| Apocalypse Expliquée 540. Comme il est dit qu'il monta une fumée du puits comme une fumée d'une fournaise grande, et que jusqu'ici il a été montré que la fumée signifie un faux condensé, il importe de montrer aussi que la fournaise signifie les maux des amours terrestres et corporels, et qu'ainsi « la fumée comme une fumée d'une fournaise grande, » signifie les faux condensés provenant de ces amours. Si la fournaise signifie ces amours, c'est aussi d'après les apparences dans le Monde spirituel ; en effet, lorsque les enfers, dans lesquels régnent ces amours, sont regardés d'en haut, ils apparaissent comme des fournaises ardentes de feu, et au-dessus apparaissent des fumées telles qu'il en monte des fournaises, et telles qu'on en voit dans les incendies; c'est de là que, dans la Parole, les fournaises signifient ou les enfers, ou une assemblée d'hommes, ou l'homme lui-même, dans lesquels régnent ces amours et ces cupidités, ou, ce qui est la même chose, où sont les maux qui en jaillissent; voilà ce qui est signifié par les fournaises, les fourneaux, les cheminées et les fours dans les passages suivants; dans Matthieu : « Le Fils de l'homme enverra ses Anges, qui recueilleront hors de son Royaume tous les sujets de chute, et ceux qui font l'iniquité; et ils les jetteront dans la Fournaise du feu. A la consommation du siècle sortiront les Anges, et ils sépareront les méchants du milieu des justes, et ils les jetteront dans la Fournaise du feu ; là seront les pleurs et le grincement des dents. »—XIII. 41, 42, 49, 50;—qu'ici, par la Fournaise du feu ou la cheminée il soit entendu les enfers, cela est évident; la consommation du siècle est le dernier temps de l'Église, quand se fait le jugement; qu'alors les méchants seront séparés d'avec les bons et jetés dans l'enfer, c'est ce qui est signifié en ce que les Anges recueilleront hors du royaume tous les sujets de chute et ceux qui font l'iniquité, et qu'ils sépareront les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la Fournaise du feu; l'enfer est appelé Fournaise du feu, parce qu'il apparaît en feu d'après les amours de soi et du monde; que le tourment qui provient de ces amours soit entendu par le feu infernal, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L’ENFER, Nos 566 à 575. Dans Malachie : « Voici, le jour vient, ardent comme le Four, et seront tous les orgueilleux, et tous ceux qui commettent la malice, (comme) du chaume, et les enflammera ce jour qui vient. »—III. 19; —ceci a aussi été dit du dernier temps de l'Église, et du Jugement Dernier alors ; le jour qui vient signifie ce temps et ce Jugement; par le Four aussi est entendu l'enfer où sont ceux qui se confirment par la doctrine dans les faux et par la vie dans les maux provenant des amours terrestres et corporels; que ceux-là périront par leurs amours, c'est ce qui est entendu en ce que tous les orgueilleux et tous ceux qui commettent la malice seront comme du chaume, et que le four les enflammera; les orgueilleux sont ceux qui se confirment par la doctrine dans les faux, et, celui qui commet la malice ceux qui se confirment par la vie dans les maux. Dans Hosée : « Par leur malice ils réjouissent le roi, et par leurs mensonges les princes; tous commettent adultère, comme un four allumé par un boulanger, qui fait défaut, l'excitateur, à pétrir la pâte assez pour sa fermentation. Quand ils ont tourné comme le four leur esprit pour dresser leurs embûches, toute la nuit dort leur boulanger, le matin il est ardent comme, un feu de flamme : tous sont échauffés comme le four, et ils dévoreront leurs juges, tous leurs rois tomberont; personne qui crie parmi eux vers Moi. Éphraïm est devenu un gâteau non retourné. » — VII. 3 à 8 ; — par ces paroles dans le sens spirituel sont décrits les fils de Jacob, en ce que d'après les amours de soi et du monde ils ont changé tout bien en mal, et par suite tout vrai en faux; par le roi qu'ils réjouissent par leur malice il est signifié tout faux d'après le mal, car le roi signifie le vrai d'après le bien, et dans le sens opposé le faux d'après le mal; et par les princes qu'ils réjouissent par leurs mensonges il est signifié les principaux faux; « tous commettent adultère, comme un four allumé par un boulanger, » signifie que d'après leurs amours ils ont perverti les biens et les vrais ; commettre adultère signifie pervertir le bien et par suite le vrai; cela est comparé à un four allumé par un boulanger, parce qu'ils amassent comme en une pâte les faux qui favorisent leurs amours; et comme les maux et les faux ne sont point séparés des biens et des vrais qui proviennent du sens littéral de la Parole, mais sont cohérents, c'est pour cela qu'il est dit « qui fait défaut, l'excitateur, à pétrir la pâte assez pour sa fermentation ; » la fermentation signifie la séparation, ici, qu'il n'y a point de séparation, parce qu'il est dit « qui fait défaut à pétrir la pâte pour sa fermentation ; » pareille chose est signifiée en ce qu'Éphraïm est devenu un gâteau non retourné; Éphraïm est l'entendement du vrai; que par suite il n'y ait que les maux appartenant à leurs amours que les faux favorisent, cela est signifié par « toute la nuit dort le boulanger, le matin il est ardent comme un feu de flamme, tous sont échauffés comme le four; » ils sont comparés à un boulanger et à un four, parce qu'ils composent de faux la doctrine, comme un boulanger fait des pains et des gâteaux dans un four ; qu'ils perdent ainsi tous les biens et tous les vrais qu'ils avaient d'après la Parole, cela est signifié en ce qu'ils dévoreront leurs juges, et que tous leurs rois tomberont, les juges signifient les biens du vrai, et les rois les vrais eux-mêmes; que cela leur arrive, parce qu'ils veulent être sages non par le Seigneur mais par eux-mêmes, c'est ce qui est signifié par « personne qui crie parmi eux vers Moi : » que de semblables choses soient entendues par ces paroles, on peut le voir seulement d'après une commune intuition; mais ce qui est signifié et décrit-par chacune de ces paroles, on ne peut le voir que par le sens interne; par exemple, que par les rois, les princes, les juges, ceux qui commettent adultère, et par le four et le boulanger il est entendu les choses qui viennent d'être dites; ceux qui amassent les vrais et les faux, pour qu'ils soient cohérents,»pparaissent aussi dans le Monde spirituel comme des boulangers pétrissant de la pâte, près desquels il y a même un four. Dans les Lamentations : « Nos peaux comme un four ont été noircies, à cause des tempêtes de la famine. »— V. 10; —c'est une lamentation sur la privation du vrai et l'inondation du faux; la famine signifie la privation et le manque du vrai; voir ci-dessus, N° 386; et les tempêtes de la famine signifient le manque absolu, et aussi l'inondation du faux, car où ne sont point les vrais, là sont les faux ; les tempêtes dans la Parole signifient la même chose que l'inondation; « nos peaux comme un four ont été noircies, » signifie que l'homme naturel est sans la lumière du vrai, et par suite dans les ténèbres du faux ; le four ici signifie aussi la confection de la doctrine d'après les faux et non d'après les vrais ; mais ce passage a été plus amplement expliqué ci-dessus ; voir N° 386. Dans Ézéchiel : « Ils me sont devenus, la maison d'Israël, une scorie; eux, tous, airain et étain et fer et plomb au milieu d'une fournaise; scories d'argent ils sont devenus : voici, je vais vous rassembler au milieu de Jérusalem, assemblage d'argent et d'airain et de fer, et de plomb et d'étain, je vous rassemblerai au milieu d'une fournaise, afin d'y souffler le feu pour fondre; ainsi je rassemblerai dans ma colère et dans mon emportement, et je laisserai et vous fondrai; comme la fusion de l'argent au milieu de la fournaise, ainsi vous serez fondus au milieu d'elle.» —XXII. 18 à 22;— par ces choses sont décrits les faux doctrinaux que les Juifs et les Israélites avaient assemblés d'après le sens littéral de la Parole qu'ils appliquaient à eux seuls et à leurs amours ; ils sont appelés scories d'argent, parce que l'argent signifie le vrai de la Parole, et que les scories signifient rien du vrai ou ce qui a été séparé du vrai qu'on rejette; les choses qui appartiennent au sens de la lettre de la Parole sont signifiées par l'airain, l'étain, le fer et le plomb, parce que par ces métaux sont signifiés les biens et les vrais de l'homme naturel, et que les choses de la Parole qui sont contenues dans le sens de la lettre sont pour cet homme; et comme c'est d'après ce sens qu'ils avaient amassé leurs doctrinaux faux, qui étaient les Traditions, il est dit qu'ils seront fondus ensemble; et comme ces doctrinaux avaient été appliqués à leurs amours, qui étaient les amours de soi et du monde, il est dit qu'il les rassemblerait dans le milieu d'une fournaise, afin d'y souffler le feu pour fondre, le feu signifie ces amours; et comme ce sont leurs doctrinaux qui sont entendus, il est dit qu'il les rassemblerait dans le milieu de Jérusalem ; par Jérusalem est signifiée l'Église quant à la doctrine, par conséquent aussi la doctrine de l'Église. Dans Moïse : « Le Soleil se coucha, et l'obscurité arriva, et voici, une fournaise de fumée et un brandon de feu, qui passa entre ces morceaux. »— Gen. XV. 17;—que les faux du mal et les maux du faux, jaillissant des amours corrompus chez la Nation Juive et Israélite, soient entendus ici par la fournaise de fumée, et par le brandon de feu qui passa entre les morceaux, on le voit dans l'Article précédent; en effet, Abraham désirait ardemment que sa postérité dominât sur toute la terre de Canaan, et comme le Seigneur prévit que l'Église serait instituée chez cette nation, c'est pour cela qu'il traita alliance avec Abraham ; mais néanmoins par cette vision il est prédit quels devaient être ces descendants d'Abraham. Dans Nahum : « Des eaux de siège puise-toi, fortifierez remparts, entre dans la fange et foule le bitume, raffermis le four à briques; là te dévorera le feu, et t'exterminera l'épée. » — III. 14, 15; — par ces paroles est décrite la destruction du vrai par les faux du mal ; les eaux de siège sont les faux par lesquels on s'efforce de détruire les vrais ; par fortifier les remparts, il est signifié les munir de choses qui apparaissent comme des vrais; par entrer dans la fange et fouler le bitume, il est signifié faire qu'ils apparaissent être en cohérence, le bitume est le faux d'après le mal conjoignant; par raffermir le four à briques, il est signifié raffermir la doctrine formée de vrais falsifiés et de fictions, car les briques signifient les faux qui sont forgés et ne sont pas cohérents avec les vrais; par « te dévorera le feu, » il est signifié qu'ils périront par les maux de leurs amours; et par « l'exterminera l'épée, » il est signifié qu'ils périront par les faux. Dans Jérémie : « Prends dans ta main des pierres grandes, et cache-les dans le four à briques, qui est à l'entrée de la maison de Pharaon; je prendrai le roi de Babel, je mettrai son trône sur ces pierres que tu as cachées; il viendra, et il frappera la terre d'Egypte, et je mettrai le feu aux maisons de l'Egypte; enfin il se revêtira de la terre d'Egypte, comme un berger revêt son vêtement. » — XLIIL 9, 10, 11, 12;— par ces choses a été représentée la profanation du vrai par les raisonnements provenant de scientifiques appliqués faussement ; par les pierres grandes cachées dans le four à briques sont signifiés les vrais de la Parole falsifiés par les fictions qui proviennent de la propre intelligence, les pierres sont les vrais de la Parole, le four à briques est la doctrine formée de choses imaginées; par la maison de Pharaon est signifié l'homme naturel quant aux scientifiques là; l'entrée est le scientifique sensuel, par lequel il y a introduction dans l'homme naturel; c'est par ce scientifique que se font les falsifications; par le roi de Babel est signifiée la profanation du vrai; par «je mettrai son trône sur ces pierres, et il frappera l'Egypte, et il mettra le feu aux maisons de l'Egypte, » il est signifié que par les scientifiques de l'homme naturel il pervertira tous les vrais de la doctrine et il les profanera; par « il se revêtira de la terre d'Egypte, comme un berger revêt son vêtement,» il est signifié qu'il se soumettra l'homme naturel quant à toutes les choses qui sont là, ce qui se fait par les confirmation des faux d'après les scientifiques; par «je mettrai le feu aux maisons de l'Egypte, » il est signifié que toutes les choses de l'homme naturel périront ainsi par les maux des amours terrestres et corporels. Comme par l'Egypte est signifié l'homme naturel quant au scientifique qui est dans cet homme, et par la fournaise de fer pareillement, c'est pour cela que l'Egypte dans la Parole est appelée fournaise de fer; par exemple, dans Jérémie : « Au jour que je les tirai de la terre d'Egypte, de la fournaise de fer. » — XI. 4. — Dans Moïse: « Il vous a tirés de la fournaise de fer, de l'Egypte. » — Deutér. IV. 20.—Dans le Livre I des Rois : « Il les a tirés de l'Egypte, du milieu de la fournaise de fer. »—VIII. 51.—Dans David : « J'ai éloigné du fardeau de l'Egypte l'épaule d'Israël, ses mains hors de la fournaise ont passé. »—Ps. LXXXI. 7; — l'homme naturel quant au scientifique est signifié par la fournaise de fer; la fournaise est l'homme naturel, et le fer est le scientifique; là, le scientifique faux, parce qu'il est dit qu'ils en ont été tirés; en effet, l'homme naturel, s'il n'est pas conduit par l'homme spirituel, est dans les faux et dans les maux, et cela, parce qu'il n'y a en lui aucune lumière venant du Ciel, car la lumière qui vient du Ciel influe par l'homme spirituel dans l'homme naturel, et l'illustre, l'enseigne et le conduit ; c'est absolument le contraire quand l'homme naturel ne pense pas et n'agit pas sous l'auspice de l'homme spirituel; alors il est même en servitude, car il pense et agit d'après les faux et les maux qui proviennent de l'enfer; cela est signifié en ce qu'ils sont dits tirés de la maison de servitude, lorsqu'ils ont été tirés de l'Egypte; car tout libre de penser et d'agir existe d'après l'homme spirituel, puisque celui-ci pense et veut d'après le ciel par le Seigneur, et être conduit par le Seigneur, c'est le libre : d'après cela, on peut voir pourquoi l'Egypte est dite fournaise de fer, et pourquoi elle est dite maison de servitude; cette servitude aussi est signifiée par «j'ai éloigné du fardeau de l'Egypte l'épaule d'Israël : » que le fer signifie le scientifique qui appartient à l'homme naturel, on le voit ci-dessus, N° 176. Comme la plupart des expressions dans la Parole ont aussi le sens opposé, il en est aussi de même du four; par exemple, dans Ésaïe : « Parole de Jéhovah, de qui le foyer (est) dans S ion, et le four dans Jérusalem. »—XXXI. 9;—par le foyer est signifié le bien de l'amour, par le four le vrai d'après ce bien, ainsi le vrai de la doctrine; semblables choses sont aussi signifiées par Sion et par Jérusalem, par Sion l'Église quant au bien de l'amour, et par Jérusalem l'Église quant au vrai de la doctrine. Pareillement par le four, dans Moïse, lorsqu'il s'agit « de la Minchah à préparer, soit dans le four, ou sur une plaque, ou dans une poêle. » — Lévit. II. 4, 5, 7;—ce qui a été expliqué dans les ARCANES CELESTES. Pareillement par la Fournaise, ci-dessus dans l'Apocalypse : « Les pieds du Fils de l'homme semblables à de l'airain fin, comme embrasés dans une fournaise. »—I. 15; —voir ci-dessus, N° 69.
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