menu.jpg


 
Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
Référence A value is required.Invalid format.
 
 
 
Apocalypse Expliquée 376. 

376. Jusqu'ici il a été montré que l'Huile signifie le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur ; maintenant il faut aussi montrer que le Vin signifie le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain et le bien de la foi ; et comme dans son essence ce bien est le vrai, c'est pour cela que dans l'explication commune il a été dit que par « l'Huile et le Vin ne gâte point, » il est signifié qu'on ne doit point porter de dommage au sens interne ou spirituel de la Parole, ni quant au bien, ni quant au vrai, ou, ce qui est la même chose, qu'on ne doit pas porter de dommage aux biens et aux vrais qui sont dans le sens interne ou spirituel de la Parole : si dans son essence le bien de la charité ou le bien de la foi est le vrai, c'est parce que ce bien est implanté par le Seigneur dans la partie intellectuelle de l'homme au moyen des vrais qui sont appelés vrais de la foi, et que quand l'homme y conforme sa vie ces vrais deviennent alors des biens, car la nouvelle volonté est formée par les vrais dans celte partie, et tout ce qui procède de la volonté est appelé bien ; cette volonté est aussi une même chose avec la conscience, et la conscience est la conscience du vrai, parce qu'elle est formée par les vrais de tout genre, qui sont tirés de la doctrine de l'Église et du sens de la lettre de la Parole ; mais sur ce sujet on peut voir plus de détails dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, Nos 130 à 138 ; et là, d'après les Arcanes Célestes, Nos 139 à 141 ; de là vient donc que par le Vin est signifié le vrai. En outre, il y a les biens et les vrais internes et les biens et les vrais externes, les biens et les vrais internes sont signifiés par l'Huile et le Vin, qui ne doivent pas être gâtés, et les biens et les vrais externes sont signifiés par le froment et l'orge ; les biens et les vrais externes sont ceux qui sont dans le sens de la lettre de la Parole, et les biens et les vrais internes ceux qui sont dans le sens interne ou spirituel de la Parole ; ou les biens et les vrais externes sont tels que ceux des Anges dans les Cieux inférieurs, à savoir, dans les derniers du Ciel, et les biens et les vrais internes sont tels que ceux des Anges dans les Cieux supérieurs, à savoir, dans le troisième et dans le second ; ceux-ci sont les biens mêmes réels et les vrais mêmes réels, mais ceux-là sont des biens et des vrais parce qu'ils correspondent, ainsi ils sont des correspondances ; les biens et les vrais internes ont une communication immédiate avec les Anges du Ciel, mais les biens et les vrais externes ont une communication non pas immédiate mais médiate par les correspondances. De là vient que les Juifs, parce qu'ils étaient seulement dans le sens de la lettre et non dans la connaissance sur la signification des choses dans le sens spirituel, n'ont pu porter dommage au sens spirituel ni quant au bien ni quant au vrai, par conséquent ni aux biens réels ni aux vrais réels : il en est de même de l'Église Chrétienne d'aujourd'hui, elle n'a pu porter dommage ni aux biens réels ni aux vrais réels qui sont dans le sens spirituel de la Parole, car elle a ignoré ce sens, et par cela même elle a ignoré aussi les biens réels et les vrais réels. Si le sens spirituel de la Parole n'a pas été découvert aux Chrétiens, c'est parce que les biens réels et les vrais réels, tels qu'ils sont dans les Cieux supérieurs, sont cachés dans le sens spirituel de la Parole, et que tant que ces biens et ces vrais n'ont point été perçus ni connus, ce sens non plus n'a pas pu être ouvert, car ils n'ont pas pu être vus : si les biens réels et les vrais réels n'ont été ni perçus ni connus dans les Églises Chrétiennes, c'est parce que ces Églises ont été divisées en général en Église Pontificale et Église Évangélique, et que dans l'Église Pontificale les vrais sont entièrement ignorés, parce que ceux qui sont dans cette Église dépendent non de la Parole, ainsi non du Seigneur, qui est la Parole, c'est-à-dire, le Divin Vrai, mais du Pontife, de la bouche duquel il sort à peine quelque chose qui ne vienne pas de l'amour de commander, et cet amour provient de l'enfer, aussi est-ce pour cela que chez eux il est à peine un seul Vrai qui soit de l'Église ; dans les Églises Évangéliques la foi seule a été prise pour moyen essentiel de salut, et par là le bien de l'amour et de la charité a été rejeté comme non-essentiel, et là où le bien est rejeté, il ne peut pas non plus y avoir aucun vrai qui en lui-même soit le vrai ; en effet, tout vrai vient du bien, car le Seigneur influe dans le bien de l'homme, et par le bien l'illustre et donne la lumière pour qu'il perçoive les vrais ; c'est pourquoi sans cette lumière, qui est la vie spirituelle même de l'homme, il n'y a point le vrai ; quoiqu'il retentisse comme vrai parce qu'il est tiré de la Parole, c'est un vrai falsifié par les idées que l'homme en a, car de la foi séparée de la charité, ou des vrais sans le bien, il ne résulte pas autre chose : de là vient donc que le sens spirituel de la Parole n'a pas pu être ouvert aux Églises Chrétiennes, car s'il eût été ouvert, elles l'auraient falsifié et perverti par des idées provenant d'illusions, et par conséquent elles l'auraient profané ; de là vient aussi que jamais qui que ce soit, même désormais, n'est admis dans le sens spirituel de la Parole, à moins qu'il ne soit dans les vrais réels d'après le bien ; et nul ne peut être dans les vrais réels d'après le bien, à moins qu'il ne reconnaisse de cœur le Seigneur seul pour Dieu du Ciel et de la terre, car de Lui procède tout bien et par suite tout vrai. Si le sens spirituel de la Parole a été ouvert aujourd'hui, et si avec ce sens les vrais réels et les biens réels ont été dévoilés, c'est parce que le Jugement Dernier a été terminé par le Seigneur, et qu'ainsi toutes choses dans les Cieux et dans les enfers ont été remises dans l'ordre, et que par là le Seigneur peut pourvoir à ce qu'il ne soit porté aucun dommage aux vrais et aux biens réels qui sont dans le sens spirituel de la Parole, ce qu'il ne pouvait pas auparavant ; voir dans l'Opuscule du JUGEMENT DERNIER, N° 73. Que le Vin signifie le bien spirituel, ou le bien de la charité et le bien de la foi, qui dans son essence est le vrai, on peut le voir par les passages suivants dans la Parole ; dans Ésaïe : « Quiconque a soif, allez vers les eaux ; et quiconque n'a point d'argent, allez, achetez et mangez ; achetez sans argent et sans prix du vin et du lait. » --- LV. 1 ; --- qu'ici il ne soit pas entendu qu'on achèterait du vin et du lait sans argent, chacun peut le voir ; c'est pourquoi par le vin et le lait sont signifiés les spirituels, à savoir, par le vin le bien spirituel qui dans son essence est le vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, et par le lait le bien de ce vrai ; que le Seigneur les donne gratuitement à ceux qui sont dans l'ignorance du vrai et du bien et cependant les désirent, cela est signifié par « quiconque n'a point d'argent, allez, achetez et mangez ; achetez sans argent ; » acheter signifie acquérir pour soi, et manger signifie s'approprier, ce qui se fait par une application comme par soi-même ; que ceux qui sont dans l'ignorance du vrai et du bien, et cependant les désirent, soient entendus ici, cela est évident, car il est dit « quiconque a soif, allez vers les eaux, » avoir soif signifie désirer, et les eaux signifient les vrais, ici la Parole où ils sont. Dans Joël : « Il arrivera en ce jour-là que les montagnes distilleront du moût, et que les collines couleront en lait, et tous les ruisseaux de Jehudah couleront en eaux. » --- IV. 18 ; --- là, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et aussi du nouveau Ciel et de la nouvelle Église par Lui ; qu'alors dans la terre de Canaan ou dans la Judée les montagnes n'aient point distillé du moût, et que les collines n'aient point coulé en lait, et que les ruisseaux de Jehudah n'aient point alors, plus que dans le temps antérieur, coulé en eaux, cela est notoire ; c'est pourquoi, par ces paroles il est entendu autre chose que du moût, du lait et des eaux, et aussi autre chose que des montagnes, des collines, des ruisseaux ; à savoir, par « les montagnes distilleront du moût (mustum) ou du vin, » il est entendu que du bien de l'amour envers le Seigneur procède tout vrai réel ; par « les collines couleront en lait, » il est entendu que du bien de la charité à l'égard du prochain procède la vie spirituelle ; et par « tous les ruisseaux de Jehudah couleront en eaux, » il est entendu que de chaque chose de la Parole procèdent des vrais, car par Jehudah est signifié le Royaume céleste du Seigneur, et aussi la Parole, voir Nos 3881, 6363 ; de là par les ruisseaux de Jehudah il est signifié chacune des choses de la Parole : que par les montagnes il soit signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, on le voit, Nos 795, 4210, 6435, 8327, 8758, 10438, 10608 ; puis aussi, par les collines le bien de la charité à l'égard du prochain, Nos 6435, 10438 ; et cela, parce que dans le Ciel sur les montagnes habitent ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et sur les collines ceux qui sont dans le bien de la charité à l'égard du prochain, N° 10438 ; et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 188. Dans Amos : « Voici les jours viennent, que celui qui laboure atteindra celui qui moissonne, et celui qui foule les raisins, celui qui répand la semence ; et les montagnes distilleront le moût, et toutes les collines (en) découleront : je ramènerai la captivité de mon peuple d'Israël, et ils bâtiront les villes dévastées et (y) résideront, et ils planteront des vignes et en boiront le vin, et ils feront des jardins et en mangeront le fruit ; alors je les planterai sur leur terre. » --- IX. 13, 14, 15 ; --- dans ce Chapitre, il s'agit d'abord de la vastation de l'Église, et ensuite de sa restauration par le Seigneur, et par le peuple d'Israël il est entendu, non pas ce peuple, mais ceux chez qui l'Église devait être instaurée ; et par « celui qui laboure atteindra celui qui moissonne, et celui qui foule les raisins, celui qui répand la semence, » il est signifié que celui qui reçoit le bien et le vrai fera aussi l'usage ou le fruit, qu'ainsi le bien et le vrai seront en même temps chez l'homme de l'Église ; par « les montagnes distilleront le moût, et toutes les collines en découleront, » il est signifié, comme ci-dessus, que du bien de l'amour envers le Seigneur et du bien de la charité à l'égard du prochain procèderont les vrais en abondance ; là le moût (mustum) ou le vin est le vrai ; par la captivité du peuple d'Israël qui sera ramenée, il est signifié la restauration de l'Église chez les nations, car par la captivité il est entendu la captivité spirituelle existant chez ceux qui sont éloignés des biens et des vrais, et qui cependant les désirent, voir N° 9164 ; par les villes dévastées qui seront bâties, sont signifiés les doctrinaux du vrai et du bien d'après la Parole, jusque là entièrement perdus, et qui alors doivent être restaurés ; par les vignes qu'ils planteront et dont ils boiront le vin, sont signifiées toutes les choses de l'Église desquelles provient l'intelligence, par la vigne est signifiée l'Église spirituelle, et ainsi par les vignes sont signifiées toutes les choses de l'Église, par le vin est signifié en général le vrai de l'Église, et par boire du vin il est signifié être instruit et devenir intelligent, par conséquent l'intelligence ; par les jardins qu'ils feront et dont ils mangeront le fruit, il est signifié la sagesse, par les jardins toutes les choses qui appartiennent à l'intelligence, et par leur fruit les biens de la vie, ainsi par en manger le fruit il est signifié l'appropriation du bien, par conséquent la sagesse, car il y a sagesse quand les vrais sont confiés à la vie ; et comme ce sont ces choses qui sont entendues, c'est pour cela qu'il est dit d'Is­raël, « je les planterai sur leur terre » Dans Moïse : « Il attache au cep son ânon, et au cep excellent le fils de son ânesse ; il lave dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau : rouge d'yeux par le vin, et blanc de dents par le lait. » --- Gen. XLIX. 11, 12 ; --- ces paroles sont dans le Prophétique d'Israël le père sur Jehudah, par lequel, là, il est entendu non pas Jehudah mais le Seigneur quant au Royaume Céleste ; par le vin et par le sang des raisins il est entendu le Divin Vrai ; ce que signifient les autres choses, et que le vin signifie le Divin Vrai, parce qu'il s'agit du Seigneur, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N° 6375 à 6381. Dans le Même : « Jacob apporta de la venaison à Isaac son père, et il mangea ; et il lui apporta du vin, et il but ; et Isaac le bénit, en disant : Dieu te donnera de la rosée du Ciel, et des graisses de la terre, et abondance de blé et de moût. » --- Gen. XXVII. 25, 27, 28, 37 ; --- ceux qui ne savent pas que la Parole dans chaque chose est spirituelle peuvent croire qu'ici par Isaac il est entendu Isaac, et par Jacob, Jacob, et qu'ainsi par les graisses de la terre, le blé et le moût, il n'est pas signifié d'autres choses plus élevées ; mais là par Isaac était représenté le Seigneur, et par Jacob l'Église, ainsi par les graisses de la terre les Célestes qui appartiennent au bien de l'amour, et par le blé et le moût tout bien et tout vrai de l'Église ; mais on peut voir aussi ces paroles expliquées dans les ARCANES CÉLESTES, Nos 3570, 3579, 3580. Dans le Même : « Si vous écoutez mes préceptes, je donnerai à votre terre en son temps la pluie du matin et du soir, et tu recueilleras ton blé, et ton moût, et ton huile. » --- Deutér, XI. 13, l4 ; --- ces bénédictions de la terre étaient promises aux fils d'Israël, s'ils écoutaient et faisaient les préceptes de Jéhovah ; ils les obtenaient aussi, et cela, parce que chez eux l'Église était représentative, et que les choses dites et commandées par Jéhovah correspondaient aux spirituelles, ainsi ces bénédictions de la terre correspondaient aux bénédictions du Ciel ; les bénédictions du Ciel, auxquelles correspondent les bénédictions de la terre, se réfèrent toutes aux choses qui appartiennent au bien de l'amour et au vrai de la foi ; c'est pourquoi par la pluie du matin et du soir, sont signifiées ces bénédictions, car par la pluie est spécialement signifié le Divin Vrai qui influe du Ciel, et d'après lequel naissent, croissent et sont produites toutes les choses de l'Église et du Ciel chez l'homme ; c'est pourquoi par le blé, le moût et l'huile qu'ils recueilleront, il est signifié tout bien et tout vrai de l'homme externe et de l'homme interne, Dans le Même: « Ainsi habita Israël en sécurité, solitaire vers la fontaine de Jacob, dans une terre de blé et de moût ; même ses Cieux distillaient la rosée. » --- Deutér. XXXIII. 28 ; --- c'était la conclusion des bénédictions des fils d'Israël par Moise, où toutes choses sont des prophétiques, et par chaque fils ou chaque Tribu d'Israël il est signifié quelque chose de l'Église, de même que dans la Genèse, Chap. XLIX ; et ici par Israël est signifiée l'Église elle-même ; et par habiter en sécurité, solitaire vers la fontaine de Jacob, il est signifié vivre sans infestation de la part des maux et des faux, et être conduit par le Seigneur seul au moyen du Divin Vrai, la fontaine de Jacob est le Divin Vrai et la Parole ; et par vivre dans une terre de blé et de moût, il est signifié dans tout bien et dans tout vrai de l'Église ; et par « même ses Cieux distilleront la rosée, » il est signifié l'influx procédant du Ciel. Dans le Même : « Il l’a fait chevaucher sur les Lieux élevés de la terre, et il lui a donné le beurre du gros bétail, et le lait du menu bétail, avec La graisse des agneaux et des béliers, fils de Baschan, et des boucs, avec la graisse des reins du froment ; et le sang du raisin tu bois, le vin. » --- Deutér, XXXII. 13, 14 ; --- ces choses ont été dites de l'Ancienne Église, qui existait avant l'Église Israélite, et qui fut dans le bien de la charité et dans les vrais de la foi ; les biens de tout genre, dans lesquels elle était, sont entendus par ces choses, à savoir, par le beurre du gros bétail, le lait du menu bétail, la graisse des agneaux, la graisse des béliers, la graisse des boucs, la graisse des reins du froment ; et les vrais spirituels le sont par le sang du raisin et le vin. Dans Jérémie : « Ils viendront et chanteront en la hauteur de Sion, et ils afflueront vers le bien de Jéhovah, vers le froment et vers le moût et vers l'huile et vers les fils du menu et du gros bétail. » --- XXXI. 12 ; --- par le froment, le moût et l'huile, sont signifiés les biens et les vrais de tout genre ; ce que chaque chose signifie en particulier, on le voit ci-dessus, N° 374. Dans Ésaïe : « Jéhovah a juré par sa droite et par le bras de sa force, si je donne davantage ton blé pour nourriture à tes ennemis, et si boivent les fils de l’étranger ton moût, pour lequel tu as travaillé! mais ceux qui l'amassent le mangeront et loueront  Jéhovah, et ceux qui le recueillent le boiront dans les parvis de ma sainteté. » --- LXII. 8, 9 ; --- ces choses sont dites de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église quant à la doctrine ; c'est pourquoi par le blé qui ne sera plus donné pour nourriture aux ennemis, et par le moût que les fils de l'étranger ne boiront pas, il est signifié en général le bien et le vrai de l'Église, qui ne seront plus consumés par les maux et les faux ; là, les ennemis sont les maux, et les fils de l'étranger sont les faux, et manger ou leur être donné pour nourriture et boire, c'est consumer ; par « ceux qui l'a­massent le mangeront, et ceux qui le recueillent le boiront, » il est signifié que les biens et les vrais demeureront chez ceux qui les reçoivent et en font usage ; le culte d'après les biens et les vrais est signifié par louer Jéhovah et boire dans les parvis de sa sainteté. Dans le Même : « La joie et le bondissement ont été enlevés de Carmel, et dans les vignes on ne chante point, il n'y a point de jubilation ; le vin dans les pressoirs il ne foule plus, celui qui foulait; l'hédad j'ai fait cesser. » --- XVI. 10 ; --- par là il est décrit que le plaisir céleste provenant du bien et des vrais de ce bien a été enlevé, parce que le bien même et le vrai même l'ont été ; le bien de l'Église est entendu par Carmel, et les vrais de ce bien sont entendus par les vignes et par la pression du vin dans les pressoirs ; leurs plaisirs qui ont été enlevés sont signifiés par la joie, le bondissement, le chant, la jubilation et l'hédad ; en effet, on avait coutume de chanter dans les vignes et dans les pressoirs quand on foulait le raisin pour en extraire le vin, à cause de la représentation des plaisirs provenant des vrais, qui étaient signifiés par le vin. Dans Jérémie : « Au-dessus des pleurs de Jaëzer je pleurerai à cause de toi, cep de Sibmah; tes provins ont traversé la mer, jusqu'à la mer de Jaëzer ils sont parvenus; sur tes fruits d'automne et sur ta vendange le dévastateur est tombé; de là l'allégresse et la joie se sont retirées de Carmel et de la terre de Moab ; et le vin dans les pressoirs j'ai fait cesser, il ne foulera plus, l'hédad, l’hédad (ne sera) plus hé­dad. » --- XLVIII. 32, 33 ; --- là, il s'agit aussi de l'enlèvement du plaisir céleste provenant du bien de l'amour et des vrais de ce bien, car tout plaisir céleste est en eux et en provient ; la lamentation sur cet enlèvement est entendue par pleurer ; la privation de ce plaisir est signifiée en ce que l'allégresse et la joie se sont retirées de Carmel, puis en ce que le dévastateur est tombé sur les fruits et sur la vendange, et en ce que le vin a cessé, et que l'hédad ne sera plus hédad ; le bien qui a été enlevé et pour lequel on se lamente est entendu par les fruits d'automne ; et les vrais du bien, en ce qu'ils ont été enlevés, sont signifiés par la vendange et par le vin dans les pressoirs ; que les vrais ont été exilés et ont péri par les scientifiques, cela est entendu par le cep de Sibmah et par ses provins qui ont traversé la mer jusqu'à la mer de Jaëzer ; la mer signifie le scientifique. Dans les Lamentations : « Le petit enfant et celui qui tette sont défaillants dans les places de ta ville ; à leurs mères ils disent : Où y a-t-il du blé et du vin, quand ils tombent de défaillance, comme un transpercé, dans les places de la ville, quand ils rendent leur âme sur le sein de leur mère? » — II. 11,12 ; — ces paroles contiennent une lamentation sur l'Église Juive, de ce que tout son bien et tout son vrai ont été entièrement détruits, et la lamentation est décrite par le petit enfant et celui qui tette, lesquels tombent de défaillance dans les places de la ville, et disent à leurs mères : Où y a-t-il du blé et du vin? par le petit enfant et celui qui tette sont signifiés ceux qui sont dans le bien de l'innocence, et abstractivement le bien de l'innocence lui-même, par ce bien est entendu tout bien de l'Église parce qu'il est l'essentiel de tous les biens de l'Église, voir dans le Traité du CIEL ET DE L'ENFER, Nos 276 à 283, 285, 288, 341, 382 ; par les places de la ville sont signifiés les vrais de la doctrine ; par les mères sont signifiées toutes les choses de l'Église ; et par le blé et le vin il est signifié en général tout bien et tout vrai de l'Église ; s'il est dit qu'ils tombent en défaillance, comme un transpercé, dans les places de la ville, quand ils rendent leur âme sur le sein de leur mère, c'est parce que le transpercé signifie ceux qui périssent spirituellement par l'entière privation du vrai, et que par l'âme il est signifié la vie spirituelle ; que les places de la ville, dans lesquelles ils tombent de défaillance, signifient les vrais de la doctrine, on le voit, N° 2336 ; et que la mère, sur le sein de laquelle ils rendent l'âme, signifie l'Eglise, on le voit, Nos 2691, 2717, 3703, 4257, 5581, 8897. Dans Séphanie : « Leurs richesses seront au pillage, et leurs maisons en dévastation ; ils bâtiront des maisons mais ils ne les habiteront pas, et ils planteront des vignes mais ils n'en boiront pas le vin. » --- I. 13 ;­ par les richesses qui seront au pillage sont signifiées les richesses spirituelles, qui sont les connaissances du bien et du vrai ; par les maisons qui seront en dévastation sont signifiées les choses de l'Eglise qui sont dans l'homme ; que quand ces choses de l'Église ont été dévastées chez eux, elles ne sont d'aucune utilité, et qu'ils ne les reçoivent pas, quoiqu'ils les écoutent et les voient dans la Parole, cela est signifié par bâtir des maisons et ne pas les habiter, planter des vignes et n'en pas boire le vin ; les maisons sont les biens de l'Église, et les vignes avec le vin en sont les vrais. Les mêmes choses sont entendues dans Michée : « Tu sèmeras mais tu ne moissonneras pas, tu fouleras l'olive mais tu ne t'oindras pas d'huile, et le moût mais tu ne boiras pas de vin. » --- VI. 15 ; --- dans Amos : « Vous planterez des vignes de désir, mais vous n'en boirez pas le vin. » --- V. 11 ; --- et dans Hosée : « L'aire et le pressoir ne les repaîtront point, et le moût leur mentira ; ils ne feront point à Jéhovah des libations de vin, et agréables elles ne seront pas pour Lui. » --- IX. 2, 4 ; --- par l'aire et le pressoir sont signifiées les mêmes choses que par le blé et le vin, parce que c'est là qu'on en fait collection ; par « ils ne les repaîtront point, et le moût leur mentira, » il est signifié qu'il ne leur servira en rien de les écouter ; et par « ils ne feront point à Jéhovah des libations de vin, et agréables elles ne seront pas pour Lui, » à savoir, les libations, il est signifié que par suite leur Culte ne sera pas accepté. Dans Joël : « Réveillez-vous, (vous) ivres, et pleurez, et hurlez (vous) tous qui buvez le vin, à cause du moût, parce qu'il a été retranché de votre bouche : dévasté est le champ, dans le deuil la terre, car dévasté est le blé, tari est le moût, languissante est l'huile ; honteux sont devenus les laboureurs, dans les lamentations sont les vignerons. » I. 5, 10, 11 ; --- ce qui est signifié par ces paroles dans le sens spirituel, voir ci-dessus, N° 374, où elles ont été expliquées, et où il a été montré que par le vin et le moût il est entendu le vrai de l'Église, et par les vignerons ceux qui sont dans les vrais et les enseignent ; là, il s'agit de l'Église dévastée, où les biens et les vrais ont péri. Dans Ézéchiel : « Damas (était) ta commerçante pour la multitude de tes ouvrages, par une multitude de toutes les richesses, en vin de Chelbon et en laine de Sa­char. » --- XXVII. 18 ; --- ces choses ont été dites de Tyr, par qui est signifiée l'Eglise quant aux connaissances du bien et du vrai, et par Damas, qui était une ville de la Syrie, est signifié le scientifique concordant ; et par les négoces, dont il s'agit dans ce Chapitre, il est signifié l'acquisition et la communication de ces connaissances, et l'usage ; comme le scientifique concordant est signifié par Damas, c'est pour cela qu'il est dit qu'elle est la commerçante pour la multitude de tous les ouvrages et de toutes les richesses ; et par les ouvrages, d'après lesquels se faisaient les usages, sont signifiées les connaissances du bien, et par les richesses les connaissances du vrai ; et comme les connaissances du vrai et du bien sont dans l'homme naturel, car tout cognitif perceptible et scientifique est en lui, c'est pour cela qu'il est dit « en vin de Chelbon et en laine de Sachar, » le vin de Chelbon signifie le vrai naturel, et la laine de Sachar le bien naturel. Dans Ésaïe : « La malédiction dévorera la terre; il pleurera, le moût ; il languira, le cep ; ils gémiront, tous les joyeux de cœur ; avec chant ils ne boiront point le vin ; amère sera la cervoise à ceux qui la boivent ; brisée sera la ville vide ; fermée sera toute maison en sorte que personne n'y entre. » --- XXIV. 6, 7, 9, 10 ; --- la perversion de l'Église est décrite par ces paroles ; cette perversion existe quand le faux règne à la place du vrai, d'où il résulte qu'il n'y a plus de bien, car l'homme a le bien par les vrais ; par la terre que la malédiction dévorera il est signifié l'Église, la malédiction est la perversion de l'Église ; par le moût qui pleurera, et par le cep qui languira, est signifié tout vrai de l'Église, pleurer et languir signifient la privation de ce vrai ; par « ils gémiront, tous les joyeux de cœur ; avec chant ils ne boiront point le vin, » il est signifié qu'il n'y aura plus aucun plaisir céleste ni aucune béatitude céleste ; par « amère sera la cervoise à ceux qui la boivent, » il est signifié qu'on se détournera de toutes les choses qui concordent avec les vrais, la cervoise signifie les choses qui proviennent des vrais et concordent avec eux ; mais par « brisée sera la ville vide, » il est signifié que la doctrine du faux sera détruite, la ville est la doctrine et le vide est le faux ; et par « fermée sera toute maison en sorte que personne n'y entre, » il est signifié qu'il n'y aura plus ni bien ni sagesse chez l'homme, ce qui arrive quand il n'y a pas le vrai mais le faux. Dans Amos : « Qui boivent à larges coupes de vin, et s'oignent avec les prémices des huiles, et sur la fracture de Joseph ne sont point affectés de douleur. » — VI. 6 ; — par ces paroles, et par celles qui précèdent dans ce Chapitre, sont décrits ceux qui sont dans le culte externe sans l'interne, tels qu'ont été autrefois et sont aujourd'hui les Juifs ; les coupes de vin, dans lesquelles ils boivent, sont les externes du vrai dont se compose le culte ; et les prémices des huiles, dont ils s'oignent, sont les externes du bien dont se compose aussi le culte ; Joseph signifie l'interne ou le spirituel de l'Eglise ; ne pas être affecté de douleur sur la fracture de Joseph, c'est n'être en rien affecté de ce que ce spirituel périt : que le culte externe sans l'interne soit un culte nul, on le voit, Nos 1094, 1175, 7724 ; voir aussi, que chez les Juifs il y a eu autrefois et il y a aujourd'hui un culte externe sans culte interne, Nos 1200, 3147, 3479, 8871 ; que Joseph signifie l'Église spirituelle, et par suite aussi le spirituel de l'Église, Nos 3969, 3971, 4669, 6417. Dans Zacharie : « Puissante je rendrai ta maison de Jehudah, et la maison de Joseph je sauverai ; de là ils seront comme le puissant Éphraïm, et dans l'allégresse sera leur cœur comme par le vin. » — X. 6, 7 ; — par la maison de Jehudah est signifiée l'Église céleste du Seigneur, et par la maison de Joseph l'Église spirituelle du Seigneur ; et par rendre puissantes leurs maisons il est signifié multiplier chez eux les vrais qui procèdent du bien, car toute puissance appartient au vrai d'après le bien ; de là il est dit qu'ils seront comme le puissant Éphraïm par Éphraïm est signifié l'entendement du vrai d'après le bien, ainsi il est dit puissant d'après la multiplication de ce vrai ; le plaisir céleste qui en provient est signifié par « dans l'allégresse sera leur cœur comme par le vin, » le vin est le vrai d'après le bien d'où provient ce plaisir : que toute puissance soit aux vrais d'après le bien, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 228 à 233 ; et aussi ci-dessus, Nos 209, 333 : que Jehudah dans la Parole signifie le Royaume Céleste du Seigneur, on le voit dans les ARCANES CE­LESTES, Nos 3881, 6363 ; et qu'Éphraïm signifie l'intellectuel de l'Église, on le voit, Nos 3969, 5354, 6222, 6234, 6238, 6267, 6296. Dans Daniel : « Beltschassar, Roi de Babel, et ses magnats, et ses épouses, et ses concubines, burent le vin dans les vases du Temple de Jérusalem ; et ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre : c'est pourquoi il fut écrit sur la muraille : Compté, Pesé et Divisé; et d'entre les fils des hommes, il (Nébucadnessar) fut chassé, et son habitation fut avec les onagres (ânes sauvages » --- V. 2, 3, 4, 5, 21 ; --- par ces paroles, dans le sens interne, est décrite la profanation du bien et du vrai, laquelle est aussi Babel ou la Babylone, car par boire le vin dans les vases du Temple de Jérusalem, il est signifié puiser les vrais de l'Église dans la Parole ; en effet, boire le vin, c'est puiser les vrais, et les vases du Temple de Jérusalem sont les vrais qui appartiennent à la doctrine de l'Eglise d'après la Parole ; et louer les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre, signifie le culte d'après l'amour de soi et du monde, car par ces dieux il est signifié le culte idolâtrique de tout genre, et la profanation ; par « c'est pourquoi il fut écrit sur la muraille : Compté, Pesé et Divisé, » il est signifié la séparation d'avec toutes les choses du Ciel et de l'Église ; et par « d'entre les fils des hommes, il (Nébucadnessar) fut chassé, et son habitation fut avec les onagres, » il est signifié qu'il fut séparé de tout vrai, et que le sort de sa vie fut avec les infernaux, car les fils de l'homme sont les vrais de l'Église ; les onagres sont ceux qui sont dans des faux affreux, tels que sont les faux dans les enfers, et l'habitation est le sort de la vie. Dans Joël : « Sur mon peuple ils ont jeté le sort, parce qu’ils ont donné le jeune garçon pour la prostituée, et la jeune fille ils ont vendu pour le vin qu'ils ont bu » --- IV. 3 ; --- par jeter le sort sur le peuple, il est signifié dissiper les vrais de l'Église, jeter le sort signifie dissiper, et le peuple signifie l'Église quant aux vrais, par conséquent aussi les vrais de l'Église ; par donner le jeune garçon pour la prostituée, il est signifié falsifier le vrai, car le jeune garçon est le vrai de l'Église, et la prostituée est le faux ; et par vendre la jeune fille pour le vin qu'ils ont bu, il est signifié pervertir le bien de l'Église par le vrai falsifié, car la jeune fille est le bien de l'Église, et le vin est le vrai falsifié. Comme le Vin signifiait le vrai de l'Église, qui procède du bien, c'est pour cela qu'il a été ordonné d'offrir aussi sur l'Autel avec les Sacrifices une Minchah et une Libation, et la Minchah était le pain et la Libation le vin, par lesquels était signifié le culte du Seigneur d'après le bien de l'amour, et d'après les vrais qui procèdent de ce bien, car c'est d'après ce bien et ces vrais qu'existe tout culte : quant à la quantité de Vin dans les libations pour les divers Sacrifices, voir Exod. XXIX. 40, 41. Lévit. XXIII. 13, 18. Nomb. VI. 1, 2, 3, 4, 15, 17. XV.4, 5, 6, 7, 10, 24. XXVIII. 7, 8, 9, 10, 24, 31. XXIX. 6, 11, 16, 19, 22, 25, 27, 28, 31, 34, 38, 39 ; et en outre Gen. XXXV. 14 : --- de là on voit clairement ce qui est signifié dans Joël : « Retranchées ont été la Minchah et la Libation de la maison de Jéhovah ; dans le deuil sont les prêtres ministres de Jéhovah. » --- I. 9 ; --- à savoir, que le culte d'après le bien de l'amour, et d'après les vrais qui procèdent de ce bien, a péri : qui ne peut voir que la Minchah et la Libation, qui étaient le pain et le vin, n'auraient pas été agréables à Jéhovah pour le culte, si elles n'avaient pas signifié des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église? D'après ces explications, on peut maintenant voir ce qu'enveloppent le Pain et le Vin dans la Sainte Cène, à savoir, que le Pain enveloppe le bien de l'amour envers le Seigneur d'après le Seigneur, et le Vin le bien de la foi, lequel dans son essence est le Vrai ; mais sur la Sainte Cène et sur le Pain et le Vin dans ce Sacrement, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, Nos 210 à 222. Et comme le Vin signifie le bien de la foi, qui dans son essence est le Vrai, c'est pour cela que le Seigneur a dit, lorsqu'il institua le Sacrement de la Cène: « Je ne boirai point désormais de ce produit du cep, jusqu'à ce jour où je le boirai avec vous nouveau dans le Royaume de mon Père. » --- Matth. XXVI. 29 : « Je vous dis que je ne boirai point du fruit du cep, jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu » --- Luc, XXII. 18 ; --- par le produit du cep ou le vin, que le Seigneur boira avec eux nouveau dans le Royaume de son Père, ou quand le Royaume de Dieu sera venu, il est entendu qu'alors par son Divin Humain tout Divin Vrai sera dans le Ciel et dans l'Église, c'est pourquoi il l'appelle nouveau, et en outre il l'appelle le Nouveau Testament dans son sang, Vers. 20 ; en effet, le Sang du Seigneur signifie la même chose que le Vin, voir ci-dessus, Nos 30, 328, 329 : et puisqu'après la résurrection du Seigneur, tout Divin a procédé de Lui, c'est pour cela qu'il dit qu'il le boira avec eux quand le Royaume de Dieu sera venu, et il est venu alors que Lui-Même eut remis toutes choses en ordre dans les Cieux et dans les Enfers ; que le Royaume de Dieu soit venu avec le Seigneur et par Lui, on peut le voir dans Matthieu, III. 2. IV. S. X. 7. XII. 28. XVI. 28. Dans Marc, I. 14, 15. V. 1. Dans Luc, I. 32, 33. IX. 11, 27, 60. X. 11. XVI. 16. XVII. 20, 21. XXIII. 42, 51. Dans Jean, XVIII. 36. Maintenant, comme le Pain signifie le bien de l'amour, et le Vin le bien de la foi, qui dans son essence est le vrai d'après ce bien, et que dans le sens suprême le Pain signifie le Seigneur quant au Di­vin Bien, et le Vin le Seigneur quant au Divin Vrai ; et comme il ya une correspondance entre les spirituels et les naturels, et une telle correspondance que quand il y a dans la pensée de l'homme pain et vin, il y a dans la pensée des Anges bien de l'amour et bien de la foi, et comme toutes les choses du Ciel et de l'Église se réfèrent au bien de l'amour et au bien de foi, c'est pour cela que la Sainte Cène a été instituée par le Seigneur, afin que par elle y ait conjonction des Anges du Ciel avec les hommes de l'Église. Comme ces choses sont entendues dans le Ciel par le Pain et le Vin, c'est pour cela que « Malkisédech, Roi de Schalem, sortant au-de­vant d'Abram, présenta du Pain et du Vin ; et celui-là (était) prêtre au Dieu Très-Haut ; et il bénit Abram » --- Gen. XIV. 18, 19 ; --- là, par Malkisédech est représenté le Seigneur quant au Divin Bien et quant au Divin Vrai, par lui comme prêtre le Divin Bien, et par lui comme roi le Divin Vrai ; c'est pourquoi il présenta du pain et du vin, parce que par le pain est signifié le Divin Bien, et par le vin le Divin Vrai, ou, en faisant application à l'homme, par le pain est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, et par le Vin le bien de la foi, qui procède de la réception du Divin Vrai. La même chose est signifiée par le Vin dans les passages suivants, où le Seigneur dit: « On ne met pas du vin nouveau dans des outres vieilles, autrement les outres se rompent et le vin le répand; mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et tous les deux se conservent. Et personne, buvant du vieux, ne veut aussitôt du nouveau, car il dit: Le vieux est meilleur. » --- Matth. IX. 17. Luc, V. 39 ; --- comme dans la Parole toutes les comparaisons sont faites d'après les correspondances, il en est aussi de même de cette comparaison, et par le Vin est signifié le Vrai, par le vin vieux le vrai de la vieille Église ou Église Juive, et par les outres sont signifiées les choses qui le contiennent, par les outres vieilles les statuts et les jugements de l'Église Juive, et par les outres neuves les préceptes et les commandements du Seigneur; par « on ne met pas du vin nouveau dans des outres vieilles, autrement les outres se rompent et le vin se répand, mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et tous les deux se conservent, » il est signifié que les statuts et les jugements de l'Église Juive, qui concernaient principalement les sacrifices et le culte représentatif, ne concordent pas avec les vrais de l'Église Chrétienne, et par « personne, buvant du vieux, ne veut aussitôt du nouveau, car il dit : Le vieux est meilleur, » il est signifié que ceux qui sont nés et ont été élevés dans les externes qui appartenaient à l'Église Juive, ne peuvent pas tout à coup être amenés dans les internes qui appartiennent à l'Église Chrétienne. La même chose est signifiée par l'eau changée en vin à Kana de Galilée, il en est parlé ainsi dans Jean : « Aux noces de Kana de Galilée, comme le vin manquait, il y avait là six cruches en pierre, placées pour la purification des Juifs ; Jésus dit : Emplissez d'eau les cruches ; et ils les emplirent jusqu'au haut; alors il leur dit : Puisez maintenant, et portez-(en) au Chef de table ; et ils (en) portèrent ; quand le Chef de table eut goûté l’eau devenue vin, il appela le fiancé, et lui dit : Tout homme sert d'abord le bon vin, et quand on en a assez, alors le moindre ; toi, tu as réservé le bon vin jusqu’a maintenant. » --- II. 1 à 10 ; --- il faut qu'on sache que tous les Miracles faits par le Seigneur, comme tous les Miracles faits par Lui et dont il est parlé dans l'Ancien Testament, ont signifié des choses qui appartiennent au Ciel et à l'Église, c'est-à-dire qu'ils ont contenu en eux ces choses, et qu'ainsi les Miracles du Seigneur ont été Divins, voir dans les ARCANES CÉLESTES, Nos 7337, 8364, 9031 ; il en est de même de ce Miracle, et par les noces il y est signifié l'Église, comme ailleurs çà et là dans la Parole ; dans Kana de Galilée, c'est chez les nations ; par l'eau est signifié le vrai de l'Église externe, tel qu'était le vrai de l'Église Juive d'après le sens de la lettre de la Parole, et par le vin est signifié le vrai de l'Église interne, tel qu'est le vrai de l'Église Chrétienne, d'où il suit que l'eau, changée en vin par le Seigneur, signifie que le Seigneur a rendu les vrais de l'Église externe vrais de l'Église interne, en ouvrant les internes qui étaient cachés en eux ; par les six cruches en pierre, placées pour la purification des Juifs, sont signifiés tous les vrais externes dans la Parole et par suite dans l'Église Juive et dans son culte, qui tous étaient représentatifs et significatifs des Divins dans le Seigneur et par le Seigneur, et qui contenaient les internes ; c'est même pour cela qu'il y en avait six en pierre, placées pour la purification des Juifs ; le nombre six signifie toutes choses et se dit des vrais, la pierre signifie le vrai, et la purification des Juifs signifie la purification des péchés, ainsi toutes les choses de l'Église Juive, car l'Église considère la purification des péchés comme son tout ; en effet, autant quelqu'un en est purifié, autant il est Église ; par le Chef de table sont signifiés ceux qui sont dans les connaissances du vrai ; ce qu'il dit au fiancé, « tout homme sert d'abord le bon vin, et quand on en a assez, le moindre ; toi, tu as réservé le bon vin jusqu'à maintenant, » signifie que toute Église commence par les vrais d'après le bien, mais finit dans les vrais qui n'appartiennent point au bien, et que néanmoins maintenant, dans la fin de l'Église, le vrai d'après le bien ou le vrai réel est donné, à savoir, par le Seigneur. Comme le Vin signifie le vrai de l'Église, et l'Huile le bien de l'Église, c'est pour cela que dans la Parabole sur l'homme blessé par des voleurs, le Seigneur dit, « qu'un Samaritain versa de l'huile et du vin sur ses blessures. » --- Luc, X. 33, 34 ; --- là, par l'homme blessé par des voleurs sont entendus ceux qui sont infestés et blessés quant à la conscience par les bommes méchants, qui sont les voleurs ; et par le Samaritain sont entendues les nations qui sont dans le bien de la charité ; de là, par verser de l'huile et du vin sur ses blessures, sont signifiés les spirituels qui guérissent l'homme ainsi blessé, l'huile est le bien de l'amour, et le vin le bien de la foi ou le vrai ; ce que signifient les autres particularités, à savoir, qu'il le mit sur sa propre monture, qu'il le conduisit dans une hôtellerie, et qu'il recommanda qu'on eût soin de lui, on le voit ci-dessus, N° 375, où ces particularités ont été expliquées. Que le Vin signifie le Vrai de l'Église, on peut le voir non-seulement par les passages rapportés, mais aussi par d'autres passages de la Parole, par exemple, —Ésaïe, I. 21, 22. XXV. 6. XXXVI. 17. Hosée, VII. 4, 5, 14. XIV. 6, 7, 8. Amos, II. 8. Zach. IX. 15,17. Ps. CIV. 14, 15, 16. Comme, dans la Parole, la plupart des expressions ont aussi un sens opposé, il en est de même du Vin, et dans ce sens il signifie le vrai falsifié, et aussi le faux, comme dans les passages suivants ; dans Ésaïe : « Malheur à la couronne d'orgueil, aux enivrés d'Éphraïm, à la fleur flétrie de sa gloire, qui (est) sur la tête de la vallée des engraissés, troublés par le vin : aux pieds seront foulés la couronne d'orgueil, les enivrés d'É­phraïm ; ceux-ci par le vin s'égarent, et par la cervoise ils se fourvoient ; prêtre et prophète s'égarent par la cervoise, ils sont absorbés par le vin, ils se fourvoient par la cervoise, ils s'égarent parmi les voyants, ils chancellent en jugement. » — XXVIII. 1, 3, 7 ; — ces choses ont été dites de ceux qui extravaguent dans les choses spirituelles, par cela qu'ils croient être intelligents par eux-mêmes, et qu'ils s'en glorifient ; leur état est ici décrit par de pures correspondances ; ceux qui extravaguent dans les choses spirituelles ou dans les vrais sont entendus par les enivrés, et ceux qui par suite se croient intelligents sont entendus par Éphraïm ; et l'ostentation de l'intelligence ou de l'érudition qui en provient est entendue par la couronne d'orgueil, car ceux qui sont dans les faux de la doctrine, et s'y sont confirmés, deviennent dans l'autre vie comme des enivrés, quand ils sont illustrés et voient les vrais ; tels deviennent les érudits qui se sont confirmés dans les faux, et se confirmer dans les faux, c'est confirmer d'après soi-même et non d'après le Seigneur ; de là on voit clairement ce qui est signifié par « malheur à la couronne d'orgueil, aux enivrés d'É­phraïm ; » par la fleur flétrie de sa gloire, qui est sur la tête de la vallée des engraissés, troublés par le vin, il est signifié le Vrai de l'Église dans sa naissance entièrement détruit par l'ostentation de la propre intelligence, appartenant à l'homme naturel séparé d'avec l'homme spirituel, et qui alors voit le faux au lieu du vrai ; la fleur de sa gloire est le vrai dans sa naissance, flétri ou entièrement perdu ; la tête de la vallée des engraissés est l'intelligence de l'homme naturel ; troublés par le vin, ce sont ceux qui voient le faux au lieu du vrai ; « aux pieds seront foulés la couronne d'orgueil, les enivrés d'Éphraïm, » signifie que cette intelligence périra entièrement ; « ceux-ci par le vin s'égarent, et par la cervoise ils se fourvoient, » signifie par les faux et par les choses qui en proviennent ; « prêtre et prophète s'égarent par la cervoise, ils sont absorbés par le vin, ils se fourvoient par la cervoise, » signifie que ceux qui doivent être dans la doctrine du bien et du vrai sont tels, et abstractivement des personnes, que telle est leur doctrine elle-même ; « ils s'égarent parmi les voyants, ils chancellent en jugement, » signifie qu'ils ne voient point les vrais qui appartiennent à l'intelligence : que de telles choses soient signifiées par ces paroles, personne ne le peut voir, sinon d'après le sens spirituel; sans cela, on ne sait pas que la Couronne et la Tête signifient l'intelligence, que les enivrés signifient ceux qui extravaguent dans les choses spirituelles, qu'Éphraïm signifie l'entendement, ici l'entendement propre de l'homme ou qui vient de lui-même, que la vallée signifie les inférieurs du mental, qui sont les naturels et les sensuels, et que le prêtre et le prophète signifient la doctrine du bien et du vrai. Dans le Même : « Arrêtez-vous, soyez étonnés, soyez stupéfaits et criez ; ils se sont enivrés mais non de vin, ils chancellent mais non de cervoise; car Jéhovah a répandu sur vous un esprit, d'assoupissement, il a bouché vos yeux; les prophètes et vos têtes les voyants il a couvert. » — XXIX. 9, l0 ; — ces choses ont été dites de ceux qui ne peuvent absolument rien voir du vrai, lorsqu'ils l'entendent et 1e lisent dans la Parole ; ceux qui sont tels sont dits être enivrés mais non de vin, et chanceler mais non de cervoise, le vin signifie spécialement le vrai de l'homme spirituel et par suite le vrai de l'homme rationnel, et la cervoise le vrai de l'homme naturel ; comme il est entendu de tels hommes, c'est pour cela qu'il est dit, « Jéhovah a répandu sur vous un esprit d'assoupissement, et il a bouché vos yeux, » l'esprit d'assoupissement est une perception nulle, et les yeux bouchés sont un entendement nul ; « les prophètes et vos têtes les voyants il a couvert, » signifie ceux qui étaient dans la doctrine du vrai, et par suite sages et intelligents, les prophètes signifient ceux qui sont dans la doctrine du vrai, et abstractivement la doctrine elle-même, les têtes signifient les sages, et abstractivement la sagesse, et les voyants signifient les intelligents, et abstractivement l'intelligence ; l'étonnement sur une si lourde stupidité est décrit par « arrêtez-vous, soyez étonnés, soyez stupéfaits, » et la lamentation sur cette stupidité par « criez ;  » tels sont ceux qui sont dans la vie du mal et en même temps dans les principes du faux, quoiqu'on les croie érudits, car par la vie du mal est bouchée la perception du bien, de laquelle la pensée tire la vie et la lumière, et par les principes du faux est bouché l'entendement du vrai, d'où il résulte qu'ils voient seulement d'après l'homme sensuel, et ne voient rien d'après l'homme spirituel. Dans le Même : « Ces chiens sont d'âme opiniâtre, ils ne connaissent pas la satiété, et ce sont des pasteurs qui ne savent pas comprendre ; venez, je prendrai du vin, et nous nous enivrerons de cervoise. » — LVI. 11,12 ; — ces choses ont été dites de ceux qui ne s'inquiètent que des choses mondaines et terrestres, ce qui bouche l'homme interne spirituel ; ceux-là, à cause de la non-perception du bien et du non-entendement du vrai, sont appelés « chiens d'âme opiniâtre, qui ne connaissent pas la satiété, » c'est-à-dire, qui ne peuvent pas recevoir le bien, ici connaître signifie pouvoir, et la satiété signifie la réception du bien ; car la satiété se dit de la nourriture par laquelle est signifiée la nutrition spirituelle ; qu'ils n'aient pas non plus l'entendement du vrai, c'est ce qui est entendu par « ce sont des pasteurs qui ne savent pas comprendre ; » sont dits pasteurs ceux qui croient qu'ils peuvent instruire les autres ; car paître, c'est instruire ; et comme de tels hommes aiment les faux et les choses falsifiées, c'est pour cela qu'il est ajouté, « venez, je prendrai du vin, et nous nous enivrerons de cervoise. » Dans Jérémie : «  Ainsi a dit Jéhovah le Dieu d'Israël : Toute outre sera remplie de vin ; voici, je vais remplir tous les habitants de cette terre, et les rois qui sont assis pour David sur son trône, et les prêtres et les prophètes, tous les habitants de Jérusalem, d'ivresse. » — XIII. 12,13 ; — ici aussi par le vin est signifié le faux, et par toute outre qui sera remplie de vin est signifié le mental de l'homme, puisque ce mental est le récipient du vrai ou du faux, comme l'outre est le récipient du vin ; par les rois, qui sont assis pour David sur son trône, sont signifiés ceux qui d'ailleurs seraient dans les Divins vrais ; par les prêtres, ceux qui seraient dans les Divins biens ; par les prophètes, ceux qui seraient dans la doctrine ; par les habitants de Jérusalem, tous ceux qui seraient de l'Église ; et par l'ivresse, dont ils seront remplis, est signifiée la folie dans les choses spirituelles. Dans le Même : « Je suis devenu comme un homme ivre, et comme un homme que le vin a pénétré, à cause de Jéhovah et à cause de la parole de sa sainteté, car d'adultères pleine est la terre. » — XXIII. 9,10 ; — c'est une lamentation sur l'adultération du bien et la falsification du vrai dans l'Église, cela est signifié par « d'adultères pleine est la terre; » l'adultération et la falsification sont signifiées par les adultères, et l'Église est signifiée par la terre ; la folie dans les choses spirituelles par les raisonnements d'après les maux contre les Divins biens et d'après les faux contre les Divins vrais, est signifiée par « je suis devenu comme un homme ivre et comme un homme que le vin a pénétré, à cause de Jéhovah et à cause de la parole de sa sainteté ; » devenir comme un homme ivre et comme un homme que le vin a pénétré, signifie la perturbation du mental et la folie par les raisonnements d'après les maux et les faux ; à cause de Jéhovah signifie à cause des Divins biens, et à cause de la parole de sa sainteté signifie à cause des Divins vrais. Dans Ésaïe : « Écoute maintenant ceci, affligée et enivrée mais non de vin. » — LI. 21 ; — par « enivrée mais non de vin, » sont entendus ici ceux qui sont dans les faux d'après l'ignorance du vrai. « Que Noach ait bu du vin et se soit enivré, et que par suite il se soit découvert dans le milieu de sa tente. » — Gen. IX. 21 ; — cela, dans le sens spirituel, est entendu tout autrement que dans le sens de la lettre : de même qu'il est dit « que Loth fut enivré par ses filles, et que celles-ci couchèrent avec lui. » — Gen. XIX. 32, 33, 34 ; — ce qui est entendu dans le sens spirituel par l'ivresse de Noach, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 1070 à 1081 ; et par l'ivresse de Loth, N° 2465 f. Par l'ivresse aussi ailleurs, dans la Parole, il est signifié la folie dans les choses spirituelles et la chute dans les erreurs ; ainsi, dans Ésaïe, XIX. 11, 12, 14. XXV. 27. Joël, I. 3, 6, 7. Jérém. LI. 7. Lévit. X. 8, 9. — Que par le vin, dans le sens opposé, il soit signifié le faux, on le voit aussi dans Ésaïe : « Malheur à ceux qui se lèvent tôt à l'aurore pour poursuivre la cervoise, qui restent jusqu'au crépuscule pour que le vin les échauffe! mais l’œuvre de Jéhovah ils ne considèrent pas, et le fait de ses mains ils ne voient pas : malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux, et à ceux qui sont intelligents devant leurs faces! malheur aux héros pour boire le vin, et aux hommes de vigueur pour mêler la cervoise! » — V. 11, 12, 21, 22 ; — ces choses sont dites de ceux qui se font des doctrinaux d'après la propre intelligence, et non d'après le Seigneur ou d'après la Parole procédant de Lui, ce qui produit de purs faux ; c'est pourquoi par « malheur à ceux qui se lèvent tôt à l'aurore pour poursuivre la cervoise, qui restent jusqu'au crépuscule pour que le vin les échauffe ! mais l'œuvre de Jéhovah ils ne considèrent pas, et le fait de ses mains ils ne voient pas, » il est



Mise à jour | Exposition Sommaire
AE|CB | DC | AC | DA | AC | DP | AR | EC | DF | DV | DS | LVRC | C E | CAC | IAR | EXSP |