| Apocalypse Expliquée 434. De la tribu de Ruben douze mille marqués, signifie la lumière du vrai d'après cet amour, et que tous ceux qui sont dans cette lumière sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel : on le voit par la signification de la tribu de Ruben, en ce que ce sont ceux qui sont dans la lumière du vrai, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification de douze mille, en ce que ce sont toutes choses et tous, comme il a été dit ci-dessus, N° 430, ici tous ceux qui sont dans la lumière du vrai d'après le bien de l'amour envers le Seigneur, amour qui est signifié par la Tribu de Jehudah, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 433 ; et par la signification des marqués, en ce que ce sont ceux qui sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel, comme il a aussi été montré ci-dessus, N° 433. Il a été précédemment dit que les douze Tribus d'Israël ont représenté et par suite signifient dans la Parole toutes les choses de l'Église ; que chaque tribu signifie quelque universel-essentiel de l'Église, et que Jehudah signifie l'amour envers le Seigneur ; quant à ce que Ruben signifie la lumière d'après cet amour, on le verra dans ce qui suit. Ruben, et par suite la Tribu qui a tiré de lui son nom, signifie dans le sens suprême le Seigneur quant à la Prévoyance ou Prescience, dans le sens interne la foi spirituelle et l'entendement du vrai, et dans le sens externe la vue; et parce que Ruben dans le sens interne signifie la foi et l'entendement, il signifie aussi la lumière du vrai, car la foi existe par la lumière du vrai, et l'entendement est illustré par cette lumière, car où est la lumière du vrai, là est l'entendement et là est la foi. Par Ruben ou par la Tribu de Ruben il est signifié la même chose que par l'Apôtre Pierre; car les douze Apôtres, de même que les douze Tribus d'Israël, ont représenté toutes les choses de l'Église, et chaque Apôtre quelque universel-essentiel de l'Église; et comme Pierre représentait la même chose que Ruben, c'est pour cela qu'il était le premier des Apôtres, comme Ruben était le premier des fils de Jacob : que Pierre signifie le vrai dans la lumière et la foi, on le voit ci-dessus, N°s 9, 411. Si Ruben est dit le premier des fils de Jacob, et si par suite la Tribu de Ruben est nommée dans la Parole en premier lieu dans la plupart des passages, c'est parce qu'il était le premier-né, et que le premier-né dans la Parole signifie le vrai d'après le bien, ou, ce qui est la même chose, le vrai dans la lumière, et par suite la foi d'après la charité; en effet, le vrai, et ce qui appartient à la foi, apparaît en premier lieu à l'homme, car cela entre par l'ouïe dans la mémoire, et de là est attiré dans la pensée, et ce que l'homme pense il le voit et l'aperçoit par la vue intérieure, or ce qui est vu et aperçu en premier lieu est le premier mais seulement en apparence et non en actualité; le bien est en actualité le premier-né ou le premier de l'Église, puisque le vrai existe d'après le bien, car le bien se forme dans les vrais et se fait voir par les vrais, c'est pourquoi le vrai est le bien dans une forme; de là vient qu'on dit : Le vrai d'après le bien, et la foi d'après la charité; car ce qui est d'après quelque chose, est ce quelque chose en image; et ce quelque chose, considéré en soi, c'est le bien formé et né; le bien est donc le premier-né dans le sens spirituel de la Parole ; en outre, chez les enfants il y a le bien de l'innocence, que le Seigneur introduit le premier, et d'après lequel l'homme d'abord devient homme; et parce que le bien appartient à l'amour, et que l'homme réfléchit, non sur son amour, mais sur sa pensée d'après la mémoire, et parce que le bien n'a pas de qualité avant qu'il ait été formé dans les vrais, et que sans qualité rien n'est perçu, de là vient qu'on ignore que le bien est le premier et le premier-né, car le bien est conçu le premier par le Seigneur chez l'homme, et est engendré par les vrais dans lesquels le bien est dans sa forme et dans son effigie. De plus, il faut qu'on sache que les vrais que l'homme puise, pendant le premier et le second âge de l'enfance, dans la Parole, dans la doctrine tirée de la Parole, et dans la prédication, apparaissent à la vérité comme vrais, mais néanmoins ne sont pas des vrais chez lui; ils sont seulement comme des écorces sans l'amande, ou comme la forme d'un corps ou d'une face sans l'âme et sans la vie, ils ne deviennent des vrais que quand ils sont reçus par la volonté, car ainsi pour la première fois ils sont reçus par l'homme et commencent à vivre chez lui; en effet, la volonté est l'homme lui-même, et tout bien appartient à la volonté et tout vrai appartient à l'entendement : d'après ces considérations on peut voir pourquoi la Tribu de Jehudah, par laquelle est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, est nommée en premier lieu, et pourquoi la Tribu de Ruben, par laquelle est signifié le vrai dans la lumière d'après ce bien, est nommée ensuite. Il faut savoir que toute Lumière, dans laquelle apparaît le vrai, vient de la Lumière du Ciel, qui procède du Seigneur, et la Lumière du Ciel vient du Divin Bien de son Divin Amour; la Lumière du Ciel est le Divin Bien dans une forme; ces deux dans le Ciel sont un, et sont reçus comme un par les Anges, et doivent être reçus aussi comme un par l'homme, pour que l'homme puisse avoir communion avec les Anges. Mais on peut voir ces choses amplement exposées dans les ARCANES CELESTES, à savoir, que quand l'homme est régénéré le vrai est au premier rang et le bien au second, non en actualité mais en apparence, tandis que quand l'homme a été régénéré le bien est au premier rang et le vrai au second, en actualité et d'une manière perceptible, Nos 3324, 3325, 3330, 3336, 3494, 3539, 3548, 3556, 3563, 3570, 3576, 3603, 3701, 4243, 4245, 4247, 4337, 4925, 4926, 4928, 4930, 4977, 5351, 6256, 6269, 6273, 8516,10110; qu'ainsi le bien est le premier et le dernier de la régénération, N° 9337 : que, comme le vrai paraît être au premier rang et le bien au second quand l'homme est régénéré, ou, ce qui est la même chose, quand l'homme devient Église, les Anciens à cause de cette apparence ont été en contestation sur ce point: Est-ce le vrai de la foi, ou le bien de la charité, qui est le premier-né de l'Église? Nos 367, 2435 : que le bien de la charité est le premier-né de l'Église en actualité, et le vrai de la foi seulement en apparence, N°s 3325, 3494, 4925, 4926, 4928, 4930, 8042, 8080 : que le Premier-né dans la Parole signifie aussi le premier de l'Église, à qui appartient la priorité et la supériorité, N° 3325 : que c'est pour cela que le Seigneur est appelé Premier-né, parce que tout bien de l'amour, de la charité et de la foi est en Lui et par Lui, N° 3325. Comme le vrai est en apparence au premier rang, voilà pourquoi Ruben était le premier-né, et a tiré son nom de la vue, ainsi qu'il est dit clairement dans Moïse : « Léah conçut, et enfanta un fils, et elle appela son nom Reuben, car elle dit : Parce qu'a vu Jéhovah mon affliction, car maintenant m'aimera mon mari. » — Gen. XXIX. 32 ; — ces paroles, quoiqu'elles soient historiques, contiennent toujours cependant un sens spirituel, car toutes et chacune des choses qui sont dans la Parole viennent du monde spirituel, parce qu'elles viennent du Seigneur, et lorsqu'elles sont descendues du Ciel dans le Monde naturel, elles se sont revêtues d'un sens naturel correspondant, tel qu'est le sens de la lettre de la Parole; c'est pourquoi, par les Naissances des fils de Jacob il est signifié des naissances spirituelles, telles que sont les naissances du bien et du vrai chez l'homme quand il est régénéré par le Seigneur ; ainsi par « Léah conçut et enfanta un fils, » il est signifié une conception spirituelle et un enfantement spirituel; par « elle appela son nom Reuben, » il est signifié sa qualité ; par « car elle dit : Parce qu'a vu Jéhovah, » il est signifié dans le sens suprême la Prévoyance, dans le sens interne la foi, dans le sens intérieur l'entendement, et dans le sens externe la vue, ici la foi par le Seigneur; par « mon affliction, » il est signifié l'état de parvenir au bien ; par « car maintenant m'aimera mon mari, » il est signifié que de là procédera le bien du vrai ; mais ces choses ont été expliquées dans les ARCANES CELESTES, voir Nos 3860 à 3866. Reuben dans la Langue originale signifie la Vue, et la Vue dans le sens spirituel signifie l'entendement du vrai et la foi, et dans le sens suprême la Divine Prévoyance, comme cela peut être constant d'après ce qui a été dit de la signification de Voir et de la Vue dans les ARCANES CELESTES, à savoir, que la vue dans le sens suprême, dans lequel il s'agit du Seigneur, signifie la Prévoyance, Nos 2807, 2837, 2839, 3686, 3854, 3863,10428; que la vue dans le sens interne signifie la foi, puisque la vue spirituelle est la vue d'après la foi, et puisque les choses qui appartiennent à la foi sont vues dans le Monde spirituel, Nos 897, 2325,2807, 3863, 3869,5400, 10705 : qu'en outre voir signifie comprendre et percevoir le vrai, Nos 2150, 2325, 2807, 3764, 3863, 3869, 10705 : que la vue interne appartient à l'entendement, et que l'entendement voit par les yeux du corps ; et que la vue de l'entendement vient de la lumière du Ciel, Nos 1524, 3138, 3167, 4408, 5114, 6608, 8707, 9128, 9399,10569. Que Reuben signifie le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité, on peut encore le voir par les Dudaïm qu'il trouva dans le champ et qu'il donna à sa mère, il en est parlé ainsi dans Moïse : « Reuben alla dans les jours de la moisson des froments, et il trouva des dudaïm dans le champ, et il les apporta à Léah sa mère ; et dit Rachel à Léah : Donne-moi, je te prie, des dudaïm de ton fils. Et elle lui dit : Est-ce peu que tu aies pris mon mari? et prendras-tu aussi les dudaïm de mon fils ? Et dit Rachel : Pour cela il couchera avec toi cette nuit, pour les dudaïm de ton fils. Et vint Jacob du champ sur le soir, et sortit Léah au devant de lui, et elle dit : Vers moi tu viendras, car engageant je t'ai engagé pour les dudaïm de mon fils; et il coucha avec elle dans cette nuit ; et elle conçut et elle enfanta à Jacob un fils, Jisaschar. » -Gen. XXX. 14 à 18 ; — celui qui ne sait pas ce que les dudaïm signifient, ni ce que Reuben, Jacob, Léah et Rachel représentaient, ignorera absolument pourquoi de telles choses sont arrivées, et ont été rapportées dans la Parole ; mais qu'il y ait en elles un Divin qui ne se montre pas dans le sens de la lettre, on peut le voir, par cela qu'elles sont mentionnées dans la Parole, où toutes et chacune des choses sont Divines : le Divin qui est dans ces paroles est mis en évidence par leur sens spirituel; dans ce sens les dudaïm signifient le mariage du bien et du vrai ; Reuben représente le vrai d'après le bien, Jacob l'Église quant au vrai, Léah et Rachel l'Église quant au bien, mais Léah l'Église externe, et Rachel l'Église interne; les dudaïm trouvés par Reuben signifient donc le conjugal qui est celui du vrai avec le bien ; et comme ce conjugal existe entre le vrai et le bien dans l'homme Interne ou spirituel, qui fait l'Église interne, et que néanmoins ce vrai est donné le premier dans l'homme Externe ou naturel, qui fait l'Église externe, c'est pour cela que les Dudaïm furent trouvés par Reuben, qui représentait le vrai d'après le bien, et donnés d'abord à Léah sa mère, par qui était représentée l'Église externe, mais ensuite ils furent donnés par Léah à Rachel, par qui était représentée l'Église interne, afin que Léah couchât avec Jacob ; mais ces choses ont été expliquées plus amplement dans les ARCANES CELESTES, voir Nos 3941 à 3952. Comme Reuben représentait le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité, « c'est pour cela même qu'il engagea ses frères à ne point tuer Joseph, voulant le délivrer de leur main : et il s'affligea beaucoup quand Joseph ne fut point trouvé dans la fosse, » — Gen. XXXVII. 21, 22, 29, 30; — ce passage a aussi été expliqué dans les ARCANES CELESTES, voir Nos 4731 à 4738, 4761 à 4766. Comme Reuben ou la Tribu de Reuben signifiait le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité, c'est pour cela que « le camp de cette Tribu dans le désert était au midi, et que les camps au midi étaient appelés camp de Reuben. » — Nomb. II. 10 à 46; — en effet, les Campements des Tribus d'Israël ont représenté les ordinations des Sociétés Angéliques dans le Ciel, et les Sociétés Angéliques habitent dans les plages selon leurs états quant au bien et au vrai, voir ci-dessus, N° 422, et ceux qui sont dans la lumière du vrai d'après le bien y habitent dans la plage méridionale ; et, comme la Tribu de Reuben représentait le vrai d'après le bien ou le vrai dans la lumière, c'est pour cela qu'elle campait au midi. Comme le Vrai d'après le bien, que la Tribu de Reuben représentait, est dans l'homme naturel, voilà pourquoi « il fut donné à la Tribu de Reuben un héritage au-delà du Jourdain, » — voir Nomb. XXXII. 1 à 42. Deutér. III. 1.2 à 20. Jos. XIII. 1 à 33. XVIII. 7; — en effet, la terre de Canaan représentait et par suite signifie dans la Parole l'Église, sa région au-delà du Jourdain l'Église externe, et sa région en-deçà du Jourdain l'Église interne, et le fleuve du Jourdain signifie la limite entre elles ; or, le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité fait l'Église, le vrai d'après le bien dans l'homme naturel fait l'Église externe; et comme la Tribu de Reuben représentait ce vrai de l'Église, c'est pour cela qu'il fut donné à cette Tribu un héritage au-delà du Jourdain; dans la suite il sera dit pourquoi des héritages au-delà du Jourdain furent aussi donnés à la Tribu de Gad et à l’une des demi-Tribus de Menasseh. La conjonction de l'une et de l'autre Église, à savoir, de l'Église Externe et de l'Église Interne, conjonction qui est comme celle de l'homme naturel et de l'homme spirituel, était représentée et est décrite dans le sens spirituel par « l'Autel que les fils de Reuben, de Gad et de Ménasseh bâtirent auprès du Jourdain, et au sujet duquel il y eut une contestation entre ces Tribus et toutes les autres; mais il fut dit que cet Autel serait pour témoin, que, bien qu'eux-mêmes habitent au-delà du Jourdain, néanmoins ils serviraient Jéhovah conjointement avec tous les autres : c'est pourquoi ils appelèrent cet Autel : Témoin entre nous que Jéhovah (est) Dieu. » —Josué, XXII. 9 à 34 ; — en effet, le Jourdain signifiait le milieu entre l'externe et l'interne de l'Église ; la terre de Canaan en-deçà du Jourdain signifiait l'Église interne, et cette terre au-delà du Jourdain l'Église externe, que représentaient aussi les Tribus de Reuben, de Gad et de Ménasseh qui y avaient obtenu leurs héritages; et cet Autel signifiait le culte commun à l'une et à l'autre Église, et ainsi la conjonction. Que Reuben signifie le vrai dans l'homme naturel; on le voit aussi par le Prophétique de Déborah et de Barak, dans le Livre des Juges : « Dans les classes de Reuben (ils sont) grands (quant aux) résolutions de cœur ; pourquoi es-tu assis parmi les bagages, pour entendre les sifflements des troupes ? dans les classes de Reuben, ou (sont) les grands (quant aux) recherches de cœur; Giléad, dans le passage du Jourdain tu habites. »— V. 15, 16, 17; — on ne comprendra point ces paroles, à moins qu'on ne sache ce dont il s'agit dans ce Prophétique, et ce qui est signifié par les classes, Reuben, les bagages, les sifflements des troupes, et par Giléad ; là, il s'agit de l'Église dévastée chez les fils d'Israël ; et par les classes de Reuben il est signifié tous les vrais et tous les biens qui sont dans l'homme naturel; par les bagages, les connaissances et les scientifiques dans cet homme; par les sifflements des troupes, leurs perceptions et leurs pensées; et par Giléad, l'homme naturel ; cela bien compris, on voit clairement ce qui est entendu par ce passage dans le sens spirituel, à savoir, que, quand l'Église a été détruite, l'homme naturel avec les choses qui sont en lui a été séparé de l'homme spirituel, lorsque cependant il doit lui être conjoint ; et que, quand il a été conjoint, il possède les vrais d'après le bien, par lesquels il doit combattre contre les faux provenant du mal, car l'homme naturel doit combattre contre ces faux d'après l'homme spirituel; par les résolutions de cœur et par les recherches de cœur sont signifiés les vrais d'après le bien qui y sont d'après l'homme spirituel, car le cœur signifie le bien de l'amour, les résolutions et les recherches de cœur sont toutes les choses qui d'après le bien dans l'homme spirituel sont déterminées et mises en ordre dans le naturel : ces choses ont été dites de Reuben, dont la Tribu habitait au-delà du Jourdain dans Giléad, et ne se joignit pas à Déborah et à Barak, quand ils combattirent contre Siséra ; il n'y eut avec ceux-ci qu'Issaschar et Zébulon ; en effet, par Siséra dans le sens spirituel il est entendu le faux d'après le mal, détruisant l'Église. Par Reuben il est signifié la lumière du vrai et par suite l'entendement de la Parole, dans Moïse : « Que vive Reuben, et qu'il ne meure point! il arrivera cependant que ses hommes (seront) de nombre. » — Deutér. XXXIII. 6 ; là, par Reuben est signifié l'entendement de la Parole illustré par la lumière venant du Ciel; et, comme il en est peu qui reçoivent l'illustration, il est dit en conséquence qu'il arrivera cependant que ses hommes seront de nombre; de nombre signifie peu et peu d'hommes. Que Reuben signifie le vrai d'après le bien ou la foi d'après la charité, on peut encore le voir par le sens opposé, dans lequel il est aussi nommé; dans ce sens Reuben signifie le vrai séparé d'avec le bien, ou la foi séparée d'avec la charité ; et le vrai sans le bien n'est pas le vrai autrement que quant au mot et au son, car c'est un scientifique qui réside dans la mémoire de l'homme naturel, ainsi seulement dans l'entrée vers l'homme, et non au dedans de lui dans sa vie; la mémoire de l'homme naturel est seulement l'entrée vers l'homme, et ce scientifique ne devient pas le vrai chez lui avant qu'il le veuille et le fasse, alors pour la première fois il entre et reçoit la vie; avant cela la lumière venant du Ciel n'influe pas et n'illustre pas : il en est de même de la foi séparée d'avec la charité, car le vrai appartient à la foi et le bien appartient à la charité. Que Reuben, dans le sens opposé, signifie la foi séparée d'avec la charité, on peut le voir par l'adultère de Reuben avec Bilhah, concubine de son père; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Il arriva, comme résidait Israël dans la terre d'Ephrath Bethléchem, et alla Reuben, et il coucha arec Bilhah, concubine de son père, et l'entendit Israël. » — Gen. XXXV. 22;—par Éphrath Bethléchem est signifiée l'Église spirituelle qui est dans les vrais d'après le bien ou dans la foi d'après la charité ; rejeter des vrais de la foi le bien de la charité est signifié par l'adultère de Reuben, car le vrai est profané quand il n'est pas conjoint avec son bien qui est le bien de la charité, parce que de cette manière il est conjoint avec l'amour de soi et du monde, ce qui est une adultération. : tous les adultères, dont plusieurs sont recensés dans le Lévitiq. Chap. XVIII. Vers. 6 à 23, correspondent aussi aux adultérations du bien et du vrai ; que l'adultère commis par Reuben corresponde à la foi séparée d'avec la charité, je l'ai su et j'en ai eu la preuve par les choses que j'ai entendues et vues dans le Monde spirituel, où l'on perçoit que la sphère d'un tel adultère sort de ceux qui ont, par la doctrine et par la vie, séparé la charité d'avec la foi. Comme cela a aussi été signifié par Reuben, voilà pourquoi le droit d'aînesse lui a été ôté par son père, et a été donné à Joseph et aux fils de Joseph ; qu'il ait été ôté à Reuben, on le voit clairement par ces paroles de son père : « Reuben, mon premier-né, toi, ma vigueur et le commencement de mes forces, excellent en éminence, et excellent en valeur : léger comme l'eau, n'excelle point, car tu es monté sur la couche de ton père ; alors tu as profané; sur mon lit il est monté! » — Gen. XLIX. 3, 4 ; — par« Reuben, mon premier-né, » il est signifié la foi qui est en apparence au premier rang, ou le vrai né du bien ; par « toi, ma vigueur et le commencement de mes forces, » il est signifié que par ce vrai la puissance est au bien, et que la première puissance est au vrai; par « excellent en éminence, et excellent en valeur, » il est signifié que de là viennent la gloire et le pouvoir; par« léger comme l'eau,» il est signifié que la foi séparée d'avec la charité n'est pas ainsi; par « n'excelle point, » il est signifié qu'elle n'aura ni la gloire ni le pouvoir; par « car tu es monté sur la couche de ton père, » il est signifié parce que le vrai de la foi séparé du bien de la charité a une conjonction infâme; par « alors tu as profané, » il est signifié qu'ainsi il a été conjoint à l'amour de soi et du monde, et par suite au mal, ce qui est le profane; par « sur mon lit il est monté, » il est signifié qu'il a souillé le bien spirituel dans le naturel : mais ces paroles ont été pleinement expliquées dans les ARCANES CELESTES, voir N°s 6341 à 6350. Que le droit d'aînesse ait été donné à cause de cela aux deux fils de Joseph, à Éphraïm et à Ménasseh, c'est ce qui est entendu par ces paroles d'Israël le père à Joseph : « Maintenant, tes deux fils, qui te sont nés dans la terre d'Egypte avant que je vinsse en Egypte, à moi, eux, Éphraïm et Ménasseh; comme Reuben et Siméon ils me seront. » — Gen. XLVIII. 5 : — et dans le Livre des Chroniques : « Reuben est le premier-né, mais parce qu'il a souillé le lit de son père, son droit d'aînesse a été donné aux fils de Joseph fils d'Israël. » — V. 1,2; — en effet, par Éphraïm, dans la Parole, il est signifié la même chose que par Reuben, à savoir, l'entendement du vrai et le vrai dans la lumière; s'il est dit qu'Éphraïm et Ménasseh seront les fils d'Israël comme Reuben et Siméon, c'est parce que par Reuben il est signifié l'entendement du vrai, et par Siméon la volonté du vrai, les mêmes choses que par Éphraïm et par Ménasseh. D'après ces explications, on peut voir maintenant quel est l'universel-essentiel de l'Église qui est signifié dans la Parole par Reuben.
|