| Apocalypse Expliquée 491. Ayant un encensoir d'or, signifie la conjonction de ce bien avec le bien spirituel, et ainsi la conjonction des Cieux supérieurs : on le voit par la signification de l'encensoir, en ce qu'il est le culte d'après le bien spirituel, car ce culte était représenté par le parfum des encensoirs, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 324 ; si avoir un encensoir d'or signifie la conjonction du bien céleste avec le bien spirituel, c'est parce que l'Ange qui se tenait vers l'autel avait l'encensoir, et que par l'autel il est signifié le culte d'après le bien céleste, et par l'encensoir d'or le bien spirituel d'après le bien céleste; l'or aussi signifie le bien céleste : les encensoirs qui étaient en usage chez la nation Juive et Israélite étaient d'airain, et par les fumigations de ces encensoirs il était représenté le culte d'après le bien spirituel, et en même temps la conjonction avec le bien naturel, car l'airain signifie le bien naturel; ici donc par l'encensoir d'or il est signifié la conjonction du bien céleste avec le bien spirituel; s'il est signifié aussi la conjonction des deux Cieux supérieurs, c'est parce que le bien du Ciel intime est le bien céleste, et que le bien du Ciel moyen est le bien spirituel; c'est pourquoi, quand il est dit la conjonction de ces biens, il est entendu aussi la conjonction des Cieux, puisque le bien fait le Ciel; le bien céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur, et fait le Ciel suprême ou intime, et le bien spirituel est le bien de l'amour à l'égard du prochain, et fait le Ciel qui est au-dessous et qui est appelé second Ciel ou Ciel moyen. Que l'Encens dans la Parole signifie le bien spirituel, et qu'il en soit de même de l'encensoir qui en était le contenant, parce que le contenant y est pris pour le contenu, c'est ce qu'on peut voir par les passages suivants; dans Ésaïe : « Je ne t'ai point fait servir pour de la minchah, et je ne t'ai point fatigué pour de l'encens. » — XLIII. 23 ; — il est dit de la minchah et de l'encens, parce que par la minchah, qui était de fleur de farine et par conséquent du pain, est signifié le bien céleste, c'est pourquoi par l'encens est signifié le bien spirituel; s'il est dit l'un et l'autre, c'est parce que partout dans la Parole il y a le mariage du bien et du vrai, c'est-à-dire que partout où il s'agit du bien il s'agit aussi du vrai, et le bien spirituel est dans son essence le vrai; de là il est évident que l'encens est le bien spirituel ou le vrai du bien céleste : on peut encore le voir par d'autres passages où il est dit en même temps la minchah et l'encens; comme dans le même Prophète : « Faisant monter la minchah, offrant l'encens. » - LXVI. 3. — Dans Jérémie : « Ils apporteront holocauste et sacrifice, et minchah et encens. » — XVII. 26; — l'holocauste aussi signifie le culte d'après le bien de l'amour céleste, et le sacrifice le culte d'après le bien de l'amour spirituel; ces deux biens sont aussi signifiés par la minchah et l'encens. Il en est de même de la minchah et du parfum, car le parfum était principalement composé d'encens; dans Malachie : « En tout lieu parfum sera offert à mon Nom, et minchah pure. » — I. 11. —Dans David : « Acceptées soient mes prières, parfum devant Toi; l'élévation de mes mains, minchah du soir. » — Ps. CXLI. 2. — C'est pourquoi « sur la minchah on répandait de l'huile, et on mettait de l'encens. » — Lévit. II. 1, 2, 15; — et cela, afin que la minchah représentât la conjonction du bien céleste et du bien spirituel, car l'huile signifiait le bien céleste, et l'encens le bien spirituel. C'est aussi pour cela que « sur les pains des faces dans le Tabernacle on mettait de l'encens. » — Lévit. XXIV. 7 ; — et cela encore pour la conjonction de l'un et l'autre bien, car les pains signifiaient le bien céleste, et l'encens le bien spirituel, lors donc que l'encens avait été mis sur les pains, la conjonction de l'un et de l'autre bien était représentée : pour la représentation de la conjonction du bien céleste et du bien spirituel on avait placé dans le Tabernacle une table pour les pains, et de l'autre côté un autel pour les fumigations. Quand il n'est pas dit minchah et encens, il est dit huile et encens, ou or et encens, parce que l'huile et l'or, de même que la minchah, signifient le bien céleste : il est dit huile et parfum dans Ézéchiel : « Tu as pris mon huile et mon parfum, et tu les as mis devant elles. » — XVI. 18 ; — or et encens, dans Ésaïe : « Tous ceux de Schéba viendront, or et encens ils porteront, et les louanges de Jéhovah ils annonceront. » — LX- 6; — et dans Matthieu : « Les sages d'orient, qui vinrent vers le Christ nouveau-né, ouvrirent leurs trésors, et lui présentèrent des dons, de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » — II. 11 ;- l'or signifiait le bien céleste, l'encens le bien spirituel, et la myrrhe le bien naturel qui en provient, ainsi les trois biens des trois Cieux. D'après ces considérations on peut maintenant voir ce qui est signifié en ce qu'un Ange fut vu vers l'Autel, ayant un encensoir d'or, car l'autel était le représentatif du bien céleste, et l'encensoir le représentatif du bien spirituel, et l'un et l'autre ensemble le représentatif de la conjonction du bien céleste avec le bien spirituel, ou, ce qui est la même chose, le représentatif de la conjonction des Cieux supérieurs, ou du Ciel où sont les Anges célestes, avec le Ciel où sont les Anges spirituels.
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