| Apocalypse Expliquée 484. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, signifie l'état de la béatitude par l'affection du vrai, après que les faux ont été éloignés par les tentations : on le voit par la signification d'essuyer la larme des yeux, en ce que c'est enlever la douleur du mental à cause des faux et d'après les faux ; et comme à cette douleur, qui cesse après les tentations qu'ils ont subies, succède la béatitude par les vrais d'après le bien, voilà pourquoi cela est aussi signifié; en effet, les Anges possèdent toute béatitude par les vrais d'après le bien, ou par l'affection spirituelle du vrai, l'affection spirituelle du vrai vient du bien, car c'est le bien qui la produit; si par là les Anges possèdent toute béatitude, c'est parce que le Divin Vrai procédant du Seigneur fait le Ciel dans le commun et dans le particulier, ceux donc qui sont dans les Divins Vrais sont dans la vie du Ciel, par conséquent dans la béatitude éternelle. Que la larme des yeux signifie la douleur du mental à cause des faux et d'après les faux, c'est parce que par l'œil est signifié l'entendement du vrai, et que par suite la larme signifie la douleur à cause du non-entendement du vrai, par conséquent à cause des faux : la même chose est aussi signifiée par la larme dans Ésaïe : « Il engloutira la mort à éternité, et le Seigneur Jéhovih essuiera la larme de dessus toutes les faces. » — XXV. 8 ; — ce qui signifie que le Seigneur par son avènement doit éloigner les maux et les faux chez ceux qui vivent d'après Lui, afin qu'ainsi ils n'aient plus aucune douleur du mental à cause d'eux ni d'après eux; la mort signifie le mal, parce que c'est par le mal qu'il y a mort spirituelle, et la larme se dit du faux. Il faut qu'on sache que le larmoiement et les pleurs signifient la douleur à cause des faux et d'après les faux, mais le larmoiement la douleur du mental, et les pleurs la douleur du cœur à cause de ces faux, la douleur du mental est la douleur de la pensée et de l'entendement qui appartiennent au vrai, et la douleur du cœur est la douleur de l'affection et de la volonté qui appartiennent au bien; et comme partout dans la Parole il y a le mariage du vrai et du bien, c'est pour cela que dans la Parole il est dit l'un et l'autre, à savoir, tant les pleurs (ou sanglots) que les larmes, quand la douleur, à cause des faux de la doctrine ou de la religion, est exprimée; que les pleurs soient la douleur du cœur, on peut le voir en ce que les pleurs (ou sanglots) sont lancées du cœur et s'échappent par la bouche en gémissements ; et que le larmoiement soit la douleur du mental, on peut le voir, en ce qu'il sort de la pensée par les yeux ; dans l'un et l'autre cas, tant dans les pleurs que dans le larmoiement, il sort de l'eau, mais c'est une eau amère et astringente qui sort par l'influx provenant du monde spirituel dans la douleur de l'homme, où l'eau amère correspond au manque du vrai à cause des faux et à la douleur qui en résulte; c'est pour cela que chez ceux qui sont dans les vrais il y a douleur à cause des faux. D'après cela on peut voir d'où vient que dans la Parole, lorsqu'il est dit larme, il est dit aussi pleurs ; c'est à cause du mariage du bien et du vrai dans chaque chose de la Parole : pour confirmation je vais rapporter seulement les passages qui suivent; dans Ésaïe : « Je déplorerai de pleurs Jaëser, le cep de Sibmah ; je t'arroserai de mes larmes, ô Chesbon, et Éléaleh! » — XVI. 9. — Dans Jérémie : « Dans les lieux secrets mon âme pleurera, et en larmes mon œil fondra. » — XIII. 17. — Dans le Même : « Qui donnera à mon œil une source de larmes, afin que je pleure jour et nuit? » — VII. 23. — Dans les Lamentations : « En pleurant elle pleura pendant la nuit, et sa larme sur sa joue (sera). » — I. 2. - Dans Malachie : « Couvrir l'Autel de Jéhovah de larmes, pleurs, et de soupirs. » — II. 13. — Dans David : « Ceux qui sèment avec larmes, et (celui) qui en pleurant porte le jet la semence. » — Ps. CXXVI. 5, 6. — Dans Jérémie : « Retiens ta voix de pleurer, et tes yeux de verser des larmes. » XXXI. 16. — Dans le Même : « Que les pleureuses se hâtent, et éclatent sur nous en lamentation, et que nos yeux fondent en larmes. » — IX. 17; — la lamentation au lieu des pleurs, parce qu'elle est une voix de pleurs. Dans David : « Je suis abattu par mes sanglots, je baigne pendant toute la nuit mon lit, de mes larmes je trempe ma couche. » — Ps. VI. 7 ;- par baigner le lit, il est entendu de pleurs qui concernent la bouche, car il est parlé de sanglots, tandis qu'il est dit tremper la couche de larmes, ce qui cependant est semblable. Ces passages ont été rapportés, afin que par eux aussi l'on sache que deux expressions semblables dans la Parole, surtout dans la Parole Prophétique, ne sont point de vaines répétitions, mais que l'une se réfère au bien, et l'autre au vrai.
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