| Apocalypse Expliquée 537. Et elle ouvrit le puits de l'abîme, signifie la communication et la conjonction avec les enfers, où sont et d'où viennent de tels faux : on le voit par la signification d'ouvrir, en ce qu'ici c'est communiquer et conjoindre, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du puits de l'abîme, en ce que c'est l'enfer, où sont et d'où viennent de tels faux ; si ces faux sont appelés puits de l'abîme, c'est parce que le puits signifie la Parole dans le sens de la lettre, et par suite le vrai de la doctrine, mais dans le sens opposé la Parole falsifiée et par suite le faux de la doctrine, et que l'abîme ou le profond de la mer signifie l'enfer; s'il signifie l'enfer où sont ceux qui ont falsifié les vrais de la Parole, en les appliquant aux maux de la vie, c'est parce que, aux yeux de ceux qui sont au-dessus, ces enfers apparaissent comme des mers, et ceux qui y sont apparaissent dans le fond de ces mers. J'ai même vu ces mers ou ces enfers, et j'ai vu aussi ceux qui sont dans le fond, et ils s'entretinrent aussi de là avec moi ; ils me disaient qu'ils n'étaient pas dans les eaux, mais sur le sec; par là, j'ai pu voir que les eaux de ces mers sont des apparences qui correspondent aux faux dans lesquels ils sont ; les eaux de ces mers sont plus épaisses et plus denses selon les falsifications, et leurs profondeurs varient aussi selon les maux qui ont falsifié ; quant à la signification de l'abîme dans la Parole, il en sera parlé plus loin. Si ouvrir le puits de l'abîme signifie la communication et la conjonction avec de tels enfers, c'est parce que les enfers ne sont ouverts que quand les mauvais esprits entrent, ce qui arrive lorsqu'ils ont passé un certain temps dans le Monde des esprits ; en effet, il n'est permis à aucun mauvais esprit de sortir de l'enfer après qu'il y a été une fois jeté; s'il sort, il y retombe toujours à l'instant : toutefois, chaque homme a été conjoint à des esprits, qui sont dans le Monde des esprits, et qui sont tels qu'il est lui-même ; c'est pourquoi l'homme qui falsifie la Parole, par des applications aux maux de la vie et à des faux qui les confirment, est conjoint à de semblables esprits, et par eux il est conjoint aux enfers qui sont dans de semblables faux ; chaque homme après la mort devient esprit, et alors il est lié aussitôt ou à des sociétés infernales ou à des sociétés célestes, selon sa vie dans le Monde, et tous les esprits avant d'être jetés dans l'enfer, ou élevés dans le Ciel, sont d'abord dans le Monde des esprits, et alors chez les hommes qui vivent dans le Monde, les mauvais esprits chez les hommes mauvais, et les bons chez les bons, par eux l'homme a communication et conjonction ou avec les enfers ou avec les Cieux ; de là il est évident que par ouvrir le puits il est signifié, non pas ouvrir l'enfer, mais ouvrir la communication, et par la communication avoir conjonction avec l'enfer : de chaque enfer s'exhalent aussi en grande abondance les faux du mal, dans lesquels sont les esprits qui sont dans le Monde des esprits et en même temps les hommes qui sont dans de semblables faux dans notre Monde; l'esprit et l'homme ne peuvent être qu'où est l'amour de leur vie, car ce que l'homme aime, il le veut, il le pense et il y aspire : ce que c'est que le Monde des esprits ; voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 421 à 431, et suiv. Si le puits signifie la Parole et le vrai de la doctrine, et dans le sens opposé la Parole falsifiée et par suite le faux de la doctrine, c'est parce que les puits contiennent des eaux, et que les eaux signifient les vrais, et dans le sens opposé les faux, comme il a été montré ci-dessus, Nos 71, 483, 518. Que le puits ait ces significations, on peut le voir par les passages suivants dans la Parole ; dans Moïse : « Ils vinrent à Béer, qui est le Puits dont Jéhovah dit à Moïse : Assemble le peuple, et je leur donnerai des eaux. Alors chanta Israël ce cantique : Monte, Puits! répondez sur lui : C'est le Puits qu'ont foui les princes, qu'ont creusé les volontaires du peuple, par le Législateur, avec leurs bâtons. » — Nomb. XXI. 16, 17, 18; - que ce Puits signifie le vrai de la doctrine, on peut le voir d'après le Cantique qu'Israël chanta sur lui; « monte, puits! répondez sur lui, » signifie que la doctrine d'après la Parole enseignerait le vrai, et qu'eux le recevraient ; l'évocation du vrai est signifiée par « monte, Puits! » et la réception et l'instruction sont signifiées par « répondez sur lui ; » par « c'est le Puits qu'ont foui les princes, qu'ont creusé les volontaires du peuple, par le Législateur, avec leurs bâtons, » il est signifié que ceux qui sont dans les vrais et dans les biens du vrai sont illustrés par le Seigneur, et que d'après Lui par la Parole ils recherchent et recueillent la doctrine; les princes signifient ceux qui sont dans les vrais ; les volontaires du peuple, ceux qui sont dans les biens du vrai; creuser signifie rechercher et recueillir ; le Législateur signifie le Seigneur quant à la Parole et quant à la doctrine d'après la Parole, et les bâtons signifient la puissance et les forces du mental, ici d'après le Seigneur par la Parole, parce qu'il est dit « par le Législateur; » d'après cela, on voit clairement ce que le puits signifie dans ce passage : si sur lui Israël a chanté un cantique, c'est parce que Béer dans la Langue originale signifie Puits, et que le Puits dans le sens spirituel signifie la Parole et la doctrine d'après la Parole; il en est de même de Béer-Schébah, qui est nommée plusieurs fois dans les Historiques de la Parole. La même chose est signifiée par « le Puits de Jacob, auprès duquel le Seigneur s'assit et parla avec une femme Samaritaine, et lui dit : Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, tu lui demanderais de l'eau, et il te donnerait une eau vive, qui deviendrait une fontaine d'eau jaillissante en vie éternelle. »—Jean, IV. 6 à 15;— si le Seigneur a parlé à une femme Samaritaine auprès de ce puits c'est parce que par la femme Samaritaine était entendue l'Église qui devait être instaurée chez les Nations, et que par les Samaritains, dont il est aussi fait mention ailleurs, sont entendues les nations qui devaient recevoir la doctrine de Lui et sur Lui; par ce puits est signifiée la doctrine d'après la Parole, par l'eau le vrai de la doctrine, et par le Seigneur assis auprès de ce puits la Parole ou le Divin Vrai ; par l'eau qu'il donnerait Lui-Même, et qui deviendrait une fontaine jaillissante en vie éternelle, il est signifié que le salut vient du Seigneur par le Divin Vrai tiré de la Parole. Ce qui est signifié par le puits de Jacob est signifié aussi par « les puits que creusèrent les serviteurs d'Abraham et les serviteurs d'Isac, au sujet desquels ils eurent des contestations avec les serviteurs d'Abimélech, » —Gen. XXI. 25. XXVI. 15,18,19, 20, 21, 22, 25, 32; —par les puits que creusèreut les serviteurs d'Abraham et les serviteurs d'Isac, sont signifiés les vrais de la doctrine, parce que par Abraham, Isac et Jacob, dans la Parole, il est entendu le Seigneur; mais par Abimélech, roi de Gérar ou des Philistins, sont entendus ceux qui placent le salut dans les vrais seuls sans le bien de la vie, de même que font aujourd'hui ceux qui sont dans la foi seule; et comme tout vrai vient du bien, ou comme tout ce qui appartient à la foi vient de la charité, et que ceux qui séparent et retirent le bien d'avec le vrai, ou la charité d'avec la foi, ne possèdent aucun vrai réel de la doctrine, mais que tout vrai de la Parole chez eux est comme le sens des mots sans la perception de la chose, ainsi comme la coquille sans l'amande, c'est pour cela qu'ils ont des contestations au sujet des vrais; cela a été représenté et signifié par les contestations des serviteurs d'Abimélech avec les serviteurs d'Abraham et d'Isac au sujet des puits : il y a un sens spirituel dans les Historiques de la Parole, de même que dans ses Prophétiques, comme on peut le voir dans les ARCANES CELESTES, où les Historiques qui sont contenus dans la Genèse et dans l'Exode ont été expliqués quant au sens interne spirituel, même au sujet des puits d'Abraham et d'Isac; autrement, à quoi bon des Historiques dans la Parole sur des puits ! Dans Luc : « Qui d'entre vous, dont l'âne ou le bœuf tombe dans un puits, ne l'en retire aussitôt le jour du sabbath? » — XIV. 5;—si ce statut a été donné chez la Nation Israélite et Juive, c'était à cause du sens spirituel qu'il renferme, car tous les statuts, jugements et préceptes, donnés aux fils d'Israël, signifiaient des spirituels qui appartiennent au Ciel et à l'Église; ce statut signifiait donc que si quelqu'un tombe dans le faux et dans le mal, il doit en être retiré par le vrai qui est enseigné le jour du sabbath par le Seigneur; là, par le puits il est signifié le faux et le mal du faux ; par l'âne et le bœuf, le vrai et le bien de l'homme naturel ; par tomber dans un puits, tomber dans le faux et dans le mal du faux ; par être retiré du puits le jour du sabbath, être instruit et ainsi être retiré de ce faux et de ce mal; en effet, là, le jour du sabbath signifie le Seigneur quant à l'instruction et à la doctrine, aussi se nomme-t-il le Seigneur du Sabbath ; que l'âne signifie le vrai de l'homme naturel, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 2781, 5741 ; et que le bœuf signifie le bien de l'homme naturel, on le voit là, N°s 2180, 2566, 9135. Les paroles suivantes contiennent un sens spirituel presque semblable, dans Moïse : « Quand aura ouvert un homme une fosse, ou quand aura creusé un homme une fosse, et qu'il ne l'aura point couverte, et qu'y sera tombé un bœuf ou un âne, le maître de la fosse paiera, l'argent il rendra à son maître, et le mort sera à lui. » —Exod. XXI. 33, 34 ; — « quand aura ouvert un homme une fosse, » signifie si quelqu'un a répandu publiquement un faux qui était chez lui; « ou quand aura creusé un homme une fosse, » signifie ou s'il forge un faux ou le fait éclore; « et qu'il sera tombé un bœuf ou un âne, » signifie lequel pervertit, le bien et le vrai dans le naturel chez un autre; « le maître de la fosse paiera, » signifie que celui dont provient le faux corrigera; « l'argent il rendra à son maître, » signifie par le vrai chez celui dont le vrai et le bien dans le naturel ont été pervertis ; « et le mort sera à lui, » signifie que le mal ou le faux chez lui demeure ; mais ceci a été plus amplement, expliqué dans les ARCANES CELESTES; voir Nos 9084 à 908; ici, la fosse signifie la même chose que le puits. Pareillement dans Matthieu : « Ce sont des aveugles, conducteurs d'aveugles; si un aveugle conduit un aveugle, tous deux dans une fosse ils tombent, » —XV. 14.Luc, VI. 39; —le Seigneur a adressé ces paroles aux Scribes et aux Pharisiens, qui, quoiqu'ils eussent la Parole où sont tous les Divins Vrais, ne comprenaient cependant rien du vrai; et comme ils enseignaient des faux, et que des faux aussi étaient crus par le peuple, ils sont appelés aveugles, conducteurs d'aveugles; dans la Parole sont dits aveugles ceux qui ne comprennent point le vrai; et comme la fosse signifie le faux, il est dit que tous deux tombent dans une fosse. Dans David : « Retire-moi du bourbier, afin que je ne sois pas submergé; que je sois délivré de ceux qui me haïssent, et des profondeurs des eaux, afin que ne me couvre pas le flot des eaux, que ne m'engloutisse pas la profondeur, et que ne ferme pas sur moi le puits sa bouche. »— ps. LXIX. 15, 16; —que le puits signifie l'enfer où sont et d'où viennent les faux, cela est bien évident ici, car il est dit « afin que ne ferme pas sur moi le puits sa bouche, » c'est-à-dire, afin que l'enfer d'où viennent les faux, ou afin que les faux ne m'envahissent pas tout entier, de sorte que je ne m'échappe pas ; par retirer du bourbier de peur que je n'y sois submergé, il est signifié afin que je ne périsse pas par le mal du faux; «que je sois délivré de ceux qui me haïssent, et des profondeurs des eaux, » signifie être délivré des maux et des faux qui proviennent des enfers; ceux qui haïssent sont ces maux, et la profondeur des eaux ces faux ; « afin que ne m'engloutisse pas la profondeur, » signifie afin que ne m'engloutisse pas l'enfer où sont les faux du mal, ou afin que ces faux du mal qui viennent de l'enfer ne m'envahissent pas. Dans le Même : « Flatteuse ils font comme du beurre leur bouche; et quand approche le cœur de chacun, douces sont ses paroles plus que de l'huile, tandis qu'elles sont des épées tirées; et Toi, ô Dieu, tu les précipiteras dans le puits de la fosse. »—Ps. LV. 22, 24 ; - ceci a été dit de ceux qui simulent des affections bonnes, tandis qu'ils prononcent des faux par lesquels ils séduisent; faire flatteuse comme du beurre leur bouche, signifie simuler le bien par les affections, le beurre signifie le bien de l'affection externe ; « douces sont ses paroles plus que de l'huile, «signifie des choses semblables, l'huile est le bien de l'affection interne ; « tandis qu'elles sont des épées tirées, » signifie tandis que cependant ce sont des faux qui détruisent le bien et le vrai, les épées tirées sont les faux qui détruisent; « Toi, O Dieu, tu les précipiteras dans le puits de la fosse,» signifie dans l'enfer où sont les faux destructifs en tout genre. Comme les fosses dans la Parole signifient presque les mêmes choses que les puits, car elles sont comme des puits, je vais aussi rapporter sur elles quelques passages ; dans Jérémie : « Leurs grands ont envoyé leurs inférieurs vers les eaux; ils sont venus aux fosses, ils n'ont point trouvé d'eaux, ils sont revenus leurs vases vides. » — XIV. 3;—par les grands sont entendus ceux qui conduisent et enseignent les autres ; par les inférieurs, ceux qui sont conduits et enseignés; et par les eaux, les vrais; de là, on voit ce qui est signifié par « les grands ont envoyé leurs inférieurs vers les eaux; » par les fosses dans lesquelles il n'y a point d'eaux sont signifiés les doctrinaux dans lesquels il n'y a point de vrais; de là, on voit ce qui est signifié par « ils sont venus aux fosses, ils n'ont point trouvé d'eaux ; » par « ils sont revenus leurs vases vides, » il est signifié qu'ils n'ont aucune science ni aucun entendement du vrai; les vases dans la Parole signifient les récipients, du vrai, et par suite les scientifiques et les intellectuels. Dans Zacharie : « Par le sang de ton alliance je retirerai tes enchaînés de la fosse, où il n'y a point d'eau. » —IX. 11 ;—ceci a été dit de la délivrance, par le Seigneur, des fidèles qui ont été retenus dans la terre inférieure jusqu'à son avènement, et aussi de l'illustration des nations qui étaient dans les faux provenant de l'ignorance ; par le sang de ton alliance, il est signifié le Divin Vrai procédant du Seigneur, ainsi la Parole, laquelle est appelée l'alliance, parce que par elle il y a conjonction, l'alliance signifie la conjonction ; par les enchaînés dans la fosse, où il n'y a point d'eau, sont entendus ceux qui sont dans les faux provenant de l'ignorance; la fosse est la doctrine du non-vrai, et elle est aussi la terre inférieure, où ceux qui étaient dans les faux provenant de l'ignorance ont été retenus jusqu'à l'avènement du Seigneur; « où il n'y a point d'eau, » c'est où il n'y a point de vrai; ceux-là sont dits enchaînés, parce qu'ils n'ont pu être délivrés des faux que par le Seigneur. Dans Jérémie : « Deux maux a fait mon peuple; ils M'ont abandonné, Moi la fontaine des eaux vives, pour se creuser des fosses, des fosses crevassées qui ne peuvent retenir les eaux, » —II. 13 ; — par creuser des fosses, des fosses qui ne retiennent pas les eaux, il est signifié, tirer de la propre intelligence les doctrinaux, lesquels, provenant du propre, sont des faux, car le propre de l'homme n'est que mal, et comme il est le mal, par lui est aussi produit le faux, car le mal ne peut produire que le faux ; mais ce passage a été expliqué ci-dessus; voir N° 483. Dans le Même : « Jéhovah qui nous a fait monter de la terre d'Egypte, qui nous a conduits dans le désert, dans une terre de solitude et de fosse, dans une terre de sécheresse et d'ombre épaisse, par laquelle il n'était point passé d'homme (vir), et où n'avait point habité l'homme (homo). »— II. 6; — que par le désert, dans lequel ont été conduits les fils d'Israël, il ait été représenté et signifié le premier état de l'Église à instaurer chez ceux qui sont dans une complète ignorance du bien et du vrai, c'est ce qui a été montré dans les ARCANES CELESTES, où l'Exode a été expliqué; et comme cet état a été représenté et signifié par leurs détours dans le désert, c'est pour cela qu'il est dit que Jéhovah les a conduits dans une terre de solitude et de fosse, dans une terre de sécheresse et d'ombre épaisse; par une terre de solitude et de sécheresse, il est entendu ici, comme ailleurs dans la Parole, l'état de non perception du bien, et par une terre de fosse et d'ombre épaisse il est entendu l'état de l'ignorance du vrai et de la fausseté qui en résulte; « par laquelle il n'était point passé d'homme, et où n'avait point habité l'homme, » signifie où il n'y a aucun entendement du vrai, ni aucune perception du bien ; par l'homme (vir ) dans la Parole est signifié l'entendement du vrai, et par l'homme (homo) la perception du bien ; et par ni l'un ni l'autre, point d'Église ni quant au vrai ni quant au bien. Dans Ésaïe : « Celui qui retire se hâtera afin d'ouvrir, et qu'il ne meure point dans la fosse, et que ne manque point son pain. »—LI.14;—ici, il s'agit du Seigneur; son avènement est entendu par « celui qui retire se hâtera; » la délivrance des faux provenant de l'ignorance est signifiée par « afin qu'il ne meure point dans la fosse; » ici, par la fosse il est donc entendu la même chose que ci-dessus par la fosse où étaient les enchaînés; par « afin que ne manque point sou pain, » il est signifié que l'instruction et la nourriture spirituelle ne manqueront point ; car par le pain est entendue toute nourriture spirituelle, et par la nourriture spirituelle est entendue l'instruction dans les vrais et les biens, d'où proviennent l'intelligence et la sagesse. Dans Ézéchiel : « Voici, j'amène contre toi des étrangers, les violents des nations, qui dégaineront leurs épées sur la beauté de ta sagesse, et profaneront ta splendeur; dans la fosse ils te précipiteront, et tu mourras de la mort des transpercés dans le cœur des mers. » —XXVIII. 7, 8; — ceci est dit du prince de Tyr, par lequel sont entendus ceux qui d'après la propre intelligence font éclore des faux, par lesquels les connaissances du vrai et du bien sont détruites; leur ruine par leurs faux est signifiée par « voici, j'amène contre toi des étrangers, les violents des nations; » les étrangers signifient les faux qui détruisent les vrais, et les violents des nations les maux qui détruisent les biens; par « qui dégaineront leurs épées sur la beauté de ta sagesse, et profaneront ta splendeur, » il est signifié qu'ils seront détruits par leurs faux qui proviennent de la propre intelligence; les épées sont les faux qui détruisent les vrais; « dans la fosse ils te précipiteront, et tu mourras de la mort des transpercés dans le cœur des mers; » la fosse signifie le faux infernal, la même chose que le puits, les transpercés signifient ceux qui périssent par les faux, et le cœur des mers signifie l'enfer où sont et d'où viennent ces faux, la même chose que l'abîme. Par la fosse, dans laquelle ils jetèrent Jérémie le prophète, et d'où Ébedmélec et les hommes qui étaient avec lui le tirèrent avec de vieux lambeaux et de vieux haillons,—Jérém.XXXVIlI. 6 à 13,— il est signifié le vrai de la doctrine falsifié; par le prophète, le vrai de la doctrine, et par être jeté dans la fosse, être falsifié; par les vieux lambeaux et les vieux haillons, avec lesquels ils le tirèrent, il est signifié la revendication du vrai de la doctrine et la restitution par des biens et des vrais du sens de la lettre de la Parole qui n'avaient point été perçus ni compris, et qui par conséquent avaient été négligés et rejetés ; ces biens et ces vrais sont signifiés par ces vieilleries; autrement, à quoi bon rapporter dans la Parole Divine qu'il a été retiré avec de vieux lambeaux et de vieux D'après ce peu d'explications, on peut voir ce qui est signifié dans la Parole par le puits et par la fosse, à savoir, la Parole et le vrai de la doctrine, et dans le sens opposé la Parole falsifiée et par suite le faux de la doctrine. Dans quelques passages, par le puits et par la fosse, il est signifié aussi la même chose que par la fontaine; sur la signification de celle-ci dans l'un et l'autre sens, voir ci-dessus, N° 483.
|