| Apocalypse Expliquée 431. Jusqu'à présent il a été montré que douze signifie toutes choses et qu'il se dit des vrais d'après le bien; mais ici il va être montré que les douze Tribus signifient toutes les choses de l'Église, et chaque Tribu quelque universel et quelque essentiel de l'Église. Comme chez les fils de Jacob il devait être institué une Église Représentative, il avait en conséquence été pourvu par le Seigneur à ce qu'ils fussent au nombre de douze, et à ce qu'il leur fût donné des noms significatifs, d'après lesquels les douze Tribus désignées par les mêmes noms signifieraient toutes les choses de l'Église qu'elles représenteraient, et chaque Tribu quelque universel essentiel de l'Église; ce que chaque Tribu signifiait et représentait sera donc dit dans ce qui va suivre : et comme toutes les choses de l'Eglise se réfèrent aux vrais d'après le bien, c'est aussi pour cela que les douze Tribus signifient les vrais d'après le bien dans tout le complexe. Si elles ont été appelées Tribus, c'est parce que les deux expressions, d'après lesquelles les Tribus sont nommées dans la Langue originale ou Langue Hébraïque, signifient sceptre et bâton, et que par le sceptre il est signifié le Divin Vrai quant au gouvernement, et par le bâton le Divin Vrai quant à la puissance ; c'est à cause de cette dérivation et de cette signification que, quand le peuple murmurait contre Moïse et Aharon au sujet du Gouvernement et de la Puissance qu'ils avaient, il fut ordonné que les princes de toutes les Tribus poseraient leurs bâtons dans la Tente de Convention, et au milieu d'eux le bâton de Lévi, sur lequel le nom d'Aharon avait été écrit, et qui fleurit et porta des amandes. — Nomb. XVII. 18 à 23; — car les bâtons, comme il a été dit, signifient la même chose que les tribus, et le bâton de Lévi, sur lequel avait été écrit le nom d'Aharon, la même chose que la Tribu de Lévi et la même chose qu'Aharon comme Grand Prêtre, à savoir, le bien de la charité à l'égard du prochain et le bien de l'amour envers le Seigneur, la Tribu de Lévi le bien de la charité, et Aharon Prêtre le bien de l'amour; c'est pourquoi ce bâton fut posé au milieu et donna des fleurs et des amandes; être placé au milieu signifie par suite toutes choses, voir ci-dessus, N° 313 ; et les amandes signifient les biens de la vie. Comme les douze Tribus signifiaient toutes les choses de l'Église, ou les vrais d'après le bien dans tout le complexe, c'est pour cela que « le Pectoral d'Aharon, qui était nommé Urim et Thumim, fut fait de douze Pierres précieuses, sous lesquelles étaient les noms des Tribus, ou des douze fils d'Israël. » — Exod. XXVIII. 15 à 30. XXXIX. 8 à 21, 29; —que les réponses du Ciel aient été données par ce pectoral, cela est notoire; mais d'après quelle origine, cela n'a point encore été révélé, et va par conséquent être dit : Toute Lumière dans le Ciel Angélique procède, du Seigneur comme Soleil, c'est pourquoi cette Lumière dans son essence est le Divin Vrai, d'où procèdent toute intelligence et toute sagesse pour les Anges, et aussi pour les hommes dans les choses spirituelles; cette Lumière dans le Ciel est modifiée en diverses couleurs selon les vrais d'après le bien qui sont reçus ; de là vient que dans la Parole les Couleurs par correspondance signifient les vrais d'après le bien; c'est pourquoi aussi les réponses étaient données par l'éclat des couleurs des pierres de l'Urim et Thumim, et en même temps alors ou de vive voix ou par une tacite perception qui correspondait à l'éclat des couleurs : de là il est évident que les douze Tribus, dont les noms avaient été gravés, signifient les mêmes choses : mais sur ce sujet, voir ce qui a été dit et montré dans les ARCANES CELESTES; à savoir, que les Couleurs dans le Ciel proviennent de la Lumière du Ciel, et en sont des modifications et des bigarrures selon la réception, N°s 10,42,1043,1053,1624, 3993, 4530, 4922, 4742 : qu'ainsi elles sont les apparences du vrai d'après le bien, et signifient les choses qui appartiennent à l'intelligence et à la sagesse, Nos 4530, 4922, 4677, 9466; que les Couleurs, en tant qu'elles tiennent du rouge, signifient le bien, et en tant qu'elles tiennent du blanc, le vrai, N° 9467 ; que les Pierres en général signifient les vrais, Nos 643, 1298, 3720,6426,8609,10376 ; que les Pierres précieuses signifient les vrais d'après le bien, ainsi les douze pierres précieuses tous les vrais qui procèdent du bien dans l'Église et dans le Ciel, Nos 9863, 9865, 9868, 9873, 9905; que le Pectoral du jugement, qui était sur l'Éphod et se nommait Urim et Thumim, signifie en général le Vrai qui brille d'après le Divin Bien, N° 9823 ; que Urim est le feu qui luit, et Thumim l'éclat dans la Langue Angélique, mais l'intégrité dans la Langue Hébraïque, N° 9905 ; que d'après cela l'Urim et Thumim par correspondance signifie l'éclat du Divin Vrai d'après le Divin Bien dans les derniers, N° 9905; que les réponses y étaient données par les bigarrures de lumière des pierres précieuses et en même temps alors ou de vive voix ou par une tacite perception, N° 3862; que les noms des douze Tribus y avaient été gravés, parce que par elles étaient signifiés tous les Vrais Divins du Ciel et de l'Église, Nos 3858, 6335, 6640, 9863, 9865, 9873, 9874, 9905 : outre plusieurs autres choses, N°s 9863, 9864, 9866, 9891, 9895. Comme toute la puissance appartient aux vrais d'après le bien ou au bien par les vrais, c'est aussi pour cela que « les noms des douze Tribus avaient été gravés sur deux pierres de Schoham, six sur chacune, et que ces pierres étaient placées sur les deux épaules de l'Éphod dont Aharon était revêtu. » — Exod. XXVIII. 9 à 14. XXXIX. 6, 7; — ce qui signifiait la puissance du Divin Vrai d'après le Divin Bien, et par suite la puissance pour ceux qui reçoivent le Divin Vrai dans le bien de l'amour; car par les pierres de Schoham étaient signifiés les vrais d'après le bien de l'amour, par les épaules la puissance, et par les douze Tribus tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien : que toute la puissance appartienne au Divin Vrai d'après le Divin Bien, et que par suite la puissance soit à ceux qui reçoivent, on le voit ci-dessus, Nos 209, 333, et dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 228 à 233 ; et que les épaules signifient la puissance de toute manière, on le voit dans les ARCANES CELESTES, Nos 4931 à 4937, 9S36. Que les Tribus signifient toutes les choses de l'Église, on peut le voir par les passages suivants; dans Matthieu : « Alors apparaîtra le signe du Fils de l'homme, et alors se lamenteront toutes les Tribus de la terre, et elles verront le Fils de l'homme venant dans les nuées du Ciel avec puissance et gloire. » — XXIV. 30 ; — et dans l'Apocalypse : « Voici, il vient avec les nuées, et Le verra tout œil, ceux aussi qui L'ont percé; et se lamenteront sur Lui toutes les Tribus de la terre. » — I. 7 ; — par ces paroles il est signifié que le Seigneur à la fin de l'Église se révélera dans la Parole par le sens interne, et que tous ceux qui sont dans les vrais d'après le bien reconnaîtront, et que même ceux qui sont dans les faux d'après le mal verront, voir ci-dessus, Nos 37, 38, 39; « toutes les Tribus de la terre se lamenteront, » signifie que tous les vrais d'après le bien périront, et seront remplacés par les faux d'après le mal; les Tribus de la terre sont tous ceux de l'Église, et aussi toutes les choses de l'Église. Dans Matthieu : « Jésus dit aux disciples : En vérité je vous dis que vous qui M'avez suivi dans la régénération, quand sera assis le Fils de l'homme sur le trône de sa gloire, vous serez aussi assis, vous, sur douze trônes, jugeant les douze Tribus d'Israël. » — XIX. 28 ; — et dans Luc : « Afin que vous mangiez et que vous buviez sur ma table dans mon Royaume, et que vous soyez assis sur des trônes jugeant les douze Tribus d'Israël. » — XXII. 30; — personne ne comprendrait ces paroles, à moins de savoir d'après le sens interne ce qui est entendu par les Apôtres, par les trônes, et par les Tribus d'Israël ; qui est-ce qui ne peut savoir que les Apôtres ne jugeront pas, mais que c'est le Seigneur seul qui jugera? en effet, chacun est jugé selon sa vie, et il n'y a que le Seigneur seul qui sache la vie de tous, et les Apôtres ne sa vent pas même la vie d'un seul: mais, dans le sens spirituel, par les douze Apôtres sont signifiés tous les vrais d'après le bien, par s'asseoir sur des trônes il est signifié le jugement, et par les douze Tribus d'Israël sont signifiés tous ceux qui sont de l'Église; c'est pourquoi par ces paroles il est signifié que le Seigneur doit les juger tous d'après le Divin Vrai et selon la réception de ce vrai dans le bien. Que ce soit là ce qui est signifié par les Apôtres et par les Tribus d'Israël, on le voit clairement d'après ces paroles dans l'Apocalypse : « La Nouvelle Jérusalem avait une muraille grande et élevée, ayant douze portes et sur les portes douze Anges, et des noms inscrits qui sont (ceux) des douze Tribus, des fils d'Israël; et la muraille avait douze fondements, et sur eux les noms des douze Apôtres de l'Agneau. » —XXI. 12, 14 ;—par la Nouvelle Jérusalem il n'est pas entendu quelque Jérusalem nouvelle, ni par sa muraille et ses portes une muraille et des portes, ni par les douze Tribus et les douze Apôtres, les douze Tribus et les douze Apôtres; que par ces paroles il soit signifié absolument d'autres choses, on le voit clairement par cela seul que par la nouvelle Jérusalem il est entendu une nouvelle Église quant à la doctrine; les Anges, les tribus et les apôtres signifient donc des choses qui appartiennent à cette nouvelle Église, lesquelles se réfèrent toutes au vrai et au bien, et à la conjonction du vrai et du bien, par conséquent aux vrais d'après le bien : mais on verra ces paroles expliquées dans la suite; toutefois elles l'ont été sommairement dans l'Opuscule de la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, N° 1. Dans David : « Jérusalem qui a été bâtie comme une ville dont les parties se tiennent ensemble, où montent tes Tribus, les Tribus de Jah, témoignage à Israël, pour confesser le nom de Jéhovah. » — Ps. CXXII. 3, 4; — là aussi par Jérusalem est signifiée l'Église quant à la doctrine; elle est dite bâtie comme une ville dont les parties se tiennent ensemble, quand toutes les choses de sa doctrine sont d'accord et unanimes, et quand mutuellement elles considèrent le Seigneur et l'amour envers Lui par Lui comme principe et fin ; elle est dite bâtie comme une ville, parce que la ville signifie la doctrine; les vrais de la doctrine qui considèrent le Seigneur sont signifiés par les tribus, les tribus de Jah ; par les tribus sont signifiés les vrais, et par les tribus de Jah les vrais d'après le bien qui procèdent du Seigneur; le culte qui en provient est signifié par confesser le Nom de Jéhovah. Comme par Israël est signifiée l'Église qui est dans les vrais d'après le bien, voilà pourquoi dans la Parole Israël est nommé « Tribus de l'héritage, » — Ésaïe, LXIII. 17. Jérém. X. 16. LI. 19. Ps. LXXIV. 2. — Et comme par l'Egypte sont signifiés les vrais scientifiques qui sont dans l'homme naturel, et sur lesquels sont fondés les vrais d'après le bien qui sont les vrais de l'homme spirituel, voilà pourquoi l'Egypte est appelée « Pierre Angulaire des tribus, » — Ésaïe, XIX. 13; — la pierre angulaire signifie le fondement; voir ci-dessus, N° 4l7. Et comme par la terre de Canaan il est signifié l'Église, et par les douze Tribus toutes les choses de l'Église, et par chaque Tribu quelque universel et quelque essentiel de l'Église, voilà pourquoi cette Terre a été divisée entre les Tribus, — Nomb. XXVI. 5 à 56. XXXIV. 17 à 28. Jos. XV et suiv. — C'est même ce que l'on voit clairement dans Ézéchiel, où il s'agit de la nouvelle Terre par laquelle est signifiée la nouvelle Église qui devait être instaurée par le Seigneur, et où il est prédit et désigné comment cette Terre serait distribuée en héritage selon les douze Tribus d'Israël, — Chap. XLVII. 13, 20; — ces tribus sont même recensées quant à leurs noms, — Chap. XLVIII. 1 à 35 : — que là il ne soit pas entendu que les douze Tribus d'Israël auront cette terre en héritage, ni aucune des Tribus qui y sont nommées, cela est bien évident; en effet, onze Tribus ont été dispersées et mêlées de tout côté avec les Nations, et cependant il est dit quel Angle ou quelle plage de la terre sera l'héritage de la Tribu de Dan, quelle autre sera l'héritage d'Ascher, de Naphtali, de Ménasseh, d'Éphraïm, de Ruben, de Jehudah, de Benjamin, de Siméon, d'Isaschar, de Zébulon, de Gad, d'où l'on voit clairement que là par la terre il est entendu l'Église, par les douze Tribus toutes les choses de l'Église, et par chaque Tribu quelque universel-essentiel de l'Église. Il en est de même, dans ce Chapitre de l'Apocalypse, du recensement des douze Tribus, en ce que douze mille de chaque Tribu seraient marqués et sauvés; que par douze mille il y soit signifié tous et toutes choses, on le voit dans l'Article précédent; quant à l'universel-essentiel de l'Église que chaque Tribu signifie, cela sera dit dans ce qui suit. Il est dit à peu près la même chose de l'Église chez les Anciens, qui précéda l'Église Israélite, dans Moïse : « Souviens-toi des jours d'éternité, discernez les années de génération et génération ; interroge ton père qui te (le) déclarera, tes anciens qui te (le) diront : Lorsque le Très-Haut donna l'héritage aux nations, lorsqu'il sépara les fils de l'homme, il établit les bornes des peuples selon le nombre des fils d'Israël. » — Deutér. XXXII. 7, 8; — ces choses ont été dites des Églises qui existèrent avant l'Église instituée chez les fils d'Israël; au sujet de ces Églises, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM, le N° 247 ; l'Église Très-Ancienne qui exista avant le déluge, et qui fut une Église céleste ou une Église dans le bien de l'amour envers le Seigneur, est entendue par « les jours d'éternité, lorsque le Très-Haut donna l'héritage aux nations, lorsqu'il sépara les fils de l'homme, » par les nations il est signifié ceux qui sont dans le bien, voir ci-dessus, N° 331, et par les fils de l'homme ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, voir aussi ci-dessus, Nos 63, 151 ; et l'Église Ancienne, qui exista après le déluge et fut une Église spirituelle, est entendue par « les années de génération et génération, lorsque le Très-Haut établit les bornes des peuples selon le nombre des fils d'Israël, » par les peuples il est signifié ceux qui sont dans le bien spirituel, lequel est le bien de la charité à l'égard du prochain, voir aussi ci-dessus, N° 331, et par le nombre des fils d'Israël il est signifié la même chose que par les douze Tribus selon lesquelles les héritages ont été donnés, comme ci-dessus dans Ézéchiel. Ici vont être rapportés deux Arcanes sur les douze Tribus : I. Que les ordinations des Tribus ont représenté les ordinations des Sociétés Angéliques dans les Cieux, d'où il résulte qu'elles ont représenté toutes les choses de l'Église, car l'Église et le Ciel font un. II. Que la représentation du Ciel et de l'Église tombent selon l’ordre dans lequel elles sont nommées; et que le premier nom ou la première Tribu est l'indice d’après, lequel sont déterminées les choses qui suivent, par conséquent les choses du Ciel et de l'Église avec variété premièrement : Que les ordinations des douze Tribus d'Israël aient représenté les ordinations des Sociétés Angéliques dans les Cieux, par conséquent le Ciel, puisque le Ciel consiste en Sociétés Angéliques, on peut le voir en ce que chaque Tribu a représenté et par suite signifié quelque universel-essentiel de l'Église, et que les douze Tribus prises ensemble ont représenté toutes les choses de l'Église, et que l'Église chez les fils d'Israël a été instituée Église représentative; c'est pourquoi toute la nation distribuée en douze Tribus a représenté l'Église dans tout le complexe, par conséquent aussi le Ciel, car les mêmes biens et les mêmes vrais qui font l'Église font aussi le Ciel, ou les mêmes biens et les mêmes vrais qui font le Ciel font aussi l'Église, voir dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 57 : les ordinations des douze Tribus d'Israël selon les ordinations des Sociétés Angéliques du Ciel, par conséquent selon la forme du Ciel se montrent dans leurs campements décrits dans Moïse, à savoir, en ce que « vers le Levant campèrent les Tribus de Jehudah, d'Isaschar et de Zébulon; vers le Midi les Tribus de Ruben, de Siméon et de Gad; vers l'Occident les Tribus d'Ephraïm, de Ménasseh et de Benjamin : et vers le Septentrion les Tribus de Dan, d'Ascher et de Naphtali; et la Tribu de Lévi dans le milieu de Camp : et en ce qu'elles partirent aussi dans le même ordre. » — Nomb. II. 1 à 34 ; — celui qui sait qui sont et quels sont ceux qui, dans le Ciel, habitent dans la Plage Orientale, et qui sont et quels sont ceux qui habitent dans la Plage Méridionale, dans la Plage Occidentale, dans la Plage Septentrionale, et qui sait en même temps qui sont et quels sont ceux que chaque Tribu signifie, peut savoir cet arcane, c'est-à-dire, pourquoi les Tribus de Jehudah, d'Isaschar et de Zébulon campèrent à l'Orient, pourquoi les Tribus de Ruben, de Siméon et de Gad campèrent au Midi, et ainsi de suite; pour illustration, il sera seulement parlé des Tribus de Jehudah, d'Isaschar et de Zébulon, qui campèrent à l'Orient : Par la Tribu de Jehudah il est signifié le bien de l'amour envers le Seigneur, par la Tribu d'Isaschar le vrai de ce bien, et par la Tribu de Zébulon le mariage du bien et du vrai, qui est aussi appelé mariage céleste; ceux qui, dans le Ciel, habitent dans la plage Orientale, sont aussi tous dans le bien de l'amour envers le Seigneur et dans les vrais d'après ce bien, et par suite dans le Mariage Céleste; pareillement doivent être entendues les autres Tribus. Que dans le Ciel tous habitent, chacun selon sa qualité, dans les quatre plages, et que les plages ne soient point là comme les plages dans notre Monde solaire, on le voit dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, Nos 141 à 153. Comme les campements des fils d'Israël représentaient les ordinations des sociétés Angéliques dans le Ciel, c'est pour cela que quand Biléam vit leurs campements, il vit en esprit comme le Ciel, et il prophétisa et les bénit; il en est parlé ainsi dans Moïse : « Biléam dirigea vers le désert ses faces, et lorsqu'il leva les yeux et vit Israël habitant selon ses Tribus, et vint sur lui l'esprit de Dieu, et il prononça son énoncé prophétique, et dit : Qu'ils sont bons tes Tabernacles, Jacob ! tes Habitacles, Israël comme des vallées ils sont plantés, comme des jardins auprès d'un fleuve, etc. » — Nomb. XXIV. 1, 2, 3, 4, et suiv. ; —qu'alors il ait vu les campements des fils d'Israël placés en ordre comme ci-dessus, cela est évident, car il est dit qu'il dirigea ses faces vers le désert, et qu'il vit Israël habitant selon ses Tribus ; et comme alors il vit l'ordre du ciel dans ces campements, c’est pour cela que vint sur lui l'esprit de Dieu, et qu'il prophétisa et dit : Qu'ils sont bons tes Tabernacles, Jacob! tes Habitacles, Israël! les tabernacles et les habitacles signifient les habitations telles qu'elles sont dans les cieux, les tabernacles les habitations de ceux qui sont dans le bien de l'amour, et les habitacles les habitations de ceux qui sont dans les vrais d'après ce bien; les fructifications du bien et les multiplications du vrai, et par suite l'intelligence et la sagesse sont signifiées par « comme des vallées ils sont plantés, comme des jardins auprès d'un fleuve; » car tout bien et par suite tout vrai coule selon la forme du Ciel, comme on peut le voir d'après ce qui a été exposé, dans le TRAITE DU CIEL ET DE L'ENFER, sur la forme du Ciel selon laquelle s'y établissent les consociations et les communications, Nos 200 à 212. secondement : Que la représentation du Ciel et de l'Église tombe selon l'ordre dans lequel les Tribus sont nommées, et que le premier nom ou la première Tribu est l'indice d'après lequel sont déterminées toutes les choses qui suivent, par conséquent les choses du Ciel et de l'Église avec variété ; mais cet arcane peut difficilement tomber dans l'entendement de quelqu'un, à moins que ce ne soit dans l'idée spirituelle, cependant il en sera parlé en peu de mots : Soit, pour exemple, la Tribu de Jehudah, la première Tribu qui est nommée; comme cette Tribu signifie le bien de l'amour il en résulte que les significations des autres Tribus qui suivent sont déterminées d'après le bien de l'amour comme principe, et cela avec variété selon l'ordre dans lequel elles sont nommées; en effet, chaque Tribu signifie quelque universel de l'Église, et l'universel admet en soi des variétés spécifiques, par conséquent une variété conforme au premier d'où il descend, c'est pourquoi dans le cas présent, tous les universaux dans la série tirent du bien de l'amour, qui est signifié par la Tribu de Jehudah, leur sens spirituel spécial : si la Tribu nommée en premier lieu est la Tribu de Ruben, par laquelle est, signifié le Vrai dans la lumière et l'entendement du vrai, toutes les autres Tribus, qui suivent, tirent de là des significations qui concordent et coïncident avec l'universel que chacune signifie : il en est de cela comme des couleurs qui se présentent avec une teinte produite par une première couleur, laquelle se répand dans les autres et en varie l'aspect : cela étant bien compris, on peut voir pourquoi les réponses à une chose quelconque étaient données par l’Urim et Thumim ; c'était, en effet, par l'éclat que produisaient les pierres précieuses d'après l'origine de la couleur provenante cette pierre sous laquelle était la Tribu par qui la détermination avait commencé; les couleurs de ces pierres correspondaient aussi aux universels signifiés par les Tribus inscrites: celui qui sait cela, et qui sait en même temps l'universel que chaque Tribu signifie, peut percevoir un peu, s'il est dans l'illustration spirituelle, ce que signifient les Tribus dans la série dans laquelle elles sont nommées dans la Parole; par exemple, ce qu'elles signifient dans la série, où sont nés les fils de Jacob, dans laquelle elles se suivent dans cet ordre : « Ruben, Siméon, Lévi, Jehudah, Dan, Naphtali, Gad, Ascher, Isaschar, Zébulon, Joseph, Benjamin, » — Gen. XXIX et XXX. puis XXXV. 18. — Ce qui est signifié dans la série, au départ des fils de Jacob pour l'Egypte; ils y sont recensés dans cet ordre : « Ruben, Siméon, Lévi, Jehudah, Isaschar, Zébulon, Gad, Ascher, Joseph, Benjamin, Dan, Naphtali, » — Gen. XLVI. 9 à 21. — Ce qui est signifié par eux dans la série dans laquelle ils sont bénis par leur Père Israël, et où ils sont nommés dans cet ordre : « Ruben, Siméon, Lévi, Jehudah, Zébulon, Isaschar, Dan, Gad, Ascher, Naphtali, Joseph, Benjamin, » — Gen. XLIX. — Il en est autrement quand ils sont bénis par Moïse; ils sont placés dans cet ordre : « Ruben, Jehudah, Lévi, Benjamin, Joseph, Éphraïm, Ménasseh, Zébulon, Gad, Dan, Naphtali, Ascher, » — Deutér. XXXIII;—là, Siméon et Isaschar manquent et sont remplacés par Éphraïm et Ménasseh; et, ce qui est signifié par ces Tribus en série ailleurs, comme dans — Gen. XXXV. 23 à 26. Nomb. 1. 5 à 16. VII. 1 à 89. XIII. 14 à 15. XXVI. 5 à 56. XXXIV. 17 à 28. Deutér. XXVII. 12,13. Jos. Chap. XV à Chap. XIX. et Ézéch. XLVIII. 1 à 35. — Que les douze Tribus aient diverses significations selon l'ordre dans lequel elles sont nommées, et que par conséquent elles signifient aussi toutes les choses du Ciel avec variété on le voit dans les ARCANES CELESTES, N°s 3862, 3926, 3939, 4603, et suiv. 6337, 6640,10335. Mais, quant à ce qu'elles signifient dans la série où elles sont nommées dans la suite de ce Chapitre de l'Apocalypse, cela sera expliqué plus bas; en effet, elles sont nommées dans cet ordre : Jehudah, Ruben, Gad, Ascher, Naphtali, Ménasseh, Siméon, Lévi, Isaschar, Zébulon, Joseph, Benjamin ; Dan et Éphraïm sont passés sous silence ou ne sont pas nommés.
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