| Apocalypse Expliquée 342. Et toute chose créée, qui est dans le Ciel et en la Terre et sous la Terre, et dans la Mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en elles, je les entendis, disant, signifie la reconnaissance et par suite la glorification du Seigneur par les Anges qui sont dans les infimes du Ciel : on le voit par la signification de toute chose créée, en ce que c'est tous ceux qui sont réformés ; être créé signifie être réformé et régénéré, voir ci-dessus, N° 294 ; de là ce qui a été créé signifie ce qui a été réformé et régénéré, mais respectivement aux Anges, de qui ces choses sont dites, toute chose créée signifie ceux qui dans le monde ont été réformés, c'est-à-dire, créés de nouveau, car tous ceux-là sont dans le Ciel ; par Créature, dans Marc, il est entendu la même chose qu'ici par toute chose créée : « Jésus dit aux disciples : En allant par le monde entier, prêchez la bonne nouvelle à toute Créature. » — XVI. 15 ; — là, par toute Créature sont entendus tous ceux qui reçoivent la bonne nouvelle et peuvent par elle être réformés ; les autres ne sont point entendus par créatures, parce qu'ils ne reçoivent point, mais entendent et rejettent. D'après ces explications, on peut voir quelle est la Parole dans le sens de la lettre, à savoir, en ce qu'il est dit « Créature, » et en ce qu'il est dit « toute chose créée qui est dans le Ciel et en la terre et sous la terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en elles ; » celui qui ne sait pas que le sens de la lettre se compose de choses qui apparaissent devant les yeux, et que par elles sont signifiés les spirituels, peut facilement être conduit à croire que par « toute chose créée qui est dans le Ciel et en la terre et sous la terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en elles, » il est entendu les oiseaux qui volent dans le ciel, les botes qui marchent sur la terre, et les poissons qui sont dans la mer ; et cela, d'autant mieux qu'ailleurs, dans divers passages de la Parole, il est dit la même chose des oiseaux du ciel, des bêtes de la terre, et aussi des baleines et des poissons, par exemple, — Ézéch. XXXIX. 17. Ps. CXLVIII. 7. Job, XII. 7, 8 Apoc. XIX. 17, et ailleurs; — mais toujours est-il que ceux dont le mental peut être un peu élevé au-dessus du sens de la lettre perçoivent aussitôt, par la vue intérieure, que ces expressions désignent les Anges et les esprits qui sont dans le Ciel et sous le Ciel, et que ce sont eux qui ont été entendus par Jean quand il était en esprit, car on lit : Je les entendis, disant : A Celui qui est assis sur le Trône et à l'Agneau la bénédiction et l'honneur et la gloire et la force aux siècles des siècles, d'où l'on peut voir que ce sont des Anges dans les infimes du Ciel, qui sont signifiés par « toute chose créée en elles ; » cela résulte aussi de ce que dans les Versets qui précèdent il a été traité des Anges des Cieux supérieurs et des Anges des Cieux inférieurs, en ce qu'ils ont reconnu et glorifié le Seigneur, voir ci-dessus, Nos 322 et 335. Maintenant il sera dit qui l'on doit entendre par eux dans le Ciel, qui par eux en la terre et sous la terre, et qui par eux dans la mer ; par tous ceux-là sont entendus ceux qui sont dans les derniers du Ciel, les supérieurs là par ceux qui sont dans le Ciel, les inférieurs là par ceux qui sont en la terre et sous la terre, et les infimes là par ceux qui sont dans la mer : il y a trois Cieux, et chaque Ciel a été distingué en trois degrés ; pareillement les Anges qui y sont il y a donc dans chaque Ciel des Anges supérieurs, des Anges moyens et des Anges inférieurs ; ces trois degrés du dernier Ciel sont entendus par ceux qui sont dans le Ciel, ceux qui sont en la terre, et ceux qui sont dans la mer ; sur cette distinction des Cieux et de chaque Ciel, voir dans les arcanes célestes, Nos 4938, 4939, 9992, 10005, 10017, 10068; et sur le dernier degré, Nos 3293, 3294, 3793, 4570, 5118, 5126, 5497, 5649, 9216 ; et dans le Traité du ciel et de l'enfer, Nos 29 à 40. Il faut qu'on sache que dans le Monde spirituel, où sont les esprits et les Anges, l'apparence de toutes choses est la même que dans le Monde naturel où sont les hommes, c'est-à-dire, que là il y a des montagnes, des collines, des terres et des mers, voir ci-dessus, N° 304 ; sur les montagnes habitent les Anges qui sont dans le troisième Ciel ou Ciel intime, sur les collines ceux qui sont-dans le second Ciel ou Ciel moyen, et sur la terre et aussi sous la terre et dans les mers ceux qui sont dans le premier ou dernier Ciel ; mais les mers, dans lesquelles habitent les Anges infimes de ce Ciel, ne sont point comme les mers dans lesquelles habitent les méchants, elles diffèrent par les eaux; les eaux des. mers où habitent les bons qui sont dans le Ciel infime sont ténues et pures, mais les eaux des mers où habitent les méchants sont épaisses et impures; ainsi, les mers sont absolument différentes : il m'a été donné quelquefois de voir ces mers, et aussi de converser avec ceux qui y habitent, et j'ai découvert que ceux qui étaient là avaient été dans le monde purement sensuels, mais cependant probes ; et parce qu'ils étaient sensuels ils ne pouvaient pas comprendre ce que c'était que le spirituel, mais ils comprenaient seulement ce que c'était que le naturel; ils ne pouvaient non plus percevoir que sensuellement la Parole et la doctrine de l'Église d'après la Parole : tous ceux-là apparaissent comme dans une mer; toutefois ceux qui y sont ne se voient pas dans une mer, mais il leur semble être dans une atmosphère semblable à celle dans laquelle ils vivaient dans le Monde; c'est seulement aux yeux de ceux qui sont au-dessus qu'ils apparaissent être dans une mer : aujourd'hui le nombre de ceux qui sont là est très-grand, et cela parce qu'aujourd'hui les hommes sensuels sont très-nombreux ; cette dernière partie du Ciel correspond aux plantes des pieds. De là vient que, dans la Parole, il est si souvent parlé des Mers et aussi des Poissons, et là par les Mers sont signifiés les communs du vrai qui appartiennent à l'homme naturel, et par les Poissons les scientifiques sensuels qui sont les infimes de l'homme naturel, par conséquent sont signifiés ceux qui sont tels ou qui sont dans ces scientifiques : ce que c'est que les sensuels, et ce que c'est que les hommes sensuels, et qu'il y a des hommes sensuels bons et des hommes sensuels méchants, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 50. Maintenant, d'après ces explications, on peut savoir ce qui est entendu par « toute chose Créée, qui est dans le Ciel et en la terre et sous la terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en elles. » Par les Mers et par les choses qui y sont, qu'on nomme poissons et baleines, sont signifiées de semblables choses dans les passages suivants; dans David : « Qu'ils louent Jéhovah, le Ciel et a terre, les Mers et tout ce qui rampe en elles ; car Dieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Jehudah. » — Ps. LXIX. 35, 36 ; — il est dit aussi tout ce qui rampe en elles, et il est entendu ceux qui sont sensuels ; par Sion que Dieu sauvera et par les viles de Jehudah qu'il bâtira, il est entendu l'Église céleste et sa doctrine, par Sion cette Église, et par les villes la doctrine. Même chose est signifiée dans David par ces paroles : « Louez Jéhovah de la terre, baleines, et tous les abîmes. » — Ps. CXLVIII. 7; — ces mêmes hommes' sensuels sont entendus par les baleines ; de là vient aussi que l'Egypte est appelée baleine, — Ézéch. XXIX. 3; — car par l'Egypte est signifié le scientifique qui est dans l'homme naturel, et par la baleine le scientifique dans le commun. Les poissons de la mer ont aussi de semblables significations ailleurs dans le Même : « Dominer tu l'as fait sur les œuvres de tes mains, toutes choses tu as mis sous ses pieds, tous les troupeaux de menu et de gros bétail, et même les bêtes du champ, l'oiseau des cieux, et les poissons de la mer. » — Ps. VIII. 7, 8, 9 ; — là, il s'agit du Seigneur, et de son Divin pouvoir sur le Ciel et sur terre ; et par les troupeaux de menu et de gros bétail, les bêtes du champ, l'oiseau des cieux et les poissons de la mer, sont entendus les hommes, les esprits et les Anges quant à leurs spirituels et à leurs naturels ; et par les poissons de la mer, ceux qui sont dans les derniers du Ciel, comme ci-dessus. Dans Job : « Interroge, je te prie, les bêtes, et elles t'enseigneront, ou les oiseaux du ciel, et ils te l'annonceront, ou l'arbrisseau de la terre, et il t'enseignera; et les poissons de la mer te le raconteront; qui ne sait d'après toutes ces choses que la main de Jéhovah a fait cela? » — XII. 7, 8, 9, 10. — Dans Ézéchiel : « L'Ange me ramena vers l’entrée de la Maison, et voici, des eaux sortaient de dessous le seuil de la Maison vers l'orient : alors il me dit : Ces eaux qui sortent vers la limite orientale et descendent dans la plaine et viennent vers la mer, elles sont envoyées dans la mer afin que soient assainies les eaux, d'où il arrivera que toute âme vivante qui rampe, partout où viennent les deux torrents, vivra ; et deviendra le poisson très-nombreux, parce que là viennent ces eaux, et elles sont assainies, afin que tout vive là où viendra le torrent ; selon son espèce sera leur poisson, comme le poisson de la grande Mer, en très-forte quantité. Ses bourbiers et ses marais ne sont point assainis, ils s'en vont en sel. » —XLVII. 1, 8, 9, 10, 11 ; — par les eaux qui sortent de dessous le seuil de la Maison vers l'orient, sont signifiés les vrais d'origine céleste, les eaux sont les vrais, l'orient est le bien de l'amour céleste, et la Maison est le Ciel et l'Église; la plaine dans laquelle descendent les eaux, et la Mer où elles viennent, signifient les derniers du Ciel et de l'Église, par conséquent ceux qui sont dans les derniers, dont il vient d'être parlé, à savoir, ceux qui sont dans les seules connaissances du vrai d'après le sens dernier de la Parole, et qui les saisissent naturellement et sensuellement ; quand ceux-ci sont bons avec simplicité, ils reçoivent des cieux supérieurs l'influx, ce qui fait qu'ils reçoivent aussi le spirituel dans leurs connaissances, et par suite quelque vie spirituelle ; cela est entendu par « les eaux sont envoyées dans la Mer afin que soient assainies les eaux, d'où il arrivera que toute âme vivante qui rampe, partout où viennent les torrents, vivra ; » et aussi par a il arrivera que deviendra le poisson très-nombreux, parce que là viennent ces eaux, et elles sont assainies; » mais ceux qui sont tels et non bons, sont entendus par ces paroles- : « ses bourbiers et ses marais, qui ne sont point assainis, s'en vont en sel ; » s'en aller en sel signifie ne pas recevoir la vie spirituelle, mais rester dans la vie purement naturelle, qui, séparée de la vie spirituelle, est souillée par les faux et par les maux, qui sont les bourbiers et les marais. Des choses semblables sont signifiées par la Mer et par poissons de la mer dans Ésaïe : « Voici, par ma réprimande je taris la Mer, je réduis les fleuves en désert, puant deviendra leur poisson, parce qu'il n'y a point d'eau, et il mourra par la soif. » — L. 2, 3 ; — par la réprimande est signifiée la désolation de tout vrai ; par la Mer il est signifié où le vrai est dans son dernier, par l'eau le vrai d'origine spirituelle, par mourir par la soif la désolation à cause du manque de ce vrai, par les poissons des mers ceux qui sont dans les derniers du vrai, chez lesquels il n’y a aucun vrai d'origine spirituelle. Des choses semblables sont signifiées par les poissons de la mer dans Ézéchiel : « Dans mon zèle, dans le feu de mon indignation, je parlerai, afin que tremblent devant Moi les poissons de la mer, et l'oiseau des cieux, et la bête du champ, et tout reptile qui rampe sur la terre. » — XXXVIII. 19, 20. — Dans Hosée : « Ils commettent le brigandage, et les sangs aux sangs atteignent; c'est pourquoi dans le deuil sera la terre, et dans la langueur quiconque y habite, quant à la bête du champ, et quant à l'oiseau des cieux, et même les poissons de la mer seront ramassés. » — IV. 2, 3 ; — et dans Sophonie : « Consumant je consumerai toutes choses de dessus les faces de la terre, je consumerai homme et bête, je consumerai l'oiseau des deux et les poissons de la mer. » — I. 2, 3 ; — par l'homme et la bête, quand ils sont nommés ensemble, sont signifiées les affections du bien, intérieures
extérieures, voir N°s 7424, 7523, 7872 ; et pair les oiseaux des cieux et les poissons de la mer sont signifiées les affections du vrai et les pensées, spirituelles et naturelles; mais, dans les passages rapportés, il est signifié qu'elles doivent périr. Si la Mer et les poissons ont de telles significations; c'est d'après l'apparence dans le Monde spirituel ; toutes les sociétés, qui y sont, apparaissent entourées d'une atmosphère correspondante à leurs affections et à leurs pensées ; celles qui sont dans le troisième Ciel apparaissent dans une atmosphère pure comme celle de l'éther ; celles qui sont dans le second Ciel apparaissent dans une atmosphère moins pure, telle que celle de l'air ; et les sociétés qui sont dans le dernier Ciel apparaissent entourées d'une atmosphère comme aqueuse : mais ceux qui ont dans les Enfers apparaissent entourés d'atmosphères épaisses impures, quelques-uns comme dans des eaux noires, et d'autres autrement ; ce sont les affections et par suite les pensées qui produisent ces atmosphères autour d'eux, car des sphères s'exhalent d'eux tous, et ces sphères se changent en de telles apparences ; quant à ces sphères, voir dans les arcanes célestes, les Nos 2489, 4464, 5179, 7454, 8630. Si les oiseaux du ciel signifient ceux qui sont dans l'affection spirituelle et dans la pensée qui en provient, et les poissons ceux, qui sont dans l'affection naturelle et dans la pensée qui en résulte, c'est aussi d'après l'apparence dans le Monde spirituel; car il y apparaît non-seulement des oiseaux, mais aussi des poissons ; sur les terres, des oiseaux, et dans les mers, des poissons; ce sont les affections et par suite les, pensées de ceux qui sont là, qui apparaissent ainsi ; tous ceux qui sont dans ce Monde savent cela; et j'y ai vu aussi plusieurs fois non-seulement des oiseaux, mais aussi des poissons; cette apparence provient de la correspondance. D'après cela on peut voir d'où vient que les Mers signifient les communs du vrai, et que les baleines et les poissons signifient les affections et les pensées de ceux qui sont dans les communs du vrai : que les Mers signifient les communs du vrai, on le voit expliqué ci-dessus', N° 275. Quels sont ceux qui, dans le Monde spirituel, habitent dans cette atmosphère aqueuse, qui est entendue par les Mers, je vais l'illustrer par un seul exemple : Ceux-là, quand dans David ils Usent ces paroles : « Tout ce que veut Jéhovah, il le fait dans le Ciel et sur la Terre, dans les Mers et dans tous les abîmes. » — Ps. CXXXV. 6, — ne savent autre chose, sinon que par le Ciel il est entendu le ciel visible aux yeux et par la Terre la terre habitable, et par les Mers et les abîmes les mers et les abîmes, qu'ainsi Jéhovah fait en eux tout ce qu'il veut; et ils ne peuvent être amenés à croire que par le Ciel il est entendu le Ciel Angélique, par la Terre ceux qui là sont au-dessous, et par les Mers et les abîmes ceux qui là sont dans les derniers; comme ces choses sont spirituelles et au-dessus du sens de la lettre, ils ne veulent pas les percevoir et ils le peuvent difficilement, par la raison qu'ils voient toutes choses naturellement et sensuellement : de là vient aussi que par ces paroles, dans l'Apocalypse : « Je vis un Ciel nouveau et une Terre nouvelle car le premier Ciel et la première Terre avaient passé » — XXI. I, — il a jusqu'à présent été entendu que le Ciel visible et la Terre habitable devaient périr, et qu'un nouveau Ciel et une nouvelle Terre seraient formés ; que là par le Ciel il soit entendu le Ciel où sont les Anges, et par Terre l'Église où sont les hommes, Ciel et Église qui seront nouveaux, c'est ce que ne veulent pas et par suite ne comprennent pas ceux qui ne pensent que naturellement et sensuellement ; car ils ne souffrent pas que leur mental soit élevé de la lumière naturelle dans la lumière spirituelle ; en effet, cela leur est pénible, au point qu'ils supportent à peine qu'on entende autre chose que ce que la lettre dit dans son sens, et ce que l'homme naturel saisit : il ressemblent assez à ces oiseaux qui dans l'obscurité voient et chantent, et qui à la lumière du jour clignent des yeux et voient peu; les bons d'entre eux sont semblables à ces oiseaux et aussi à des poissons volants ; mais les méchants de ce genre sont semblables aux hiboux et aux chats-huants qui fuient absolument la lumière du jour ; ils ressemblent aussi aux poissons qui ne peuvent être élevés dans l'air sans périr : cela vient de ce que chez les bons de ce genre l'homme Interne spirituel reçoit en quelque sorte du Ciel l'influx spirituel, et par suite une sorte de perception que cela est ainsi, quoiqu'ils ne voient point ; mais chez les méchants de ce genre l'homme Interne spirituel a été entièrement bouché : en effet, il y a dans chacun un Homme interne et un Homme externe, ou un Homme spirituel et un Homme naturel ; l'homme interne ou spirituel voit d'après la lumière du Ciel, mais l'homme externe ou naturel voit d'après la lumière du monde.
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