| Apocalypse Expliquée 433. De la tribu de Jehudah douze mille marqués, signifie l'amour envers le Seigneur, et que tous ceux qui sont dans cet amour sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel: on le voit par la représentation et par la signification de Jehudah et de la Tribu de Jehudah, en ce que c'est l'amour envers le Seigneur, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification de douze mille, en ce que ce sont tous et toutes choses, comme il a été montré ci-dessus, N° 430, ici tous ceux qui sont dans cet amour; et par la signification des marqués, en ce qu'ils sont ceux qui ont été distingués et séparés de ceux qui sont dans le mal, par conséquent ceux qui sont dans le bien, comme il a aussi été montré, N° 427; que ce soient ceux qui sont dans le Ciel et viennent dans le Ciel, c'en est la conséquence, car eux étaient marqués sur les fronts, c'est-à-dire, séparés des méchants; en effet, ce sont ceux dont il est dit dans le Chapitre XIV de l'Apocalypse : « L'Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec Lui cent quarante-quatre mille qui avaient le nom de son Père écrit sur leurs fronts : ce sont ceux qui avec des femmes ne se sont point souillés, car vierges ils sont, achetés d'entre les hommes, prémices à Dieu et à l'Agneau. » — Vers. 1,3,4; — par la montagne de Sion est signifié le Ciel, où est l'amour envers le Seigneur; car tous ceux qui sont signifiés par les douze mille de chaque Tribu, ou par les cent quarante-quatre mille marqués sur les fronts, sont ceux qui reconnaissent le Seigneur et l'aiment ; c'est pourquoi, la première Tribu qui est nommée est la Tribu de Jehudah, et par cette Tribu est signifié l'Amour envers le Seigneur; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N°431, la représentation du Ciel tombe selon l'ordre dans lequel les Tribus sont nommées; et c'est d'après le premier nom, ou la première Tribu nommée, que découlent avec variété les déterminations et les significations des Tribus qui suivent : outre cela, personne n'est admis dans le Ciel que par le Seigneur, car tout le Ciel Lui appartient, c'est pourquoi il n'y a dans le Ciel et il n'y vient que ceux qui reconnaissent le Seigneur et L'aiment ; L'aimer, ce n'est pas L'aimer quant à la Personne, mais c'est vivre selon ses préceptes, comme le Seigneur l'enseigne aussi en termes clairs dans Jean : « En ce jour-là vous connaîtrez que Moi (je suis) dans mon Père, et vous en Moi, et Moi en vous : celui qui a mes préceptes et les fait, c'est celui-là qui M'aime : Si quelqu'un M'aime, ma parole il garde, et mon Père l'aimera, et à lui nous viendrons, et demeure chez lui nous ferons : celui qui ne M'aime point, mes paroles ne garde point, » — XIV. 20, 21, 23, 24 ; — si ceux qui aiment le Seigneur sont ceux qui font et gardent ses préceptes et ses paroles, c'est parce que les préceptes et les paroles du Seigneur signifient les Divins Vrais, et que tout Divin Vrai procède de Lui, et que ce qui procède de Lui est Lui-Même; c'est pourquoi, lorsque l'homme est dans ce Vrai quant à la vie, le Seigneur est alors en lui et lui dans le Seigneur; de là vient qu'il est dit : « Vous en Moi et Moi en vous, et qu'il viendra et que demeure chez lui il fera. » C'est donc là aimer le Seigneur ; aimer, c'est aussi être conjoint, car l'amour est la conjonction spirituelle, et la conjonction s'opère par la réception du Divin Vrai par la doctrine et par la vie. Avant de montrer d'après la Parole que par Jehudah, ou par la Tribu qui a reçu son nom de Jehudah, il est signifié l'amour envers le Seigneur, il sera dit ce que Jehudah signifie en chaque sens dans la Parole : Jehudah dans le sens suprême signifie le Seigneur quant à l'Amour Céleste; dans le sens interne, le Royaume céleste du Seigneur et la Parole ; et dans le sens externe, la doctrine d'après la Parole, doctrine qui appartient au Royaume Céleste; et comme il signifie dans le sens suprême le Seigneur quant à l'amour céleste, et dans le sens interne le Royaume céleste, il signifie aussi l'amour envers le Seigneur, car cet amour est l'amour réciproque chez l'homme, et règne dans le Royaume Céleste du Seigneur. Il y a deux Royaumes, dans lesquels tout le Ciel a été distingué, le Royaume céleste et le Royaume spirituel; le Royaume céleste se compose de ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et le Royaume spirituel, de ceux qui sont dans l'amour à l'égard du prochain; de là on voit clairement ce qui est entendu par l'amour céleste et par l'amour spirituel; mais au sujet de ces Royaumes, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, les Nos 20 à 28. Les Juifs et les Israélites représentaient ces deux Royaumes ; les Juifs le Royaume céleste, et les Israélites le Royaume spirituel. Si Jehudah signifie aussi la Parole, c'est parce que le Seigneur est la Parole et a pris l'Humain dans cette Tribu, afin que quant à l'Humain il fût aussi la Parole, selon ces expressions dans Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu, et Dieu elle était, la Parole! Et la Parole Chair a été faite, et elle a habité parmi nous. » — I. 1, 14; — la Parole signifie le Seigneur quant au Divin Vrai procédant de son Divin Amour; de là vient que ceux qui aiment le Divin Vrai dans la Parole et qui le font, sont dans l'amour du Seigneur. Que par Jehudah il soit signifié le Seigneur quant à l'Amour céleste, et par suite l'Amour envers le Seigneur, et aussi la Parole, on peut le voir par les passages suivants; dans Moïse : « Jehudah, toi, te célébreront tes frères; ta main, sur la nuque de tes ennemis; vers toi se prosterneront les fils de ton père; petit de lion, Jehudah ; de la proie, mon fils, tu es monté; il n'est courbé, il s'est couché comme un lion, et comme un vieux lion; qui le fera lever? Le sceptre ne sera point retiré de Jehudah, ni le législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schiloh, et à lui l'obéissance des peuples : il attache au cep son ânon, et au cep excellent le fils de son ânesse : il lave dans le vin son vêlement, et dans le sang des raisins son manteau : rouge d'yeux par le vin, et blanc de dents par le lait. » — Gen. XLIX. 8, 9, 10,11, 12; — là par Jehudah est décrit dans le sens spirituel le Royaume céleste du Seigneur, et le Seigneur Lui-Même quant à l'amour céleste; l'amour céleste est l'Amour du Seigneur reçu dans le Royaume céleste, et l'amour spirituel est l'Amour du Seigneur reçu dans le Royaume spirituel ; par ces paroles sont signifiées les choses qui suivent : « Te célébreront tes frères, » signifie que l'Eglise Céleste est plus éminente que toutes les autres, car les frères, ou les Tribus qui ont tiré leur nom des fils de Jacob, qui étaient ses frères, signifient l'Église; « ta main sur la nuque de tes ennemis, » signifie que la troupe infernale et diabolique sera chassée et détenue, les ennemis sont ceux qui sont de l'enfer; « vers toi se prosterneront les fils de ton père, » signifie que tous les vrais de l'Église se soumettront; se prosterner, c'est se soumettre, et les fils de son père sont tous les vrais de l'Église, car tous les vrais de l'Église ont été insités dans ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et par suite dans le Royaume céleste; « petit de Lion, Jehudah, » signifie l'innocence avec les forces binées, car l'amour envers le Seigneur, considéré en lui-même, est l'innocence, celle-ci est signifiée par le petit, et les forces innées avec elle sont signifiées par le lion ; « de la proie, mon fils, lu es monté, » signifie que plusieurs sont délivrés de l'enfer; « il s'est courbé, il s'est couché comme un lion, et comme un vieux lion, » signifie le bien de l'amour et le vrai de ce bien dans sa puissance, car se courber, quand cela est dit du lion, c'est se mettre en puissance; « qui le fera lever? » signifie qu'il est en sûreté partout où il est, et qu'il ne peut pas être ébranlé par les enfers; « le sceptre ne sera point retiré de Jehudah, » signifie que le pouvoir ne se retirera point du bien de l'amour céleste ; « ni le législateur d'entre ses pieds, » signifie que les vrais de la Parole ne se retireront point non plus de son dernier sens; « jusqu'à ce que vienne Schiloh, » signifie l'avènement du Seigneur, et alors la tranquillité de la paix ; « et à lui l'obéissance des peuples, » signifie les vrais procédant du Seigneur, et la conjonction par ces vrais ; « il attache au cep son ânon, » signifie l'Église externe et les vrais de cette Église par le Seigneur; « et au cep excellent le fils de son ânesse, » signifie l'Église interne et les vrais de cette Église par le Seigneur; « il lave dans le vin son vêtement, » signifie que l'Humain externe ou naturel du Seigneur est le Divin Vrai procédant de son Divin Amour; « et dans le sang des raisins son manteau, » signifie que l'Humain interne ou rationnel du Seigneur est le Divin Bien procédant de son Divin Amour; « rouge d'yeux par le vin, » signifie que l'Humain interne ou rationnel est absolument le bien ; « et blanc de dents par le lait, » signifie que l'Humain externe ou naturel est absolument le bien du vrai : dans cette description, d'après chacune des expressions, on peut voir que par Jehudah il est entendu, non pas Jehudah, mais quelque céleste éminent, qui est ainsi décrit : ces paroles ont été expliquées en particulier dans les ARCANES CELESTES, voir Nos 6363 à 6381. Dans Ézéchiel : « Toi, fils de l'homme, prends-toi un bois, et écris dessus : A Jehudah et aux fils d'Israël ses compagnons ; ensuite prends un bois et écris dessus : A Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël; ensuite joins-les l'un avec l'autre pour toi en un seul bois, en sorte que soient un les deux dans ma main : Moi, je prendrai le bois de Joseph, qui (est) dans la main d'Éphraïm et des Tribus d'Israël ses compagnons, et j'ajouterai ceux qui sont sur lui avec le bois de Jehudah, et j'en ferai un seul bois. Moi je prendrai les fils d'Israël d'entre les nations où ils sont allés, et je les rassemblerai d'alentour, et je les amènerai sur leur terre, et j'en ferai une seule nation sur la terre dans les montagnes d'Israël, et un seul Rois sera sur eux tous pour Roi; et ils ne seront plus deux nations, et ils ne seront plus divisés en deux Royaumes de nouveau; mon serviteur David (sera) Roi sur eux, afin qu'un seul Pasteur il y ait pour eux tous, et afin que dans mes jugements ils marchent, et que mes statuts ils gardent et les fassent; alors ils habiteront sur la terre que j'ai donnée à mon serviteur Jacob, dans laquelle ont habité vos pères, et ils habiteront sur elle, eux et leurs fils et les fils de leurs fils à éternité, et David mon serviteur sera leur Prince à éternité; et je traiterai avec eux une alliance de paix, alliance d'éternité il y aura avec eux, et je les donnerai, et je les multiplierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d'eux à éternité; ainsi sera mon habitacle chez eux, et je leur serai pour Dieu, et eux Me seront pour peuple. » — XXXVII. 16, 17, 19, 21, 22, 24, 25, 26, 27; —ce que signifient ces paroles, on ne peut le savoir, à moins qu'on ne sache ce que signifient Jehudah et Israël, et ce que signifient Joseph et Éphraïm ; qu'ils ne signifient ni Jehudah et Israël, ni Joseph et Éphraïm, cela est évident car il est dit que les Tribus d'Israël dispersées parmi les nations seront rassemblées et amenées sur la terre de Canaan, et que David sera leur Roi et leur Prince, et qu'elles habiteront avec le Seigneur à éternité; qui est-ce qui ne sait que les Tribus d'Israël ne peuvent point être rassemblées, et que David ne sera plus Roi sur elles? il faut donc qu'on sache ce qui est signifié dans le sens spirituel par Jehudah, par les fils d'Israël, et par Joseph et Éphraïm, et aussi ce qui est signifié par David et par la terre de Canaan; par Jehudah, dans le sens spirituel, il est signifié le Royaume céleste du Seigneur; par les fils d'Israël, le Royaume spirituel du Seigneur ; par Joseph et Éphraïm, et par les Tribus d'Israël dispersées et qui doivent être rassemblées, il est entendu ceux qui sont au-dessous de ces Royaumes, parce qu'ils sont, non pas célestes, ni spirituels, mais naturels, et cependant dans le bien de la vie selon leur religiosité; ce sont aussi ceux-là qui sont entendus par le Seigneur dans Jean : « Et d'autres brebis j'ai, qui ne sont point de cette bergerie; celles-là aussi il faut que je les amène; et ma voix elles entendront, et il y aura un seul Troupeau, un seul Berger. » — X. 16; — en effet, ceux-ci n'ont pas été dans le Ciel avant l'avènement du Seigneur, mais ils y ont été introduits par Lui, après qu'il eut glorifié son Humain ; et cela, parce que le Divin procédant ne pouvait pas auparavant être étendu jusqu'à eux ; celui qui sait ces choses, et que par David il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai procédant de son Divin Humain, peut savoir chacune de celles qui y sont en série; si le prophète devait écrire sur deux bois, et si ces deux bois devaient être réunis en un seul bois, c'était parce que par le bois est signifié le bien de la vie, et que toute conjonction dans le ciel s'opère par le bien et selon le bien; que le bois signifie le bien de la vie, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 643, 2784, 3720, 8354. Dans Ésaïe : « Le Seigneur lèvera une enseigne pour les nations, et il assemblera les expulsés d'Israël, et les dispersés de Jehudah il réunira des quatre ailes de la terre : alors cessera la jalousie d'Éphraïm, et les ennemis de Jehudah seront retranchés; Ephraïm ne jalousera point Jehudah, et Jehudah ne resserrera point Éphraïm; mais ils voleront sur l'épaule des Philistins vers la mer, » — XI. 12, 13, 14; — ces choses ont été dites de la salvation des nations, qui sont aussi signifiées par les expulsés d'Israël et par les dispersés de Jehudah, car il est dit que le Seigneur lèvera une enseigne pour les nations; par les expulsés d'Israël il est entendu ceux qui ne sont pas dans les vrais, mais qui ont cependant le désir de les apprendre, et par les dispersés de Jehudah ceux qui sont dans le bien de la vie, et par ce bien dans l'amour envers le Seigneur, car ceux qui aiment faire le bien aiment le Seigneur; en effet, le Seigneur est dans ce bien, puisque le bien vient de Lui; par Éphraïm il est entendu l'intellectuel, ici l'intellectuel qui concorde avec le bien de l'amour ; par « alors cessera la jalousie d'Éphraïm, Éphraïm ne jalousera point Jehudah, et Jehudah ne resserrera point Éphraïm, » il est signifié que l'un ne sera plus en discorde avec l'autre; par « ils voleront sur l'épaule des Philistins vers la mer, » il est signifié qu'ils seront séparés de ceux qui sont dans la foi séparée de la charité; les Philistins vers la mer sont ceux qui séparent la foi d'avec la charité ou d'avec le bien de la vie; la mer est le dernier du Ciel, où il se termine; et voler sur l'épaule, c'est rejeter et ainsi se séparer. Dans Zacharie : « Bondis, fille de Sion ; éclate en cris d'allégresse, fille de Jérusalem; voici, ton Roi vient à toi, juste et fidèle, lui; je tendrai pour Moi Jehudah, d'arc je remplirai Éphraïm, et j'exciterai tes fils, Sion. » — IX. 9, .13 ; — ces choses ont été dites de l'avènement du Seigneur, et de l'instauration de l'Église par Lui chez ceux qui sont dans le bien de l'amour et par suite dans les vrais de la doctrine; la fille de Sion et la fille de Jérusalem signifient l'Église qui est chez eux ; ton Roi qui vient juste et fidèle, c'est le Seigneur de qui procèdent le bien de l'amour et le vrai de la doctrine; « je tendrai pour Moi Jehudah, d'arc je remplirai Éphraïm, » signifie que l'Église doit être instaurée chez ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur et par suite dans les vrais de la doctrine; ici, par Jehudah sont entendus ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et par Éphraïm les vrais de la doctrine, car Éphraïm signifie l'intellectuel de l'Église, et l'arc la doctrine du vrai ; que l'arc signifie la doctrine, on le voit ci-dessus, N° 357, où ces paroles ont aussi été expliquées; les fils de Sion sont ceux-là : que là par Jehudah et par Éphraïm il ne soit entendu ni la Nation Juive ni Éphraïm, cela est évident, car l'Église du Seigneur n'y a pas été instaurée, puisqu'elle n'a pas été reçue chez la Nation Juive, et puisqu'alors la Tribu d'Éphraïm n'existait pas. Dans le Même : « Jéhovah Sébaoth visitera son troupeau, la maison de Jehudah, et il les constituera comme son cheval d'honneur dans la guerre; de lui l'angle, de lui le clou, de lui l'arc de guerre : puissante je rendrai la maison de Jehudah, et la maison de Joseph je sauverai, et je les ferai habiter : de là ils seront comme le puissant Ephraïm, et dans l'allégresse sera leur cœur comme par le vin. » — X. 3,4, 6, 7; — ici, par la maison de Jehudah, il est entendu aussi le Royaume céleste du Seigneur, qui se compose de ceux qui sont dans l'amour envers Lui, et par Éphraïm ceux qui sont dans les vrais de la doctrine d'après cet amour; en effet, tous ceux qui sont dans le Royaume céleste du Seigneur sont dans les vrais de la doctrine, car ils ont les vrais comme insités et inscrits dans le cœur, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, les Nos 25, 26; le reste a été expliqué ci-dessus, voir Nos 355, 376. Dans le Même : « Sois dans la jubilation et dans l'allégresse, fille de Sion; voici, je viens pour habiter au milieu de toi; alors s'attacheront des nations nombreuses à Jéhovah en ce jour-là, et elles me seront pour peuple; Jéhovah se fera un héritage de Jehudah, sa portion sur la terre de sainteté, et il choisira de nouveau Jérusalem. » — II. 14, 15,16; — qu'ici par Jehudah il ne soit pas entendu la Nation Juive, ni par Jérusalem, cela est bien évident; car il y est question de l'avènement du Seigneur, temps auquel cette nation s'était entièrement retournée, et Jérusalem a été ensuite détruite; et cependant il est dit que Jéhovah se fera un héritage de Jehudah, sa portion sur la terre de sainteté, et qu'il choisira de nouveau Jérusalem; c'est pourquoi par Jehudah il est entendu ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et par Jérusalem l'Église quant à la doctrine chez eux. Dans Nahum : « Voici sur es montagnes les pieds du messager de bonnes nouvelles, proclamant la paix; célèbre, Jehudah, tes fêtes; acquitte-toi de tes vœux, parce qu'il n'arrivera plus que par toi passe bélial, en entier il sera retranché. »—II. 1;— ces choses ont aussi été dites du Seigneur; son avènement est entendu par « voici sur les montagnes les pieds du messager de bonnes nouvelles, proclamant la paix; » par célébrer des fêtes et s'acquitter des vœux, il est signifié se réjouir de son avènement et alors L'adorer; par « parce qu'il n'arrivera plus que par Jehudah passe bélial, en entier il sera retranché, » il est signifié que le mal ne sera plus chez eux, parce qu'ils seront dans le Seigneur; ces choses n'ont pas pu être dites de la Nation Juive, mais elles ont été dites de ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, d'où il est évident que ceux-ci sont entendus par Jehudah. Dans Malachie : « Voici, j'envoie mon Ange qui préparera le chemin devant Moi, et incontinent viendra vers son Temple le Seigneur : alors agréable sera à Jéhovah la minchah de Jehudah et de Jérusalem, comme aux jours du siècle, et comme dans les années premières. » — III. 1, 4; — que ces choses aient été dites de l'avènement du Seigneur, et que par l'Ange qui préparera le chemin devant Lui, il soit entendu Jean-Baptiste, cela a été connu dans l'Église; « alors agréable sera à Jéhovah la minchah de Jehudah et de Jérusalem, » signifie qu'alors sera accepté le culte d'après le bien de l'amour envers le Seigneur, la minchah de Jehudah signifie ce culte ; que le culte de la nation Juive et de Jérusalem n'ait point été accepté, cela est constant, car les Juifs n'ont pas reconnu le Seigneur, mais ils L'ont entièrement rejeté; « comme aux jours du siècle, et comme dans les années premières, » signifie comme le culte dans les Églises Anciennes; la Très-Ancienne Église, qui exista avant le déluge et fut dans l'amour envers le Seigneur, est entendue par les jours du siècle ou d'éternité; et l'Église Ancienne, qui exista après le déluge et fut une Église spirituelle, est entendue par les années premières. Dans Joël : « Il arrivera en ce jour-là que les montagnes distilleront du moût, et que les collines couleront en lait, et tous les ruisseaux de Jehudah couleront en eaux; et une fontaine de la maison de Jéhovah sortira, et elle arrosera le torrent de Schittim : l'Egypte en désolation sera, et Édom en désert de dévastation, à cause de la violence envers les fils de Jehudah, dont ils ont répandu le sang innocent dans leur terre : mais Jehudah à éternité sera assis, et Jérusalem pour génération et génération. » — IV. 18, 19, 20; — là, il s'agit aussi de l'avènement du Seigneur, et alors du nouveau ciel et de la nouvelle terre; et par « les montagnes distilleront du moût, » il est signifié que tout vrai procédera du bien de l'amour ; les montagnes signifient le bien de l'amour, voir ci-dessus, N° 405, le vin et le moût signifient le vrai, voir aussi ci-dessus, N° 376; par « les collines couleront en lait, » il est signifié que du bien de la charité à l'égard du prochain procédera la vie spirituelle ; et par « tous les ruisseaux de Jehudah couleront en eaux, » il est signifié que de chacune des choses de la Parole procéderont les vrais par lesquels il y a l'intelligence; par « une fontaine de la maison de Jéhovah sortira, et elle arrosera le torrent de Schittim, » il est signifié que du Seigneur par le ciel procédera le vrai de la doctrine, lequel illustrera ceux qui sont dans les connaissances et dans les sciences ; « l'Egypte en désolation sera, et Édom en désert de dévastation, » signifie que les principaux faux et les principaux maux de l'amour de soi, provenant les uns et les autres de l'homme naturel, seront détruits; « à cause de la violence envers les fils de Jehudah, dont ils ont répandu le sang innocent dans leur terre, » signifie à cause des vrais falsifiés et des biens adultérés de la Parole, qu'ils ont corrompus et détruits; « Jehudah à éternité sera assis, et Jérusalem pour génération et génération, » signifie que la Parole et par suite la doctrine du vrai réel resteront à éternité chez ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur : il est donc encore évident que là par Jehudah il n'est pas entendu Jehudah, ni par Jérusalem Jérusalem. Dans le Même : « Tyr et Sidon, et vous tous les confins des Philistins, je ramènerai bien vite la rétribution sur votre tête, parce que mon argent et mon, or vous avez pris, et mes biens désirables vous avez emporté dans vos temples; et les fils de Jehudah et les fils de Jérusalem vous avez vendu aux fils des Grecs, pour les repousser loin de leurs frontières. » — IV. 4, 5, 6; — par Tyr et Sidon et par les Philistins sont entendus ceux qui ont falsifié les vrais et les biens de la Parole; mon argent et mon or signifient ces vrais et ces biens ; et les emporter dans leurs temples signifie les falsifier et les profaner; vendre les fils de Jehudah et les fils de Jérusalem aux fils des Grecs, signifie pervertir et falsifier tous les vrais et tous les biens de la Parole, les fils de Jehudah sont les biens de la Parole, les fils de Jérusalem en sont les vrais, el les fils des Grecs sont les faux ; les repousser loin de leurs frontières, signifie loin des vrais mêmes : celui qui ne sait pas le sens spirituel de la Parole, peut croire que ceux qui étaient dans Tyr et Sidon, et dans la Philistée, ont vendu les fils de Jehudah et de Jérusalem aux Grecs, mais c'est là un prophétique dans lequel les nations qui sont nommées signifient des choses de l'Église. Dans Jérémie : « En ces jours-là, ils iront, la maison de Jehudah et la maison d'Israël, et ils viendront ensemble de la terre du Septentrion sur la terre que j'ai fait hériter à vos pères. » — III. 18; — ces choses ont aussi été dites de l'avènement du Seigneur, et de la nouvelle Église qui devait être instaurée par Lui ; son avènement est entendu par « en ces jours-là, » et la nouvelle Église par « la maison de Jehudah et la maison d'Israël ; » l'Église composée de ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, par la maison de Jehudah; et l'Église composée de ceux qui sont dans la charité à l'égard du prochain, et appelée Église spirituelle, par la maison d'Israël; « ils viendront ensemble de la terre du Septentrion sur la terre que j'ai fait hériter à vos pères, » signifie que de l'ignorance et des faussetés, dans lesquelles ils sont alors, ils viendront dans les connaissances et dans la lumière du vrai, qui appartiennent à l'Église, la terre du septentrion signifie l'état de l'ignorance et le faux de la religion, la terre que leurs pères ont héritée signifie l'Église qui est dans les connaissances et dans la lumière du vrai : ces choses ont été dites des Nations, avec lesquelles la nouvelle Eglise devait être instaurée; que la maison de Jehudah et la maison d'Israël ne soient point venues de la terre du septentrion à cette époque, à savoir, quand le Seigneur était dans le monde, cela est bien connu, car alors les Juifs étaient dans la terre de Canaan, et les Israélites étaient dispersés. Dans le Même : « Voici, les jours viennent, que je susciterai à David un germe juste, qui régnera Roi, et il prospérera, et il fera jugement et justice en la terre; dans Ses jours sera sauvé Jehudah, et Israël habitera en sécurité, et voici le Nom dont on L'appellera : Jéhovah notre Justice. » — XXIII. 5, 6. XXXIII. 15, 16; — ici, il s'agit évidemment du Seigneur, qui est le germe de David, et qui régnera Roi et sera appelé Jéhovah notre Justice; « dans Ses jours sera sauvé Jehudah, et Israël habitera en sécurité, » signifie, comme ci-dessus, que ceux qui sont dans l'amour envers Lui et dans la charité à l'égard du prochain seront sauvés : que Jehudah n'ait pas été sauvé, et qu'Israël n'ait pas été et n'ait pas pu être rappelé pour habiter en sécurité, c'est-à-dire, sans infestation par les maux et les faux, cela est constant. Dans le Même : «Je ramènerai Israël vers sa demeure, pour qu'il paisse en Carmel et en Baschan, et qu'en la montagne d'Éphraïm et en Giléad soit rassasiée son âme : en ces jours-là et en ce temps-là on cherchera l'iniquité d'Israël et les péchés de Jehudah, et ils ne seront point trouvés. » — L. 19, 20; — il s'agit aussi de l'instauration de l'Église par le Seigneur chez les Nations, lesquelles sont entendues par Israël qui sera ramené vers sa demeure, et pareillement par Jehudah dont les péchés ne seront point trouvés ; par « ils paîtront en Carmel et en Baschan, et en la montagne d'Éphraïm et en Giléad, » il est entendu qu'ils seront conduits par le Seigneur et instruits dans le bien de la charité. Dans Zacharie : « En ce jour-là, je frapperai tout cheval de stupeur, et son cavalier d'égarement ; et sur la maison de Jehudah j'ouvrirai mon œil : en ce jour-là, je placerai les conducteurs de Jehudah comme un foyer de feu dans du bois, et comme un flambeau de feu dans une gerbe, afin qu'ils dévorent à droite et à gauche tous les peuples d'alentour, pour qu'habité encore Jérusalem sous elle-même dans Jérusalem; et sauvera Jéhovah les tentes de Jehudah d'abord. » — XII. 4, 6, 7; — là, il s'agit de la dévastation de l'Église précédente, et de l’instauration de l'Église nouvelle par le Seigneur; la dévastation de l'Église précédente est décrite par « en ce jour-là, je frapperai tout cheval de stupeur, et son cavalier d'égarement, » car par le cheval il est signifié l'entendement du vrai chez l'homme, et par le cavalier l'intelligence, voir ci-dessus, N° 355; par la maison de Jehudah est signifiée l'Église chez ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Seigneur, il est dit d'elle que le Seigneur ouvrira son œil sur Jehudah ; par « je placerai les conducteurs de Jehudah comme un foyer de feu dans du bois, et comme un flambeau de feu dans une gerbe, afin qu'ils dévorent à droite et à gauche tous les peuples d'alentour, » il est signifié que les maux qui proviennent de l'Enfer seront dispersés par eux et chez eux, et aussi les faux ; par « pour qu'habité Jérusalem sous elle-même dans Jérusalem, » il est signifié que cette Église sera en sûreté contre l'infestation des maux et des faux ; et par « Jéhovah sauvera les tentes de Jehudah d'abord, » il est signifié que le Seigneur sauvera entièrement ceux qui sont dans l'amour envers Lui. Dans Ésaïe : « La Parole de Jéhovah touchant Jehudah et Jérusalem : Il arrivera dans la postérité des jours, que sera affermie la montagne de Jéhovah en tête des montagnes, et élevée au-dessus des collines et vers elle afflueront toutes les nations, et iront des peuples nombreux, et ils diront : Allez, et montons à la montagne de Jéhovah, à la maison du Dieu de Jacob, qui nous instruira de ses chemins, pour que nous allions dans ses sentiers. » — II. 1, 2, 3; — ces choses ont aussi été dites de l'instauration de la nouvelle Église par le Seigneur; par la montagne de Jéhovah qui sera alors affermie en tête des montagnes, il est entendu Sion, et il est signifié l'Église céleste et l'amour envers le Seigneur chez ceux qui sont de cette Église ; par « elle sera en tête des montagnes, et élevée au-dessus des collines, » il est signifié que cela est le principal de l'Église, et s'accroîtra et prendra des forces ; par « vers cette montagne afflueront toutes les nations, » il est signifié que ceux qui sont dans le bien reconnaîtront le Seigneur et s'approcheront de l'Église, les nations signifient ceux qui sont dans le bien céleste, qui est le bien de l'amour envers le Seigneur, et les peuples ceux qui sont dans le bien spirituel, qui est le bien de la charité à l'égard du prochain ; de ceux-ci il est dit, « des peuples nombreux iront, et diront : Allez, et montons à la montagne de Jéhovah, à la maison du Dieu de Jacob; » que les nations signifient ceux qui sont dans le bien céleste, et les peuples ceux qui sont dans le bien spirituel, on le voit ci-dessus, N° 331. Dans le Même : « Jéhovah ton Rédempteur, et ton Formateur dès l'utérus, qui affermit la parole de son serviteur, et accomplit le conseil de ses envoyés, qui dit à Jérusalem : Tu seras habitée; et aux villes de Jehudah : Vous serez rebâties; et ses ruines je relèverai. » — XLIV. 24, 26 ; — là, il s'agit aussi de l'avènement du Seigneur, qui est «Jéhovah ton Rédempteur et ton Formateur dès l'utérus, » il est dit Rédempteur parce qu'il a délivré de l'enfer, et Formateur dès l'utérus parce qu'il régénère l'homme; la prédiction des Prophètes sur Lui, et sur la salvation des hommes, est entendue par « il affermit la parole de son serviteur, et accomplit le conseil de ses envoyés; » par « qui dit à Jérusalem : Tu seras habitée ; et aux villes de Jehudah : Vous serez rebâties, » il est entendu que ceux qui sont de son Église seront sauvés, et qu'ils seront instruits dans les vrais de la doctrine céleste, Jérusalem est l'Église, et les villes de Jehudah sont les vrais de la doctrine céleste; par « ses ruines je relèverai, » il est entendu que les faussetés qui détruisent l'Église seront dissipées : il est bien connu que le Seigneur n'a pas dit que Jérusalem serait habitée, ni que les villes de Jehudah seraient rebâties, mais qu'il a dit que Jérusalem serait détruite, ce qui est aussi arrivé. Dans le Même : « Je ferai sortir de Jacob une semence, et de Jehudah un héritier de mes montagnes, afin qu'en aient possession mes élus, et que mes serviteurs y habitent. » — LXV. 9; — ici, par Jacob et par Jehudah, il est entendu, non pas le peuple sorti de Jacob, ni la nation issue de Jehudah, mais l'Église qui devait être instaurée par le Seigneur ; par Jacob l'Église qui devait être dans le bien de la vie, et par Jehudah l'Église qui devait être dans le bien de l'amour envers le Seigneur, ainsi par Jacob l'Église externe, et par Jehudah l'Église interne; par la semence il est entendu la charité et la foi, et par les montagnes les biens de l'amour; ceux qui sont dans la charité sont appelés élus, et ceux qui sont dans les vrais d'après le bien de l'amour sont appelés serviteurs; c'est pour cela qu'il est dit «afin qu'en aient possession mes élus, et que mes serviteurs y habitent. » Dans Ézéchiel : « Jehudah et la terre d'Israël ont été tes négociants en froments de minnith et de pannag, et en miel, et huile et baume, ils ont fourni ton commerce. » — XXVII. 17; — ces choses ont été dites de Tyr, par qui est signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du bien; de là aussi par Tyr sont signifiées les connaissances du vrai et du bien qui appartiennent à l'Église; là, il s'agit de ses marchandises et de ses négoces, par lesquels il est décrit comment ces connaissances sont acquises, et dans ce passage, il s'agit des marchandises qu'elle tirait de Jehudah et de la terre d'Israël; et comme par Jehudah il est signifié le bien de l'amour, et par Israël le vrai d'après ce bien, c'est pour cela qu'il est dit que son commerce était en froments de minnith et de pannag, en miel, en huile et en baume, parce que par les froments de minnith et de pannag il est signifié les vrais et les biens de l'Église de tout genre, par le miel le bien de l'amour dans l'homme naturel, par l'huile le bien de l'amour dans l'homme spirituel, et par le baume les vrais qui sont agréables d'après le bien, voir ci-dessus, N° 375, où ces paroles ont été plus amplement expliquées : d'après les marchandises mentionnées dans ce Chapitre, et entendues dans le sens spirituel, on voit clairement ce qui est signifié par les diverses nations dont il est parlé, ainsi ce qui est signifié par Jehudah et par Israël, car les marchandises l'indiquent. Que par Jehudah il ne soit pas entendu la Nation Juive, on peut encore le voir dans Ézéchiel, — Chap. XLV1II, — où il s'agit de la nouvelle terre, qui devra être distribuée entre les douze Tribus d'Israël; ces Tribus y sont même nommées, et il est dit quelle partie de la terre chacune devra posséder ; et là, il est beaucoup parlé de la Tribu de Jehudah, et il est dit que le sanctuaire sera au milieu de cette Tribu, — Vers. 8 à 22; — d'après cela il bien évident que par les Tribus qui y sont nommées il n'est pas entendu ces Tribus; en effet, onze avaient été dispersées, et s'étaient confondues avec les nations dont elles ne pouvaient pas être distinguées, car elles furent emmenées dans un exil perpétuel; puis, il est encore évident que là par la terre il est entendu l'Église et non la terre, que par conséquent par les Tribus qui y sont nommées il est entendu des choses qui appartiennent à l'Église, et par Jehudah l'Église céleste ou l'Église qui est dans l'amour envers le Seigneur, et dans laquelle par conséquent il y a le Sanctuaire. La même chose est entendue par Jehudah et par Israël, dans David : « Jehudah devint son Sanctuaire, Israël ses domaines. » — Ps. CXIV 2; — le sanctuaire signifie dans le sens suprême le Seigneur Lui-Même, et dans le sens respectif le culte du Seigneur d'après le bien de l'amour; par Israël est signifié le vrai de l'Église d'après ce bien; et comme toute puissance est aux vrais d'après le bien, ou au bien par les vrais, c'est pour cela qu'il est dit qu'Israël devint ses domaines. Puisque par Jehudah il est signifié le Royaume céleste du Seigneur, et par Israël le Royaume spirituel du Seigneur, comme il a été dit ci-dessus, et que le Royaume céleste est ce qui constitue le Sacerdoce du Seigneur dans le Ciel, et le Royaume spirituel ce qui constitue la Royauté du Seigneur, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 24, 226, c'est de là que le Seigneur dans la Parole est appelé Roi, et dans les Évangélistes Roi des Juifs, — Matth. II. 2. Jean, XVIII. 33, 37. XIX. 19; — et par le Seigneur comme Roi des Juifs il est entendu le Seigneur quant au Divin Vrai procédant du Divin Bien de son Divin Amour; de là les Rois dans la Parole signifient les vrais qui procèdent du bien, voir ci-dessus, N° 31. Dans Jérémie : « Voici, les jours viennent, que j'ensemencerai la maison d'Israël et la maison de Jehudah de semence d'homme et de semence de bête, et que je traiterai avec la maison d'Israël et avec la maison de Jehudah une alliance nouvelle. Celle-ci (sera) l'alliance que je traiterai avec la maison d'Israël après ces jours: Je mettrai ma loi en leur milieu, et sur leur cœur je l'écrirai, et je leur serai pour Dieu, et ils Me seront pour peuple. » — XXXI. 27, 31, 33, 34; — ici, par « les jouirs Viennent, » il est entendu aussi l'avènement du Seigneur, il est donc entendu qu'il serait alors traité une nouvelle alliance, non pas avec la maison d'Israël, ni avec la maison de Jehudah, mais avec la nouvelle Église qui devait être instaurée par le Seigneur, laquelle est entendue par la maison d'Israël et par la maison de Jehudah, et aussi par «je mettrai ma loi en leur milieu, et sur leur cœur je l'écrirai;^) que cela n'ait pas été fait avec la maison d'Israël ni avec la maison de Jehudah, c'est notoire, car les Juifs ont entièrement rejeté l'alliance avec le Seigneur, et de même encore aujourd'hui : l'alliance signifie la conjonction avec le Seigneur par l'amour envers Lui, conjonction d'après laquelle la loi ou le Divin Vrai leur est donné, tant dans la doctrine que dans leur vie, ce qui est la loi en leur milieu et écrite sur leur cœur; ensemencer la maison d'Israël et la maison de Jehudah de semence d'homme et de semence de bête, signifie réformer ceux qui sont de la nouvelle Église par les vrais et les biens qui appartiennent à l'intelligence et à l'affection ; la semence est le vrai, l'homme est l'intelligence, et la bête est le bien de l'affection; que la bête signifie ce bien, c'est ce qui sera montré dans la suite. Dans Zacharie : « Il viendra plusieurs peuples et des nations nombreuses pour chercher Jéhovah Sébaoth dans Jérusalem, et pour supplier les faces de Jéhovah ; en ce jour-là, dix hommes de toutes langues des nations saisiront le pan de la robe d'un homme Juif, en disant : Nous irons avec vous, parce que nous avons entendu que Dieu (est) avec vous. » — VIII. 22, 23 ; — celui qui ne sait pas que par le Juif il est entendu ceux qui sont dans l'amour envers le Seigneur, et par suite dans les vrais de la doctrine, peut facilement être amené à croire que ces choses ont été dites des Juifs, et de leur introduction dans la terre, de Canaan, et qu'alors tous les autres qui veulent être sauvés saisiront le pan de leur habit, en les suppliant de permettre qu'ils les accompagnent; mais celui qui sait que ces choses n'ont point été dites d'une introduction dans la terre de Canaan vers la Jérusalem de cette terre, et que par le Juif il n'est pas entendu ceux de cette nation, mais que par Jérusalem il est entendu la nouvelle Église que le Seigneur doit instaurer, et par le Juif quiconque est dans le bien de l'amour envers le Seigneur, et par le pan de la robe du Juif le vrai procédant de ce bien, peut savoir ce que signifient toutes les choses qui sont dans ce Chapitre, et ce que signifient en particulier ces paroles; là, en effet, il s'agit de la convocation et de l'accès des nations vers l'Église, et par le Juif il est entendu ceux qui reconnaissent le Seigneur et qui L'aiment; par saisir le pan de sa robe, le désir de savoir le vrai qui procède de Lui ; et par les dix hommes de toutes langues des nations, tous de quelque religion qu'ils soient; les dix hommes signifient tous, et les langues des nations signifient les religiosités. D'après ces considérations, on peut voir combien s'abusent ceux qui croient que les Juifs à la fin des temps se convertiront au Seigneur, et seront introduits dans la terre de Canaan; ceux-là sont ceux qui croient que par la terre, par Jérusalem, par Israël et par Jehudah, dans la Parole, il est entendu la terre de Canaan, la ville de Jérusalem, le peuple Israélite et la nation Juive ; mais ceux qui ont cru cela jusqu'à présent sont dignes de pardon, parce qu'ils n'ont rien su du sens spirituel de la Parole, ainsi ils n'ont pas su que par la terre il est signifié l'Église, par Jérusalem l'Église quant à la doctrine, par Israël ceux qui sont de l'Église spirituelle, et par Jehudah ceux qui sont de l'Église céleste; ils n'ont pas su non plus que, dans les Prophètes, lorsqu'il s'agit de l'introduction de ceux-là dans la terre de Canaan, il est entendu l'introduction des fidèles dans le Ciel et dans l'Église, ce qui même a été fait quand le Seigneur est venu dans le monde, car alors ont été introduits dans le Ciel tous ceux qui avaient vécu dans le bien de la charité et adoré Dieu sous une forme Humaine ; ceux-ci avaient été réservés sous le Ciel jusqu'à l'avènement du Seigneur, et ont été introduits après que le Seigneur eut glorifié son Humain ; ce sont eux qui sont entendus dans plusieurs passages de la Parole Prophétique, quand il s'agit de la captivité des fils d'Israël et de Jehudah, et de leur rétablissement dans la terre de Canaan; sont aussi entendus ceux qui sur terre, après l'avènement du Seigneur, devaient être introduits dans l'Église et par suite dans le Ciel, non-seulement où la Religion Chrétienne a été reçue, mais même partout ailleurs; ce sont ceux-ci et ceux-là qui sont entendus dans un grand nombre de passages où Israël, Jehudah et Jérusalem sont nommés, et où il s'agit de l'introduction dans la terre, comme dans les suivants, — Ésaïe, X. 21, 22. XI. 11,12. XLIII. 5, 6. XLIX. 10 à 26. LVI. 8. LX. 4. LXI. 1 à 5, 9. Jérém. III. 12 à 20. XVI. 15, 16. XXIII. 7, 8. XXX. 2 à 11. XXXI. 1 à 14. 23 à 40. XXXIII. 6 à 18. Ézéch. XVI. 60, 61, 62. XX. 40, 41, 42. XXXIV. 11 à 16. XXXVII. 21à 28. XXXIX. 21 à 29. Hos. III. 5. Joël, II. 18 à 27. III. 5. Amos, IX. 12 à 15 ; et ailleurs. — Soient pour exemples ces deux passages, d'après lesquels les Juifs se persuadent, et même des Chrétiens croient, que la Nation Juive doit retourner dans la terre de Canaan, et être sauvée de préférence aux autres; dans Ésaïe : « Alors on amènera tous vos frères d'entre toutes les nations en offrande à Jéhovah sur les chevaux, et sur le char, et sur les chariots couverts, et sur les mulets, et sur les dromadaires, à la montagne de ma sainteté, à Jérusalem : de même que les Cieux nouveaux et la terre nouvelle, que je vais faire, se maintiendront devant Moi, ainsi se maintiendra votre semence et votre nom. » — LXVI. 20, 22 ; — ce que ces paroles signifient, on le voit ci-dessus, N° 405, Où elles ont été expliquées : par le nouveau Ciel et la nouvelle terre il est entendu le Ciel et l'Église composés de ceux que le Seigneur devait sauver après la glorification de son Humain, comme il a été dit ci-dessus. Dans le Même : « Je lèverai vers les nations ma main, et vers les peuples j'élèverai mon enseigne, afin qu'ils apportent tes fils dans leur sein, et que tes filles sur l'épaule soient transportées : et seront des rois tes nourriciers, et leurs princesses les nourrices ; la face à terre ils se prosterneront devant Toi, et la poussière de les pieds ils lécheront. » — XLIX. 22, 23; — dans tout ce Chapitre, il s'agit de l'avènement du Seigneur, et de la salvation de ceux qui Le reçoivent, comme on le voit clairement par les Vers. 6, 7, 8, 9 de ce Chapitre, et non par conséquent de la salvation des, Juifs, ni à plus forte raison de leur rétablissement dans la terre de Canaan. Que la Nation Juive n'ait point été entendue dans les passages rapportés, on peut encore le voir en ce que c'était une nation très-mauvaise et idolâtre de cœur; et qu'elle a été introduite dans la terre de Canaan, non pas à cause de quelque bonté du cœur et de quelque justice, mais à cause de la promesse faite à leurs pères; et qu'il n'y a eu chez eux aucun vrai ni aucun bien de l'Église, mais des faux et maux ; et que c'est pour cela qu'ils ont été rejetés et expulsés de la terre de Canaan, comme on peut le voir d'après tous les passages de la Parole, où celle Nation est décrite : quelle a été et quelle devait être cette nation, et qu'elle était très-mauvaise, cela est décrit par Moïse, dans le Cantique, en ces termes : « Je cacherai mes faces d'eux, je verrai quelle sera leur fin; car génération de perversions, eux; fils en qui il n'y a point de fidélité. J'ai dit : A l'extrémité des angles je les rejetterai, je ferai retirer de l'homme leur mémoire; car nation perdue de conseils, eux; et en eux point d'intelligence; du cep de Sodome, leur cep, et des champs de Gomorrhe; ses raisins, raisins de fiel, grappes d'amertume pour eux; venin de dragons, leur vin, et fiel d'aspics cruel. Tout cela n'est-il pas serré chez Moi, scellé dans mes trésors ? A Moi la vengeance et la rétribution. » — Deutér. XXXII. 20 à 35; — là, il est décrit quelle est chez eux l'Église, c'est-à-dire qu'elle est dans d'affreux faux d'après le mal ; par « du cep de Sodome, leur cep, et des champs de Gomorrhe, » il est entendu quelle est chez eux l'Église; le cep signifie l'Église; par « ses raisins, raisins de fiel, grappes d'amertume pour eux; venin de dragons leur vin, et fiel d'aspics cruel, » il est entendu les faux d'après le mal qui sont chez eux, les raisins signifient les biens de l'Église, mais les raisins de fiel et les grappes d'amertume signifient les maux d'après d'affreux faux ; leurs faux eux-mêmes sont entendus par « venin de dragons leur vin, et fiel d'aspics cruel, » le vin signifie le vrai d'après la Parole, mais le venin de dragons et le fiel d'aspics signifient l'énorme faux qui existe d'après les vrais falsifiés de la Parole. Cette nation est pareillement décrite ailleurs dans la Parole, ainsi dans le Deutéronome, dans le Livre des Juges, dans les Prophètes, par exemple, dans Jérémie, V. 20 à 31.»VII. 8 à 34. IX. 1 à 25. XI. 6 à 17. XIII. 9 à 27. XIX. 1 à 15. XXXII. 30 à 35. XLIV. 2 à 24. Que cette Nation ait été idolâtre de cœur, on le voit par les passages rapportés, et par plusieurs autres, comme dans Jérémie : « Selon le nombre de tes villes ont été tes dieux, Jehudah! et selon le nombre des places de Jérusalem vous avez dressé des autels pour faire des parfums à Baal. » — II. 28. XI. 13. — Qu'ils aient été introduits dans la terre de Canaan non pas à cause de quelque bonté de cœur et de quelque justice, mais à cause de la promesse faite à leurs pères, on le voit dans Moïse : « Ce n'est point à cause de ta justice, ni à cause de la droiture de ton cœur, que tu viens pour posséder la terre, mais c'est pour affermir la parole que Jéhovah a jurée à tes pères, à Abraham, à Isaac et à Jacob. Sache donc que ce n'est point à cause de ta justice que Jéhovah ton Dieu te donne cette bonne terre pour la posséder; car peuple dur de cou, toi. » — Deutér. IX. 5, 6. — Qu'il n'y ait eu chez eux aucun vrai ni aucun bien de l'Église, mais des faux et des maux, on le voit clairement par la Parole, où il s'agit de leurs scortations et de leurs adultères, dans Jérémie, III. 1 à 25; et dans Ézéchiel, XXIII. 1 à 49 : par les scortations et les adultères dans la Parole sont entendues les falsifications du vrai et les adultérations du bien; voir ci-dessus, N° 5141, 161 : c'est pourquoi le Seigneur les appelle « Génération adultère. » — Matth. XII. 39. Marc, VIII. 38 ; — il dit aussi qu'ils sont « pleins d'hypocrisie, d'iniquité et d'impureté. » — Matth. XXIII. 27, 28 ; — et que « par leurs traditions ils ont falsifié la Parole. » — Matth. XV. 1 à 6. Marc, VII. 1 à 14 ; — et en termes clairs dans Jean : « Vous du père, (qui est) le diable, vous êtes, et vous voulez faire les désirs de votre père ; lui, homicide il a été dès le commencement, et dans la vérité il ne s'est point tenu, parce qu'il n'y a point vérité en lui; quand il énonce le mensonge, de son propre il énonce, parce que menteur il est et le père du mensonge. » — VIII. 44 ; — par le mensonge il est entendu le faux d'après le mal ; par le diable, l'extinction de tout bien ; par homicide, l'extinction de tout vrai ; par le père sont entendus tant ceux de l'enfer, que ceux de celle race qui avaient vécu depuis les premiers temps ; énoncer de son propre, c'est d'après ce qui est inné. Qu'ainsi le tout de l'Église ait été entièrement détruit chez eux, et que ce soit pour cela qu'ils ont été rejetés, on le voit dans Ésaïe : « Le Seigneur Jéhovih Sébaoth va éloigner de Jérusalem et de Jehudah bâton et bâton d'appui, tout bâton de pain et tout bâton d'eau, (homme) fort et homme de guerre, juge et prophète, et devin et vieillard : car a trébuché Jérusalem et Jehudah est tombé, parce que leur langue et leurs actions (sont) contre Jéhovah, pour se révolter aux yeux de sa gloire. » — III. 1, 2, 8 ; — éloigner tout bâton de pain et tout bâton d'eau, signifie tout bien de l'amour et tout vrai de la foi, par "lesquels il y a vie spirituelle, le pain est le bien de l'amour, et l'eau est le vrai de la foi ; le bâton et le bâton d'appui sont les puissances, et par suite toutes les choses de la vie spirituelle ; éloigner l'homme fort et l'homme de guerre signifie toute résistance contre les maux et les faux ; éloigner le juge et le prophète signifie tout bien et tout vrai de la doctrine ; éloigner le devin et le vieillard signifie toute intelligence et toute sagesse; « leur langue et leurs actions contre Jéhovah, pour se révolter aux yeux de sa gloire, » signifie que tout ce qui appartient à leur doctrine et à leur vie est absolument contre le Divin Vrai, la langue est la doctrine, les actions sont la vie, les yeux de la gloire de Jéhovah sont le Divin Vrai, se révolter, c'est être contre ce Vrai. Dans le Même : « Qui a-t-il de plus à faire à ma Vigne ? Jugez entre Moi et ma Vigne, qui a-t-il à faire à ma Vigne que je n'y aie fait? C'est pourquoi, j'attendais qu'elle produirait des raisins, mais elle a produit des fruits sauvages; et je vous ferai connaître ce que je vais faire à ma Vigne : En ôtant sa haie pour qu'elle soit broutée, en brisant sa clôture pour qu'elle soit foulée, je la mettrai en désolation, afin qu'y montent la ronce et l'épine; même aux nuées je commanderai de ne point faire pleuvoir sur elle la pluie. » —V. 3, 4, 5, 6; — là, par la vigne est entendue l'Église chez cette nation ; par « j'attendais qu'elle produirait des raisins, mais elle a produit des fruits sauvages, » il est signifié qu'au lieu des biens du vrai, qui appartiennent à l'Église, il y avait chez elle les maux du faux ; par « ôter sa haie pour qu'elle soit broutée, et briser sa clôture pour qu'elle soit foulée, » est signifiée sa destruction quant aux biens et aux vrais, afin qu'elle soit envahie par les maux et les faux, lesquels sont la ronce et l'épine qui monteront ; par « aux nuées je commanderai de ne point faire pleuvoir sur elle la pluie, » il est signifié qu'il n'y aura plus chez eux aucune réception du vrai et du bien procédant du Ciel par la Parole. Il s'agit aussi de la destruction de l'Église chez cette nation, dans Ésaïe, VII. 17, 18, 19 et suiv. ; dans Jérémie, I. 15; et dans beaucoup d'autres passages. C'est même pour ces motifs que cette nation a été chassée de la terre de Canaan, d'abord la nation Israélite, et ensuite la nation Juive; et cela, parce que par la terre de Canaan est signifiée la Canaan céleste, qui est le Ciel et l'Église. Quelle a été l'une et l'autre nation, c'est ce qui est pleinement décrit, dans le sens interne, dans les Chap. XXXII et XXXIII de l'Exode, où il s'agit du Veau d'or qu'ils s'étaient fait, et à cause duquel Jéhovah voulait les consumer et susciter par Moïse une autre génération; on en voit l'explication entière dans les ARCANES CELESTES, Nos 10393 à 10512, et Nos 10523 à 10557. Quelle a été la Nation Juive, c'est encore ce qui est décrit, dans le sens interne, dans le Chap. XXXVIII de la Genèse, où il s'agit de l'origine des Juifs, laquelle est provenue d'une Canaanite et de la scortation de Jehudah avec sa bru, car il y a eu trois souches, l'une par la femme Canaanite que Jehudah prit pour épouse, et les deux autres par Thamar qui était la bru de Jehudah, et avec laquelle il coucha comme avec un |