| Apocalypse Expliquée 323. Ayant chacun des harpes, signifie la confession d'après les vrais spirituels : on le voit par la signification de la harpe, en ce qu'elle est la confession d'après les vrais spirituels si les harpes ont cette signification, c'est parce que la harpe était un instrument à cordes, et que ces instruments signifient les spirituels on les choses qui appartiennent au vrai, tandis que les instruments à vent signifient les célestes ou les choses qui appartiennent au bien que tes instruments de Musique aient de telles significations, cela vient des sons, car le son correspond aux affections, et même dans le Ciel les affections sont perçues d'après les sons; et comme les affections sont diverses, et que les instruments de musique rendent des sons divers, voilà pourquoi d'après la correspondance et par suite d'après la concordance ces instruments signifient les affections ; en général les instruments à cordes signifient des choses qui appartiennent aux affections do vrai, et tes instruments à vent des choses qui appartiennent aux affections du bien, on ce qui est la même chose, certains instruments appartiennent à la classe spirituelle, et certains autres à la classe céleste : de nombreuses expériences m'ont donné la preuve que les Sons correspondent aux affections, et aussi les sons de musique, et que tes Anges sont affectés selon les sons et selon les variétés des sons, mais il serait trop long de rapporter toutes ces expériences ; je vais seulement dire ce que j'ai observé en général, à savoir, que les sons discrets reviennent les affections du vrai, on que ceux qui sont dans les affections du vrai sont affectés par eux, et que tes sons continus réveillent les affections du bien, ou que ceux qui sont dans les affections du bien sont affectés par eux ; soit que l'on dise les affections du vrai ou les spirituels, c'est la même chose, comme aussi soit que. l'on dise les affections du bien ou les célestes, c'est encore de même ; mais ce sujet peut être mieux compris d'après ce qui a été rapporté par expérience sur les sons, et sur la correspondance des sons avec les affections, dans le Traité DU CIEL ET DE l'ENFER , N° 241. D'après ces explications, on peut voie maintenant pourquoi, dans la Parole, et surtout dans David, il est parlé de tant de genres d'Instruments de Musique, par exemple, de Nablions, de Harpes, de Flûtes, de Cymbales, de Tambourins, de Trompettes, d'Orgues, et de plusieurs autres, à savoir, que c'est pour la correspondance avec les affections, et en même temps avec les articulations, lesquelles sont les mots qui contiennent des choses et en découlent. Que les Harpes surtout signifient les affections du vrai, parce qu'elles les réveillent, par conséquent aussi la confession qui se fait d'un cœur joyeux d'après les vrais spirituels, on peut le voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Il sera dam l'affliction, le moût; il languira, le cep; ils gémiront, tous les joyeux de cœur; elle cessera, la joie des tambourins; il cessera, le tumulte des joyeux; elle cessera, la joie de la harpe; avec le chant ils ne boiront point le vin. » — XXIV. 7, 8, 9; — là, il s'agit de la vastation de l'Église spirituelle, ou de son bien et de son vrai ; par « il sera dans l'affliction, le moût, » et « elle cessera, la joie des tambourins, » il est signifié que le bien spirituel doit cesser ; par « il languira, le cep, » et « elle cessera,- la joie de la harpe, » il est signifié que le vrai de ce bien doit cesser ; en effet, le bien spirituel est signifié par 1e moût, et la joie de ce bien par le tambourin ; et le vrai spirituel est signifié par le cep et la joie de ce vrai par la harpe ; comme c'est l'affection de ce bien et de ce vrai qui doit cesser, c'est pour cela qu'il est dit « ils gémiront tous les joyeux de cœur, » et « il cessera, le tumulte des joyeux ; » par les allégresses et les joies, dans la Parole, sont signifiées les allégresses et les joies spirituelles, qui toutes proviennent des affections du Vrai et du bien ; il est ajouté, « avec le chant ils ne boiront point le vin parce que le chant signifie le témoignage de l'allégresse d'après l'affection du vrai, et que le vin signifie le vrai. Dans David : « Confessez Jéhovah avec la harpe; avec le nablion à dix cordes psalmodiez-Lui; chantez-Lui un cantique nouveau» rendez un beau toucher avec cri retentissant, car la Parole de Jéhovah est droite, et toute son œuvre (est) dans ta vérité. » — Ps. XXXIII. 2, 3, 4, 5 ; — comme la harpe signifie la confession d'après les vrais spirituels, voilà pourquoi il est dit « confessez Jéhovah avec la harpe ; » le nablion à dix cordes signifie le bien spirituel correspondant, c'est pour cela qu'il est dit « avec le nablion a dix cordes psalmodiez-Lui; » et c'est aussi pour cela qu'il est dit, « car la Parole de Jéhovah est droite, et toute son œuvre est dans la vérité ; » le vrai du bien est signifié par « la Parole de Jéhovah est droite, » et le bien du vrai par « toute son œuvre est dans Sa vérité, » le vrai du bien est le vrai qui procède du bien, et le bien du vrai est le bien qui est produit par le vrai. Dans le Même: « Envoie ta lumière et ta vérité» qu'elles me conduisent, qu'elles me mènent vers la montagne de ta sainteté et vers les habitacles, afin que je Te confesse avec la harpe, Dieu! mon Dieu.» — Ps. XLIII. 3,4; — que la harpe signifie la confusion d'après les vrais spirituels, cela est évident, car il est dit « afin que je Te confesse avec la harpe, Dieu! mon Dieu! » et il est dit aussi auparavant, « envoie ta lumière et ta vérité, qu'elles me conduisent ! » Dans le Même : « Je Te confesserai avec l'instrument du nablion (pour) la vérité, mon Dieu ! Je Te chanterai avec la harpe, Saint d'Israël! » — Ps. LXXI. 22 ; — comme le nablion signifie le bien spirituel ou le bien du vrai, et la harpe le vrai spirituel ou le vrai du bien, et que la confession se fait d'après l'un et l'autre, voilà pourquoi il est dit « je Te confesserai avec l'instrument du nablion, et je Te chanterai avec la harpe. » Dans le Même : « Je chanterai et je psalmodierai; excite-moi, ma gloire; excite-moi, nablion et harpe; je Te confesserai parmi les nations, Seigneur ! et je Te psalmodierai parmi les peuples. » — Ps. LVII. 8, 9,10. Ps. CVIIL 2, à, à ; — la confession et la glorification d'après le bien du vrai on bien spirituel, et d'après le vrai du bien ou vrai spirituel, sont exprimées dans chaque parole de ce passage ; le bien du vrai est exprimé par chanter, être excité par le nablion et confesser parmi les nations; et le vrai du bien par psalmodier, être excité par la harpe et psalmodier parmi les peuples ; en effet, par les nations dans la Parole sont entendus ceux qui sont dans le bien, et par les peuples ceux qui sont dans le vrai, ici ceux qui sont dans le vrai spirituel : s'il est dit ainsi, c'est parce que dans la Parole quand il est parlé du bien il est aussi parlé du vrai, et cela à cause du mariage du bien et du vrai dans chaque chose de la Parole, voir ci-dessus, Nos 238 f., 288. Dans le Même : « Répondez à Jéhovah par la confession, psalmodiez à notre Dieu avec la harpe. » — Ps. CXLVI1. 7 ; — ici aussi la confession d'après le bien spirituel et d'après le vrai spirituel est exprimée par « répondez à Jéhovah par la confession, et psalmodiez à notre Dieu avec la harpe ; » d'après le bien spirituel, par répondez à Jéhovah ; et d'après le vrai spirituel, par psalmodiez à Dieu avec la harpe ; il est aussi dit Jéhovah lorsqu'il s'agit du bien, et Dieu lorsqu'il s'agit du vrai, voir N°s 709, 732, 2586, 2769, 2807, 2822, 3921, 4287, 4402, 7010, 9167. Dans Ézéchiel : « Je ferai cesser le bruit de tes cantiques, et la voix de tes harpes ne sera plus entendue; je te réduirai en aridité de roc. » — XXVI. 13,14 ; — il s'agit de Tyr, par laquelle est signifiée l'Église quant aux connaissances du bien et du vrai ; sa vastation est décrite par ces paroles; la vastation quant aux connaissances du bien, par« je ferai cesser le bruit de tes cantiques; » et la vastation quant aux connaissances du vrai, par « la voix de tes harpes ne sera plus entendue ; » la désolation de tout vrai, par « je te réduirai en aridité de roc ; » le roc signifie le vrai, et l'aridité du roc la désolation du vrai. Dans David : « Poussez des cris à Jéhovah, toute la terre; écriez-vous, faites des acclamations et chantez ; chantez à Jéhovah avec la harpe, avec harpe et voix de chant, avec trompettes et voix de clairon, poussez des cris devant le Roi, Jéhovah! » — Ps. XCV11I. 4, 5, 6; — les divers genres d'affections, d'après lesquelles il y a confession et glorification du Seigneur, sont exprimés ici par divers genres de sons et d'instruments; par divers genres de sous, par pousser des cris, s'écrier, faire des acclamations et chanter, et par divers genres d'instruments, par les harpes, les trompettes et les clairons ; mais ce n'est pas ici le lieu d'exposer les significations de chacune de ces expressions, je dirai seulement ce que signifie la harpe; « chanter à Jéhovah avec la harpe, avec harpe et voix de chant, » signifie la confession d'après l'affection du bien et du vrai spi rituels ; car toute affection, parce qu'elle appartient à l'amour, retentit d'une manière qui lui est convenable, quand elle tombe dans le son ; de là-aussi d'après le son qui est dans le langage, et dans lequel coulent pour ainsi dire les mots du langage, l'affection d'un autre est entendue, et est aussi par suite connue du compagnon, et manifestement dans le monde spirituel, où tous les sons du langage manifestent les affections. Pareillement ailleurs dans David, par exemple, dans les passages suivants : « Faites des acclamations à Dieu notre force, poussez des cris au Dieu de Jacob; élevez le chant, et donnez du tambourin, de la harpe agréable avec du nablion; entonnez pour le mois la trompette. » — Ps. LXXXI. 2, 3, 4. — « (II est) bon de confesser Jéhovah, et de chanter à ton Nom, ô Très-Haut ! sur le Décaorde et sur le Nablion, et sur Higgajon avec la Harpe. » Ps. XCII. 2, 3, 4. — « Que les fils de Sion bondissent de joie en leur Roi; qu'ils louent son Nom dans la danse; avec Tambourin et Harpe qu'ils Lui psalmodient. » Ps. CXLIX. 3. — « Louez Jéhovah avec son de Trompette; louez-Le avec Nablion et Harpe; louez-Le avec Tambourin et Danses; louez-Le avec Luth et Orgue; louez-Le avec Cymbales sono-; louez-Le avec Cymbales retentissantes. » — Ps. CL. 3, 5. — Comme les Instruments de Musique et aussi les Danses signifiaient les joies et les allégresses qui rejaillissent des affections, et aussi les affections du mental elles-mêmes que leurs sons produisent dans le simple et dans le composé, c'est pour cela que « David et toute la Maison d'Israël jouaient devant Jéhovah sur des (instruments de) bois de tout genre, et sur des Harpes et avec Nablion, et avec Tambourins et avec Sistres et avec Cymbales. » — II Sam. VI. 5. — Comme la Harpe signifie la confession d'après les vrais spirituels, et que ce sont les vrais spirituels qui affectent les Anges du Royaume spirituel du Seigneur, et qui dissipent les faux du mal, et avec ces faux les esprits eux-mêmes sont dans ces faux, c'est pour cela que, « Quand le mauvais esprit était sur Saül, David prenait une Harpe, et la pinçait de sa main, et ainsi du repos était donné à Saül, et le mauvais esprit se retirait de lui. » — I Sam. XVI. 14, 15, 16, 23 ; — cela arrivait, parce que les Rois représentaient le Seigneur quant au Royaume Spirituel, et par suite signifiaient les vrais spirituels, voir ci-dessus, N° 31 ; mais Saül alors signifiait les faux opposés à ces vrais; ces faux étaient dissipés par le son de la harpe, parce que la harpe signifiait l'affection spirituelle du vrai : mais alors cela arriva ainsi, parce que chez tes fils d'Israël toutes choses étaient représentatives et par suite significatives ; il en est autrement aujourd'hui. D'après ces passages, qui viennent d'être rapportés, on peut voir ce que la Harpe signifie ; en outre aussi dans d'autres passages, par exemple, — Ésaïe, XXX. 31, Ps. XLIII. 4. Ps. CXXXVII. 1, 2. I Sam. X. 5. Apoc. XIV. 2. XVIII. 22. Job, XXX. 31. —Puisque dans la Parole la plupart des expressions signifient aussi les opposés, il en est de même des Instruments de Musique; dans ce sens ils signifient les allégresses et les joies qui rejaillissent des affections du faux et du mal, par conséquent la harpe signifie aussi la confession du faux et par suite la joie que l'on ressent de ta destruction du vrai ; comme dans Ésaïe : « Au bout des soixante-dix années, il y aura» chanson sur Tyr comme la chanson de la prostituée; prends la Harpe» promène-toi dans la ville, prostituée livrée à l'oubli, touche avec élégance, multiplie le chant. » —XXIII. 15,16 ; — par Tyr est signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien spirituels, comme ci-dessus ; ici, c'est l'Église dans laquelle ces connaissances ont été falsifiées; la prostituée signifie la falsification du vrai, voir ci-dessus, N° 141 ; et par prendre la harpe, se promener dans la ville, toucher avec élégance, et multiplier le chant, il est signifié d'après le faux se réjouir et tirer gloire de la destruction du vrai. Et dans le Même : « Malheur à ceux gui se lèvent tôt à f aurore pour poursuivre la cervoise, qui restent jusqu'au crépuscule pour que le vin les échauffe ! et ce n'est que Harpe et Nablion, et Tambourin, et Flûte, et vin, en leurs festins; mais l'œuvre de Jéhovah ils ne considèrent point, et le fait de ses mains ils ne voient point. » — V. 14, 12 ; — la harpe, le nablion, le tambourin, la flûte et aussi le vin sont pris dans le sens opposé, et dans ce sens ils signifient la joie et la gloire que l'on tire des faux du mal ; que ce soit là ce qui est signifié, cela est évident, car il est dit « malheur à eux ! l'œuvre Jéhovah ils ne considèrent point, et le fait de ses mains ils ne point. »
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