurs, et par les parvis les Cieux inférieurs, où sont les entrées, qui aussi sont appelées autels d'après le culte ; et comme tout culte vient du bien de l'amour par les vrais, c'est pour cela qu'il est dit : « Tes autels, Jéhovah Sé­baoth ! mon Roi et mon Dieu ! » car le Seigneur est appelé Jéhovah d'après 1e Divin Bien, mais Roi et Dieu d'après le Divin Vrai ; et parce que les Cieux sont entendus, il est dit aussi : « Heureux ceux qui habitent ta maison ! » la maison de Jéhovah Dieu est le Ciel dans tout le complexe ; s'il est dit aussi : « L'oiseau même a trouvé sa maison et l'hirondelle son nid, » c'est parce que l'oiseau signifie le vrai spirituel, et l'hirondelle le vrai naturel, par lesquels il y a culte ; et comme tout vrai, par lequel il y a culte, procède du bien de l'amour, voilà pourquoi il est dit auparavant : « Mon cœur et ma chair tressaillent de joie après le Dieu vivant ; » par le cœur et par la chair est signifié le bien de l'amour, et par tressaillir de joie est signifié le culte d'après le plaisir du bien. Le Ciel et l'Église sont aussi entendus par l'Autel dans ces passages de l'Apocalypse : « Il me fut donné une canne semblable à un bâton, et il se présenta un Ange, et il me dit : Lève-toi, et mesure le Tem­ple de Dieu et l’Autel, et ceux qui y adorent. » — XI. 1 : — et plus loin : « J'entendis un autre Ange, de l'Autel, disant : Oui, Seigneur Dieu Tout-Puissant, vrais et justes sont tes jugements. » — XVI. 7. — Dans David : « Je lave dans l'innocence mes mains, et je fais le tour de ton Autel, Jéhovah! afin de faire entendre une voix de confession. » — Ps. XXVI. 6,7 ; — laver dans l'innocence ses mains, signifie être purifié des maux et des faux ; faire le tour de ton Autel, Jéhovah ! signifie la conjonction avec le Seigneur par le culte d'après le bien de l'amour ; et comme ce culte se fait par les vrais d'après le bien, c'est pour cela qu'il est ajouté : « Afin de faire entendre une voix de confession ; » faire entendre une voix de confession, c'est le culte d'après les vrais ; si « faire le tour de ton Autel, Jéhovah ! » signifie la conjonction du Seigneur par le culte d'après le bien de l'amour, c'est parce que Jéhovah se dit du Bien de l'amour, et que faire le tour signifie embrasser par le culte, par conséquent être conjoint. Dans Ésaïe : « En ce jour-là, il y aura cinq villes dans la terre d'Egypte, parlant des lèvres de Canaan, et jurant à Jéhovah Sébaoth ; Ir-Chères chacune sera appelée : en ce jour-là, il y aura un Autel à Jéhovah au milieu de la terre d'Egypte, et une statue près de sa frontière à Jéhovah. » — XIX. 18, 19 ; — par l'Egypte il est signifié l'homme naturel et son scientifique ; en ce jour-là signifie l'avènement du Seigneur, et alors l'état de ceux qui sont dans les vrais scientifiques par le Seigneur ; cinq villes dans la terre d'Egypte parlant des lèvres de Canaan, signifie plusieurs vrais de la doctrine qui sont des vrais réels de l'Église, cinq signifie plusieurs, les villes sont les vrais de la doctrine, les lèvres de Canaan sont les doctrinaux réels de l'Église ; jurant à Jéhovah Sébaoth signifie confessant le Seigneur ; il est dit Jéhovah Sébaoth, ici et dans plusieurs autres passages de la Parole, et il est entendu le Seigneur quant à tout bien et à tout vrai ; car Sébaoth dans la langue originale signifie les Années, et les Armées dans le sens spirituel signifient tous les biens et tous les vrais du Ciel et de l'Église, voir N°s 3448, 7236, 7988, 8019 ; c'est donc là Jéhovah Sébaoth ou Jéhovah des Armées ; « Ir-Chérès chacune sera appelée, signifie la doctrine brillant d'après les vrais spirituels dans le naturel ; en effet, Ir est la ville, et la ville signifie la doctrine, et Chères signifie un éclat, comme celui du soleil ; « en ce jour-là il y aura un Autel à Jéhovah au milieu de la terre d'Egypte, » signifie qu'alors il y aura le culte du Seigneur d'après le bien de l'amour par les vrais scientifiques qui sont dans l'homme naturel, un Autel à Jéhovah signifie le culte du Seigneur d'après le bien de l'amour, au milieu de la terre d'Egypte signifie par les vrais scientifiques qui sont dans l'homme naturel, les vrais scientifiques sont aussi les connaissances d'après le sens déjà lettre de la Parole ; « et une statue près de sa frontière à Jéhovah, » signifie le culte du Seigneur d'après les vrais de la foi, par la statue est signifié le culte d'après les vrais de la foi, et par la frontière de l'Egypte sont signifiés les extrêmes ; les extrêmes de l'homme naturel sont les sensuels. Dans le Même : « Quand il aura mis toutes les pierres de l'autel comme des pierres de chaux dispersées, (en sorte) que ne se relèvent point les bocages et les statues solaires. » — XXVII. 9 ; — ces paroles concernent Jacob et Israël, par lesquels est signifiée l'Église, ici l'Église qui doit être détruite ; sa destruction quant aux vrais du culte est décrite par mettre les pierres de l'Autel comme des pierres de chaux dispersées, les pierres de l'Autel sont les vrais du culte, « comme des pierres de chaux dispersées, » ce sont les faux sans cohérence ; « que ne se relèvent point les bocages et les statues solaires, » signifie qu'il n'y aura plus aucun culte d'après les vrais spirituels et naturels, les bocages signifient le culte d'après les vrais spirituels, et les statues solaires le culte d'après les vrais naturels. Dans les Lamentations : « Le Seigneur a abandonné son Autel, il a eu en horreur son Sanctuaire, il a livré dans les mains de l'ennemi les murailles de ses palais. » — II. 7 ; — lamentation sur toutes les choses dévastées de l'Église ; par « le Seigneur a abandonné son Autel, » il est signifié que l'Église a été dévastée quant à tous les biens ; par « il a eu horreur son sanctuaire, » il est signifié qu'elle a été dévastée quant à tous les vrais ; que le Sanctuaire se dise de l'Église quant aux vrais, on le voit ci-dessus, N° 204 ; par « il a livré dans les mains de l'ennemi les murailles de ses palais, » il est signifié que les faux et les maux sont entrés dans toutes les choses de l'Église ; l'ennemi signifie le mal et le faux, livrer dans ses mains signifie que le mal et le faux se sont emparés et sont entrés, les murailles des palais signifient tous les vrais qui défendent, les palais sont les choses qui appartiennent à la doctrine. Dans Ésaïe : « Quiconque garde le sabbath et tient mon alliance, je les amènerai sur la montagne de ma sainteté, et je les réjouirai dans la maison de ma prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices (seront) en bon plaisir sur mon Autel. » — LVI. 6, 7 ; — par le sabbath est signifiée la conjonction du Seigneur avec le Ciel et l'Église, ainsi avec ceux qui y sont ; c'est pourquoi par garder le sabbath il est signifié être en conjonction avec le Seigneur ; et par tenir son alliance il est signifiée la conjonction par la vie selon les préceptes du Seigneur, l'alliance est la conjonction, et c'est la vie selon les préceptes qui conjoint ; les préceptes du décalogue ont d'après cela été nommés l'alliance ; « je les amènerai sur la montagne de ma sainteté, signifie qu'il les gratifiera du bien de l'amour, la montagne de sainteté est le Ciel où est le bien de l'amour envers le Seigneur, par conséquent aussi le bien de l'amour tel qu'il est dans ce Ciel ; « je les réjouirai dans la maison de ma prière, » signifie qu'il les gratifiera des vrais spirituels, la maison de prière ou le temple est le Ciel où sont les vrais spirituels, par conséquent aussi les vrais spirituels tels qu'ils sont dans ce Ciel ; « leurs holocaustes et leurs sacrifices seront en bon plaisir sur mon Autel, » signifie que le culte d'après le bien de l'amour par les vrais spirituels sera agréé, les holocaustes signifient le culte d'après le bien de l'amour, et les sacrifices le culte d'après les vrais qui procèdent de ce bien ; les vrais d'après le bien sont ceux qui sont appelés vrais spirituels ; sur l'Autel signifie dans le Ciel et dans l'Église. Dans David : « Fais du bien dans ton bon plaisir à Sion, édifie les murailles de Jérusalem, alors tu te plairas aux sacrifices de justice, et à l'igné ; alors on fera monter sur ton Autel des taureaux. » — Ps. LI. 20, 21 ; — par Sion est entendue l'Église qui est dans le bien de l'amour, et par Jérusalem l'Église qui est dans les vrais de la doctrine ; d'après cela, par faire du bien dans le bon plaisir à Sion et édifier les murailles de Jérusalem, il est signifié restaurer l'Église en la conduisant dans le bien de l'amour et en l'instruisant dans les vrais de la doctrine ; le culte alors d'après le bien de l'amour est signifié par « alors tu te plairas aux sacrifices de justice, et à l'igné ; » la justice se dit du bien céleste, et l'igné signifie l'amour ; et le culte alors d'après le bien de la charité est signifié par « alors on fera monter sur ton autel des taureaux ; » les taureaux signifient le bien naturel spirituel, et ce bien est le bien de la charité. Dans le Même : « Dieu (il est), Jéhovah, qui nous éclaire ; liez la (victime de) fête avec des cordes jusqu'aux cornes de l'autel, mon Dieu! » — Ps. CXVIII. 27 ; — par éclairer il est signifié illustrer dans les vrais ; par lier la victime de fête avec des cordes jusqu’'aux cornes de l'autel, il est signifié conjoindre toutes les choses du culte ; lier avec des cordes, c'est conjoindre ; la victime de fête jusqu'aux cornes de l'autel, ce sont toutes les choses du culte; les cornes sont tontes choses, parce qu'elles sont les derniers ; la victime de fête et l'autel sont le culte ; toutes les choses du culte ont été conjointes quand les externes l'ont été avec les internes, et quand les biens l'ont été avec les vrais. Dans Luc : « Afin que le sang de tous les Prophètes, répandu depuis la fondation du monde, soit redemandé à cette génération, depuis le sang d’Abel jus­qu'au sang de Zacharie tué entre l'Autel et le Temple. » — XI. 50, 51 ; — par ces paroles il n'est pas entendu que le sang de tous les prophètes depuis la fondation du monde, à partir du sang d'Abel, sera redemandé à la Nation Juive, car le sang n'est redemandé à aucun autre qu'à celui qui l'a répandu ; mais par ces paroles il est entendu que tout vrai a été falsifié par cette nation, et que tout bien a été adultéré par elle ; en effet, le sang de tous les prophètes, répandu depuis la fondation du monde, signifie la falsification de tout vrai qui ait jamais été dans l'Église ; le sang est la falsification, les prophètes sont les vrais de la doctrine, et depuis la fondation du monde signifie qui ait jamais été dans l'Église, la fondation du monde est l'instauration de l'Église ; « depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie tué entre l'Autel et le Temple, » signifie l'adultération de tout bien, et par suite l'extinction du culte du Seigneur ; le sang d'Abel jusqu'à Zacharie est l'adultération de tout bien ; être tué entre l'Autel et le Temple, c'est éteindre tout bien et tout vrai dans le culte, car l'autel signifie le culte d'après le bien, et le temple le culte d'après le vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus ; entre l'un et l'autre, c'est où il y a conjonction, et là où il n'y a pas conjonction il n'y a ni le bien ni le vrai ; l'autel était hors de la Tente de convention et hors du Temple ; ce qui se faisait entre l'un et l'autre signifiait donc la communication et la conjonction, voir dans les ARCANES CELESTES les Nos 10001, 10025 ; et aussi, qu'Abel signifie le bien de la charité, Nos 342, 369, 374, 3325 ; qu'ici dans le sens spirituel il ne soit entendu ni Abel ni Zacharie, on le voit en ce que les noms dans la Parole signifient des choses. Dans Matthieu : « Jésus dit : Si tu présentes ton offrande sur l'Autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'Autel, et va-t'en, d'abord réconcilie-toi avec ton frère, et alors viens, présente ton offrande. » — V. 23, 24 ; — par présenter une offrande sur l'autel, dans le sens spirituel, il est entendu adorer Dieu, et par — adorer Dieu est entendu le culte tant interne qu'externe, à savoir, le culte qui appartient à l'amour et à la foi et par conséquent à la vie ; c'est là ce qui est entendu, parce que le culte dans l'Église Juive consistait principalement en sacrifices ou en offrandes qui devaient être présentées sur l'Autel, et que le principal est pris pour le tout ; d'après cela, on peut voir ce qui est entendu dans le sens spirituel par les paroles du Seigneur, à savoir, que le culte Divin consiste principalement dans la charité à l'égard du prochain, et non dans la piété sans cette charité ; présenter une offrande sur l'autel est le culte d'après la piété, et se réconcilier avec son frère est le culte d'après la charité, et celui-ci est véritablement le culte ; et tel est celui-ci, tel est l'autre ; sur ce sujet, voir la doctrine de la NOUVELLE-JERUSALEM, Nos 123 à 129, 315 ; et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 222, 224, 358, 359, 360, 528, 529, 535 ; et ci-dessus, N° 325 ; que « si tu présentes ton offrande sur l'Autel, » ce soit dans tout culte, cela est évident par les paroles du Seigneur dans Luc, XVII. 4. (Matth. XVIII, 22), où il est dit qu'en tout temps il faut pardonner au frère ou au prochain ; là, soixante-dix-sept fois signifie continuellement. Puisque par l'Autel de telles choses étaient signifiées, c'est pour cela que l'Autel était fait ou de bois, ou de terre, ou de pierres entières sur lesquels le fer n'avait pas passé, et pour cela aussi qu'il était entouré d'airain : il était fait de bois, parce que le bois signifie le bien ; il était fait de terre pour la même raison, parce que la terre (humus) signifie la même chose ; il était fait de pierres entières, parce que ces pierres signifiaient les vrais formés d'après le bien, ou le bien en forme ; et, afin qu'aucune chose de la propre intelligence ne vînt pour le former en même temps, il avait été défendu d'ajuster ces pierres avec aucun marteau, aucune hache, ou aucun fer ; il était entouré d'airain pour signifier qu'il représentait le bien de toute part, car l'airain signifie le bien dans les externes. Que l'Autel ait été fait de bois, on le voit dans Moïse : « Tu feras un Autel de bois de Schittim, de cinq coudées de longueur, et de cinq coudées de largeur ; carré il sera ; et tu lui feras des cornes ; et tu lui feras un crible, ouvrage de filet, d'airain ; cavité de planches tu le feras. » — Exod. XXVII. 1 à 8 : — et dans Ézéchiel : « L'Autel était de bois, de trois aunes de hauteur, et sa longueur de deux aunes ; il avait des angles, sa longueur et ses parois (étaient) de bois ; alors (ainsi) il me parla : Ceci (est) la table qui (est) devant Jéhovah. » — XLI. 22 ; — si l'Autel était fait de bois et couvert d'airain, c'était aussi pour l'usage, afin qu'il pût être porté et transféré d'un lieu dans un autre dans le désert, où étaient alors les fils d'Israël, et parce que le bois signifie le bien, et le bois de Schittim le bien de la justice ou du mérite du Seigneur ; que le bois signifie le bien, on le voit Nos 643, 3720, 8354 ; et 1e bois de Schittim le bien de la justice ou du mérite, qui appartient au Seigneur Seul, on le voit Nos 9472, 9486, 9528, 9715, 10178. L'Autel était fait aussi de terre (hu­mus), et s'il était construit de pierres, c'était de pierres entières et non taillées par aucun instrument de fer, comme on le voit aussi dans Moïse : « Un Autel d'humus tu Me feras, afin de sacrifier sur lui tes holocaustes et tes eucharistiques. Et si un Autel de pierres tu Me fais, tu ne les bâtiras point taillées, car si ton ciseau tu faisais passer sur lui, tu le profanerais. » — Exod. XX. 21, 22 : — et ailleurs : « Si un Autel de pierres est (bâti), on ne fera point passer de fer sur les pierres. » — Deutér. XXVII. 5. — Jusqu'ici il a été montré ce que l'Autel signifie dans le sens réel ; de là on peut voir clairement ce que l'Autel signifie dans le sens opposé, c'est-à-dire qu'il signifie le culte idolâtre ou le culte infernal, lequel est seulement chez ceux qui professent, il est vrai, une religion, mais qui néanmoins s'aiment eux-mêmes et aiment le monde par dessus toutes choses, et par conséquent s'adorent eux-mêmes et adorent le monde ; et, quand ils font cela, ils aiment le mal et le faux ; c'est pour cela que l'Autel, quand il s'agit d'eux, signifie le culte d'après 1e mal, et les statues qui étaient aussi chez eux signifient le culte d'après le faux, par conséquent aussi l'enfer : que ce soit là ce qui est signifié par l'Autel dans le sens opposé, on le voit par les passages suivants ; dans Ésaie : « En ce jour-là, l'homme regardera vers son facteur, et ses yeux vers le Saint d'Israël se tourneront ; et il ne regardera point vers les Autels, ouvrage de ses mains, ni ce qu'ont fait ses doigts il ne verra point, ni les bocages, ni les statues solaires. » — XVII. 7, 8 ; — ces paroles concernent l'instauration de la nouvelle Église par le Seigneur ; par « en ce jour-là, l'homme regardera vers son Facteur, et ses yeux vers le Saint d'Israël se tourneront, » il est entendu qu'alors ils seront conduits dans les biens de la vie et instruits dans les vrais de la doctrine ; le Seigneur est appelé Facteur, parce qu'il conduit dans les biens de la vie, car ces biens font l'homme, et il est appelé le Saint d'Israël, parce qu'il enseigne les vrais de la doctrine ; c'est aussi pour cela qu'il est dit que l'homme regardera et que ses yeux se tourneront, l'homme est dit homme d'après le bien de la vie, et les yeux se disent de l'entendement du vrai, par conséquent des vrais de la doctrine ; par « il ne regardera point vers les autels, ouvrage de ses mains, ni ce qu'ont fait ses doigts il ne verra point, » il est signifié qu'alors il n'y aura pas le culte d'après le propre amour d'où proviennent les maux de la vie, ni d'après la propre intelligence d'où proviennent les faux de la doctrine ; par « les autels ouvrage de ses mains » est entendu le culte d'après le propre amour d'où proviennent les maux de la vie, et par « ce qu'ont fait ses doigts » est entendu le culte d'après la propre intelligence d'où proviennent les faux de la doctrine ; par les bocages et par les statues solaires, il est signifié la religiosité d'après les faux et les maux du faux, par les bocages la religiosité d'après les faux, et par les statues solaires, la religiosité d'après les maux du faux. Dans Jérémie : « Le péché de Jehudah a été écrit avec un burin de fer, avec un ciseau de diamant ; il a été gravé sur la table de leur cœur, et aux cornes de leurs Autels ; comme je me souviens de leurs fils, de leurs Autels, et de leurs bocages avec arbre verdoyant sur des collines élevées. » — XVII. 1, 2 ; — par ces paroles il est décrit que le culte idolâtrique a été tellement enraciné dans la Nation Juive, qu'il ne pouvait être enlevé ; par « le péché de Jehudah a été écrit avec un burin de fer, avec un ciseau de diamant, il est gravé sur la table de leur cœur, et aux cornes de leurs autels, » il est signifié qu'il a été tellement enraciné, qu'il ne pouvait être enlevé ; le faux enraciné est entendu par écrit avec un burin de fer et avec un ciseau de diamant, et le mal enraciné est entendu par gravé sur la table de leur cœur et aux cornes de leurs autels ; il est dit aux cornes des autels, parce que c'est le culte idolâtre qui est entendu ; par les fils dont il se souvient, il est signifié les faux du mal ; par les autels, ce culte d'après le mal ; par les bocages avec arbre verdoyant, ce culte d'après le faux ; « sur des collines élevées, » c'est l'adultération du bien et la falsification du vrai : en effet, dans ce temps-là, quand toutes les choses du culte étaient les représentatifs des célestes et des spirituels, on avait un culte dans des bocages et sur des collines, parce que les arbres, dont se composaient les bocages, signifiaient les connaissances et les perceptions du vrai et du bien ; et cela selon les espèces d'arbres ; et comme les collines signifiaient les biens de la charité, dans lesquels sont les Anges spirituels, qui habitent dans le monde spirituel sur des collines, c'était pour cela que dans les temps anciens le culte se faisait sur les collines ; mais cela fut défendu à la Nation Juive et Israélite, afin qu'on ne profanât pas les choses saintes qui étaient représentées, car cette nation était seulement dans les externes quant au culte, et purement idolâtre quant à l'interne : que les arbres signifient les connaissances et les perceptions du vrai et du bien selon les espèces d'arbres, on le voit, Nos 2163, 2682, 2722, 2972, 7692 ; voir aussi que de là les Anciens eurent un Culte Divin dans des Bocages sous des arbres selon les significations de ces arbres, Nos 2722, 4552 ; que cela fut défendu à la nation Juive et Israélite, et pourquoi, N° 2722 ; que les collines signifient les biens de la charité, et pourquoi, Nos 6435, 10438. Dans Hosée : « Cep vide, Israël ! du fruit il fait semblable à lui ; selon la multiplication de son fruit il multiplie les autels, selon le bien de sa terre ils font avec art des statues ; il flatte leur cœur, déjà ils ont été désolés ; il renversera leurs autels, il dévastera leurs statues. » — X. 1, 2 ; — Israël ici signifie l'Église, qui est appelée cep vide quand le vrai n'y est plus ; son culte d'après les maux est entendu par les autels qu'il multiplie, et son culte d'après les faux est entendu par les statues qu'il fait avec art ; par « selon la multiplication de son fruit, et selon le bien de sa terre, » il est signifié qu'ils font cela selon qu'ils sont en abondance ; par « il renversera leurs autels, il dévastera leurs statues, » il est signifié que le culte d'après les maux et les faux sera détruit : que les statues aient signifié le culte d'après les vrais, et dans le sens opposé le culte d'après les faux, ainsi un culte idolâtre, on le voit, Nos 3727, 4580, 10643. Dans Ézéchiel : « Ainsi a dit le Seigneur Jéhovih aux montagnes et aux collines, aux lieux creux et aux vallées : J'amènerai sur vous l'épée, et j'abattrai vos hauts lieux, et seront détruits vos Autels, et seront brisées vos statues solaires, même je ferai tomber vos transpercés devant vos idoles. » — VI. 3, 4, 6, 13 ; — le Seigneur Jéhovih a dit aux montagnes, aux collines, aux lieux creux et aux vallées, ce n'est pas à tous ceux qui y habitent, mais c'est à tous les idolâtres, à savoir, à tous ceux qui ; sur des montagnes et sur des collines, vers des lieux creux et dans des vallées, ont institué un culte, ce qu'ils ont fait à cause des représentations et des significations de ces lieux ; « amener sur vous l'épée, abattre les hauts lieux, détruire les autels et briser les statues solaires, » signifie détruire toutes les choses du culte idolâtre par les faux et par les maux, car le culte idolâtre se détruit lui-même par les faux et les maux ; en effet, l'épée signifie les faux qui détruisent, les hauts lieux signifient le culte idolâtre en général, les autels ce culte d'après les amours mauvais, et les statues solaires ce culte d'après les faux de la doctrine ; faire tomber les transpercés devant les idoles signifie la damnation de ceux qui périssent par les faux, les transpercés signifient ceux qui périssent par les faux, les idoles signifient les faux du culte en général, et tomber signifie être damné. Dans Hosée : « Éphraïm a multiplié les Autels pour pécher ; ils ont fait, eux, des Autels pour pécher. » — VIII 11 ; — par Éphraïm est signifié l'intellectuel de l'Église, ici l'intellectuel perverti ; multiplier les autels pour pécher signifie pervertir le culte par les maux, et faire des autels pour pécher signifie pervertir le culte par les maux ; car, dans la Parole, multiplier se dit des vrais et dans le sens opposé des faux, et faire se dit du bien et dans le sens opposé du mal ; de là vient que ces deux expressions sont employées, et cependant ce n'est pas une vaine répétition, dans le Même : « Retranchée a été Samarie, son roi (est) comme l’écume sur les faces des eaux ; et seront détruits les hauts lieux d'Aven, péché d'Israël ; le chardon et l'épine monteront sur leurs autels. » — X. 7, 8 ; — par Samarie a été signifiée l'Église spirituelle, ou l'Église dans laquelle la charité et la foi font un ; mais après qu'elle eut été pervertie, Samarie a signifié l'Église dans laquelle la charité a été séparée de la foi ; et la charité, cependant, a été déclarée essentielle, aussi est-ce pour cela qu'alors Samarie a signifié où il n'y a plus le vrai parce qu'il n'y a pas le bien, mais à place du bien le mal de la vie, et à la place du vrai le faux de la doctrine ; cela est signifié ici en ce que Samarie a été retranchée ; le faux de sa doctrine est signifié par son roi qui est comme l'écume sur les faces des eaux ; le roi signifie le vrai, et dans le sens opposé, comme ici, le faux, l'écume sur les faces des eaux signifie ce qui est vide et séparé des vrais, les eaux sont les vrais ; par les hauts lieux d'Aven qui seront détruits, il est signifié qu'il y aura destruction des principes du faux et des raisonnements provenant de ces principes chez ceux qui sont dans ce culte, lequel considéré en lui-même est un culte intérieur idolâtre, car ceux qui sont dans le mal de la vie et dans les faux de la doctrine s'adorent eux-mêmes et adorent le monde ; par « le chardon et l'épine monteront sur leurs autels, » il est signifié que le vrai falsifié et le mal qui en provient seront dans tout leur culte, les autels sont tout culte. Dans Amos : « Au jour où je ferai la visite des prévarications d'Israël sur lui, je ferai la visite sur les autels de Béthel, afin que soient retranchées les cornes de l'Autel, et qu'elles tombent à terre. » — III. 14 ; — par faire la visite des prévarications d'Israël sur lui, est signifié leur dernier état, dans le sens spirituel l'état après la mort quand ils doivent être jugés ; faire la visite est dit au lieu de juger, parce que la visite précède toujours le jugement ; par les autels de Béthel est signifié le culte d'après le mal ; par les cornes de l'autel est signifié le culte d'après les faux, ainsi par elles sont signifiées toutes les choses du culte ; et il est signifié que ces choses seront détruites, par cela que les cornes seront retranchées et tomberont à terre. II est dit que la visite sera faite sur les autels de Béthel, parce que Jéroboam sépara les Israélites d'avec les Juifs et éleva deux autels, l'un à Béthel et l'autre à Dan ; et comme par Béthel et Dan sont signifiés les derniers dans l'Eglise, et que les derniers dans l'homme de l'Église sont appelés naturels sensuels, ou naturels mondains et corporels, c'est pour cela que par Béthel et Dan sont signifiés ces derniers, par Béthel le dernier du bien, et par Dan le dernier du vrai ; de là par ces deux Autels est signifié le culte dans les derniers ou dans les extrêmes, tel qu'est le culte chez ceux qui séparent la charité d'avec la foi, et reconnaissent la foi seule pour moyen de salut ; ceux-ci par suite pensent sur la religion dans le naturel sensuel ; c'est pourquoi toutes les choses qu'ils disent croire, ils ne les comprennent pas et ne veulent pas les comprendre, en disant que l'entendement doit être sous l'obéissance de la foi ; et ceux qui sont tels ont été représentés par les Israélites séparés des Juifs, ou par Samarie séparée de Jérusalem, et leur culte a été représenté par les Autels de Béthel et de Dan ; ce culte, en tant qu'il est séparé de la charité, est un culte nul, car en lui la bouche parle sans l'entendement et sans la volonté, ou sans le mental ; sans l'entendement, parce que ces hommes disent qu'ils doivent croire quoiqu'ils ne comprennent point, et sans la volonté, parce qu'ils repoussent les faits ou les biens de la charité ; que ce culte soit un culte nul, cela est signifié par ces paroles dans le Livre I des Rois : « Comme Jéro­boam se tenait auprès de l'Autel à Béthel, l'homme de Dieu lui cria que l’Autel se fendrait, et que la cendre serait répandue ; ce qui aussi fut fait. » — XII. 26 à 33, et XIII.1 à 6 ; — par l'autel qui se fendrait, et la cendre qui serait répandue, il est signifié que le culte serait absolument nul. Si la foi séparée de la charité a été alors signifiée par Samarie, c'est parce que le Royaume Juif signifiait l'Église céleste ou l'Église qui est dans le bien de l'amour, et le Royaume Israélite l'Église spirituelle qui est dans les vrais d'après ce bien ; c'est là ce qui était signifié par le Royaume Juif et par le Royaume Israélite quand ils étaient sous un seul Roi, ou quand ils étaient conjoints ; mais quand ils eurent été séparés, alors par le Royaume Israélite a été signifié le vrai séparé du bien, ou, ce qui est la même chose, la foi séparée de la charité. En outre, dans plusieurs antres passages qui sont en trop grand nombre pour qu'ils puissent être rapportés, le culte est signifié par l'autel, parce qu'il était signifié par les holocaustes et par les sacrifices qui étaient offerts dessus : et comme le culte idolâtrique a été signifié par les autels des nations, c'est pour cela qu'il a été commandé que partout ils fussent détruits ; voir Deutér. VII. 5. XII. 3. Jug. II. 2 ; et ailleurs : de là il est bien évident que les Autels ont été en usage chez toute la postérité d'Héber, ainsi chez tous ceux qui étaient appelés Hébreux, lesquels, pour la plupart, avaient été dans la terre de Canaan et dans le voisinage à l'entour, puis aussi dans la Syrie, d'où Abram était venu ; qu'ils aient été en usage dans la terre de Canaan et dans le voisinage à l'entour, on le voit d'après les Autels mentionnés et détruits dans ces contrées ; qu'ils aient été en usage dans la Syrie, on le voit d'après les Autels dressés par Biléam qui était de Syrie, — Nomb. XXIII. 1 ; — et d'après l'Autel qui était à Damas, — II Rois, XVI. 10 à 15 : — et en ce que les Égyptiens avaient en abomination les Hébreux à cause des sacrifi­ces, — Exod. VIII. 22, — au point qu'ils ne voulaient pas manger le pain avec eux, — Gen. XLIII. 32 ; —cela venait de ce que l'Ancienne Église, qui était une Église représentative, et s'était répandue sur une grande partie du Continent Asiatique, ignorait les sacrifices, et les regarda, quand ils eurent été institués par Éber, comme des choses exécrables, à savoir, en ce qu'on voulait apaiser Dieu en égorgeant divers animaux, et ainsi par du sang : au nombre de ceux qui furent de l'Ancienne Église étaient aussi les Egyptiens, mais comme ceux-ci avaient appliqué les représentatifs à des opérations magiques, cette Église chez eux fut anéantie. Si les Égyptiens ne voulaient pas manger le pain avec les Hébreux, c'était parce que dans ce temps par les dîners et les soupers était représentée et par suite signifiée la consociation spirituelle, qui est la consociation et la conjonction par les choses qui appartiennent à l'Église, et que par le pain en général il était signifié toute nourriture spirituelle, et par suite par le dîner et le souper toute conjonction. Que l'Ancienne Église se fût répandue dans une grande partie du Continent Asiatique, à savoir, dans l'Assyrie, la Mésopotamie, la Syrie, l'Ethiopie, l'Arabie, la Lybie, l'Egypte, la Philisthée jusqu'à Tyr et Sidon, dans la terre de Canaan en deçà et au delà du Jourdain, on le voit, Nos 1238, 2385 ; puis aussi, que cette Église était représentative, Nos 519, 521, 2896 ; sur l'Église instituée par Éber, appelée Église Hébraïque, Nos 1238, 1241, 1343, 4516, 4517 ; que les Sacrifices ont d'abord été commencés par Éber, et ont été ensuite en usage chez ses descendants, Nos 1128, 1343, 2180, 10042 ; que les Sacrifices n'ont point été commandés, mais ont seulement été permis, prouvé d'après la Parole ; raison pour laquelle ils sont dits avoir été commandés, Nos 922, 2180, 2818 ; et que, comme la Parole a été écrite chez cette nation, et que la Parole Historique traite de cette nation, il a fallu nécessairement que les Autels et les Sacrifices y fussent mentionnés, et que par eux le culte Divin fût signifié, Nos 10453, 10461, 10603, 10604.



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