| Apocalypse Expliquée 536. Et lui fut donnée la clef du puits de l'abîme, signifie la communication et la conjonction avec les enfers : on le voit par la signification de la clef, en ce que c'est l'ouverture, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du puits de l'abîme, en ce que ce sont les enfers où sont et d'où viennent les faux du mal, ainsi qu'il sera expliqué dans les Articles suivants : s'il est dit que la clef du puits de l'abîme fut donnée à l'étoile tombée du Ciel eu la terre, c'est parce que par l'étoile sont signifiées les connaissances du vrai d'après là Parole, falsifiées par des applications aux maux et par suite aux faux, et que les maux du faux et les faux du mai, qui sont chez l'homme, ouvrent les enfers où sont de semblables maux et de semblables faux ; quant à ce qui est entendu par ouvrir les enfers, cela sera dit aussi dans l'Article suivant, car il est dit aussitôt : « Et elle ouvrit le puits de l'abîme. » Si la clef signifie l'ouverture, c'est d'après l'apparence dans le Monde spirituel; là, il y a des maisons et des chambres, il y a des portes par lesquelles on entre, et il y a des serrures et des clefs par lesquelles elles sont ouvertes, et chacun de ces objets signifie des choses qui sont chez l'homme ; la maison elle-même correspond aux intérieurs qui appartiennent à son mental (animus) et à son mental (mens) les chambres pareillement ; les portes correspondent aux communications qui sont parmi les intérieurs du mental et de l'animus, et la clef correspond à l'admission et à l'ouverture d'une partie dans une autre; en un mot, toutes les choses de la maison, dans laquelle habitent les anges et les esprits, correspondent à toutes celles qui sont en eux : il est peu d'esprits qui sachent cela, parce qu'il en est peu qui sachent quelque chose des correspondances, car ils sont dans les correspondances, ce qui fait qu'ils ne réfléchissent pas sur elles; il en est de cela comme dans le Monde chez les hommes, en ce qu'il en est peu qui sachent quelles sont leurs affections et leurs pensées, parce qu'ils sont en elles, et que par suite ils ne réfléchissent pas sur elles, lorsque cependant il y a là des choses innombrables, comme on peut le voir d'après les particularités analytiques qui ont été découvertes par plusieurs érudits, et qui toutes sont des opérations du mental. D'après cela, on peut savoir d'où vient qu'il est fait mention d'une clef, et que cette clef signifie l'admission et l'ouverture; pareillement ailleurs dans la Parole; par exemple, dans Matthieu : « Jésus dit à Pierre : Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. » — XVI 19; — voir l'explication ci-dessus, N° 206 : puis dans Ésaïe, —XXII. 21, 22, —où il est dit la même chose d'Éliakim, ce qui a aussi été expliqué ci-dessus, N° 206 : comme encore dans l'Apocalypse : « Moi, j'ai les clefs de l'enfer et de la mort. »— I. 18;—voir ci-dessus, N° 86. Ailleurs : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre et personne ne ferme, et qui ferme et personne n'ouvre.»—Apoc. III.7;—ci-dessus, Nos 205, 206. Et ailleurs : « Je vis un Ange descendant du Ciel, ayant la clef de l'abîme, et une chaîne grande sur sa main; et il saisit le dragon, et il le lia pour mille ans. » —XX. 1, 2 ; — ce passage sera expliqué dans la suite. Et dans Luc : « Malheur à vous, Légistes, qui portez les clefs du Ciel, vous-mêmes n'y entrez point, et ceux qui entrent vous repoussez!» —XI. 52; —étaient appelés Légistes, ceux qui scrutaient les Écritures, et enseignaient comment devait être entendu ce qu'elles renfermaient; et comme c'est par l'Écriture Sainte, ou la Parole, qu'il y a communication et par suite conjonction avec le Ciel, comme il vient d'être dit dans l'article précédent, et que ce sont les vrais qui ouvrent la communication, et les biens du vrai qui font la conjonction, tandis que ce sont les vrais falsifiés, lesquels en eux-mêmes sont les faux du mal, qui font la disjonction, c'est pour cela qu'il est dit qu'ils portent les clefs du Ciel, c'est-à-dire que par les vrais ils peuvent ouvrir la communication avec le Ciel à ceux qu'ils enseignent; mais comme ils ont perverti la Parole par des applications à leurs amours et par suite à des principes faux, voilà pourquoi il est dit qu'eux-mêmes n'entraient point, et qu'ils repoussaient ceux qui entraient. Par là aussi, on peut voir que la clef, qui ouvrit le puits, signifie la communication et la conjonction avec les enfers par les faux dans lesquels ont été changés les vrais de la Parole par ceux qui les falsifient, en les appliquant aux maux de la vie et aux principes faux pris par suite de ces maux.
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