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Nom du Livre (APOCALYPSE EXPLIQUEE)
 
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Apocalypse Expliquée 329. 

329. Puisqu'il est dit : Tu nous as rachetés à Dieu en ton sang, et que ces paroles an dedans de l'Église sont entendues selon le sens de la lettre, et non selon aucun sens spirituel, je vais aussi montrer que par le sang il est entendu, non le Sang du Seigneur ou la passion de la croix, mais le Divin Vrai procédant du seigneur et la réception de ce Vrai par l'homme, et qu'ainsi par « tu nous as rachetés en ton sang, » il est signifié qu'il a affranchi et délivré de l'Enfer ceux qui Le reconnaissent et reçoivent de Lui le Divin Vrai, comme il a été dit ci-dessus, N° 323. Pour l'illustration de ce sujet, je vais rapporter les passages qui suivent. Comme, dans l'Église Israélite, toutes les choses qui avaient été commandées étaient représentatives des célestes et des spirituels, et qu'il n'y avait pas la moindre chose qui ne le fût, c'est pour cela que, quand la Cène Pascale fut instituée pour la première fois, il avait aussi été commandé de prendre du sang et d'en mettre sur les deux poteaux et sur le linteau, sur les maisons dans lesquelles ils mangeraient l'agneau Pascal : — « et le sang vous sera pour signe sur les maisons, où vous (serez), et quand je verrai le sang, je passerai par dessus vous, et il n'y aura point sur vous de plaie du destructeur, quand je frapperai la terre d'Egypte. » Et plus loin : « Vous prendrez un faisceau d'hysope, et vous le tremperez dans le sang qui (sera) dans un bassin, et vous ferez toucher au linteau, et aux deux poteaux, du sang qui (sera) dans le bassin ; mais vous ne sortirez point, aucun, de la porte de sa maison jusqu'au matin ; et Jéhovah passera pour frapper l'Egypte, et il verra le Sang sur le linteau et sur les deux poteaux, et Jéhovah passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas au destructeur de venir à vos maisons pour frapper de plaie. »— Exod. XII. 7, 13, 22, 23 ; — celui qui ne sait pas qu'il y a un sens spirituel dans la Parole, croit que par le sang il est entendu ici le sang du Seigneur sur la croix ; mais cela n'est nullement entendu dans le Ciel ; mais là, par la Cène Pascale les Anges entendent dans ce passage la même chose que par la Sainte Cène instituée par le Seigneur, dans laquelle il y a le Pain et le Vin au lieu de l'Agneau Pascal ; et alors le Seigneur a dit que le Pain était sa Chair, et que le Vin était son Sang; et chacun sait, on peut savoir, que le Pain et le Vin sont les choses qui nourrissent le corps, le Pain comme Aliment et le Vin comme Breuvage, et que dans la Parole, qui dans son sein est spirituelle, ces choses doivent aussi être entendues spirituellement, ainsi le Pain pour tout aliment spirituel et le Vin pour tout breuvage spirituel ; l'Aliment spirituel est tout bien qui est communiqué et donné à l'homme par le Seigneur, et le Breuvage spirituel tout vrai communiqué et donné à l'homme par le Seigneur; ces deux, à savoir, le Bien et le Vrai, ou l'Amour et la Foi, constituent l'homme spirituel ; il est dit, on l'amour et la foi, parce que tout bien appartient à l'amour, et tout vrai appartient à la foi ; de là il devient évident que par le Pain il est entendu le Divin Bien du Divin Amour du Seigneur, et quant à l'homme, ce bien reçu par lui, et que par le Vin il est entendu le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Divin Amour du Seigneur, et quant à l'homme, ce vrai reçu par ici : comme le Seigneur dit que sa Chair est le Pain, et que son Sang est le Vin, on peut voir que par la Chair du Seigneur il est entendu le Divin Bien de son Divin Amour, et par manger sa Chair recevoir ce bien, se l'approprier, et ainsi être conjoint au Seigneur, et que par le Sang du Seigneur il est entendu le Divin Vrai procédant du Divin Bien de son Divin Amour, et par boire son sang recevoir ce vrai, se l'approprier, et ainsi être conjoint au Seigneur : la Nutrition spirituelle vient aussi du Bien et du Vrai qui procèdent du Seigneur, de même que toute nutrition du corps vient de l'aliment et du breuvage; de là aussi vient la correspondance de ces choses, qui est telle, que quand dans la Parole il est nommé quelque chose de l'aliment et qui sert pour aliment, il est entendu le Bien, et que quand il est nommé quelque chose du breuvage et qui sert pour breuvage, il est entendu le Vrai. D'après cela, on peut voir que par le sang de l'agneau Pascal, que les fils d'Israël avaient reçu ordre de mettre sur les deux poteaux et sur le linteau de leurs maisons, il est entendu le Divin Vrai procédant du Seigneur ; ce vrai, reçu par la foi et par la vie, protège aussi l'homme contre les maux qui surgissent de l'Enfer, car le Seigneur est dans son Divin Vrai chez l'homme ; en effet, ce vrai appartient au Seigneur chez l'homme; bien plus, chez lut il est le Seigneur Lui-Même; quel est l'homme, pensant avec une raison saine, qui ne puisse voir que le Seigneur n'est pas dans son sang chez quelqu'un, mais qu'il y est dans son Divin, qui est le Bien de l'amour et le Bien de la foi, lesquels sont reçus par l'homme? Quant à ce que signifie chacune des choses de ce passage, à savoir, les deux poteaux et le linteau, le destructeur et celui qui frappe, l'Égypte, et plusieurs autres choses dans ce Chapitre, voir dans les ARCANES CÉLESTES, où ces choses ont été expliquées. D'après ce qui vient d'être dit, on voit maintenant, sans explication ultérieure, qui est signifié par les paroles du Seigneur quand il a institué la Sainte Cène : « Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prenant le Pain, et bénissant, (le) rompit, et (le) donna aux disciples, et il dit : Prenez, mangez, ceci est mon Corps ; et prenant la Coupe, et rendant grâces, il (la) leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon Sang, celui de la nouvelle alliance, qui est répandu pour un grand nombre : je vous dis que je ne boirai point désormais de ce produit du cep, jusqu'à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le Royaume de Dieu. » — Matth. XXVL 26, 27, 28, 29. Marc, XIV. 22, 23, 24, 25. Luc, XXII. 15,16,17, 18, 19, 20; — comme par le vin il est entendu le Divin Vrai nourrissant la vie spirituelle, c'est pour cela que le Seigneur leur dit, « je vous dis que je ne boirai point désormais de ce produit du cep, jusqu'à ce jour où je le boirai nouveau avec vous dans le Royaume de Dieu ; » d'où il est évident que c'est le spirituel qui est entendu, puisqu'il dit que Lui-Même le boira avec eux, et qu'il le boira dans le Royaume de Dieu ou dans le Ciel, et que même il y mangera de l'Agneau Pascal avec eux, — Luc, XXII. 16. — D'après ce qui vient d'être dit ci-dessus, on voit aussi ce qui est signifié par ces paroles du Seigneur : « Le Pain que Moi je donnerai, c'est ma Chair; en vérité, en vérité je vous dis : Si vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme, et ne buvez son Sang, vous n'aurez point la vie en vous-mêmes : qui mange ma Chair, et boit mon Sang» a là vie éternelle, et Moi je le ressusciterai au dernier jour; car ma Chair est véritablement une Nourriture, et mon Sang est véritablement un Breuvage. Qui mange ma Chair et boit mon Sang en Moi demeure, et Moi en lui : c'est ici le Pain qui du Ciel est descendu. » — Jean, VI. 50 à 58 ; — que la Chair du Seigneur soit le Divin Bien, et son Sang le Divin Vrai, l'un et l'autre procédant de Lui, on peut le voir en ce que c'est ce Bien et ce Vrai qui nourrissent l'âme ; de là il est dit « ma Chair est véritablement une nourriture, et mon Sang est véritablement un breuvage ; » et comme l'homme est conjoint au Seigneur par le Divin Bien et par le Divin Vrai, c'est aussi pour cela qu'il est dit, « qui mange ma Chair, et boit mon Sang, a la vie éternelle, » et aussi « en Moi demeure, et Moi en loi. » Si le Seigneur s'est ainsi exprimé, à savoir, s'il a dit, sa Chair et son Sang, et non son Divin Bien et son Divin Vrai, c'est afin que le sens de la lettre de la Parole fût composé de choses correspondantes aux spirituels dans lesquels sont les Anges ; de là, entre les hommes de l'Église et les Anges il y a par la Parole une Correspondance, qui autrement n'existerait pas ; voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N°s 252, 258 à 262 ; et dans le Traité du ciel et de l'enfer, les N°s 303 à 310. Puisque te Sang signifié le Divin Vrai procédant du Seigneur, et que par la réception de ce vrai par l'homme il y a conjonction avec le Seigneur, c'est pour cela que le sang est appelé le Sang de l'alliance, car l'alliance signifie la conjonction : le sang est appelé Sang de l'alliance par le Seigneur quand il a institué la Sainte Cène, car il a dit : « Buvez-en tous, car ceci est mon Sang, celui de la Nouvelle Alliance ou Nouveau Testament. » — Matth. XXVI. 28. Marc, XIV. 24. Luc, XXII. 20;— il est aussi appelé le Sang de l'alliance dans Moïse, où on lit : « Moïse vint de la Montagne de Sinaï, et il rapporta au peuple toutes les paroles de Jéhovah, et tous les jugements : et Moïse écrivit toutes les paroles de Jéhovah, et il se leva matin au matin, et il bâtit un Autel sous la montagne; et il envoya les jeunes garçons des fils d'Israël, et ils offrirent des holocaustes et sacrifièrent, en sacrifices pacifiques à Jéhovah, des taureaux ; et Moïse prit une moitié du sang, et il la mit dans les bassins, et une moitié du sang il répandit sur l'Autel; et il prit le LIVRE DE L'ALLIANCE, et il (le) lut aux oreilles du peuple ; et ils dirent : Tout ce qu'a prononcé Jéhovah nous ferons et nous écouterons ; et il prit le sang, et il le répandit sur le peuple, et il dit: Voici le sang de l'alliance, qu'a traitée Jéhovah avec vous sur toutes ces paroles. Et ils virent le Dieu d'Israël, et sous ses pieds comme un ouvrage de pierre de saphir, et comme la substance du Ciel quant à la pureté, » — Exod. XXIV. 3 à 11; — que le sang ici signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur, et reçu par l'homme, et par suite la conjonction, cela est évident, car une moitié en était répandue sur l'Autel, et l'autre moitié sur le peuple ; en effet, par l'Autel il était signifié tout culte qui provient du bien de l'amour, et par le peuple ceux qui s'acquittent du culte et reçoivent le bien de l'amour par les vrais, car toute réception du Divin Bien se fait par les vrais devenus choses de la vie, et par suite par le bien dans ces vrais il y a conjonction; que par le bien dans ces vrais, ou par les vrais devenus choses de la vie, il y ait conjonction, et que le sang en ait été le représentatif, on le voit clairement par les paroles de ce passage ; en effet, cela a été fait quand Moïse est descendu de la montagne de Sinaï, d'où il y avait eu promulgation de la Loi, et aussi des statuts et des jugements qu'ils devaient observer ; et il est dit que Moïse écrivit toutes ces paroles de Jéhovah, et les lut aux oreilles du peuple, qui répondit : Tout ce qu'a prononcé Jéhovah nous ferons et nous écouterons ; cela a marne été dît deux fois, voir Vers. 3 et 7 du même Chapitre ; les paroles ou les vrais deviennent choses de la vie quand on les fait ; et parce que Moïse écrivit ces paroles, il les appela le LIVRE DE L'ALLIANCE, ce qui signifie que par elles il y a conjonction : par la Loi que Jéhovah^ promulguée sur la montagne de Sinaï, et par les statuts et les jugements qui ont aussi alors été commandés, il est signifié tout Divin Vrai, ou le Divin Vrai dans tout le complexe; c'est de là que ces choses sont appelées le LIVRE DE L'ALLIANCE, et que l'Arche dans laquelle était ce Livre est appelée l'ARCHE D'ALLIANCE ; l'alliance signifie la conjonction. Comme le Divin Vrai, par lequel il y a Conjonction, procède du Seigneur, c'est pour cela même que le Seigneur fut vu par eux au-dessous des pieds comme un ouvrage de pierre de saphir; de ce qu'il fut vu ainsi par dessous les pieds, cela signifie que le Divin Vrai est tel dans les derniers ; le Divin Vrai dans les derniers est le Divin Vrai dans le sens de la lettre de la Parole ; l'ouvrage de pierre de saphir signifie sa transparence d'après le Divin Vrai dans le sens interne ou spirituel, le Dieu d'Israël est le Seigneur : que la pierre de saphir signifie la transparence d'après les vrais internes, on le voit, No 9407; et que le Dieu d'Israël soit le Seigneur quant an Divin Humain, on le voit ci-dessus, N° 328. De là il est maintenant évident que l'alliance ou la conjonction a été faite par le Divin Vrai, et que le sang, dont une moitié a été répandue sur l'Autel et l'autre moitié sur le peuple, en a été le représentatif» puisque le sang signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur et reçu par l'homme, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. Que l'alliance signifie la conjonction, on le voit, Nos 665, 666, 1023, 1038, 1864, 1996, 2003, 2021, 6804, 8767, 8778, 9396, 10632 ; puis aussi, que la Loi dans le sens strict signifie les dix préceptes du décalogue, et dans un sens large toute la Parole, ainsi tout Divin Vrai, N0i 2606, 3382, 6752, 7463, 9417; que par suite la Montagne de Sinaï signifie le Ciel où était le Seigneur de Qui procédait le Divin Vrai, on de Qui procédait la Loi dans le. sens strict et dans le sens large, N°s 8399, 8753, 8793, 8805, 9420 ; et que l'Autel a été le principal Représentatif du Seigneur et de son Cuite d'après le bien de l'amour, N°s 921, 2777, 2811, 4489, 4541, 8935, 8940, 9388, 9389, 9714, 9963, 9964, 10123, 10151, 10242, 10245, 10642. Comme le Sang signifie le Divin Vrai procédant du Seigneur et reçu par l'homme, d'où résulte la conjonction, c'est pour cela que tontes les choses, qui étaient représentatives des Divins procédant du Seigneur, qui sont appelés les Célestes et les Spirituels, étaient inaugurées par l'Huile et par le Sang, et alors étaient appelées les Saints; si elles étaient inaugurées par l'Huile et par le Sang pour qu'elles représentassent, c'est parce que par l'Huile était signifié le Divin Bien du Divin Amour, et par le Sang le Divin Vrai qui procède de ce Bien, car le Vrai procède du Bien : que les inaugurations et les sanctifications aient été faites par l'Huile, on le verra dans la suite lorsqu'il sera question de l'Huile; ici il sera seulement parlé de celles qui étaient faites par le Sang; par exemple : « Lorsque Aharon et ses fils étaient sanctifiés» du sang était répandu sur les cornes de l'Autel, et autour de l'Autel; et fur Aharon et ses fils, et sur leurs habits. » — Exod. XXIX. 12, 16, 20, 21. Lévit. VIII. 24. — « Du sang était répandu sept fois devant Voile qui était sur l'Arche » et sur les cornes de l'Autel du parfum. » — Lévit. IV. 6, 7,17,18. — « Avant d'entrer au dedans du Voile vers le Propitiatoire, Aharon faisait des sacrifices et des fumigations, et avec le doigt il répandait du sang vers le Propitiatoire sept fois du côté de l'Orient. » — Lévit. XVI. 12, 13, 14, 15. — « Le sang de l'holocauste et du sacrifice était répandu sur l'Autel, autour de l'Autel, et au fondement de l'Autel. » — Lévit. I. 5, 11, 15, III. 2, 8, 13. IV. 25, 30, 34. V. 9. VIII. 15, 24. XVII. 6. Nomb. XVIII. 17. Deutér. XII. 27. — « Du sang était répandu sur les Cornes de l'Autel, et ainsi l'expiation pour l'Autel était faite. » Exod. XXX. 10. Lévit. XVI. 18,19 : — si le sang des holocaustes et des sacrifices était répandu et versé sur l'autel, autour de l'autel ou au fondement de l'autel, c'était parce que l'Autel, avec les holocaustes et les sacrifices qui étaient dessus, représentait et par suite signifiait tout culte provenant du bien de l'amour et des vrais de ce bien ; et comme les vrais procèdent du bien, c'est pour cela que le sang était répandu et versé autour de l'autel, car autour signifie procédant : mais ces choses peuvent être encore mieux vues d'après celles qui ont été dites sur les Holocaustes et sur les sacrifices dans les ARCANES CÉLESTES, par exemple, d'après les suivantes : Que les Holocaustes et les Sacrifices ont signifié toutes les choses du culte provenant du bien de l'amour et des vrais de ce bien, Nos 923, 6905, 8680, 8936, 10042; que c'est pour cela que les Holocaustes et les Sacrifices ont été appelés le Pain, N° 2165, par la raison que le Pain signifie tout ce qui nourrit la vie spirituelle, Nos 2165, 3478, 4976, 5147, 5915, 6118, 8410, 8418, 9323, 10686 ; que les Holocaustes et les Sacrifices ont signifié les Divins célestes et spirituels, qui sont les internes de l'Église, d'après lesquels existent toutes les choses du culte, Nos 2180, 2805, 2807, 2830, 3519, avec variation selon les diverses choses du culte, Nos 2805, 6905, 8936 ; que c'est pour cela qu'il y a eu sieurs genres divers d'holocaustes et de sacrifices, et dans ces genres divers procédés, et qu'on y employait aussi diverses espèces de bêtes, Nos 2830, 9391, 9990 ; que les diverses choses qu'ils signifiaient spécialement peuvent être connues d'après les particularités du procédé dévoilées par 1e sens interne, N° 10042 ; que dans les .rites et les procédés des sacrifices sont contenus des Arcanes du Ciel, N° 10057 ; qu'en général sont contenus les Arcanes de la glorification de l'Humain du Seigneur, et dans le sens respectif les Arcanes de la régénération de l'homme et de sa purification des maux et des faux, Nos 9990, 10022, 10042, 10053, 10057; ce que signifiaient les Minchahs, lesquelles étaient des Pains et des gâteaux, qui étaient aussi offerts en sacrifice, N° 10079; ce que signifiait la Libation, qui était de vin, Nos 4581, 10137. — Ces choses étant comprises, on peut savoir que par le sang du Sacrifice, ailleurs aussi dans la Parole, il est signifié le Divin Vrai ; comme dans Ézéchiel : « Dis à l'oiseau de toute aile, et à la bête du champ : Assemblez-vous et venez, rassemblez-vous d'alentour sur mon Sacrifice que je sacrifie pour vous, Sacrifice grand sur les montagnes d'Israël, afin que vous mangiez de la chair et que vous buviez du sang ; chair de forts vous mangerez, et sang des princes de la terre vous boirez, et vous mangerez de la graisse à satiété, et vous boirez du sang jusqu'à l'ivresse, de mon Sacrifice que je sacrifie pour vous : et vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval, de char, et de tout homme de guerre : ainsi Je donnerai ma gloire parmi les nations. » — XXXIX. 17,18,19, 20, 21 ; — là, il s'agit de la restauration de l'Église, et par Israël et Jacob sont entendus tous ceux qui sont de l'Église, c'est donc de ceux-ci que ces choses sont dites ; par le Sacrifice grand sur les montagnes d'Israël, sont signifiées toutes les choses de leur culte ; par la chair et par la graisse le bien de l'amour, et par le sang le vrai d'après ce bien, lesquels constituent le culte ; l'abondance de l'un et de l'autre est décrite en ce qu'ils mangeraient de la chair et de la graisse à satiété, et boiraient du sang jusqu'à l'ivresse, et cela, provenant du sacrifice; c'est pourquoi il est dit aussi « vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval, de char, et de tout homme de guerre, » car par le cheval est signifié l'entendement du vrai, par le char la doctrine, et par l'homme de guerre le vrai combattant contre le faux et le détruisant; qui ne peut voir qu'ici par le sang il n'est pas entendu du sang, qu'ainsi ils boiraient pas le sang des princes de la terre, et ne boiraient pas jusqu'à l'ivresse le sang du sacrifice ; les princes de la terre signifient les principaux vrais de l'Église, par conséquent leur sang signifie la nutrition spirituelle d'après ces vrais : comme de telles choses sont signifiées, c'est pour cela que dans ce Chapitre an dernier Verset il est dit aussi d'Israël, par qui l'Église est signifiée, « Alors Je ne cacherai plus mes faces d'eux, parce que je répandrai mon esprit sur Israël. » — Vers. 29 ; — s'il est dit « dis à l'oiseau de toute aile et à la bête du champ, » c'est parce que par l'oiseau de toute aile il est signifié le vrai spirituel dans tout le complexe, et par la bête du champ l'affection du bien ; que dans la Parole les oiseaux signifient les spirituels, on le voit, 745, 776, 866, 988, 991, 3219, 5149, 7441; puis aussi, il en est de même des ailes, Nos 8764, 9514 ; que les bêtes signifient les affections, et les bêtes du champ les affections du bien, Nos 2180, 3218, 3519, 5198, 9090, 9280, 10609 ; et que c'est pour cela qu'on employait dans les sacrifices et des oiseaux et des bêtes, Nos 1823, 3519, 7523, 9280 : afin de confirmer que la bête du champ et l'oiseau signifient de telles choses, je vais ici rapporter seulement un passage de la Parole : « Je traiterai pour eux alliance en ce jour-là avec la bête du champ et avec l'oiseau des cieux; et le reptile de la terre; et arc et épée et guerre je briserai de dessus la terre; et je te fiancerai à Moi pour l'éternité, et je te fiancerai à Moi en justice et en jugement, et en miséricorde et en commisérations; et je te fiancerai à Moi en vérité. » — Hos. II. 18, 19, 20 ; — par traiter alliance avec la bête du champ et avec l'oiseau des cieux, il est signifié avec les affections du bien et avec les vrais spirituels, car avec ces choses le Seigneur est conjoint à l'homme, puisque le Seigneur est en elles chez l'homme, aussi est-il dit « alliance avec la bête du champ et avec l'oiseau des cieux, » l'alliance est la conjonction : que les bêtes signifient les affections du bien, et les oiseaux les spirituels, c'est ce qui sera pleinement montré par la suite dans les Articles qui les concernent. Comme la Graisse dans les sacrifices signifiait le Divin Bien, et le Sang le Divin Vrai, l'un et l'autre procédant du Seigneur, et que la réception de l'un et de l'autre par l'homme constituait la conjonction, c'est pour cela qu'il avait été défendu aux descendants de Jacob, ou aux Juifs et aux Israélites, de manger aucune graisse ni aucun sang, voir Lévit. 111. 17. VII 23 à 27. XVII. 11 12, 13, 14. Deutér. XII. 17, 23, 24, 25. XV. 23 ; et cela, parce que cette Nation n'était dans aucun bien de l'amour ni dans aucun vrai du bien, mais elle était dans les faux du mal ; et chez eux manger de la graisse et du sang signifiait mélanger le vrai d'après le bien avec le faux d'après le mal, ce qui est la profanation ; d'où l'on peut voir aussi que par le sang est signifié le Divin Vrai : que la Graisse dans la Parole signifie le bien de l'amour, on le voit, N°s 353, 5943, 6400, 10033 ; et que les Juifs et les Israélites aient été seulement dans les externes et non dans les internes, et par suite non dans les vrais ni dans les biens spirituels, mais dans les faux du mal, et que toutes les choses de leur culte aient été des externes séparés d'avec les internes, et que néanmoins par les externes ils aient pu représenter les internes du culte, on le voit dans la doctrine de la nouvelle Jérusalem, N° 248. Gomme le Sang dans les Sacrifices signifiait le Divin Vrai, c'est pour cela même qu'il leur avait été défendu « de sacrifier sur du fermenté le sang du sacrifice. » — Exod. XX111. 18. XXXIV. 25 ; — en effet, par le ferment est signifié le faux, et par le fermenté le vrai falsifié, voir N°s 2342, 7906, 8051, 9992. La raison pour laquelle la Chair du Seigneur signifie le Divin Bien du Divin Amour, et son Sang le Divin Vrai procédant de ce Bien, c'est qu'il y a deux choses qui procèdent du Divin Humain du Seigneur, à savoir, le Divin Bien et le Divin Vrai, Celui-ci est donc son Sang et Celui-là est sa Chair : ce qui procède est le Divin Céleste et le Divin Spirituel, qui font les Cieux dans le commun et dans le particulier ; mais cela peut être mieux vu d'après ce qui a été montré dans le Traité du ciel et de l'enfer, aux Articles suivants, à savoir : Le Divin-dû Seigneur fait le Ciel, N°s 7 à 12 : le Divin du Seigneur dans le Ciel est l'Amour envers Lui et la Charité à l'égard du prochain, Nos 13 à 19 : de là tout le Ciel dans le tout et dans la partie représente un seul Homme, Nos 59 à 77 : cela vient du Divin Humain du Seigneur, Nos 78 à 87 : et, en outre, d'après ce qui a été dit du Soleil dans le Ciel, et aussi de la Lumière et de la Chaleur qui en procèdent, et que la Chaleur est le Divin Bien et la Lumière le Divin Vrai, l'un et l'autre procédant du Seigneur, Nos 116 à 140 : d'après toutes ces considérations, on peut, en quelque façon, comprendre pourquoi le Divin procédant est entendu par la 'Chair et le Sang, à savoir, le Divin Bien par la Chair, et le Divin Vrai par le Sang. Il y a aussi chez l'homme deux choses qui font sa vie spirituelle, à savoir, le bien de l'amour et le vrai de la foi ; la Volonté est le réceptacle du bien de l'amour chez lui, et l'Entendement est le réceptacle du vrai de la foi chez lui ; toutes les choses qui appartiennent au mental, c'est-à-dire, à la volonté et à l'entendement, ont une correspondance avec toutes celles qui appartiennent au corps, c'est pourquoi celles-ci sont mues au gré du mental ; la correspondance de la volonté est en général avec la Chair, et la correspondance de l'entendement est avec le Sang ; c'est de là que le propre volontaire de l'homme dans la Parole est entendu par la chair, et le propre intellectuel par le sang, comme dans Matthieu : « Jésus dit à Simon : Tu es heureux, parce que ni Chair ni Sang ne t'a révélé (cela). » — XVI. 17 ; — ces choses ont été rapportées, afin qu'on sache que dans la Parole, ce sont les volontaires et les intellectuels, par conséquent les spirituels, qui sont entendus par la chair et le Sang quand il s'agit de l'homme, et que ce sont les Divins; quand il s'agit du Seigneur : mais ces explications sont pour ceux dont le mental peut être élevé au-dessus des idées naturelles et voir les causes. C'est là aussi ce que signifient le Sang et l'Eau qui sortirent de la Poitrine du Seigneur ; il en est parlé ainsi dans Jean : « Un des soldats Lui perça le côté, et aussitôt il sortit du, Sang et de l'Eau : et celui qui l'a vu l'atteste, et véritable est son témoignage, et celui-là sait qu'il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez. » — XIX. 34, 35 ; — ces choses ont été faites, afin de signifier la conjonction du Seigneur avec le genre humain par le Divin Vrai procédant du Divin Bien de son amour ; la Poitrine signifie le Divin Amour ; le Sang et l'Eau signifient le Divin Vrai procédant, le Sang le Divin Vrai qui est pour l'homme spirituel, et l'Eau le Divin Vrai qui est pour l'homme naturel ; en effet, toutes les choses qui sont rapportées dans la Parole sur la Passion du Seigneur ont aussi une signification, voir ci-dessus, Nos 83, 195 f.; et comme celles-ci signifient l'Amour du Seigneur, et la salvation de l'homme par le Divin Vrai procédant du Seigneur, c'est pour cela même que l'Évangéliste dit « celui qui l'a vu l'atteste, et véritable est son témoignage, celui-là sait qu'il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez. » Aux choses qui viennent d'être rapportées je Vais joindre les suivantes tirées de la Parole ; dans Zacharie : « Bondis à l'extrême, fille de Sion! éclate en cris d'allégresse, fille de Jérusalem ! voici, ton Roi vient; et il parlera de paix aux nations; et sa domination, depuis la mer jusqu'à la mer, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre : même quant à toi, par le sang de ton alliance je tirerai tes enchaînés de la fosse où il n'y a point d'eau. » — IX. 9, 10, 11 ; — ces choses ont été dites du Seigneur et de l'instauration par Lui de l'Église chez les nations ; là, par le sang de l'alliance est entendu le Divin Vrai, par lequel il y a conjonction du Seigneur avec ceux qui seront de son Église, comme ci-dessus ; c'est pourquoi il est dit aussi «  je tirerai tes enchaînés de la fosse où il n'y a point d'eau, » et par eux sont signifiées les nations qui sont dans les faux d'après l'ignorance, la fosse où il n'y a point d'eau signifie où il n'y a point de vrai, et les en tirer signifie les délivrer de ces faux ; que par l'eau soit signifié le vrai de l'Église, on le voit ci-dessus, N° 71 ; et que par les enchaînés dans la fosse soient signifiés ceux qui sont dans les faux d'après l'ignorance, et qui cependant désirent savoir les vrais, on le voit dans les arcanes célestes, Nos 4728, 4744, 5038, 6854, 7950. Dans David : « Dieu sauvera les âmes des indigents; de la fraude et de la violence il rachètera leur âme, et précieux sera leur Sang à ses yeux; et il vivra, et il lui donnera de l'or de, Schéba, et il priera pour lui continuellement, chaque jour il le bénira, sur le sommet des montagnes sera agité son fruit. » — Ps. LXXII. 13, 14, 15, 16; — il s'agit ici des indigents par lesquels sont signifiés ceux qui désirent les vrais d'après l'affection spirituelle ; il est dit d'eux, qu'il rachètera de la fraude et de la violence leur Âme, ce qui signifie la délivrance des maux et des faux qui détruisent les biens de l'amour et les vrais de la foi ; « précieux sera leur Sang à ses yeux, » signifie que la réception du Divin Vrai par eux sera acceptée .et agréée ; là, le sang est le Divin Vrai reçu ; leur réformation est décrite par « il vivra, et il lui donnera de l'or de Schéba, et il priera pour lui continuellement, chaque le jour il le bénira ; » l'or de Schéba est le bien de la charité, prier pour eux continuellement signifie que continuellement ils seront détournés des faux et tenus dans les vrais, et il le bénira signifie qu'ils seront continuellement dans le bien de la charité et de la, foi ; c'est pourquoi il est dit aussi « sur le sommet des montagnes sera agité son fruit, » le sommet des montagnes signifie le ciel, d'où le Seigneur leur donne le bien de l'amour, qui est le fruit. Dans Moïse : « Le sceptre ne se retirera point de Jehudah, ni le Législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schiloh, qui attachera au cep son ûnon, et au cep excellent le fils de son ânesse, jusqu'à ce qu'il ait lavé dans le Vin son Vêtement, et dans le sang des raisins son manteau. » — Gen. XLIX. 10,11 ; — dans ce Prophétique il s'agit du Seigneur, de qui il est dit « il attachera au cep son ânon, et au cep excellent le fils de son ânesse, » et « il lavera dans le Vin son vêtement, et dans le Sang des raisins son manteau ; » par le cep il est signifié l'Église, et par le vin et le sang des raisins le Divin Vrai ; quant à ce qui est signifié par les autres expressions, voir dans les ARCANES CÉLESTES l'explication sur ces paroles. La même chose est entendue par le SANG DU RAISIN dans le Deutér. XXXIL 14, où il s'agit de l'Église Ancienne réformée par le Divin Vrai. D'après ce qui a été montré dans cet Article et dans le précédent, il devient évident pour ceux qui reconnaissent un sens spirituel de la Parole, que par TU NOUS AS RACHETE A DIEU EN TON SANG, il est entendu la conjonction avec le Divin par la reconnaissance du Seigneur et par la réception du Divin Vrai qui procède de Lui ; et que la même chose est entendue par le sang dans ce Livre prophétique, Chapitre XII, où il est dit, « que Michel et ses Anges ont vaincu le dragon par le Sang de l'Agneau et par la parole de son Témoignage. » — Vers. 11 ; — il est dit le Sang de l'Agneau et la parte du Témoignage, parce que le Sang de l'Agneau signifie la réception du Divin Vrai procédant du Seigneur, et la parole du Témoignage la reconnaissance de son Divin Humain. Que le Sang signifie le Divin Vrai, on peut encore le voir d'après le sens op-posé, dans lequel le Sang signifie la violence faite au Divin Vrai par les faux du mal, et la destruction de ce Vrai par. ces faux ; et comme les opposés manifestent aussi ce qui est signifié dans le sens réel, je vais pour cette raison rapporter quelques passages dans lesquels le sang et les sangs ont cette signification : il faut qu'on sache que, dans la Parole, la plupart des choses ont aussi le sens opposé, et que d'après ce sens on peut savoir ce qui est signifié dans le sens réel : soient donc pour illustration ces passages ; dans l'Apocalypse : « Le second Ange versa sa coupe dans la mer, et elle devint comme du sang d'un mort; et tout animal vivant mourut dans ta mer. Et le troisième Ange versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources des eaux, et elles devinrent du sang. » — XVI. 3, 4 ; — et ailleurs : « Les deux témoins ont pouvoir sur les eaux de les changer en sang. » — Apoc. XI. 6 ; — dans Ésaïe : « Les eaux de Nimrim seront des désolations, et les eaux de Dimon sont pleines de sang. » — XV. 6, 9 ; — dans David : « Il envoya des ténèbres et il couvrit de ténèbres; il changea leurs eaux en sang, et il tua leur poisson. » — Ps. GV. 28, 29 ; — d'après ces passages, on voit par l'opposé ce que signifie le sang ; en effet, dans le sens réel, le sang signifie le Divin Vrai, et chez ceux qui reçoivent il signifie le vrai d'après le bien ; de là, dans te sens opposé il signifie la violence faite au Divin Vrai, et chez ceux qui font cette violence il signifié le faux d'après le mal ; cet opposé se manifeste en ce qu'il est dit que les Eaux de la mer, des fleuves et des sources ont été changées en sang, car par les eaux sont signifiés les vrais, par le sang y sont donc signifiés les faux qui détruisent les vrais; par l'animal vivant dans la mer et par le poisson sont signifiés les vrais scientifiques, ainsi par eux morts et tués par le sang sont signifiés ces vrais aussi détruits; que par les eaux soient signifiés les vrais, on le voit ci-dessus, N° 7l; et que par les poissons soient signifiés les vrais scientifiques qui appartiennent à l'homme naturel, on le voit dans . les arcanes célestes, Nos 40, 991. De plus, dans l'Apocalypse: « Je vis, lorsqu'il eut ouvert le sixième sceau, et voici, un grand tremblement de terre se fit, et le Soleil devint noir comme un sac de poil, et la Lune entière devint comme du sang. » — VI. 12. — Dans Joël : « Je donnerai des prodiges dans les deux et en la terre, du sang, du feu et des colonnes de fumée; le Soleil sera changé en ténèbres, et la Lune en sang, avant que vienne le grand jour de Jéhovah. » — III. 3, 4; — ici aussi, d'après l'opposé, l'on connaît que le sang signifie la violence faite au Divin Vrai; en effet, dans la Parole, par le Soleil est signifié le Divin Céleste qui est le Divin Bien, et par la Lune le Divin Spirituel qui est le Divin Vrai, c'est pourquoi il est dit que la Lune sera changée en sang ; que la Lune ait cette signification, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 118, 119. Dans Ésaïe : « Celui qui marche dans les justices, et prononce des droitures, qui bouche son oreille pour qu'elle n'entende point les sangs, et qui ferme ses yeux pour qu'ils ne voient point le mal. » — XXXIII. 15 ;—que boucher l'oreille pour qu'elle n'entende point les sangs, ce soit pour qu'elle n'entende point les faux d'après le mal, cela est évident. Dans David : « Tu perdras ceux qui prononcent le mensonge, l'homme de sangs et de fraude est en abomination à Jéhovah. » — Ps. V. 7 ; — l'homme de sangs et de fraude signifie ceux qui sont dans les faux d'après le mal ; aussi est-il dit « tu perdras ceux qui prononcent des mensonges ; » les mensonges, dans la Parole, signifient les faux. Dans Ésaïe : « Il arrivera que celui qui sera resté dans Sion, et celui qui sera de reste dans Jérusalem, saint sera dit à Lui, quiconque aura été écrit pour la vie dans Jérusalem, lorsque le Seigneur aura lavé l'excrément des filles de Sion, et que les sangs de Jérusalem il aura nettoyé du milieu d'elle par un esprit de jugement et par un esprit de nettoiement. » — IV. 3, 4; — comme par Jérusalem est signifiée l'Église quant à la doctrine, c'est pour cela qu'il est dit « lorsque ses sangs il aura nettoyé du milieu d'elle, » par les sangs sont donc signifiés les faux du mal; par un esprit de jugement est signifié le Divin Vrai, et comme c'est ce vrai qui purifie, il est dit « par un esprit de nettoiement. « Dans Ézéchiel : « Au jour que tu naquis, je passai auprès de toi, et je te vis foulée aux pieds dans tes sangs, et je te dis : Vis dans tes sangs ; et je le dis : Vis dans tes sangs. Je le lavai, et je nettoyai tes sangs de dessus toi, et je f oignis d'huile. » — XVI. 5, 6, 9, 22, 36, 38; — ici, il s'agit aussi de Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église quant à la doctrine du vrai ; il est d'abord question ici des faux du mal dans lesquels elle était avant d'avoir été réformée ; et ensuite, de sa réformation ; les faux du mal sont signifiés en ce qu'elle fut vue foulée aux pieds dans les sangs, et sa réformation est signifiée en ce qu'elle a été lavée, nettoyée de ses sangs et ointe d'huile ; laver signifie purifier par les vrais, nettoyer les sangs signifie éloigner les faux du mal, et oindre d'huile signifie gratifier du bien de l'amour. Dans les Lamentations : « A cause des péchés des prophètes de Jérusalem, des iniquités de ses prêtres, qui répandaient au milieu d'elle le sang des justes; ils ont erré aveugles dans les rues, ils ont été souillés par le sang; les choses qu'ils ne peuvent (toucher), ils les touchent de leurs vêtements. » — IV. 13, 14 ; — par les prophètes de Jérusalem sont signifiés ceux qui enseignent les vrais de la doctrine, et par les prêtres ceux qui par les vrais conduisent au bien ; ici, c'est le sens opposé, parce qu'il est dit « à cause de leurs péchés ; » par répandre le sang des justes il est signifié falsifier les vrais et adultérer les biens, aussi est-il dit « ils ont erré aveugles dans les rues, ils ont été souillés par le sang ; les choses qu'ils ne-peuvent toucher, ils les touchent de leurs vêtements ; » errer aveugles dans les rues, signifie ne voir nullement les vrais, les rues sont les vrais ; être souillé par le sang, signifie être entièrement dans les faux ; les choses qu'ils ne peuvent toucher, ils les touchent de leurs vêtements, signifie que les vrais qu'ils ne peuvent pervertir, il les falsifient néanmoins ; les vêtements sont les vrais qui enveloppent les intérieurs, ces vrais sont les vrais du sens littéral de la Parole. Dans Ésaïe : « Tout tumulte retentira avec tremblement de terre, et le vêtement est souillé de sangs. » — IX. 4 ; — le tremblement de terre, signifie la perversion de l'Église par la falsification du vrai, et le vêtement souillé de sangs, signifie la falsification du sens de la lettre de la Parole. Dans Jérémie : « Des malices lu as enseigné, les chemins, et même dans les ailes a été trouvé le sang des âmes des innocents; non dans le percement je les ai trouvés, mais dans toutes ces choses. » — II. 33, 34; — là, par le sang trouvé dans les ailes il est signifié la même chose que ci-dessus par « les choses qu'ils ne peuvent loucher, ils les touchent de leurs vêtements, » les ailes sont les vêtements ; « non dans le percement je les ai trouvés, mais dans toutes ces choses, » signifie qu'ils n'ont point osé détruire les vrais mêmes, mais qu'ils ont falsifié les vrais du sens de la lettre ; les ailes signifient ces vrais. Dans Ésaïe : « Vos mains sont pleines de sangs. » — I. 15 ; — dans le Même : « Vos mains ont été souillées par le sang, et vos doigts par l'iniquité, vos lèvres ont prononcé des mensonges, et votre langue a médité la perversité; leurs pieds courent au mal, et se hâtent pour répandre le sang innocent; leurs pensées, pensées d'iniquités. » — LIX. 3, 7 ; — les mains souillées par le sang, et les doigts souillés par l'iniquité, signifient que dans tout ce qui leur appartient il y a le faux et le mal du faux ; les mains et les doigts signifient la puissance, et par suite chez eux tout ce qu'ils peuvent ; comme c'est là ce qui est signifié, voilà pourquoi il est dit « vos lèvres ont prononcé des mensonges, et votre langue a médité la perversité; » les mensonges sont les faux, et la perversité est le mal du faux ; « leurs pieds se hâtent pour répandre Je sang innocent, » signifie pour détruire le bien de l'amour et de la charité, cette destruction est signifiée par répandre le sang innocent ; c'est du bien de l'innocence que procèdent tout bien et tout vrai du Ciel et de l'Église, voir dans le Traité du ciel et de l'enfer, N°s 276 à 283. D'après ces explications on peut voir ce qui est signifié dans le .commun sens par les sangs au pluriel, à savoir, la violence faite tant aux vrais qu'aux biens de la Parole et de l'Église. Comme par répandre le sang innocent il est signifié détruire le bien de l'amour et de la charité, c'est pour cela que des précautions ont été prises de toutes les manières pour que le sang innocent ne fût pas répandu, et qu'il a été ordonné, s'il était répandu, de faire expiation pour la terre, — Deutér. XIX. 10, 13. XXI. 1 à 9 ; — car la terre signifie l'Église. Dans Ésaie : « Jéhovah va sortir de son lieu pour visiter l'iniquité de la terre ; alors la terre découvrira ses sangs, et ne cachera plus ses tués. » — XXVI. 21 ; — par les sangs que la terre découvrira, sont signifiés tous les faux et tous les maux qui ont détruit les vrais et les biens de l'Église, la terre est l'Église où ils sont ; par les tués sont signifiés ceux qui ont péri par les faux et par les maux ; que les tués signifient ceux qui ont péri par les faux et par les maux, on le voit ci-dessus, N° 315. Dans l'Apocalypse : « Dans Babylone a été trouvé le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été tués sur la terre. » — XVIII. 24 ; — le sang des prophètes et des saints, ce sont les vrais et les biens étouffés; et les tués sont ceux qui ont péri par les faux et par les maux, comme il vient d'être dit. La même chose est entendue par « le Sang des Propretés gui a été répandu sûr la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, qu'ils ont tué entre le Temple et l'Autel. » — Matth. XXIII. 30, 34, 35. Luc, XL 60, 51 ; — dans le sens spirituel, par Abel sont entendus ceux qui sont dans le bien de la charité, et abstractivement de la personne ce bien lui-même, et par Gain ceux qui font la foi seule Tunique moyen de salut, et considèrent le bien de la charité comme rien, et par suite le rejettent et le tuent ; et par Zacharie sont entendus ceux qui sont dans les vrais de la doctrine, et abstractivement de la personne le vrai de la doctrine lui-même; de là par le sang de l'un et de l'autre est signifiée l'extinction de tout bien et de tout vrai ; le tuer entre le Temple et l'Autel signifie rejeter de toute manière le Seigneur, car le Temple signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, et l'Autel le Seigneur quant au Divin Bien, et par entre l'un et l'autre il est signifié l'un et l'autre en même temps : que dans le sens représentatif Abel soit le bien de la charité, on le voit, Nos 342, 374, 1179, 3325; et Caïn la foi seule séparée de la charité, Nos 340, 347, 1170, 3325. Voir aussi, que le Prophète signifie la doctrine du vrai, Nos 2534, 7209 ; que le Temple signifie le Seigneur quant au Divin Vrai, et l'Autel le Seigneur quant au Divin Bien, et dans le sens respectif le Royaume du Seigneur et l'Église quant à ce vrai et quant à ce bien, Nos 2777, 3720, 9714, 10642 ; que entre l'un et l'autre signifie où il y a le mariage du Divin Vrai et du Divin Bien, Nos 10001, 10025. Dans la Parole, on lit plusieurs fois au sujet des condamnés à mort que leurs sangs étaient sur eux, et par là dans le sens spirituel il est entendu que la damnation était sur eux à cause .des faux et des maux par lesquels ils avaient détruit les vrais et les biens de l'Église, car par les sangs en général sont signifiés tous les faux de la doctrine, de la vie et du culte, par lesquels existent les maux qui détruisent l'Église ; ces maux sont en partie recensés dans Ézéchiel, Chap. XVIII. 10, 11, 12, 13 : ces choses sont aussi signifiées par les sangs dans Jean : « A tous ceux qui L'ont reçu » il leur a donné pouvoir d'être des fils de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui, non de sangs, ni de volonté de chair, ni de volonté d'homme, mais de Dieu, sont nés. » — I. 12, 13 ; — par le Nom du Seigneur sont entendus tous les vrais et tous les biens, par lesquels il doit être adoré; par les sangs sont entendus tous les faux et tous les maux qui détruisent ; par volonté de chair et par volonté d'homme sont signifiés tous les maux de l'amour et tons les faux de la foi ; car la chair signifie le propre volontaire de l'homme d'où provient tout mal, et l'homme (vir) signifie le propre intellectuel de l'homme d'où provient tout faux ; la volonté, c'est où sont ces maux et ces faux ; être né de Dieu, c'est être régénéré par les vrais de la foi et par la vie selon ces vrais.



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