| Apocalypse Expliquée 444. De la Tribu de Lévi douze mille marqués, signifie les bonnes œuvres : on le voit d'après la représentation et par suite d'après la signification de Lévi et de sa Tribu, en ce que c'est l'amour spirituel, qui est appelé charité à l'égard du prochain; si la Tribu de Lévi signifie ici les bonnes œuvres, c'est parce que l'amour spirituel ou la charité consiste à faire des biens, qui sont les bonnes œuvres; la charité même, considérée en soi, est l'affection du vrai et du bien ; et, où est cette affection, là est la vie, selon les vrais et les biens, car sans la vie selon les vrais et les biens, par lesquels on est affecté, l'affection n'existe pas; si l'on croit qu'elle existe et est présente, il y a affection naturelle et non affection spirituelle, affections qui diffèrent en ce que l'affection naturelle a pour fin l'homme lui-même et le monde, c'est pourquoi les vrais et les biens, dont l'homme est affecté, il les aime pour sa propre réputation, afin d'acquérir des honneurs et des richesses, et alors la vie selon les doctrinaux qu'il avait appris, est seulement employée par lui pour se faire voir, et est ainsi simulée et intérieurement hypocrite; mais l'affection spirituelle a pour fin le Seigneur, le ciel et la vie éternelle, qu'elle regarde dans les vrais et dans les biens, ainsi elle aime les vrais et les biens spirituellement ; et quand cette affection est chez l'homme, l'homme aime penser les vrais et vouloir les biens, par conséquent vivre selon eux ; vivre selon les vrais et les biens est entendu dans la Parole par faire, et la vie même est entendue par les faits et les œuvres, si souvent mentionnés dans la Parole : ce sont donc ces choses qui ont été représentées et signifiées par Lévi et par sa Tribu dans l'Église chez les Juifs. Comme cette affection est l'essentiel même de l'Église, c'est pour cela que la Tribu de Lévi est devenue le sacerdoce ; et c'est pour cela que le bâton de Lévi dans la Tente de Convention a fleuri et produit des amandes; c'est aussi pour cela qu'il n'a pas été donné d'héritage à cette Tribu comme aux autres Tribus, mais qu'elle en a eu dans chacune des autres. Que la Tribu de Lévi soit devenue le sacerdoce, cela est bien connu, car non-seulement Aharon a été fait Grand-Prêtre, mais aussi ses fils après lui, et tous les Lévites leur ont été donnés pour faire le service : que Moïse et Aharon aient été de la Tribu de Lévi, on le voit,—Exod. VI. 20. XVIII. 4 ; — et que les Lévites aient été faits ministres d'Aharon et de ses fils, on le voit, dans Moïse : « La Tribu de Lévi a été prise pour le sacerdoce, afin de faire la garde devant la Tente de Convention, et de faire le service de l'Habitacle : et les Lévites ont été donnés à Aharon et pris à la place de tout premier-né. Et, en outre, il est parlé de leurs ministères et de leurs fonctions, » — Nomb. III. 1 à 51. — Si le sacerdoce a été donné à cette Tribu, c'est parce qu'elle représentait l'amour et la charité, et par suite signifiait l'amour et la charité ; l'amour et la charité, c'est l'affection du bien et du vrai spirituels; en effet, l'affection se dit de l'amour dans son continu, car l'affection est le continu de l'amour : la même chose est aussi signifiée dans la Parole par le sacerdoce et par le service du sacerdoce ; en effet, cette affection est l'essentiel de l'Église, car où est cette affection, là est l'Église, et où n'est pas cette affection, là n'est pas non plus l'Église, puisque l'affection du bien et du vrai est la vie spirituelle même de l'homme; en effet, quand l'homme est affecté du bien et du vrai, il est alors dans le bien et dans le vrai quant à la vie, sa pensée même n'est alors que l'affection dans une forme différente, car tout ce que l'homme pense il le tire de son affection ; personne ne peut penser sans une affection : de là vient donc que la Tribu de Lévi est devenue le sacerdoce. La même chose est dite des Lévites dans Ézéchiel, lorsqu'il s'agit de la nouvelle Terre, de la nouvelle Ville et du nouveau Temple, — XL. 46. XLIII. 19. XLIV. 15. XLVIII. 11,12. — Comme la Tribu de Lévi représentait et par suite signifiait la charité en acte, ainsi les biens de la charité, qui sont les bonnes œuvres, c'est pour cela que « le bâton de Lévi, sur lequel avait été écrit le nom d'Aharon, ayant été placé dans la Tente de Convention devant le Témoignage, a fleuri et produit des amandes. » — Nomb. XVII. 17 à 26; — car par les amandes sont signifiés les biens de la charité; en effet, d'après ces biens toutes les choses de l'Église fleurissent chez l'homme, car lorsque les biens de la charité sont chez l'homme, il y a l'intelligence et la foi ; en effet, l'homme est dans l'affection de comprendre ce qu'il sait d'après la Parole, et dans la volonté de faire selon ce qu'il sait. Comme dans toutes les choses de l'Église il doit y avoir le bien de la charité, afin qu'en elles il y ait l'Église, et comme l'affection même du bien et du vrai, qui est la charité, donne l'intelligence et instruit tous ceux de l'Église, c'est pour cela que la Tribu de Lévi, non-seulement est devenue le sacerdoce, mais aussi n'a reçu ni portion par le sort ni héritage comme les autres Tribus, et en a eu chez toutes les autres, comme on le voit dans Moïse, — Nomb. XXXV. 1 à 34 ; — et dans Josué, — XXI. 1 à 45 : — aussi est-il dit dans Moïse : « Lévi n'a point eu de portion ni d'héritage avec ses frères; Jéhovah Lui-Même (est) son héritage. » — Deutér. X. 9; —et comme chaque homme, ainsi qu'il a été dit, apprend la science, l'intelligence et la sagesse selon l'affection du bien et du vrai qui est chez lui, c'est pour cela qu'il est dit dans Moïse : « Jéhovah Dieu a choisi les fils de Lévi pour faire son service, et pour bénir en son Nom; et selon leur bouche se fera tout procès et tout châtiment. » — Deutér. XXI. 5 ; — par ces paroles, dans le sens spirituel, il est signifié que l'affection du bien et du vrai, qui est la charité, fait le service du Seigneur et enseigne les choses qui appartiennent à l'Église et au culte, et discerne les faux des vrais et les maux des biens; car par les fils de Lévi, dans le sens spirituel, il est signifié l'affection du bien et du vrai, qui est la charité. D'après cela, on peut voir que la Tribu de Lévi a été choisie pour le sacerdoce, et n'a point reçu d'héritage parmi toutes les Tribus, non pas que cette Tribu fût meilleure que les autres, mais parce qu'elle représentait la charité en acte, et les bonnes œuvres, qui sont les effets de tout bien et de tout vrai chez l'homme. Que la Tribu de Lévi ait signifié, dans la Parole, les biens de la charité, qui sont les bonnes œuvres, on peut aussi le voir par les passages suivants ; dans Jérémie : « En ces jours-là et en ce temps-là je ferai germer à David un germe juste, et il fera jugement et justice en la terre : en ces jours-là Jehudah sera sauvé, et Israël habitera en sécurité ; voici le nom par lequel on L'appellera : Jéhovah notre justice. Point ne manquera à David homme siégeant sur le trône de la maison d'Israël; et, quant aux prêtres Lévites, point ne manquera homme de devant mes faces, offrant holocauste et présentant parfum de minchah, et faisant sacrifice tous les jours. Si vaine vous rendez mon alliance du jour et mon alliance de la nuit, vaine aussi deviendra mon alliance avec David mon serviteur, en sorte qu'il n'y ait point pour lui de fils qui règne, et avec les Lévites prêtres mes ministres. De même que point ne se compte l'armée des cieux, et point ne se mesure le sable de la mer, de même je multiplierai la semence de David mon serviteur, et les Lévites mes ministres. » — XXXIII. 15, 16, 17, 18, 20, 21, 22. XXIII. 5, 6 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur qui est le germe de David, et qui est appelé Jéhovah notre Justice : « alors Jehudah sera sauvé, et Israël habitera en sécurité, » signifie qu'alors seront sauvés ceux qui sont dans l'amour envers Lui; et qu'alors ceux qui sont dans la charité à l'égard du prochain ne seront point infestés par les maux et les faux, est signifié en ce qu'alors Israël habitera en sécurité; « point ne manquera à David homme siégeant sur le trône de la maison d'Israël, » signifie qu'alors le Divin Vrai procédant du Seigneur régnera perpétuellement dans l'Église, le trône de la maison d'Israël est l'Église où il règne; « quant aux prêtres Lévites point ne manquera homme de devant mes faces, offrant holocauste et présentant parfum de minchah, et faisant sacrifice, » signifie qu'alors il y aura perpétuellement un culte d'après le bien de l'amour et de la charité et d'après les vrais de la foi ; par les Lévites sont signifiés ceux qui sont dans ce culte, par l'holocauste est signifié le culte d'après le bien de l'amour, par la minchah le culte d'après le bien de la charité à l'égard du prochain, et par le sacrifice le culte d'après les vrais de la foi ; « si vaine vous rendez mon alliance du jour et mon alliance de la nuit, » signifie s'ils n'observaient par les deux choses qui font la conjonction avec le Seigneur, à savoir, l'amour et la foi; l'alliance est la conjonction, l'alliance du jour est la conjonction par l'amour, l'alliance de la nuit est la conjonction par la foi; « vaine aussi deviendra mon alliance avec David mon serviteur, en sorte qu'il n'y ait point pour lui de fils qui règne, et avec les Lévites prêtres mes ministres, » signifie qu'alors il n'auront pas le Divin Vrai, ni le Divin Bien ; les Lévites prêtres mes ministres sont ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur et dans le culte d'après ce bien ; « de même que point ne se compte l'armée des cieux, et point ne se mesure le sable de la mer, » signifie les connaissances du vrai et du bien dans l'homme spirituel et dans l'homme naturel ; l'armée des cieux, ce sont ces connaissances dans l'homme spirituel, et le sable de la mer, ce sont ces connaissances dans l'homme naturel ; « de même je multiplierai la semence de David mon serviteur, et les Lévites mes ministres, » signifie la multiplication du Divin Vrai et la fructification du Divin Bien chez ceux qui ont conjonction avec le Seigneur : ici comme ailleurs, par les Lévites prêtres sont signifiés ceux qui sont dans le bien de l'amour et de la charité, et dans le sens abstrait ce bien même. Dans Malachie : « Voici, j'envoie mon Ange qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendra vers son Temple le Seigneur que vous cherchez-, et l'Ange de l'alliance que vous désirez : car Lui (sera) comme le feu du fondeur et comme le savon des foulons; et il s'assiéra fondant et épurant l'argent, et il purifiera les fils de Lévi, et il les nettoiera comme l'or et l'argent, afin qu'ils apportent à Jéhovah une minchah en justice : alors douce sera à Jéhovah la minchah de Jehudah et de Jérusalem, comme aux jours du siècle et comme aux années premières. » — III. 1, 2, 3, 4 ; — ce que ces choses signifient dans le sens spirituel, on le voit expliqué ci-dessus, N°s 242 et 433, et par les fils de Lévi il y est entendu tous ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans le bien de la foi : là, il s'agit du Seigneur qui doit venir, son Divin Humain est ce qui est entendu par son Temple vers lequel doit venir Jéhovah le Seigneur; « il purifiera et nettoiera les fils de Lévi, » signifie qu'il doit purifier ceux qui sont dans le bien de la charité et par suite dans le bien de la foi; que ce ne soient pas les fils de Lévi qui sont entendus, cela est bien évident, car il est dit qu'alors il les purifiera et les nettoiera, et qu'alors la minchah de Jehudah et de Jérusalem sera douce à Jéhovah; et il est bien connu que le Seigneur n'a ni purifié ni nettoyé les Lévites, et que la minchah de Jehudah et de Jérusalem n'a pas été douce au Seigneur, car les Lévites ont été absolument contre le Seigneur, et alors le culte par les sacrifices et les minchahs était abrogé; en effet, là, par Jehudah il est entendu tous ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et par Jérusalem l'Église qui est dans les vrais de la doctrine; voir ci-dessus, N° 433. Dans Moïse : « Moïse dit de Lévi : Tes Thumim et tes Urim (sont) à ton homme saint, que tu as tenté à Massah, avec lequel tu as contenté auprès des eaux de Méribah; qui a dit à son père et à sa mère : Je ne vous ai point vus; et n'a point reconnu ses frères, et n'a point connu ses fils : ils garderont ta parole, et ton alliance ils conserveront, ils enseigneront tes jugements à Jacob, et ta loi à Israël : ils placeront le parfum pour ton nez, et l'holocauste sur ton autel; et l'œuvre de ses mains tu accepteras; frappe les reins de ceux qui s'insurgent contre lui, et de ceux qui le haïssent, en sorte que point ils ne se relèvent. » — Deutér. XXXIII. 8 à 12; — ces paroles sont dans la Bénédiction des fils d'Israël par Moïse, dans laquelle il s'agit de la Parole, car par Moïse, dans le sens représentatif, il est là signifié la Parole, et par Urim et Thumim il est signifié le Divin Vrai brillant par le Divin Bien, ainsi la Parole, et là par Lévi il est entendu l'affection spirituelle du vrai; par l'Homme saint que tu as tenté à Massah et aux eaux de Méribah, il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai, car le Rocher, vers lequel cette tentation eut lieu, signifie le Seigneur, et les eaux par suite signifient les Divins vrais; par le père et la mère, auxquels il a dit je ne vous ai point vus, il est signifié l'Église Israélite, qui n'a point reconnu le Seigneur, l'Église est appelée père d'après le Lien et mère d'après le vrai ; par ses frères qu'il n'a point reconnus, et par ses fils qu'il n'a point connus, sont entendus les biens et les vrais de l'Église qui n'étaient point chez eux, les frères sont les biens et les fils sont les vrais : mais comme les fils de Lévi signifient les biens et les vrais de l'Église, et en général l'affection spirituelle du vrai et du bien, c'est pour cela qu'il est dit d'eux qu'ils garderont la Parole, conserveront l'alliance, enseigneront les jugements à Jacob et la loi à Israël, ce par quoi il est signifié que ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai font la Parole et enseignent les biens elles vrais de l'Église; en effet, l'affection spirituelle même du vrai fait et enseigne, car le Seigneur influe en elle et il fait le bien chez l'homme et enseigne le vrai chez lui; la Parole est là le Divin Vrai, la garder c'est faire, l'alliance est la conjonction par elle avec le Seigneur, les jugements sont les vrais de la doctrine d'après la Parole, la loi est le bien du vrai, Jacob et Israël sont l'Église ; le culte d'après les vrais de la doctrine est signifié par placer le parfum pour le nez, et le culte d'après le bien de l'amour par placer l'Holocauste sur l'autel ; la dissipation des faux par les vrais est signifiée par frapper les reins de ceux qui s'insurgent contre lui, et la dissipation des maux par frapper les reins de ceux qui le haïssent en sorte que point ils ne se relèvent : ces choses ont été dites de Lévi, parce que le Divin Vrai, qui est la Parole, n'est point donné chez d'autres que chez ceux qui ont l'affection spirituelle du vrai ; l'affection spirituelle du vrai est d'aimer le vrai même, et de l'estimer au-dessus de tout bien du monde, parce que par lui l'homme a la vie éternelle, car la vie éternelle n'est pas implantée dans l'homme par d'autres moyens que par les vrais, conséquemment par la Parole, car par elle le Seigneur enseigne les vrais; l'affection spirituelle du vrai, qui est d'aimer les vrais au-dessus de tout bien du monde, est ainsi décrite par le Seigneur dans Matthieu : « Semblable est le Royaume des Cieux à un homme commerçant qui cherche de belles perles, lequel, ayant trouvé une très-précieuse perle, s'en est allé vendre tout ce qu'il avait, et l'a achetée. » — XIII. 45, 46; — la perle signifie le vrai : que la vie éternelle n'arrive à l'homme que par les vrais d'après le bien qui procède du Seigneur, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 24 fin. Que Lévi signifie l'amour et la charité, on le voit par les paroles de Léah sa mère, quand elle l'enfanta; ce sont celles-ci : « Et Léah conçut encore, et enfanta un fils, et elle dit : Maintenant cette fois s'attachera mon mari à moi, parce que je lui ai enfanté trois fils; c'est pourquoi elle appela son nom Lévi. » —Gen. XXIX. 34 ; — « elle conçut encore et enfanta un fils, » signifie une conception et un enfantement spirituels; « et elle dit : Maintenant cette fois s'attachera mon mari à moi, » signifie l'amour spirituel par lequel il y a conjonction, ou la charité; « parce que je lui ai enfanté trois fils, » signifie le successif; « c'est pourquoi elle appela son nom Lévi, » signifie la conjonction par l'amour et sa qualité; mais ces paroles ont été expliquées plus amplement dans les ARCANES CELESTES; voir Nos 3873 à 3877. Lévi signifie adhésion, et l'adhésion signifie la conjonction par l'amour spirituel : les trois fils de Léah dans l'ordre de leur naissance, Reuben, Siméon et Lévi, signifient en série les premiers et principaux essentiels de l'Église, à savoir, le vrai par entendement, le vrai par volonté et le vrai par acte; les mêmes essentiels sont signifiés par trois disciples du Seigneur, à savoir, par Pierre, Jacques et Jean, car Pierre signifie le vrai par entendement, Jacques le vrai par volonté, et Jean le vrai par acte, qui est le bien de la vie ou le bien de la charité : et l'adhésion, qui dans la Langue originale est dite Lévi, signifie la conjonction par l'amour et par la charité; que l'adhésion signifie cette conjonction, on le voit dans les ARCANES CELESTES, N° 3875. Que Lévi dans le sens suprême signifie le Seigneur quant à l'amour et à la miséricorde, on le voit dans Malachie : « Pour que vous connaissiez que je vous ai adressé ce précepte, afin qu'il soit mon alliance avec Lévi; mon alliance a été avec lui de la vie et de la paix, que je lui ai données par la crainte, afin qu'il me craignît; c'est pourquoi à cause de mon nom il a craint pour lui : la loi de vérité a été dans sa bouche, et de perversité point n'a été trouvé dans ses lèvres; dans la paix et la droiture il a marché avec Moi, et il en a détourné plusieurs de l'iniquité : les lèvres du prêtre la loi chercheront d'après sa bouche, parce que Ange de Jéhovah Sébaoth, Lui. Mais vous, vous vous êtes retirés du chemin, vous en avez fait broncher plusieurs dans la loi, vous avez corrompu l'alliance de Lévi. » - II. 4, 5, 6, 7, 8; — par Lévi ici, dans le sens suprême, il est entendu le Seigneur quant au Divin Humain, car il est dit de Lévi que la loi de vérité a été dans sa bouche, et que de perversité point n'a été trouvé dans ses lèvres ; que les lèvres du prêtre la loi chercheront d'après sa bouche, parce que Ange de Jéhovah Sébaoth, Lui; c'est pourquoi, par l'alliance de Lévi il est entendu la conjonction avec le Seigneur par l'amour et par la charité; l'alliance de la vie et de la paix signifie cette conjonction ; par la crainte, qui se dit aussi de Lévi il est signifié l'amour; « les lèvres du prêtre la loi chercheront d'après sa bouche, » signifie que tout vrai de la doctrine vient de Lui, et est chez ceux qui sont dans l'amour envers Lui ; d'après le Divin Vrai que le Seigneur enseigne dans la Parole et par la Parole il est appelé l'Ange de Jéhovah ; « se retirer du chemin, en faire broncher plusieurs dans la loi, corrompre l'alliance de Lévi, » signifie que l'Église, qui était chez les Israélites, a perverti les vrais de la Parole et par suite les biens de la vie, et qu'ainsi ils ont perdu la conjonction avec le Seigneur; le chemin signifie les vrais de la doctrine, la loi les biens de la doctrine, et l'alliance de Lévi la conjonction avec le Seigneur. D'après cela on peut voir ce qui est signifié dans le sens représentatif par Lévi et par sa Tribu, à savoir, le bien de la charité, qui est le bien de la vie, puis l'affection spirituelle du bien et du vrai, et dans le sens suprême le Seigneur quant à l'amour spirituel. Comme la plupart des expressions dans la Parole ont aussi un sens opposé, il en est de même de Lévi et de sa Tribu, et dans ce sens Lévi signifie le mal du faux, qui est opposé au bien de la charité, et la vie sans la charité, par conséquent la non-charité à l'égard du prochain ; Lévi a cette signification dans la Prophétie d'Israël sur ses fils : « Siméon et Lévi, frères ; instruments de violence leurs épées : en leur secret que ne vienne point mon âme, en leur assemblée que ne s'unisse point ma gloire; car dans leur colère ils ont tué l'homme, et dans leur bon plaisir énervé le bœuf : maudite soit leur colère, car (elle est) véhémente; et leur emportement, car (il est) dur) Je les diviserai en Jacob, et je les disperserai en Israël, » — Gen. XLIX. 5, 6, 7; — mais ces paroles ont été expliquées dans l'Article précédent, où il a été question de Siméon; voir N° 443. Cet opposé est aussi signifié par le Lévite dans la Parabole du Seigneur sur l'homme blessé par des voleurs; cette Parabole va être expliquée ici, parce qu'il y est question de la charité à l'égard du prochain, et parce que, depuis le commencement jusqu'à la fin, le Seigneur y a parlé par des correspondances qui jusqu'à présent ont été ignorées; dans Luc: « Un docteur de la loi, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus : Et qui est mon prochain? Jésus, répliquant, dit : Un certain homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba parmi des voleurs, qui même le dépouillèrent, et le couvrant de plaies s'en allèrent, le laissant à demi-mort : or par rencontre un certain prêtre descendait par ce chemin-là; mais, le voyant, il passa outre ; pareillement aussi un Lévite, qui arrivait près du lieu, venant et voyant, passa outre; mais un certain Samaritain, qui voyageait, vint à lui; et, le voyant, il fut touché dans les entrailles; c'est pourquoi, s'approchant, il banda ses blessures, en y versant de l'huile et du vin; et, le mettant sur sa propre monture, il le conduisit dans une hôtellerie, et prit soin de lui; puis le lendemain, en partant, il tira deux deniers et les donna à l'hôte, et il lui dit : Aie soin de lui, et tout ce que tu dépenseras de plus, moi, quand je reviendrai, je te le rendrai. Lequel donc de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé parmi les voleurs? Il dit : Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit : Va, toi aussi fais de même. » — X. 29 à 37; — là, il s'agit de la charité à l'égard du prochain, et des bonnes œuvres par lesquelles la charité est dans son effet et dans son plein ; Jérusalem y signifie l'Église où est la vraie doctrine, et Jéricho l'Église où sont les connaissances du vrai et du bien ; le prêtre par suite signifie ceux qui n'ont aucun amour envers le Seigneur, et le Lévite ceux qui n'ont aucune charité à l'égard du prochain, tels qu'ils étaient dans ce temps dans Jérusalem ; mais le Samaritain signifie les nations qui étaient dans le bien de la charité ; l'homme descendant de Jérusalem à Jéricho signifie ceux qui voulaient être instruits dans les vrais et dans les connaissances de l'Église; les voleurs parmi lesquels il tomba signifient ceux qui alors étaient dans l'Église pervertie, telle qu'était dans ce temps l'Église Juive ; « qui le dépouillèrent, le couvrirent de plaies et le laissèrent à demi-mort, » signifie qu'ils le privèrent des vrais et le remplirent de faux, et ainsi le blessèrent quant à la vie spirituelle, à un tel point qu'il lui restait à peine quelque vie spirituelle; dépouiller dans la Parole signifie priver de vrais, couvrir de plaies signifie blesser par des faux le mental et la vie spirituelle, et à demi-mort signifie quand il était presque privé de cette vie ; être touché dans les entrailles signifie la miséricorde et la charité par l'intérieur, la miséricorde aussi et la charité font un; bander les blessures et verser de l'huile et du vin, signifie préparer un remède contre les faux qui avaient blessé sa vie, en instruisant par le bien de l'amour et par le vrai de la foi, l'huile dans la Parole signifie le bien de l'amour, et le vin le bien et le vrai de la foi ; le mettre sur sa propre monture, signifie selon son entendement autant qu'il pouvait, car le cheval signifie l'entendement, il en est de même de la monture (jumentum); le conduire dans une hôtellerie et prendre soin de lui, signifie vers ceux qui sont plus instruits dans les connaissances du bien et du vrai; l'hôtellerie, c'est où l'on achète des vivres et des boissons, par lesquels il est signifié les connaissances du bien et du vrai, et par suite la nourriture spirituelle qui est donnée par l'instruction ; « il donna à l'hôte deux deniers, et il lui dit : Aie soin de lui, car tout ce que tu dépenseras de plus, moi, quand je reviendrai, je te le rendrai, » signifie toutes les choses de la charité en tant qu'il était capable et qu'il pouvait. D'après ces explications, on peut maintenant voir ce que Lévi, sa Tribu et le Lévite signifient dans l'un et dans l'autre sens : de plus grands détails sur la représentation et par suite sur la signification de Lévi et de la Tribu, qui a tiré de lui son nom, se trouvent dans les ARCANES CELESTES; voir Nos 3875 à 3877, 4497, 4502, 4503, 6352, 10017.
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